A la Une

Assemblée nationale, mardi 7 septembre 2010, 15 heures, discussion du projet de loi portant réforme des retraites : 500 participants selon les organisateurs, 50 selon la machine à cafté.

 

Non, nous ne vous parlerons pas des Maisons de naissance, découvertes en Belgique par France 2, le lundi 6 septembre 2010, au journal de 20 h.
C'était autorisé en France il y a plus de trente ans.
Frédérick Leboyer, Pour une naissance sans violence, Seuil, 1974 ... Michel Odent, Bien naître, Seuil, 1976.

 

Non, nous ne vous parlerons pas de l'Afghanistan où ils (les nôtres) s'entretuent entre eux.

Non, nous ne vous parlerons pas de La Cité du mâle, où les autres ne brûlent pas que des voitures, des gymnases, des écoles. Même Arte n'en parle plus.

Non, nous ne vous parlerons pas des Roms et de leur ami, François Rebsamen.

 

What about a nice game of chess, Professor Falken ?

 

A la Une est une page et non pas un article. On ne peut commenter qu'en Tribune libre.

 

dans les siècles des siècles

Jeudi 15 octobre 2009 4 15 /10 /2009 15:59

 

 

Nino Ferrer, Le Sud (1974), in Concert chez Harry, 1995

 

Quoi qu'a dit ? - A dit rin.
Quoi qu'a fait ? - A fait rin.
A quoi qu'a pense ? - A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?

- A' xiste pas.

Jean Tardieu, La môme néant, in Monsieur Monsieur, 1951


A reva ?

- A cauchemara.


Le réchauffement climatique, l'énergie propre, l'atome pacifique. Poubelle, déchets. On dirait la Hague, le temps dure son temps et la vie du plutonium sûrement plus d'un million d'années, c'est pas toujours l'été.


Le Sud
, 1974. L'arrivée de l'accordéoniste sans nom (un joli nom d'emprunt, aurait dit De Gaulle), le tout nucléaire. Comment s'en débarrasser ?


Laure Noualhat et Eric Guéret, Déchets, le cauchemar du nucléaire, 2009.

Une croisière sur le Becquerel, de la rivière Columbia (Hanford, l'endroit le plus contaminé du monde occidental, la source d'Hiroshima et de Nagasaki) à la Sibérie en passant par Mayak (ville secrète de l'Oural, après l'explosion d'une cuve de déchets en 1957) et La Hague.

Délirant, conclut Hubert Reeves.


A voir sur ARTE+7, encore quelques jours, ou en DVD.

Un commentaire ? L'ignorance crasse des candidats Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy au cours de leur ultime rencontre avant l'urne ? C'est dans le film. Un exposé très simple sur le fonctionnement des centrales nucléaires ? C'est dans le film (pour avant et pendantaprès, même le directeur d'Areva ne trouve pas les mots).


Confiance !

Le Directeur du CEA le dit.


Ceux qui ont un peu étudié l'histoire avant notre histoire savent qu'il ne manque pas seulement un chaînon, il y a des tunnels de silence de milliers d'années, dans les siècles…


Dérivance.


La descente invitée de Roman Polanski. L'ascension médiatique de Jean (qu'il est joli garçon, l'élu à son papa – c'est de, presque, Georges Fourest). Le soleil est au vert, on passe [en version intégrale].

 


Hubert Félix Thiéfaine, Alligator 427, in album Autorisation de délirer, 1979


Avec la complicité de Monsieur Kiki.


Et une œuvre presque inédite de Lou, ici dévoilée.



 

Alice Cooper, Nuclear Infected, Live, 1980.

I'm nuclear infected
I really don't mind
I just go out when the sun goes down
And have a real good time.

Thanks to Grisé

- his version :

I'm nuclear infamished

I need something to eat
A China Syndrome salad

with plutonium&cheese.

Avec les images

Avec le texte

 

Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 23:11

 
 

Vingt-neuf atolls, cinq îles (éventuellement) fréquentables, 181,3 km², ~ 60.000 habitants, les îles Marshall.

