Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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l'heure à Lushan

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pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

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25 août 2016 4 25 /08 /août /2016 00:15

LIMINAIRE

Vivement les congés payés ! – Sara Seale, La cage d'argent

Jean-Pierre Coasne, Vivement les congés payés ! – linogravure, 2016

Vivement les congés payés ! – Sara Seale, La cage d'argent

Remerciements à Jean-Pierre Coasne, qui nous a autorisé à reprendre ici son travail d'artiste – que l'on ne saurait confondre avec les petits romans que nous chroniquons pour la plage.

Vivement les congés payés ! – Sara Seale, La cage d'argent

Sara Seale, La cage d'argent (The Silver Sty, 1942), traduction française, Harlequin, 1982

 

Lors d’une soirée organisée au manoir de Fallow, Sarah rencontre un séduisant inconnu, bien différent des autres… Quelle n’est pas sa stupeur, lorsqu’elle découvre enfin son identité : il n’est autre que son tuteur, James Fane, dont elle redoutait tant le retour !

Le nouveau venu va-t-il imposer sa loi et inculquer les bonnes manières à sa fougueuse pupille, qui aime vivre à sa guise, sans souci des convenances ?

Certes non, l’adolescente ne l’entend pas de cette oreille… Mais aura-t-elle le dessus ?...

4e de couverture

Vivement les congés payés ! – Sara Seale, La cage d'argent

Sara Seale was the pseudonym by Mary Jane MacPherson (d. March 11, 1974) and/or A.D.L. MacPherson (d. October 30, 1978), a British writing team of over 45 romance novels as from 1932 to 1971. Seale was one of the first Mills & Boon's authors published in Germany and the Netherlands.

 

Incipit

 

A l'intérieur, quelqu'un jouait au piano J'aurais pu danser toute la nuit. C'était étrange, songea James, debout devant la porte dont il venait de presser la sonnette. Treize ans auparavant, par une soirée d'été semblable à celle-ci – celle où Clare avait rompu avec lui... – il avait entendu la même mélodie, se mêlant dans l'air chaud et embaumé au clapotis de la rivière toute proche...

 

George Cukor, My Fair Lady, 1964, un film inspiré de la pièce de George Bernard Shaw, Pygmalion, 1914 – I could have danced all night

 

Finis coronat opus

 

Oui, acqiesça-t-elle, souriant à travers ses larmes. En souvenir...

Nous en cueillerons beaucoup d'autres, Sarah.

Glissant tendrement son bras autour de ses épaules, il l'entraîna vers l'escalier.

 

Remerciements à Patrick Szymanek qui nous a offert ce beau livre.

 

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17 août 2016 3 17 /08 /août /2016 00:15

LIMINAIRE

Vivement les congés payés ! – Karen Van Der Zee, Les ombres d'Amsterdam

Jean-Pierre Coasne, Vivement les congés payés ! – linogravure, 2016

Vivement les congés payés ! – Karen Van Der Zee, Les ombres d'Amsterdam

Remerciements à Jean-Pierre Coasne, qui nous a autorisé à reprendre ici son travail d'artiste – que l'on ne saurait confondre avec les petits romans que nous chroniquons pour la plage.

Vivement les congés payés ! – Karen Van Der Zee, Les ombres d'Amsterdam

Karen Van Der Zee, Les ombres d'Amsterdam (Waiting, 1982), traduction française, Harlequin, 1983

 

« Je vous en prie, Lex, ne vous enfermez pas dans le silence. Cela ne vous aidera pas à oublier le passé, croyez-moi... »

« Douce Andréa, pourquoi vous souciez-vous tellement de moi ? »

Pourquoi ? Parce qu'elle comprend parfaitement le désespoir de cet homme qui a surgi un soir dans sa vie. Ils ont tous les deux perdu l'être qu'ils aimaient. Mais Andréa a su retrouver la force d'espérer. Et elle doit la communiquer à Lex...

Il le faut, pour que la jeune femme continue à avoir confance en l'avenir...

4e de couverture

Vivement les congés payés ! – Karen Van Der Zee, Les ombres d'Amsterdam

Windela Kilmer (born 26 May 1947 in the Netherlands) is a popular globetrotting writer of over 33 romance novels since 1979 as Karen Van der Zee. She also signed two novels as Mona Van Wieren and she received a RITA for Rhapsody in Bloom.

Vivement les congés payés ! – Karen Van Der Zee, Les ombres d'Amsterdam

Incipit

 

Quelque chose était en train de brûler !

Les clefs à la main, Andréa se figea devant l'entrée de son appartement situé sous les combles. Pendant quelques secondes, une éternité, elle demeura immobile, les yeux fixés sur la porte. Puis, lentement, elle regarda sa main tremblante : elle n'avait pas besoin des clefs, la porte était ouverte.

 

Dès la première ligne, c'est chaud !

L'éternité... ce ne sont que quelques secondes.

Quand la porte est ouverte, on n'a pas besoin des clefs – on connaît son Musset.

 

Andréa est seule, à Amsterdam, sous les combles, elle a appris à vivre avec sa solitude depuis la mort de Bart. Lex vient de surgir dans sa vie. Il est seul, depuis la mort de sa femme.

Andréa quitte le bureau de bonne heure et rentre chez elle à pied.

 

Nourritures terrestres

 

Un peu de laitue, un œuf dur, une tomate, une tranche de jambon et un plat de macaroni.

 

Finis coronat opus

 

Andréa ! Comment vous expliquer... J'ignorais qu'il me serait un jour possible de connaître un tel bonheur, une joie aussi parfaite.

Elle se blottit contre lui sans répondre.

Vous savez, murmura-t-il après un court silence, nous vieillirons ensemble, vous et moi. Je le sens. Rien ne nous arrivera. Nous deviendrons très vieux...

