Dimanche 31 janvier 2010 7 31 /01 /Jan /2010 19:54

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Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
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Vendredi 29 janvier 2010 5 29 /01 /Jan /2010 00:01

  

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   Stéphane Auclair, Huit jours chez Monsieur Sartre, L'Encrier, 1987.




On ne présente plus Stéphane Auclair, une voix sans visage : naturellement, Stéphane Auclair ne se présente pas.

[4e de couverture]

Une fiction en forme de caricature, dédiée A Henri Deveau. En écho aux Huit jours chez M. Renan de Maurice Barrès. Où l’on trouve l’analyse structurale, moquée dans l’étude remarquablement dense d’un refrain de chanson de film.


Stéphane Auclair a perdu la mémoire, Henri Deveau est dans la béchamel, L’Encrier a débordé, selon les propres paroles de Stéphane Auclair.

Comme une façon de se prendre pour Goethe : "Le secret de mon œuvre est au dos de mes livres". Et M. Sartre fait un clin d’œil pour honorer son alexandrin.


Trois personnages et quelques figurants historiques.


"Moi" : le narrateur, le serviteur insolent [à l’inverse de ce qu’on observe dans Le Neveu de Rameau où le cynique est indiqué par "Lui" et le philosophe par "Moi"].

On demandait par annonce chauffeur ayant voiture. Suivait une adresse, où je me rendis.

C’était chez "Lui" : Jean-Paul Sartre, l’asthmatique.

"L’autre" : un jeune auteur.

Comme je revenais lui annoncer : "Un jeune auteur est là, qui voudrait vous parler", il me répondit d’emblée : "Faites–le patienter, le temps de me changer.". J’avais lancé sans le vouloir un alexandrin et M. Sartre, prompt à l’occasion, m’en avait renvoyé un autre.

[…]

M. Sartre.- Lisez, Monsieur, lisez.

[…]

L’autre.- […] j’écris pour les humbles, ceux dont on ne parle jamais […] C’est que je considère que la littérature pour le peuple sera de troquet […] Mais je distingue populaire et populeux ! Les vraies idées veulent du marbre, laissons les élucubrations au zinc ! Les alcools forts ne sont pas tous de l’absinthe et d’ailleurs Camus qui fut votre ami, autant qu’il fut ma bête noire, se plaisait à parler du restaurant Padovani à Oran !

Lui.- Attention ! Padovani, c’était à Alger, pas à Oran !

[…]

L’autre.- : […] "J’ai là un roman, ou plutôt un début de roman, quelque peu dionysiaque où je me démarque, par le seul moyen d’une translation strictement phonétique, d’un grand auteur contemporain.

[Annexe 1]


Lui.- : […] auriez-vous plutôt du doux ?

[…]

L’autre se laissa prendre à ce miel

[…]

Et il lut, ou plutôt récita par cœur :

"Hello !

Le soleil brille brille brille.

Hello !

Tu reviendras bientôt

Là-bas

Dans ton village

Aux verts bocages

Pleins de nids d'oiseaux !"

M. Sartre sifflotait. Il ne goûte guère la poésie contemporaine qui lui semble une prose de purgatoire taillée à la hâte en alinéas. Je sentis qu'entre lui et l'autre le rideau de fer venait de tomber, sans appel.

J'eus aussitôt pitié du poète ; bien qu'il m'eût fait sentir que j'étais hors-jeu d'avance, j'intervins en sa faveur : "Eh bien moi, ces vers me plaisent."

Moi ?