 

L'histoire commence il y a trois millénaires, au moins, quand de grands voyageurs découvrent les îles du Pacifique – ils sont venus de Chine vers les Philippines, vingt siècles auparavant, et de là, plus loin sur l'océan.

En 1525 ou 1529, Alonso de Salazar repère les archipels Ralik et Ratak. La région n'est reconnue qu'en 1788 par John Marshall, et Johann Adam von Krusenstern, au service du tsar, lui donne, vers 1820, son nom actuel d'îles Marshall, repris à la même époque par le navigateur français Louis Isidore Duperrey.


Le paradis est perdu.


Des investisseurs allemands l'investissent en 1885. En 1914, des humanistes japonais s'en emparent, avec l'accord de la Société des Nations, donné le 17 décembre 1920. Les atolls deviennent champ de bataille entre l'Ouest et le Soleil Levant à partir de 1941. Le 23 février 1944, les libérateurs envahissent les îles, officiellement placées sous leur tutelle le 18 juillet 1947.

Les essais nucléaires, trop puissants pour le Nouveau-Mexique, ont déjà commencé sur l'atoll de Bikini – non légendé, à l'ouest de Rongelap.

En février 1946, le gouverneur militaire des îles Marshall annonce la couleur – un grand dessein : Les scientifiques américains veulent transformer une grande force destructrice en quelque chose de bénéfique pour l'humanité et en finir avec toutes les guerres […] Etes-vous prêts à sacrifier vos îles pour le bien de l'humanité ?


For the good of mankind.


Operation Crossroads
.

Abla s'élève le 1er juillet 1946.

Baker, le 27.


 

La flotte de guerre ancrée dans le lagon est armée de milliers d'animaux – cochons, chèvres, rats et souris. Les bâtiments sont submergés sous le tsunami déclenché par l'explosion.

 


Jusqu'en 1958, soixante-sept essais nucléaires sont imposés aux îles. Little Boy d'Hiroshima x 1,6 par jour pendant douze ans.


Le 31 octobre 1952, la première bombe H explose à Enewetak.




[La bombe A tire son énergie de la fission du noyau de l'atome – la puissance est limitée à environ cinq cent mille tonnes de TNT. On emploie de l'uranium enrichi > pour Little Boy à Hiroshima, ou du plutonium > pour Fat Man à Nagasaki. La bombe H agit par la fusion du noyau (atome d'Hydrogène) générée par la fission – la puissance est sans limite connue]

 

Castle Bravo, atoll de Bikini [à 240 kilomètres de Rongelap, prenez des notes], le 1er mars 1954. La bombe H la plus puissante jamais testée.




On n'embarque plus d'animaux. Les Marshallais servent de guinea pigs [le nom qu'ils se sont donné].


Fabienne Lips-Dumas est allée à leur rencontre pour la revue XXI
N° 7 – été 2009, juin 2009 [Le Monde du 23 juin 2009 publie de larges extraits de son reportage – en italique, le texte de XXI, avec des guillemets pour la parole marshallaise]


Exilée de son île natale de Rongelap, Lijon Eknilang parle.




"J'ai un corps irradié. Pourquoi ne pas l'enterrer sur mon île irradiée ?"

Le 1er mars 1954, le jour de son huitième anniversaire, les Américains réveillent en sursaut l'enfant qui dort sous un toit de palmes. Un soleil brutal se lève à l'ouest de l'horizon. La Terre fait demi-tour. Entre le ciel et l'Océan, une "étoile" explose. Elle s'appelle Castle Bravo, c'est une bombe thermonucléaire : la puissance de mille Hiroshima, mille fois quinze kilotonnes de TNT, mille fois une bombe qui a fait plus de 140 000 morts.