Il parlait avec une conviction absolue, comme s'il venait de signer un pacte avec le destin, un pacte qui ne serait jamais rompu.

Oui, répliqua-t-elle en levant son visage vers lui. J'en suis sûre, moi aussi.

 

Remerciements à Patrick Szymanek qui nous a offert ce beau livre.

 

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9 août 2016 2 09 /08 /août /2016 00:15

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Vivement les congés payés ! – Lori Herter, Jaloux de tout

Jean-Pierre Coasne, Vivement les congés payés ! – linogravure, 2016

Vivement les congés payés ! – Lori Herter, Jaloux de tout

Remerciements à Jean-Pierre Coasne, qui nous a autorisé à reprendre ici son travail d'artiste – que l'on ne saurait confondre avec les petits romans que nous chroniquons pour la plage.

Vivement les congés payés ! – Lori Herter, Jaloux de tout

Lori Herter, Jaloux de tout (The Temptress Touch, Dell Publishing Co., 1985), traduction française : Edimail S. A., 1986

 

Linda, jeune femme active et indépendante, tient beaucoup à sa liberté. Aussi, quand Jack lui propose le mariage, sa première réaction est de refuser. Se lier à un homme pour la vie la terrorise !

Mais Jack, possessif et jaloux, ne peut comprendre et décide de rompre... Linda n'a alors qu'un recours : reconquérir sa confiance et son amour en se pliant à ses conditions. Acceptera-t-il de revenir sur sa décision ? Rien n'est moins sûr...

4e de couverture

Vivement les congés payés ! – Lori Herter, Jaloux de tout

Lori Herter grew up in the suburbs of Chicago, graduated from the University of Illinois, Chicago Campus, and worked for several years at the Chicago Association of Commerce & Industry. She married her husband, Jerry, a CPA, and they moved to Southern California a few decades ago. They still live there with their cat, Jasmine.

 

Incipit

 

Linda se laissa tomber dans un gros fauteuil de cuir marron et contempla pensivement le feu qui pétillait dans l'âtre. Des bruits de vaisselle lui parvenaient de la pièce voisine. Linda avait proposé à ses hôtes de les aider à débarrasser la table, mais Ginger et Devin MacPherson n'avaient même pas voulu en entendre parler, lui suggérant plutôt de s'installer dans le salon en les attendant. Dans ce salon où, exactement six semaines auparavant, ils avaient été quatre à se disputer : Devin, Ginger, elle-même et... Jack.

 

Marron, le cuir, c'est important ! On ne trompe pas le lecteur.

Le feu pétille dans l'âtre. Autrement, c'est un incendie.

Ginger et Devin... lui suggérant plutôt de s'installer dans le salon en les attendant. De s'installer plutôt dans le salon – on n'est pas loin du cuir.

 

Finis coronat opus

 

Ivre de bonheur, Jack la pressa de toutes ses forces contre sa poitrine. Il pencha la tête vers elle et leurs lèvres s'unirent. Ils échangèrent un long baiser tumultueux, puis Jack la renversa sur le canapé, dérangeant Max qui n'eut que le temps de sauter à terre. Linda ferma les yeux et s'offrit sans retenue aux caresses de son mari, brûlant déjà d'une fièvre qu'il était seul capable d'apaiser. Une fois de plus la magie de l'amour estompa autour d'eux les contours de la réalité.

 

Ivre de bonheur, et de pétillant, Jack la pressa de toutes ses forces contre sa poitrine, et il l'étouffa... Mais non ! Ils échangèrent un long baiser tumultueux, puis Jack la renversa sur le canapé, c'est violent ! Max est un chat. Linda ferme les yeux, on la comprend, et elle s'offre sans retenue, brûlant déjà d'une fièvre … C'est chaud ! Une fois de plus la magie de l'amour...

 

Jerry Lewis, The Nutty Professor, 1963 – That old black magic of love

 

Remerciements à Patrick Szymanek qui nous a offert ce beau livre.

 

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 00:15

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Vivement les congés payés ! – Marion Smith Collins, Île de corail

Jean-Pierre Coasne, Vivement les congés payés ! – linogravure, 2016

Vivement les congés payés ! – Marion Smith Collins, Île de corail

Remerciements à Jean-Pierre Coasne, qui nous a autorisé à reprendre ici son travail d'artiste – que l'on ne saurait confondre avec les petits romans que nous chroniquons pour la plage.

Vivement les congés payés ! – Marion Smith Collins, Île de corail

Marion Smith Collins, Île de corail, (Foxy Lady, 1988), traduction française de Chantal Vaillant, Harlequin, 1989

 

Marion Smith Collins est née en 1935 et en Géorgie, elle est morte un 24 février 2002, dans un incendie.

 

Une ravissante chanteuse de blues aux cheveux de flamme, un très sérieux professeur d'université au regard troublant derrière ses lunettes, une île de rêve cernée de massifs coraliens au milieu du Pacifique…

L'amour est là, à portée de la main, mais Amanda se rebelle. Non ! Elle ne tombera pas amoureuse ! Non ! Elle ne succombera pas au charme de Gary ! Son indépendance, elle l'a durement gagnée. Elle ne veut pas prendre le risque de souffrir encore…

4e de couverture

 

Incipit

 

D'un air décidé, Gary Lowell déboutonna sa veste, étendit les bras sur les sièges voisins du sien et croisa les genoux. Confortablement installé, il contempla d'un œil amusé le spectacle bruyant et coloré qu'offrait la foule des passagers qui attendaient d'embarquer sur le même vol que lui.

 

Il y en a qui déboutonnent leur veste d'un air hésitant, lui, non. Il y en a qui croisent les jambes, lui, les genoux seulement – ce qui est plus délicat. Il entend d'un œil le bruit de la foule, et, avec les oreilles... il contemple le spectacle coloré.