M. Sartre avait froncé les sourcils : depuis quand un vassal prend-il d'autorité la parole ? Quant à l'autre, il ne s'attendait pas à une collision de planètes et il fit une bouche de bambin étonné. Je lançai d'une traite : "J'y trouve dès le premier mot une simplicité qui suggère le premier matin du monde. Ce hello jaillit comme le cri du premier homme qui déserta sa caverne pour se dresser en pleine lumière. Oui, je crois que cet homme-là, encore si proche de l'animalité, dont l'intelligence était enténébrée et qui possédait moins que rien pour tout langage, la première fois qu'il vit le soleil, il exprima toute son émotion dans ce seul mot hello. C'est avec hello que commence véritablement l'aventure humaine et ce mot éveille au tréfonds de notre être le souvenir d'une expérience ancestrale où l'individu se distingue de la race pour affirmer son temps personnel. Et ce hello, qui appartient, à mon avis, au langage le plus primitif, celui de l'émotion, résonne comme le grec hélios, qui justement signifie le soleil. De hello à hélios se devinent la longue histoire d'une culture et l'élaboration d'un langage qui permet de dire le monde de la façon la plus déliée qui soit. Cette histoire, il a suffi d'un mot, le vôtre, pour que nous en remontions le cours. Et je remarque que ce mot de primitif occupe la première ligne de votre poème. Premier et primordial, il rayonne comme une explosante-fixe."

_ Eh ben, dit M. Sartre, nous avons là un nouveau Starobinski.

Mais je poursuivis : "Avec le second mot, soleil, c'est toute une organisation contrapunctique qui se met en place : le poème se développe alors selon des lois qui lui sont propres et qui sont inscrites dans l'image-matrice qui devient, de ce fait même, motrice.

"Par ailleurs, rien ne suggère mieux que la répétition du verbe brille la lourde assomption de l'astre du jour tandis que le ciel entier s'étire et semble agrafé à ce dur diamant.

"L'impact émotionnel de l'évocation est aussi important : c'est la nostalgie. On ne peut en effet regarder le soleil sans tristesse ; tant d'hommes l'ont regardé avant nous, qui ne sont plus ; et à la même heure, ceux que nous aimons et qui sont loin de nous le regardent peut-être et si nous les sentons alors plus proches, leur absence, au soleil, n'en est que plus cuisante.

"Cette nostalgie appartient elle aussi au plus vieux fonds de l'humanité et c'est pourquoi, je suppose, vous avez employé le tu qui désigne tout homme d'une façon à la fois impersonnelle et intime - et je note au passage, Monsieur, la trace discrète, dans cette tournure latine, d'une formation classique."

_ Pas forcément, bougonna M. Sartre. Les Arabes aussi se tutoient. Monsieur a pu prendre ça à la Goutte d'Or.

Je passai outre. "Tu reviendras. Ah ! que cela est troublant. Je sais bien qu'il ne faut pas faire de psychologie quand il s'agit de poésie, mais comment ne pas voir dans ce tu reviendras l'expression d'un de ces mouvements contradictoires de l'âme qui en révèlent parfois l'insondable ? Car enfin, le ton ne permet pas d'en douter : il est ferme, il est fort, il contient plus qu'une promesse : une certitude. Mais alors, comment expliquer que cette âme blessée, en proie à la tristesse et si près de désespérer, se ressaisisse soudain dans cette certitude ? et d'où lui vient cette force nouvelle, de quelle grâce ou de quelle puissante illusion ?"

L'autre m'interrompit : "C'est qu'il n'est point nécessaire d'espérer pour entreprendre.

Moi. - Je m'en doutais. Mais faire de la force avec de la faiblesse, du certain avec du probable, de la croyance avec des doutes, n'est-ce pas là le mystère de l'âme occidentale que vous avez exprimé dans ce tu reviendras, et de quelle limpide manière, et avec quelle économie de moyens !

L'autre. - C'est que je sais ce que je fais.

Moi. - Assurément. Et vous me permettrez aussi d'apprécier le bientôt : là le temps se contracte pour composer avec l'espace une harmonie de l'impatience et faire surgir avec force le là-bas ; c'est un rêve flottant qui se fixe, une image fragile qui prend chair. Le poème entier pivote et toute la fin s'épanouit alors en contraste avec les premiers vers. La fraîcheur des bocages s'oppose à la solitude brûlante du soleil, le vert apaisant au bleu douloureux du ciel vide et le pépiement des oiseaux, que l'on n'entend pas mais qui n'en est que mieux suggéré, au cri sauvage de l'homme. En bref, ce puissant contraste montre une humanisation de la nature, une conquête du calme et de la paix, un idéal rustique. Et peut-être pouvons-nous voir dans ce poème le symbole de l'âme humaine toujours écartelée entre le champ des possibles et la vie éternelle, entre l'orgueil solaire et la tentation du repos. Mais je dis bien peut-être, car ici je ne voudrais pas forcer l'interprétation."