"J'ai écarquillé les yeux. Il y avait une lumière aveuglante. Dehors, j'entendais les cris de ma grand-mère. Elle accusait ma cousine d'avoir mis le feu à la maison. Je suis sortie en courant et je pleurais : j'avais peur du feu. Dehors, la lumière était toujours aussi forte. Les femmes n'arrêtaient pas d'entrer et de sortir de la maison. Et là, j'ai vu la chose tomber du ciel. Elle était grosse, ronde comme un soleil, couleur du soleil. Et il y a eu l'explosion... Enorme. Le sol bougeait, tremblait. Le vent nous a jetés par terre. Nous avions peur, tellement peur. Le vent s'est arrêté. Il n'y a plus eu un bruit, juste le silence. Les yeux nous piquaient comme s'ils étaient pleins de sable. Pourtant il n'y avait pas de vent. Les gens disaient qu'on était attaqués, qu'on allait être tués. Nous nous sommes cachés dans les buissons. J'avais soif. Plus tard, nous avons eu faim. Nous avons mangé. La nourriture était couverte d'une chose blanche, elle n'était pas pourrie mais salie. Avec nos mains, nous avons essuyé la poudre blanche et mangé. La poudre n'avait pas de goût. C'était bon comme d'habitude. Dans l'après-midi, tout le monde est tombé malade. Comme si on était restés au soleil toute la journée, comme s'il y avait eu une insolation générale."


Le vent avait tourné, les bienfaiteurs de l'humanité le reconnaissent.


"Tout le monde fait des erreurs"
, disent-ils. Lijon s'étrangle : "Quand tout est planifié, vous n'appelez pas ça une erreur. Peut-être qu'ils pensent que les gens des îles Marshall ne sont pas des êtres humains comme eux. Ils ont bien vu que le vent avait tourné, mais l'opération devait avoir lieu ce jour-là. Compte à rebours, c'était leur plan."

Lijon intervient. Derrière son collier de perles blanches, elle dissimule une cicatrice. Laconique, elle explique : "1981 - Cleveland - Ohio - Ablation de la thyroïde." Son espérance de vie dépend désormais de la prise quotidienne de pilules.

Après les essais atomiques, les médecins américains ont pratiqué à la chaîne des ablations de thyroïdes. Ils préféraient s'en débarrasser avant qu'un cancer ne se déclare. Il y a quelques années, Lijon est retournée sur la table d'opération pour des tumeurs aux seins. Sur l'archipel, le cancer du sein tient de l'épidémie.

Le 1er mars 1954, tous les Rongelapais n'étaient pas sur l'atoll. Mais tous se sont nourris des retombées de la bombe H. En 1957, les Américains décident de renvoyer la population dans son paradis terrestre. La végétation de l'atoll est empoisonnée par les retombées de césium 137, de strontium 90, de plutonium 239... Le temps de l'irradiation chronique commence.

Le temps de la recherche scientifique commence.




Examen clinique de la thyroïde par le Dr Conard [c'est son nom]

Source : Cold War fallout for Brookhaven National Lab / Thomas Maier, 21 août 2009

Newsday - The Long Island and New York City News Source


Le Dr Conard [c'est son nom] est l'un des dirigeants de Brookhaven National Lab.

 


"J'étais enceinte mais je ne grossissais pas. Le bébé est né à sept mois, il tenait
dans ma main. C'était un garçon, il est mort tout de suite. Mon mari a pris une grosse boîte d'allumettes. Elle lui a servi de cercueil." Nerja, la soeur de Lijon, parle d'un ton monocorde. Dix enfants ont suivi : neuf sont en bonne santé, l'aîné se comporte "bizarrement". Lijon a subi sept fausses couches et donné naissance à un enfant difforme qui n'avait qu'un oeil et n'a pas survécu. Plus que les cancers, les bébés monstres réveillent sa colère.

Jusque dans les années 1970, les femmes vivaient dans l'angoisse de ce qui pouvait sortir de leur ventre. Elles mettaient au monde des "bébés méduses" : des troncs à la peau translucide qui laissait paraître le cerveau et le coeur battant. Ils rebondissaient sur la table d'accouchement et mourraient. Il y avait aussi les "bébés grappes de raisins", où seule la présence d'un cerveau suggérait aux sages-femmes que la forme aurait pu être un enfant, et des nouveau-nés incapables de téter, condamnés à mourir de faim.