 

Une hôtesse fixe avec un intérêt non dissimulé [sous son corsage] son torse musclé, ses larges épaules, ses longues jambes élancées [un homme, en somme].

 

Une silhouette féminine à la chevelure cuivrée retient son attention – il l'a déjà vue quelque part (peut-être dans La cantatrice chauve... *).

 

Gary voyage avec sa fille, Sandy, seize ans, une jeunesse au visage mutin, il a quarante ans et il est veuf.

Amanda voyage avec son fils, David, dix-huit ans, un jeune homme calme – il n'a pas connu son père.

En rejoignant leurs places, en première classe [un minimum], Amanda et Gary se frôlent en un trouble chez lui, une chaleur en elle. Son parfum sensuel, léger, insistant, un peu sucré, flottait au-dessus des sièges recouverts de tissu gris pâle [nous cherchons le parfum léger et insistant ; le tissu gris pâle est essentiel : un parfum sensuel est moins sucré au-dessus d'un cuir bleu].

 

Sandy et David semblent faits l'un pour l'autre.

Une double idylle s'engagerait-elle ?

 

A l'arrivée, Tahiti accueille les voyageurs en musique et en leur offrant des guirlandes de fleurs. Amanda et David attendent le bus local pendant que Gary et Sandy montent dans une luxueuse limousine noire, rutilante sous le soleil [le rouge et le noir] ; un chauffeur en uniforme gris leur ouvre la portière et s'occupe de leurs bagages.

L'hôtel est parfait, les chambres, lumineuses, le service souriant.

Elle [Amanda] admira longuement le coucher du soleil qui couvrait d'or le sable de la plage et se reflétait à l'horizon en d'innombrables flaques orangées ondulant au gré des vagues.

Et voyez comme les choses sont bien faites ! Gary et Sandy sont descendus dans le même hôtel ! Au restaurant du bord, un immense et somptueux buffet attend les convives. Gary s'invite à la table d'Amanda : ils papotent, ils rougissent. Pendant ce temps, David et Sandy s'empiffrent au buffet – ça mange à cet âge-là !

 

Pourrait-on s'poiler ? Il y aurait de d'qué. Spoiler, de l’anglais spoiler / spoil, de l'ancien français espoillier (les British nous ont tout pris : mail vient du français malle, pour malle-poste), du latin spoliare.

 

Seulement les derniers mots : Ce sera le paradis.

 

Remerciements à Patrick Szymanek qui nous a offert ce beau livre.

 

- - -

 

NOTE

* Eugène Ionesco, La cantatrice chauve, scène IV

[M. Martin] – Mes excuses, Madame, mais il me semble, si je ne me trompe, que je vous ai déjà rencontrée quelque part.

 

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25 juillet 2016 1 25 /07 /juillet /2016 00:15

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Vivement les congés payés ! – Kay Hooper, La rose des tropiques

Jean-Pierre Coasne, Vivement les congés payés ! – linogravure, 2016

Vivement les congés payés ! – Kay Hooper, La rose des tropiques

Remerciements à Jean-Pierre Coasne, qui nous a autorisé à reprendre ici son travail d'artiste – que l'on ne saurait confondre avec les petits romans que nous chroniquons pour la plage.

Vivement les congés payés ! – Kay Hooper, La rose des tropiques

Kay Hooper, La rose des tropiques (Shades of gray, 1988), traduction française de Pascale de Lataillade, Presses de la Cité, Collection Passion, 1989

Vivement les congés payés ! – Kay Hooper, La rose des tropiques

Kay Hooper – photo : Claudio Marinesco – est née en 1958 et en Californie, elle aime les chats.

 

Séduction et charme, telles sont au prime abord les qualités d'Andres Sereno. Mais l'homme devient impitoyable lorsque entre enjeu son île de Kaldeira... ou la sécurité de Sara Marsh. L'enlever reste le seul moyen de la protéger et sa dernière chance de lui faire admettre son amour... La destinée est venue frapper le cœur de la jeune femme. La force sera-t-elle donnée d'aimer celui dont l'âme semble entachée de zones obscures ?

4e de couverture

 

Qui dira cet obscur objet du désir ?

 

Incipit

 

Hagen leva les yeux, véritablement surpris. C'était rare chez cet homme qui avait connu une carrière mouvementée. Mésange Long venait de faire irruption dans son bureau, suivie de l'imposant Zach Steele.

Salut ! lança-t-elle avec décontraction.

Comment êtes-vous entré dans cette maison ? lui fut-il froidement répondu.

La jeune femme secoua la tête d'un air de condescendance tout en s'asseyant sur un coin du bureau de Hagen.

 

L'homme est véritablement surpris. Il y a parfois des surprises comme chez Marivaux...

Mésange Long fait irruption – c'est violent –, dans son bureau – évidemment, il ne travaille pas en usine.

Comment êtes-vous entré dans cette maison ?

Elle ne répond pas : par la porte ou par une fenêtre ouverte ; ni : par ton c..., ce qui ne sied pas au genre ; elle ne répond pas !

Elle secoue la tête d'un air de condescendance – on cherche le secouement de tête condescendant, chez une femme.

Pas gênée, elle s'assied sur un coin du bureau de Hagen.

 

Elle était trop en colère pour avoir peur. L'injection qu'ils lui avaient faite avait agi rapidement, et elle fut à peine surprise de se réveiller dans la cabine d'un bateau. Tenant sa tête douloureuse d'une main, elle s'assit sur la couchette, et découvrit, à travers le hublot, l'Océan à perte de vue. Cela ne l'étonna pas non plus. On devait être vers le milieu de l'après-midi, le lendemain de celui où ils l'avaient enlevée. Elle avait dormi longtemps.