Où l’on retrouve quelque chose du fameux commentaire d’un impromptu.

[Annexe 2]


Et quelque chose d’un holy day on ass.


Lui
donne quelques conseils :

allez à Sollers…

[…]

Et pour Sollers… attendez, il y a une Michèle dans votre récit [supra dans le texte : l’amour d’Alain pour Michèle allait? Eh bien, il vaut mieux un Michel : allez, et vous serez aimé.

[…]

Et M. Sartre ne peut s’empêcher de sourire : "Il prend pour pseudonyme un mot latin, sollers, qui signifie adroit, habile, intelligent, fin – c'est-à-dire tout ce qu’il n’est pas, alors que pataugas, qui fleure le vignoble, irait comme un gant !"


Huit jours et l’histoire finit mal, nouvelle démarque.


M. Sartre apparut à la fenêtre en criant : "Vos gages ! Vos gages ! Attendez ! Vous n’avez rien oublié ?

_ Mais si !"

Et je demandai à Monsieur Sartre mon dimanche.


Bon Sartre, Monsieur Dimanche !


 



 

[Annexe 1]

 

Comblé.

 

Longtemps je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine mon ami étreinte, ma queue se bandait si vite que je n’avais pas le temps de me dire : "Je suis fort.". Et, une demi-heure après, la baisée qu’il était temps de touiller en sommeil s’éveillait ; je voulais casser sa lune que je croyais encore dans les mains et bouffer son derrière ; je n’avais pas cessé en baisant de faire des réflexions sur ce que je baisais de pire, mais ces flexions avaient pris un tour un peu particulier : il me semblait que j’étais moi-même ce con percé d’outrages : on néglige, on a tort, la virilité du Français brimé par les siens. Cette croyance survivait pendant quelques saccades sans pareilles ; elles ne choquaient pas ma Suzon qui pesait comme douze cailles sur mon nœud et l’empêchait de se rendre au con que le foutoir je n’ai plus à nommer.

 

[Annexe 2]

 