 




Môle Hydatiforme Partielle


Le matériel est généralement moins abondant que dans la môle hydatiforme complète avec un mélange de villosités môlaires et non môlaires. Fréquemment une cavité amniotique est visible avec parfois un fœtus généralement en voie de lyse, fœtus comportant des anomalies, en particulier un hygroma cervical.


Les Américains accusent les Marshallais d'inceste ou se réfèrent à une syphilis galopante. C'est ce que le docteur Neal Palafox a suggéré à Lijon pour expliquer les fausses couches et les naissances défectueuses. "Il y a deux problèmes liés aux malformations. Il est prouvé qu'un foetus soumis à de fortes radiations pourra souffrir de handicap mental, d'anomalies, et que les interruptions de grossesse seront plus fréquentes. Ce qui est moins clair, c'est, si vous avez été irradié en 1954, votre enfant né en 1960 pourra-t-il en souffrir ? On ne sait pas." Selon lui, les études sur les populations irradiées ne permettent d'arriver à aucune conclusion.


En date du 22 février 2006
:

Une étude menée par des chercheurs de Montréal a pour la première fois identifié la cause génétique sous-jacente d'une pathologie rare, la môle hydatiforme ou "grossesse môlaire", soit une grossesse anormale issue d'un oeuf malade, susceptible d'engendrer un cancer.

L'irradiation et/ou la contamination d'origine nucléaire (militaire comme pacifique) entraîne des mutations génétiques.


Yeux bleus, teint clair, petite moustache à la Clark Gable, Bill Graham gère le Tribunal des réclamations nucléaires. "Je pense que, l'année prochaine, on va classer les dossiers et ranger le tout dans la naphtaline." Depuis sa création, le tribunal a attribué 90 millions de dollars en compensation, 75 millions ont été versés. En 1986, il a reçu un fonds en fidéicommis de 150 millions supposé produire 18 millions d'intérêts par an. L'optimisme financier s'est brisé en 1987 sur la réalité boursière, le fonds s'est vidé.

Des grilles d'indemnité ont été fixées : 125 000 dollars la leucémie, 100 000 dollars le cancer du sein avec mastectomie, 100 000 dollars pour un enfant sévèrement retardé si la mère était sur Rongelap ou Utrik en mars 1954 ou si l'enfant est né entre mai et septembre 1954, de 75 000 à 50 000 dollars le cancer de la thyroïde, rien pour ceux qui ont subi une ablation préventive.

Extrait du débat, en date des 13 et 14 janvier 1956, tenu à la Commission américaine de l'énergie atomique : "S'il est vrai que ces gens ne vivent pas, je dirais, comme des Occidentaux ou des gens civilisés, néanmoins c'est aussi vrai que ces gens nous ressemblent plus que des souris."

En 1994, dans un effort de transparence, l'administration Clinton a rendu publics certains dossiers du Département américain de l'énergie. Les Marshallais ont alors découvert qu'ils avaient servi de "matériel". Elaboré avant Castle Bravo, le projet 4.1 visait à l'étude des conséquences des retombées radioactives sur les êtres humains. "Ils nous ont déshabillés. Ils ont pris notre photo et ils nous ont donné un numéro", se souvient Lijon. Quarante ans plus tard, les manipulations dont elle a fait l'objet ont pris tout leur sens.




Source


Bill Graham, le responsable du Tribunal des réclamations nucléaires, lit un rapport du laboratoire Brookhaven daté de 1958 : "L'habitat des insulaires nous permettra de recueillir des données écologiques très utiles sur les effets des radiations. Nous pourrons suivre les divers radio-isotopes du sol à la chaîne alimentaire jusque dans l'être humain, où nous étudierons leur distribution dans les tissus et les organes, les demi-vies biologiques et les taux d'excrétion..." De ses archives, il tire une autre photocopie : "Le groupe des Marshallais irradiés constitue la meilleure source d'observation sur les êtres humains. Tous les modes d'exposition continue sont représentés : irradiation pénétrante, exposition de la peau aux rayons bêta, absorption de matériel radioactif..."