 

Elle était trop en colère pour avoir peur.

La colère chasse la peur, c'est bien connu.

Elle fut à peine surprise de se réveiller dans la cabine d'un bateau.

C'est vrai, ça, en croisière on se réveille en bateau.

Tenant sa tête douloureuse d'une main, elle s'assit sur la couchette,

prévue pour se coucher...

et découvrit, à travers le hublot, l'Océan à perte de vue. Cela ne l'étonna pas non plus.

Depuis un bateau, on voit l'Océan, ce n'est pas étonnant.

On devait être vers le milieu de l'après-midi, le lendemain de celui où ils l'avaient enlevée. Elle avait dormi longtemps.

Une femme...

 

Kadeira n'a pas changé depuis deux ans, Sara se souvient : longue limousine, maison bourgeoise, luxe, calme et chaste volupté.

Sur l'île, Lucio, le chef des rebelles, en veut à Andres. Celui-ci a fait enlever Sara pour la protéger et pour un mois seulement – et plus, si affinités.

 

Je ne vous hais pas.

Sara le dit à Andres. La situation est cornélienne.

[…]

Je vous aime.

Mi corazón...

Sa bouche rejoignit celle de la jeune femme en un baiser d'une inexprimable tendresse. Une de ses mains remonta le long de son dos, soupesant sa chevelure soyeuse, tandis que l'autre descendait vers ses hanches.

 

La photo est en couverture.

 

S'ensuit une routine romantique, souflles rauques et vêtements qui s'envolent...

 

Leurs vêtements volèrent en tout sens, mais seul le choc de leurs corps brûlants et avides parvint à la conscience de Sara. Elle ne savait pas s'il la transportait sur le lit ou si elle flottait, et c'était sans importance.

 

Nous ne saurions publier la suite, des enfants nous lisent...

 

Finis coronat opus

 

Je te croyais forte, mi corazón, et je ne me trompais pas.

Sara se haussa sur la pointe des pieds pour l'embrasser.

On verra, mon chéri. Mais avec toi, je me sens des forces décuplées.

 

Je te croyais forte, mi corazón, et je ne me trompais pas : un homme ne se trompe jamais.

Sara se haussa sur la pointe des pieds pour l'embrasser : l'homme est toujours jeune, riche, beau, intelligent, et très grand ; la femme est blonde, mince, petite – avec un brin de fitness.

On verra, mon chéri. Mais avec toi, je me sens des forces décuplées : là, c'est chaud, on sent que ça décuple de partout.

 

Remerciements à Patrick Szymanek qui nous a offert ce beau livre.

 

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19 juillet 2016 2 19 /07 /juillet /2016 00:15

Un pays de bruine, brume et pluie.

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves – la peur et la lumière

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves, illustration © Letizia Goffi, Robert Laffont, 2007

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves – la peur et la lumière

Née à Paris en 1973, Gaëlle Nohant vit aujourd’hui à Lyon. L’Ancre des rêves est son premier roman.

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves – la peur et la lumière

« – Dis donc, gamin, on t'a pas appris qu'c'était pas poli de zieuter comme ça ? J'aime pas les malins.

Fais bien attention à toi.

Les morts marchent, ce soir.

Fais bien attention à toi.

Un long frisson le frigorifia comme une bourrasque giflant un corps trempé.

Les morts marchent, ce soir.

Une comptine dont il avait perdu le souvenir lui traversa la tête.

"Faut boire à la santé des gars

Qui sont coulés, au fond, en tas." »

 

Dans un petit village de la côte bretonne, chaque nuit, les enfants Guérindel, Benoît, Lunaire, Guinoux et le petit Samson, sont en proie à des cauchemars terrifiants qu'ils taisent à leurs parents... Enogat, leur mère, a toujours interdit à ses quatre fils d'approcher le bord de l'eau. Est-ce seulement pour les protéger des dangers de la nature ? Ou d'une autre menace qui ne dit pas son nom ?

Entre conte fantastique et roman d'initiation, L'Ancre des rêves sonde le mystère des peurs d'enfant.

4e de couverture

 

« …Dans notre partie de la Bretagne – la Cornouaille, l’Armorique – persiste la vieille croyance celte selon laquelle la mort est simplement un pas – un passage – entre deux stades de l’existence humaine. Qu’il y a de nombreux stades, que cette vie en est un, et que de nombreux mondes existent simultanément, concentriquement, et s’interpénètrent peut-être ici ou là. De sorte qu’il y a des espaces incertains – la nuit noire, le rideau d’écume au point de rencontre de la terre ferme et de l’océan mouvant, lequel est toujours le seuil de la mort pour les hommes qui le traversent en tous sens – des messagers pourraient bien rôder entre ces zones. »

A.S. BYATT, Possession

 

Incipit

 

1

Cette nuit-là

 

Comme tous les soirs, Benoît Guérindel avait reculé par mille stratagèmes l'heure de monter se coucher. Qui, à sa place, eût été pressé de retrouver les images violentes qui ébranlaient sa caboche ? Mais l'heure redoutée du sommeil venait toujours, comme la mort, que rarement on invite.

Ce soir-là, comme toujours, il épia malgré lui le pas de sa mère dans le couloir, sentit son hésitation devant la porte close de la chambre qu'il partageait avec son frère cadet qui dormait déjà. Elle n'entrait plus leur souhaiter bonne nuit depuis longtemps. Ils avaient obtenu ça d'un commun accord, son frère cadet et lui. Ils étaient arrivés à la même conclusion par des itinéraires différents et silencieux : il fallait la tenir à l'écart. Elle ne pouvait rien pour eux. C'était triste, surtout pour elle. C'était une bonne mère, ils n'en doutaient pas, au fond.