MAGDELON : J'imagine que le plaisir est grand de se voir imprimé.
MASCARILLE : Sans doute. Mais à propos, il faut que je vous die un impromptu que je fis hier chez une duchesse de mes amies que je fus visiter ; car je suis diablement fort sur les impromptus.
CATHOS: L'impromptu est justement la pierre de touche de l'esprit.
MASCARILLE : Écoutez donc.
MAGDELON : Nous y sommes de toutes nos oreilles.
MASCARILLE : Oh ! oh ! je n'y prenais pas garde
Tandis que, sans songer à moi, je vous regarde,
Votre œil en tapinois me dérobe mon cœur.
Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur.
CATHOS : Ah ! mon Dieu ! voilà qui est poussé dans le dernier galant.
MASCARILLE : Tout ce que je fais a l'air cavalier ; cela ne sent point le pédant.
MAGDELON : Il en est éloigné de plus de deux mille lieux.
MASCARILLE : Avez-vous remarqué ce commencement :
Oh, oh ?Voilà qui est extraordinaire: oh, oh ! Comme un homme qui s'avise tout d'un coup : oh, oh! La surprise: oh, oh!
MAGDELON : Oui, je trouve ce oh, oh ! admirable.
MASCARILLE: Il semble que cela ne soit rien.
CATHOS : Ah ! mon Dieu, que dites-vous ? Ce sont là de ces sortes de choses qui ne se peuvent payer.
MAGDELON : Sans doute ; et j'aimerais mieux avoir fait ce oh, oh! qu'un poème épique.
MASCARILLE : Tudieu ! vous avez le goût bon.
MAGDELON : Eh ! je ne l'ai pas tout à fait mauvais.
MASCARILLE : Mais n'admirez-vous pas aussi je n'y prenais pas garde ? Je n'y prenais pas garde, je ne m'apercevais pas de cela : façon de parler naturelle : je n'y prenais pas garde . Tandis que sans songer à mal, tandis qu'innocemment, sans malice, comme un pauvre mouton : je vous regarde, c'est-à-dire, je m'amuse à vous considérer, je vous observe, je vous contemple ; Votre œil en tapinois ... Que vous semble de ce mot tapinois ?n'est-il pas bien choisi ?
CATHOS : Tout à fait bien.
MASCARILLE : Tapinois , en cachette : il semble que ce soit un chat qui vienne de prendre une souris : tapinois .
MAGDELON : Il ne se peut rien de mieux.
MASCARILLE : Me dérobe mon cœur, me l'emporte, me le ravit. Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur ! Ne diriez-vous pas que c'est un homme qui crie et court après un voleur pour le faire arrêter ? Au voleur, au voleur, au voleur, au voleur !
MAGDELON : Il faut avouer que cela a un tour spirituel et galant.
MASCARILLE : Je veux vous dire l'air que j'ai fait dessus.
CATHOS : Vous avez appris la musique ?
MASCARILLE : Moi ? Point du tout.
CATHOS : Et comment donc cela se peut-il?
MASCARILLE : Les gens de qualité savent tout sans avoir jamais rien appris.
MAGDELON : Assurément, ma chère.
MASCARILLE : Écoutez si vous trouverez l'air à votre goût. Hem, hem. La, la, la, la, la . La brutalité de la saison a furieusement outragé la délicatesse de ma voix; mais il n'importe, c'est à la cavalière.
(Il chante.)
Oh, oh ! je n'y prenais pas...
CATHOS : Ah! que voilà un air qui est passionné ! Est-ce qu'on n'en meurt point ?
MAGDELON : Il y a de la chromatique la dedans.
MASCARILLE : Ne trouvez-vous pas la pensée bien exprimée dans le chant? Au voleur! ... Et puis, comme si l'on criait bien fort: au, au, au, au, au, au, voleur ! Et, tout d'un coup, comme une personne essoufflée : au voleur !
MAGDELON : C'est là savoir le fin des choses, le grand fin, le fin du fin. Tout est merveilleux, je vous assure ; je suis enthousiasmée de l'air et des paroles.
CATHOS : Je n'ai encore rien vu de cette force-là.
MASCARILLE : Tout ce que je fais me vient naturellement, c'est sans étude.
MAGDELON : La nature vous a traité en vraie mère passionnée, et vous en êtes l'enfant gâté.
MASCARILLE : A quoi donc passez-vous le temps ?

 

Molière, Les Précieuses ridicules, IX
 

Par lou - Publié dans : de litterrance
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Lundi 25 janvier 2010 1 25 /01 /Jan /2010 00:01

 
_ Qu'êtes-vous allé faire dans cette galère ?

[demandiez-vous]


_ Le message subversif des Fatals est... non ! pas subversif. Evanescent. Mais...

_ ... mais ?...

_ ... mais, nos amis les chasseurs nous ont déçu. Montreuil-Bellay est un nid de chasseurs, nous avons montré, en images, comment les chasseurs d'Antoigné, village satellite de Montreuil-Bellay, avaient flingué trois poteaux. Nous n'avons pas donné une vue d'ensemble, parce qu'il n'y a aucune visibilité entre les deux poteaux marquant la priorité, ce qui montre que les chasseurs ont tirés les uns vers les autres et vers la route sans rien voir - on aurait dit un accident, en cas d'accident.

_ Mais...

_ ... comme vous le dites, déçu ils nous ont. Nous étions venu entendre leurs cornes et leurs chiens hurler pour un peu d'animation culturelle. Rien. C'est vrai que les Fatals ne parlent pas de la chasse. Ils miment - est-ce un rôle de composition ? - les idiots du village, qui ne restent qu'en caricature, dans la tradition.


Oublions les Fatals
. Y en a-t-il qui s'en souviennent ?


Nous avons quitté les lieux de culture une minute après le début du séisme, sous le regard fâché du planton tatoué SECURITE à qui nous avons dit, comme il nous interlocutait, que nous allions nous mettre en sécurité, à la maison, parce qu'ici la sécurité n'était pas assurée.

Nous avons demandé pardon à une charmante ouvreuse paniquée parce que nous avions ouvert une porte marquée SORTIE (pas de secours, nous savons lire, nous avons appris à d'autres à savoir lire).

_ Oh mais, il ne faut pas ouvrir...