Aujourd'hui, Les Marshallais ne sont plus sous tutelle américain. Le traité d'association, signé en 1983, a été complété en 1986 : les Marshallais s'engagent à ne plus intenter aucun procès au gouvernement américain, les procédures engagées sont suspendues.


Pour l'île de Kwajalein, qui abrite leur base militaire
, les Américains ont négocié avec le gouvernement des îles Marshall un bail jusqu'en 2016. Imata Kabua, le roi traditionnel qui possède l'île, ne veut pas le renouveler à moins d'un gros chèque. Mais les Etats-Unis ne reconnaissent pas son autorité et les Marshallais sont divisés. Que faire sans les emplois de la base militaire ?

Equipée d'un golf à neuf trous, l'île est au coeur de la guerre des étoiles. On y rêve de la construction du bouclier antimissile et, régulièrement, l'atoll se fait bombarder depuis la Californie. La base militaire est censée intercepter les missiles, mais le bouclier est une vraie passoire et les ogives atterrissent dans le lagon. Le ministre des affaires étrangères des Marshall, Tony de Brum, a demandé une étude sur l'impact chimique des projectiles. Les Américains font la sourde oreille…

 

Marshall, décidément un mauvais plan.

 

Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
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Jeudi 24 septembre 2009 4 24 /09 /2009 11:42

 

Le pied gauche tournant vers l'intérieur, le geste démonstratif de la main droite et l'ombre portée : un chat, pas un Rorschach !
Etonnant, non ?


Oui, c'est Lou, saisi en 1952, haut comme un pain de deux, par Willy Ronis.


Et aujourd'hui, sur la scène du Kikimundo.
 

Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 19:16

 
Les Yes Men refont le monde
est un documentaire d'Andy Bichlbaum et Mike Bonanno, diffusé à partir du 15 septembre 2009 en avant-première sur ARTE, coproducteur.

Rediffusions prévues :

jeudi 17 septembre, 14 h 45

samedi 19 septembre, 1 h 25 (nuit de vendredi à samedi)

jeudi 24 septembre, 9 h 55

Le film est visible pendant 7 jours sur le site d'ARTE.

 

The Yes Men, c'est une aventure commencée il y a près de dix ans par Jacques Servin (alias Andy Bichlbaum) et Igor Vamos (alias Mike Bonanno) afin de mettre en évidence la barbarie des puissants et des puissances de ce monde.

Ils commencent par créer de faux sites web, à l'image de ceux dédiés à leurs cibles, puis ils attendent les questions et les propositions (interventions, conférences, interviews).

 

Un exemple.

Le 28 avril 2005, lors d'une conférence à Londres devant environ 70 banquiers, Erastus Hamm (alias de Jacques Servin-Andy Bichlbaum et soi-disant représentant de Dow Chemicals) présente un logiciel permettant de mesurer le taux acceptable du risque de victimes pour une entreprise ; ce taux est "acceptable" tant que l'entreprise fait des profits ; dans l'assistance, personne ne les contredit, mieux, on se réjouit de leur invention.

 

Dans le cadre de leurs actions visant l'OMC, ils ont proposé :

_ de privatiser le marché des votes

_ de substituer à  l'esclavage la délocalisation, plus rentable

_ de recycler des excréments pour le tiers-monde

_ de mettre fin à l'OMC

Ils s'en sont pris :

_ à George W. Bush

_ à Dow Chemicals ***

[au premier plan dans le film actuellement diffusé]

_ à Patrick Balkany ***

_ à Halliburton

_ à Claude Goasguen ***

[à propos du pacte écologique de Nicolas Hulot]

_ à ExxonMobil

[comment transformer les corps des victimes de la route en carburant]

Ils ont traité de l'Ouragan Katrina en annonçant que le pays reconstruisaient les logement sociaux de  New Orleans et sont intervenus dans la politique israélienne pour demander la paix – ils ont aussi annoncé dans une fausse édition du New York Times la fin de la guerre en Irak.