 

Samson connaît le cauchemar, il voit un homme hurlant sortir des vagues. Enogat vient consoler son bébé jusqu'à l'aube libérant les enfants de l'emprise de la nuit. Le père, Ewan, est parti travailler tôt au chantier de la nouvelle église de Saint-Pierre-de-Plesguen.

 

Enogat déteste la mer. La longère qu'Ewan et elle avaient choisie seize ans plur tôt étaient protégée par des arbres, des champs, un rempart de campagne contre l'infinie voracité de la Manche. Et pourtant elle n'était pas loin, la mer. A vingt minutes à pied s'étalait la baie de Saint-Jacut-de-la-Mer.

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves – la peur et la lumière

C'est l'anniversaire de Lunaire, il reçoit une somptueuse boussole en cuivre dans son étui de cuir noir.

 

La joie de quitter le rivage de ses treize ans est empreint d'une angoisse : chaque nuit jusqu'à son dernier souffle, il s'endormirait pour se retrouver sur les eaux noires où tanguait le long corps fantomatique du Bateau.

Depuis l'enfance, sa vie était partagée entre la peur et la lumière.

 

Le matin du 22 mars, Lunaire démarra son enquête. Il la mènerait seul. Rien n'était plus personnel et défendu que son rêve.

 

Ewan Guérindel écoute Dire Straits.

 

Dire Straits, Sultans Of Swing, 1977, in album Alchemy, 1983 – Mark Knopfler, guitare, chant ; Alan Clark, claviers ; John Illsley, basse ; Hal Lindes, guitare ; Terry Williams, batterie.

Dire Straits est un groupe de rock britannique créé à Deptford durant l'été 1977 par Mark Knopfler (guitare et chant), David Knopfler (guitare), John Illsley (guitare basse) et Pick Withers (batterie).

Sultans of Swing est leur premier single.

 

Dans la maison d'Ardélia [la vieille dame qui en connaît long sur l'histoire], le feu donnait l'impression de s'alimenter seul, par pure générosité envers les hommes, force déployée contre la bruine humide et glacée du dehors, le tressaillement grelottant des arbres.

 

Chez Ardélia, un matin brumeux, pluvieux et pâle. Il [Lunaire] n'avait pas pris de petit déjeuner. Elle lui servit de larges tranches d'un quatre-quarts maison doré, encore tiède, parfumé à la fleur d'oranger. Transi par les gifles pluvieuses qui l'avaient accueilli en descendant de voiture, il accepta avec reconnaissance une grande tasse de thé noir et fumé qui lui ébouillanta la gorge et lui éclaircit la voix.

 

Nous créons nos rêves, ils nous parlent de nos désirs et de nos peurs, ils viennent parfois des dieux.

 

Guinoux au collège. Maud Trémel, professeur de dessin, parle de Léonard de Vinci. Ses tableaux, pour la plupart, sont restés inachevés : quelque chose peut être inachevé et très beau. Il avait rêvé d'une perfection qu'il n'aurait pas pu atteindre en terminant ses toiles.

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves – la peur et la lumière

Peter Paul Rubens, dessin, 1603, d'après le carton de Léonard de Vinci, La bataille d'Anghiari, ca 1505

 

« Les morts nous apparaissent en rêve, disait Julian, parce que c'est leur seule manière de se faire voir ; ce que nous voyons n'est qu'une projection, dirigée de très loin, la lumière nous prvenant d'une étoile éteinte... »

Donna Tartt, Le Maître des illusions

 

Enogat a pris rendez-vous chez un psychologue pour Guinoux – son cauchemar peuplé de chevaux terribles.

Gaëlle Nohant, L'ancre des rêves – la peur et la lumière

Sergueï Paradjanov, Les Chevaux de feu, 1964

 

Finalement, la brume se lève...

 

Une écriture ciselée.

 

A lire, tout également, son deuxième roman, La Part des flammes, fuligineux !

 

Remerciements à Yueyin qui nous a offert ce beau roman. Magique !

 

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 00:15
Paul Auster, Trilogie new-yorkaise – vertigineux

Paul Auster, Trilogie new-yorkaise (The New-York Trilogy : City of Glass, Ghosts, The Locked Room, Sun & Moon Press, 1985 et 1986), Cité de verre, Revenants, La chambre dérobée, romans traduits de l'américain par Pierre Furlan, Préface de Jean Frémon, Lecture de Marc Chénetier, Illustration de couverture : Earle Horter, The Chrysler Building under construction, 1931, Whitney Museum of American Art, Actes Sud, 1991

 

De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l'art de la narration est sans doute la plus déterminante. C'est qu'il suffit de s'embarquer dans la première phrase d'un de ces trois romans pour être emporté par les péripéties de l'action et étourdi jusqu'au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant le thriller prend une allure de quête métaphysique, et la ville illimitée, insaisissable – New York – devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions. De ces trois romans, il avoue d'ailleurs vers la fin de La Chambre dérobée qu'ils sont une seule et même histoire considérée à des stades différents de la conscience qu'il a pu en avoir. Et d'ajouter : « Il y a longtemps que je me démène pour dire adieu à quelque chose... » Or il est vrai que, dans l'art de dire la dépossession, il est passé maître.

4e de couverture

Paul Auster, Trilogie new-yorkaise – vertigineux

Paul Auster, né en 1947, vit actuellement à Brooklyn. Poète, traducteur (de Mallarmé, Blanchot, Sartre…) et romancier, il est l'un des plus brillants écrivains de sa génération. En France, son œuvre est publiée par les éditions Actes Sud.