_ ... j'avais lu SORTIE...

_ ... oui, mais c'est bloqué, c'est pour qu'on ne sorte pas...

_ ... et on sort ?...

_ ... par l'entrée...


[c'est à ce moment que le tatoué est arrivé, un galant homme, il n'a pas osé me frapper devant une dame, l'élégance française - française limite pour lui --- enfin limite pour moi ----- et puis quoi ?! je peux bien faire mon Bedos ?! non ?!]


Rappelons les chasseurs
. Un devoir de mémoire.


L'argumentare
(néologisme vénérien : de vénerie, ou chasse à courre, anciennement chasse à courre, à cor et à cri , un mode de chasse ancestral qui consiste à poursuivre un animal sauvage, traditionnellement cerf, sanglier, renard ou lièvre, avec une meute de chiens, selon l'ONCFS, repris par notre fidèle chien Wikipédia) des chasseurs en trois parties.


I. Loisir


La chasse est notre loisir. Nous ne gênons personne. Chacun a ses loisirs.

Il n'y a pas de sot loisir (à la manière de Louis Jouvet, in Drôle de drame).


L'ennui, et c'est là que vous allez rire, c'est que la chasse est d'abord une
nuisance sonore, aujourd'hui qualifiée en délit.

Dans les communes sinistrées comme Saint Tintin de Concons, on compte, selon les variations saisonnières, jusqu' à 90 chasseurs pour 100 foyers. En France on dénombre un peu moins de 1,5 million de chasseurs, moins de 3% de la population (les Belges avec leur pauvre moins de 0,30% ne peuvent pas comprendre), en tête des pays européens, pour le nombre de têtes de chasseurs, loin devant l'Italie (moins de 1 million de chasseurs, pour une population équivalente).

[source : La documentation Française]

Ce groupuscule nuisible chiffrant à 3%, et plus de 2 milliards d’euros par an en chiffre d'affaires, prétend vivre en territoire conquis.

[source : Productions Bonne Pioche, 2006]


La nuisance sonore
est de tous les jours, toutes les nuits, toute l'année. Parce que les meutes encagées hurlent à toute heure.

Un chien qui aboie (rappelons qu'en termes de vénerie, les chiens n'aboient pas, ils crient, c'est à dire qu'ils hurlent) dans la campagne, c'est un chien qui aboie dans la campagne.

Il en faut toujours un. Quand il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes.


La nuisance sonore
est de tous les jours, même à la nuit tombée, en saison (8 à 10 mois par an). Parce que les fusils (même seulement ceux qui sont déclarés, mais nous avons les noms et les adresses des truands qui détiennent des armes non déclarées, fusils de guerre, armes automatiques - on les entend, on ne sait pas comment on chasse le lapin au PM) ne demandent qu'à rendre sourds les fusilleurs (la surdité est un mal professionnel reconnu chez les chasseurs) et les voisins.


La nuisance sonore
est partout. Parce que les cornes (même pas les nobles trompes) remplacent avantageusement les téléphones portables dans nos campagnes en zones de faible réception.

Nous sommes donc allé nous réfugier, l'espace d'une soirée, au Centre de [sic] culture de Montreuil-Bellay pour écouter une autre chanson.

LOL 1 !

II. Tradition


La chasse est notre tradition. Il faut sauvegarder la tradition. A chacun ses traditions.

Il est de mauvaises habitudes.


Certes la chasse est un acquis social de la Révolution française, comme l'esclavage, comme la guillotine. On aurait dû garder l'esclavage et la guillotine.

Ay, there's the rub !

Shakespeare, Hamlet, III, 1

Avec notre ascendance paysanne, nous serions dans la servitude, et pour les propos ici tenus, on aurait bientôt fait de nous couper la tête. Laissons tomber. Panier.

La lapidation selon la Charia, c'est une tradition. A chacun ses traditions. La pierre ne se plaint pas.

LOL 2 !

III. Régulation


La régulation autorise la chasse en dehors des périodes de chasse.

La régulation produit les milliards d’euros par an en chiffre d'affaires évoqués plus haut.

Avant de réguler, il faut dérégler.