 

*** Dow Chemicals

Le 3 décembre 2004, vingt ans après la catastrophe de Bhopal, Jude Finisterra (Andy Bichlbaum), faux porte-parole de Dow Chemicals, qui a racheté en 2001 Union Carbide, responsable du massacre (mauvais entretien de l'usine – une unité homologue aux Etats-Unis était bien contrôlée), est invité en direct sur la chaîne de télévision BBC World. Il annonce que Dow met en vente Union Carbide et apporte les 12 milliards de dollars de cette vente pour indemniser les victimes handicapées à vie, les soigner et nettoyer enfin le site. Pendant deux heures, la fausse information circule dans les médias (en première ligne de Google), les cours de l'action Dow perdent 2 milliards de dollars,  avant le démenti apporté par Dow dans un communiqué de presse.

 

L'interview.

[en anglais non sous-titré, l'essentiel se trouve en V.O. s/t sur le site d'ARTE.]


 

 


Après le démenti.


 

 

*** Patrick Balkany

[regardez la page de discussion de Wikipedia pour apprendre comment il a fait supprimer de l'article à lui consacré toute allusion aux Yes Men, et, plus généralement, toute information gênante]

Le maire UMP de Levallois-Perret le dit : il n'y a pas de misère en France, les pauvres, qui ne sont que des moins riches, vivent très bien. Il y a tout juste quelques SDF par vocation, des gens qui ne veulent pas travailler ou qui se croient exclus du monde.

 

 

 

*** Claude Goasguen
, l’un des porte-parole de Nicolas Sarkozy en 2007.

Il est interviewé, prétendument sur une chaîne de télévision américaine, à propos du pacte écologique de Nicolas Hulot (signé, notamment, par Nicolas Sarkozy). Le pseudo journaliste parvient à lui vendre de la glace pour rafraîchir le Groenland avec le concours d'un transport en Airbus.


 

 

Et Bhopal ?

[l'article publié sur le site ce lundi montre que l'atrocité continue]

 

Dans la nuit du 3 décembre 1984, à Bhopal, l'explosion d'une usine de pesticides Union Carbide (aujourd'hui Dow Chemicals) a tué environ [!] 5000 personnes (toutes n'ont pas été identifiées ou retrouvées, ce qui explique les variations de chiffres d'une source à une autre) dans les premières heures, plus de 20.000, depuis, et plus de 300.000 victimes en tout, selon le gouvernement du Madhya Pradesh.

Le PDG de l'époque, Warren Anderson, est accusé d'homicides pour cette catastrophe et déclaré fugitif par le chef judiciaire de Bhopal le 1er février 1992. Selon l'enquête de Greenpeace, il vivrait actuellement à Long Island.

 

Union Carbide nie encore toute responsabilité. Une aumône de dédommagement, 470 000 000 $, a été versée. Chaque victime a reçu environ 500 $.

[le reste…]

 

 

 

Dow Chemicals / Union Carbide a connu / perdu une belle occasion de faire belle figure à bon compte, en confirmant le canular (et c'en aurait été fini des Yes Men).

Barbares et stupides ou bêtes et méchants.

 

Quelle était la première question de Samira Goetschel dans son film Ben Laden : une conséquence de la guerre froide ?

 

[Samira Goetschel] Quelle différence y a-t-il entre tuer au nom de l'islam et tuer au nom de la démocratie ?

[Stansfield Turner] Je ne vous répondrai pas, c'est une question polémique, vous voulez me piéger.

[Samira Goetschel] Non, je voudrais juste essayer de comprendre.

 

Juste essayer de faire comprendre : Yes, Man, they can !
 

Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
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Lundi 7 septembre 2009 1 07 /09 /2009 18:20

 

I'm not a journalist. I just want to understand.

 

C'est ainsi que se présente Samira Goetschel dans son film Our own private Bin Laden, produit en 2005 par Chastè Films Inc., à Toronto, où elle vit depuis 2002.

 

Ben Laden : une conséquence de la guerre froide ? est diffusé sur Planète depuis hier soir et encore le 11/09 à 1 h 40, le 12/09 à 14 h 35, le 13/09 à 18 h 45, le 16/09 à 23 h 20.