4e de couverture

 

Je me souviens d'un dessin humoristique paru dans un journal italien, il montrait un personnage anonyme qui se regarde dans la glace d'une armoire en se tenant le menton dans une attitude de perplexité. Et la légende disait à peu près cela : « Mon Dieu ! Mais ce n'est pas moi, j'ai dû me perdre dans la foule ! »

Ce sont des choses qui arrivent, nous ne nous reconnaissons plus, nous nous pinçons pour nous éveiller d'un rêve, mais c'est en rêve que nous nous pinçons. A chaque instant, nous faisons des gestes qui ne sont pas les nôtres, nous prononçons des mots qui appartiennent à d'autres, nous imitons les intonations ou les expressions de ceux qu'inconsciemment nous désirons être. Essayer d'être un autre est une façon d'être soi-même. Avec un peu de constance, il est possible d'y parvenir. Et se reconnaître dans un autre est certainement aussi troublant que de ne pas se reconnaître soi-même. « Une minute nous sommes une chose et la suivante une autre chose », dit Paul Auster, ou encore : « Là où je ne suis pas est l'endroit où je suis moi-même ».

Jean Frémon

 

Incipit

 

It was a wrong number that started it, the telephone ringing three times in the dead of night, and the voice on the other end asking for someone he was not. Much later, when he was able to think about the things that happened to him, he would conclude that nothing was real except chance. But that was much later. In the beginning, there was simply the event and its consequences. Whether it might have turned out differently, or whether it was all predetermined with the first word that came from the stranger’s mouth, is not the question. The question is the story itself, and whether or not it means something is not for the story to tell.

 

C’est un faux numéro qui a tout déclenché, le téléphone sonnant trois fois au cœur de la nuit et la voix à l’autre bout demandant quelqu’un qu’il n’était pas. Bien plus tard, lorsqu’il pourrait réfléchir à ce qui lui était arrivé, il en concluerait que rien n’est réel sauf le hasard. Mais ce serait bien plus tard. Au début, il y a simplement eu l’événement et ses conséquences. Quant à savoir si l’affaire aurait pu tourner autrement ou si elle avait été entièrement prédéterminée par le premier mot qui sortit de la bouche de l’étranger, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est l’histoire même, et ce n’est pas à elle de dire si elle a un sens ou pas.

 

Bleu, Blanc, Noir – trois personnages. Un lieu : New-York, près du Pont de Brooklyn. Une année : 1947. Seulement, nous ne sommes pas à New-York et nous ne sommes pas en 1947, le narrateur demeure inconnu.

Il ne s'agit pas, malgré les apparences, d'une histoire policière, mais d'une méditation sur l'identité, la solitude, dans un monde anonyme.

 

L'écriture est une occupation solitaire qui accapare votre vie. Dans un certain sens un écrivain n'a pas de vie propre. Même lorsqu'il est là, il n'est pas vraiment là.

 

Vertigineux, nous dit Denis.

 

 

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7 juillet 2016 4 07 /07 /juillet /2016 00:15
Camille Bertault, En Vie – le jazz, tout simplement

Camille Bertault, En Vie, Camille Bertault (vocals), Olivier Hutman (piano), Gildas Boclé (bass), Antoine Paganotti (drums), Sunnyside, 2016

Camille Bertault, En Vie – le jazz, tout simplement

Elle est charmante !

 

Ecoutons-la.

 

Camille Bertault, My cat doesn't like trumpet, mars 2016

 

Camille Bertault, mars 2015

 

Camille Bertault, Scat Solo Coltrane, Mr. P.C., juin 2015

 

BONUS

 

John Coltrane, Mr. P.C., from album Giant Steps, 1960.

 

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1 juillet 2016 5 01 /07 /juillet /2016 00:15
Nikos Kazantzaki, Alexis Zorba – la vie de Cocagne

Níkos Kazantzákis, Νίκος Καζαντζάκης, Aléxis Zorbás, Βίος και Πολιτεία του Αλέξη Ζορμπά, 1946 / Nikos Kazantzaki, Alexis Zorba, traduit du grec par René Bouchet, Editions Cambourakis, 2015

 

Dans ce roman écrit entre 1941 et 1943, aux heures les plus sombres de l’histoire de la Grèce moderne, Nikos Kazantzaki, presque sexagénaire, dresse le bilan d’une existence placée sous le signe du conflit intérieur et de la quête philosophique. Loin de sa version folklorique popularisée par le film de Cacoyannis et l’interprétation qu’en a donnée Anthony Quinn, l’Alexis Zorba du romancier grec apparaît surtout comme le prétexte à une interrogation sur les formes et le sens de la liberté. Il préfigure la célèbre épitaphe choisie par son auteur : « Je n’espère rien, je ne crains rien, je suis libre ».

« Crois-moi, être un homme, c’est ça : être libre ! »

Zorba

Premier rabat de couverture

Nikos Kazantzaki, Alexis Zorba – la vie de Cocagne

Auteur d’une œuvre considérable qui embrasse tous les genres – romans, essai philosophique, théâtre et poésie –, Níkos Kazantzákis, né en Crète en 1883, est incontestablement l’une des figures les plus marquantes de la littérature grecque moderne.

Premier rabat de couverture

 

- - -

 

Disciple de Bergson dont il a suivi les cours au Collège de France à Paris, admirateur de l'oeuvre de Nietzsche à qui il a consacré sa thèse, tenté successivement par les expériences contradictoires du léninisme et du bouddhisme, il donne une première synthèse de sa réflexion dans cette somme de plus de trente-trois mille vers commencée en 1924, plusieurs fois réécrite et publiée en 1938, qu'est son épopée L'Odyssée.

Préface de René Bouchet

 

Incipit

 

J’ai fait sa connaissance au Pirée où j’étais descendu prendre le bateau pour la Crète. Le jour était sur le point de se lever. Il pleuvait. Un fort sirocco poussait les embruns jusque sur le petit café. Les portes vitrées étaient fermées, il y avait dans l’air des relents de sueur et d’infusion. Il faisait froid dehors, l’haleine des clients avait embué les carreaux. Cinq ou six marins vêtus de gilets bruns en poil de chèvre, qui avaient passé la nuit sur place, buvaient du café et de la sauge et regardaient la mer à travers les vitres opaques.