Samira Goetschel est née en Iran.

En 1979, arrive au pouvoir le libérateur Rouhollah Mousavi Khomeini, installé en France depuis 1978 à Neauphle-le-Château avec un simple visa de touriste : le père de Samira est exécuté, la famille s'enfuit vers les Etats-Unis où elle vit en paix, loin de l'intégrisme musulman, jusqu'en 2001, le 11 septembre…

En 1992, elle obtient son BFA, NYU, pour son premier film d'école, en 1999, son Master of Arts, Columbia University.

… 11 septembre 2001, terreur, pourquoi ?

 

Samira Goetschel veut comprendre.

D'où vient Ben Laden ?

Pendant trois ans, elle cherche, obtient et conduit des entretiens avec les maîtres d'œuvre de notre histoire sur le terrain, les machinistes en coulisses, les observateurs critiques.

Qui ? Pourquoi ?

Aux ficelles, l'Occident. Against communism.

 

 

Cast

 

Stinking stars

 

Stansfield Turner [plus loin : ST]
Directeur de la CIA de 1977 à1981

Zbigniew Brzezinski [ZB]
Conseiller de Jimmy Carter pour la sécurité nationale

 

Co-starring

 

Jack Blum [JB]

Ancien conseiller auprès du Sénat américain sur le terrorisme, le trafic de drogue et les opérations spéciales

 

Milton Bearden [MB]
Ancien chef  de division de la CIA Chief pour l'URSS et l'Europe de l'est, Chef d'antenne au Pakistan de 1985 à 1989, sur ordre de William Casey *, Directeur de la CIA de 1981 à 1987, sous l'administration de Ronald Reagan


 
Milton et son équipe de libérateurs

 

* [MB] C'était un homme d'une grande moralité […] C'était un catholique qui allait régulièrement à la messe, le mercredi, le jeudi ou le samedi.

 

Guest star

 

Noam Chomsky [NC]
Linguiste et philosophe politique

 

Et bien d'autres…

 

[Jimmy Carter a refusé de comparaître]

 

 

En écoutant, en lisant.

 

[Samira Goetschel] Quelle différence y a-t-il entre tuer au nom de l'islam et tuer au nom de la démocratie ?

[ST] Je ne vous répondrai pas, c'est une question polémique, vous voulez me piéger.

[SG] Non, je voudrais juste essayer de comprendre.

 

Offrez un appât à l'ennemi pour le leurrer, feignez la confusion, puis écrasez-le.

Sun Tzu, L'Art de la guerre, 134-118 av. J.-C.

[ZB] D'abord vous devriez poser vos questions de façon plus intelligente, j'aurais moins de mal à y répondre.

 

Les établissements bancaires sont plus dangereux que les armées de métier.

Thomas Jefferson

 

BCCI, des milliards de dollars négociés chez les pauvres, dans les échanges d'armes contre stupéfiants (pavot, opium, héroïne), pour les riches qui font l'aumône à bon compte.

 

Samira se perd dans ces histoires d'opérations secrètes, de gouvernements complices, de banques corrompues, de trafic international d'armes et de drogue.

 

[Alain Labrousse, Directeur de l'Observatoire géopolitique des drogues – OGD] En effet, les mêmes camions qui s'appelaient National Logistic Cell [ndlr : NLC] livraient des armes en Afghanistan et revenaient chargés d'opium

… ce qui est reconnu par MB

 

Même stratégie, à la même époque, en Afrique : Jimmy Carter, salué par le peuple dans ces contrées comme le héros des droits de l'homme, apportait au peuple de maigres subsides, non désintéressés, des miettes de ce que la BCCI avait récolté auprès de ces pays pauvres.

Les riches ne s'enrichissent que du fait que les pauvres s'appauvrissent – ce n'est pas de la tautologie, c'est de l'arithmétique.

 

La recherche s'accomplit. Dès 1945, les Etats-Unis ont amorcé une politique d'effacement des pays communistes. En 1979, l'Amérique apporte une aide financière et militaire massive aux moudjahiddines afghans et en fait l'instrument de leur volonté d'écraser les Soviétiques. Les Talibans étaient considérés comme négligeables.

 

Où allons-nous ?

 

Le Seigneur n'a pas jugé bon de ne mettre le pétrole et le gaz que sur des territoires occupés par des régimes élus démocratiquement et amis des Etats-Unis…

Mais nous allons là où les affaires se font.

Dick Cheney

 

Les affaires : 80% de bénéfices sur le baril de pétrole (avant raffinage, taxes et autres amuse-gueule), le profit est le fondement du marché dans une économie où le travail est seulement valeur d'échange, l'échange est autorisé par l'islam. La religion n'est qu'un décor idéologique couvrant l'affrontement mimétique des systèmes à la conquête du marché.

 

Alors ? Ben Laden, une création de l'Occident (w'o done 'im ?) ? Un mythe produit par les médias ? Ben Laden se vend bien, en T-shirt, et fait vendre des journaux et des antennes.

 

Qu'aurait été le 11 septembre sans la télévision ?

Jacques Derrida

 

[NC] rappelle que nous ne vivons pas en démocratie mais en polyarchie : les décisions sont prises par un petit groupe influent et ratifiées par le peuple, l'intérêt national est celui des riches et des puissants.

 

[JB] dénonce la politique de l'Occident au Moyen-Orient, un ensemble de pays corrompus et pourris par l'analphabétisme, l'esclavage, la maltraitance des enfants, où l'on choisit parmi les voyous qui dirigent ce chaos celui qui sera de notre côté.

 

[NC] reprend : ce sont les Etats-Unis, qui, sous le maquillage constitutionnel, dirigent les marionnettes. Et si les pantins ne parviennent pas à contrôler leurs peuples, on intervient par la force.

 

Nous devons nous réserver le droit de bombarder les nègres.

Lloyd George, Premier ministre britannique de 1916 à 1922

 

Les nègres d'aujourd'hui sont aussi des Kurdes, des Irakiens…

 

Avec la chute du mur de Berlin, la guerre en Tchétchénie, l'islam conquérant en Bosnie, le conflit continue, extrême entre les extrêmes, mimétique.

 

La philosophie politique de Ben Laden ? Etablir le djihad par le chaos comme philosophie politique universelle.

 

[JB] résume : quelle erreur ! quelles conséquences !

 

[MB] Pourquoi ont-ils fait ça ?

 

[Samira Goetschel] Combien de temps allons-nous encore continuer à croire à ce mythe ? Si nous voulons le briser, peut-être faut-il commencer par tuer le Ben Laden tapi en chacun de nous.

[our own private Bin Laden]

 

Ou bien chasser les libérateurs de nos plages ?

 

On l'a compris, on n'aura pas libéré l'Occident de l'araignée rouge - image chère aux anciens combattants d'Occident, devenu Ordre Nouveau (refondu en FN) sous l'égide de Gérard Longuet, conseiller de Nicolas Sarkozy de 2005 à 2007 et actuellement, depuis le 07 juillet, président du groupe UMP au Sénat – ni l'Inde, l'Indochine, l'Afrique de l'affreux colonialisme (affreusement coûteux pour l'Occident selon l'étude clairement informée de Jacques Marseille) pour les beaux yeux de Marianne ou de sa sœur née Bartholdi.

Ce n'est pas de liberté qu'il s'agit, mais de libéralisme.

Les faux amis…

 

Ils chantent le Peuple, le Peuple outragé ! le Peuple brisé ! le Peuple martyrisé ! mais le Peuple libéré !... libéré par lui-même, avec le concours des armées de la Phynance…

[Charles, pardonne-leur : ils ne savent ce qu'ils font.]

 

+++

 

Ne manquez pas notre prochain épisode : Du plan Marshall aux îles Marshall, les bébés méduses. hhH

 

En attendant, plongeons-nous dans la didactique en solution instable --- et quel était le petit nom de Molière, hein ?

  


 
Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
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