Etourdis par les lames de la tempête, les poissons avaient trouvé refuge dans la tranquillité des eaux profondes et attendaient que, plus haut, la mer se calme. Les pêcheurs, entassés dans les cafés, attendaient eux aussi que la colère divine s’apaise et qu’une fois rassurés les poissons remontent à la surface mordre à l’hameçon. Les soles, les rascasses, les raies rentraient dormir après leurs expéditions nocturnes. Le jour se levait.

 

Une écriture lumineuse, dans la magnifique traduction de René Bouchet (les traducteurs sont des écrivains, parfois de grands écrivains, nous l'avons déjà dit).

 

Alexis Zorba, l'ami du narrateur, vient du monde des klephtes (κλέφτες, « voleurs ») – à l'origine, des bandits des montagnes de Grèce durant la période de la Grèce ottomane. Il a étudié l'art du santouri auprès du maître Retsep Effendi.

Nikos Kazantzaki, Alexis Zorba – la vie de Cocagne

Musicien de rue, Athènes, 2005

 

Son santouri est pratiquement son seul bagage.

 

Ecoutez le santouri.

 

Mer, douceur automnale, îles baignées de soleil, voile diaphane de pluie fine vêtant l'immortelle nudité de la Grèce. Quelle joie, me disais-je, pour l'homme à qui il a été donné de voguer avant sa mort sur les eaux de la mer Egée.

 

Zorba se souvient du soulèvement de la Crète contre le joug ottoman : des oreilles arrachées, des têtes coupées... C'est un mystère ! Murmure-t-il. Un granbd mystère ! Pour que la liberté règne dans le monde, est-ce qu'on a vraiment besoin de tous ces meurtres, de toutes ces atrocités ?

 

Son patron et lui débarquent en Crète où un chef de village, un homme fier et généreux, leur a loué une mine de lignite. Ils se logent chez Madame Hortense, fine cuisinière aux appâts charmeurs encore pour Zorba.

Belle sirène des rivages, nous sommes des naufragés que la mer a jetés dans ton royaume. Daigne, ô ma sirène, partager notre repas !

 

La femme est un mystère.

 

Sur le rivage, un gamin chante des chansons d'amour, des mantinades crétoises.

 

Νίκος Ζωιδάκης, Μαντινάδες, 2008

 

Faire chaque chose en son temps (déjeuner d'une poule au pilaf, extraire le lignite...), vivre dans l'instant présent, danser : c'est la leçon de Zorba – la vie de Cocagne.

 

Michael Cacoyannis, Zorba le Grec, 1964

 

Et Dieu dans tout ça ?

Ne le rabroue pas comme ça : lui aussi, il a besoin de nous, le pauvre !

 

Un moine dit au narrateur : l'éternité existe jusque dans notre vie éphémère, mais il nous est très difficile de la trouver tout seuls, égarés que nous sommes par les soucis quotidiens.

 

Entre farce et tragédie, l'histoire réunit deux univers, dans le fragile équilibre de l'incertitude.

Nikos Kazantzaki, Alexis Zorba – la vie de Cocagne

2016, année grecque, avec Cryssilda et Yueyin !

 

_ _ _

 

ANNEXE

 

Αγάπη είναι ν αγαπάς

πιο πάνω απ τη ζωή σου

και την καρδιά σου να ρωτάς

κι όχι τη λογική σου

 

Αν είχε η καρδιά μυαλό

ποτέ δε θα πονούσε

εκείνο που μας αγαπά

εκείνο θ αγαπούσε!

 

Εσύ μου λες πως μ αγαπάς

κι εγώ πως σε πιστεύω

ακόμα και το ψέμα σου

έμαθα να λατρεύω!

 

Πες μου τη λέξη σ αγαπώ

πως θέλεις να στη λέω

με τι να συνοδεύεται

με γέλιο ή θες να κλαίω;

 

Κι άμα σ αρέσει να πονώ

χάρη θα στο ζητήσω

να με πληγώνεις πιο συχνά

για να σ ευχαριστήσω!

 

Έφυγες μα δεν έφυγα

πρόδωσες μα θα μείνω

κι όταν αγάπη χρειαστείς

ζήτα μου να σου δίνω!

 

Στην αλυσίδα που φορείς

και στο σταυρό που έχεις,

κρέμομαι εγώ κι όχι ο Χριστός

φως μου να το κατέχεις!

 

Γιατί τη θέση του Χριστού

επήρα στο σταυρό σου

να με φορείς απάνω σου

να μ έχεις φυλαχτό σου!

 

Δώσε μου κάτι άχρηστο

κι ασήμαντο για σένα

να κάνω αγάπης φυλαχτό

να το κρατώ για μένα!

 

Πόσο μωρό μου σ αγαπώ

κι ένας στραβός το βλέπει

κι εσύ μου λες δεν γίνεται

δεν κάνει και δεν πρέπει

 

Ήθελα να μουνα τυφλός

αρκεί να ξέρω μόνο

πως θα κρατάς το χέρι μου

να περπατώ στο δρόμο

 

Ήθελα να μουνα μουγγός

και να σε συναντήσω

και να ναι η λέξη σ αγαπώ

αιτία να μιλήσω

 

Με μια φωτογραφία σου

κοιμάμαι κάθε βράδυ

μα είναι χαρτί και δεν μπορεί

για να μου δώσει χάδι

 

Αν αισθανθείς στον ύπνο σου

κάτι να σε παιδεύει

μη φοβηθείς η σκέψη μου

είναι και σε χαϊδεύει

 

Μη φοβηθείς αν αισθανθείς

κάτι στα σωθικά σου

εγώ σκαλίζω για να βρω

μια θέση στην καρδιά σου

 

Εις το δημοτικό σχολειό

πήγα ως την πρώτη τάξη

κι όμως η ψεύτρα η ζωή

μου χει πολλά διδάξει

 

Γυμνάσιο και λύκειο

δεν έχω τελειωμένο

τα βάσανα καθηγητή

μ έχουνε καμωμένο

 

Από τα πολλά τα βάσανα

ξέχασα πως με λένε

και δίνω ξένη σύσταση

και λάθος με γυρεύουν

 

Κι άμα δεν ήμουνα εγώ

ήθελα να κατέω

τίνος θα τση δινε ο Θεός

τις πίκρες απού έχω

 

Kι όταν θα μπω στην εκκλησιά

ως κι οι εικόνες κλαίνε

και σα με δούνε καλώς τονε

τον δυστυχή μου λένε

 

Επήγα ν ανάψω ένα κερί

στην εκκλησιά για μένα

κι ύστερα το μετάνιωσα

και τ άναψα για σένα

 

Πήγα ν ανάψω δυο κεριά

μα βρήκα μόνο ένα

και σκυψα και προσκύνησα

και τ άναψα για σένα!

 

Όμως εσύ τρία κεριά

στην εκκλησιά πάντα ν ανάβεις φως μου

τα δυο για μας, το μοναχό

για τς άτυχους του κόσμου

 

Ένα κερί κι ένα κορμί

μια διαφορά έχουν μόνο

το ένα λιώνει από τη φωτιά

και τ άλλο από τον πόνο

 

Νίκος Ζωιδάκης, Μαντινάδες, 2008

 

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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 00:15
Mariam Petrosyan, La Maison dans laquelle – aux confins de la ville

Mariam Petrosyan, La Maison dans laquelle, traduit du russe par Raphaëlle Pache, éd. Monsieur Toussaint Louverture, 2016

Mariam Petrosyan, La Maison dans laquelle – aux confins de la ville

Mariam Petrosyan, Մարիամ Պետրոսյան, est une romancière arménienne écrivant en russe.

 

Dans la Maison, vous allez perdre vos repères, votre nom et votre vie d’avant. Dans la Maison, vous vous ferez des amis, vous vous ferez des ennemis. Dans la Maison, vous mènerez des combats, vous perdrez des guerres. Dans la Maison, vous connaîtrez l’amour, vous connaîtrez la peur, vous découvrirez des endroits dont vous ne soupçonniez pas l’existence, et même quand vous serez seul, ce ne sera jamais vraiment le cas. Dans la Maison, aucun mur ne peut vous arrêter, le temps ne s’écoule pas toujours comme il le devrait, et la Loi y est impitoyable. Dans la Maison, vous atteindrez vos dix-huit ans transformé à jamais et effrayé à l’idée de devoir la quitter.

Ensorcelante évocation de l’enfance et de l’adolescence, La Maison dans laquelle est un chant d’amour fantastique à cet âge ingrat et bienheureux, à ses exaltations et ses tragédies, au sentiment de frustration et de toute-puissance qui le traverse. Mariam Petrosyan a réussi à créer un univers bariolé, vivant et poétique, pétri de cette nostalgie et de cet émerveillement que nous avons tous au fond de nous et qui fait que, parfois, nous refusons de grandir et d’affronter la brutalité du monde qu’on appelle la réalité.

Premier rabat de couverture

 

A 18 ans, Mariam Petrosyan (née en 1969 à Erevan) ébauche les personnages qui deviendront les héros d’un livre qu’elle mettra plus d’une dizaine d’années à écrire, sans jamais chercher à le faire publier : La Maison dans laquelle. Dans les années 1990, elle finit par laisser un exemplaire du manuscrit à des amis. Quinze ans plus tard, après être passé de lecteurs en lecteurs, celui-ci tombe entre les mains d’un éditeur, qui y jette un œil poli avant de le dévorer en quelques jours. Dès sa sortie, en 2009, le livre est lauréat de nombreux prix, et devient un best-seller intergénérationnel et international (250.000 exemplaires vendus en Russie, traductions en italien, polonais, danois, letton, macédonien, norvégien, espagnol et hongrois), dont la communauté de fans ne cesse de grandir. Mariam Petrosyan est aujourd’hui considérée (bien qu’elle soit toujours arménienne) comme l’une des écrivaines russes les plus novatrices. La Maison dans laquelle est son seul roman. Selon ses propres dires, elle ne l’a pas écrit ; elle y a vécu.

Second rabat de couverture

 

Incipit

 

La Maison se dresse aux confins de la ville, en bordure d'un quartier appelé les « Peignes » où d'interminables immeubles sont alignés en rangs crénelés, telles des dents plus ou moins régulières. Séparées à la base par des cours de béton servant d'aires de jeux, les tours sont percées d'innombrables yeux. Là où elles n'ont pas encore poussé, s'étendent des ruines masquées par des palissades. Les enfants, d'ailleurs, s'intéressent bien plus aux décombres qui s'y cachent, refuge des rats et des chiens errants, qu'aux espaces aménagés pour eux.

 

La Maison dans laquelle est un aérolithe romanesque. La Maison semble être un pensionnat délabré, tout également inquiétant et rassurant, dans lequel vivent, parlent et grandissent des adolescents, le plus souvent handicapés et associés en bandes rivales. Des pages enchantées, noires, hypnotiques, où l'on entrevoit Lewis Carroll, Tim Burton et William Golding.

A ce jour, le seul autre ouvrage publié de Mariam Petrosyan est un petit conte de fées intitulé Le Chien qui pouvait voler, Сказка про собаку, которая умела летать, 2014.

 

Un chef-d'œuvre.

 

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