A Saint Tintin de Concons, en 2007 (depuis, le courageux maire, qui, pour en porter le nom, n'est pas notre Cousin préféré, élu par les chasseurs, n'a plus donné de chiffres), 300 perdreaux déversés, 100 et quelques faisans, d'un élevage.


Les sangliers.

Comme si les paysans, les vrais, ceux qui travaillent, n'en avaient pas assez sur leurs terres, les sangliers, on en a remis des couches et on a fait des hybrides, moins farouches, et qui se reproduisent dix fois plus que les sangliers ordinaires.

[source : Ligue ROC]

Comment s'en débarrasser ?


Trêve de badineries
.


Le renard
.

Animal rusé et cependant intelligent, il n'est en rien nuisible, le renard régule très bien son territoire et sa reproduction.

Si on le chasse, il se reproduit deux ou trois fois plus que selon sa tradition, au cas où... De ce fait, il émigre vers de nouveaux territoires, où on le chasse et d'où il se reproduit, etc.

[source : INRA]

LOL 3 !


Au prochain épisode, nous vous parlerons, si vous le demandez, d'
André Pairochon, éleveur autorisé de meutes, oui ! le Père Hochon de Saint Tintin de Concons, et de Jannick Pellaumail, große Führer de l'ACCA, Commerce de gros (interentreprises) de céréales, de tabac non manufacturé, de semences, etc.

En 2008, Chiffre d'affaires = 287 765 €, Résultat net = 19 277 €, les charges ! la criiise ! une misère. Heureusement, il y a la chasse.

Hein ? Ah oui, ce n'est plus la peine de demander, nous venons d'en parler.

LOL LOL LOL !
 

Par lou - Publié dans : de maintenant
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Samedi 23 janvier 2010 6 23 /01 /Jan /2010 00:01

 
Les Fatals Picards
au Centre de culture et de loisirs de Montreuil-Bellay, le vendredi 15 janvier 2010.


La folie du spectacle ?

Non, nous ne sommes pas Axelle Laffont avec ses grandes jambes élancées.

[note 1]

Oui, nous commençons comme les Fatals.

Nous y étions.

_ Whaaah ! clap clap clap !

_ Bonjour, nous ne sommes pas...

[suivent quelques noms de groupes qui ont le défaut de vendre plus de disques que les Fatals]

... nous ne sommes pas Louis Bertignac, on n'est pas assez vieux pour ça !

_ Whaaah ! clap clap clap !


Là, nous avons déjà appris quelque chose.

Un bon spectacle ne se doit-il pas d'instruire en divertissant ?

Nous ne sommes pas Eric Rohmer parce qu'on n'est pas assez vieux pour ça.

Nous ne sommes pas Mano Solo, parce qu'il n'a pas vécu assez vieux pour ça.

On est venu trop tard dans un monde trop vieux.


Le Centre de culture
.

Sis en face du Collège (de la réussite) Calypso, qui ne doit pas son nom à la nymphe mais à l'ancêtre de la plongée. La plongée, un loisir auquel on n'a compris localement que l'apnée intellectuelle.

Le Centre de culture.

Près du Lycée Professionnel Agricole Edgard Pisani [sic], option vigne et vin.

Le Proviseur : Pinard

[ça ne s'invente pas]

Centre, ombilic, de la culture, il fallait l'oser.

Les cons ça ose tout. C’est même à ça qu’on les reconnaît.

[formule dont nous laissons la responsabilité à Michel Audiard]


Autrement dit, nous ne parlons pas des Zénith et autres lieux d'aisance où s'ébattent les junkies DJs de la galette, noire sur la platine et en or sur le plateau, les enfants d'Hadopi, les artisses.


_ Nous sommes modestement

[les comiques !]

Les Fatals Picards !

_ Whaaah ! clap clap clap !


Nous nous devons de préciser que nous étions 351, dont 97% à peu près de requis volontaires du collège et du lycée, accompagnés d'un parent ou d'un conseiller d'éducation, et de militants du Conseil municipal, pas au complet - même les employés n'étaient venus qu'en délégation, on dira.

[351 selon nous, une centaine de plus selon les organisateurs, mieux disant culturels]


Nous avons eu le temps de compter.


Le spectacle, prévu à 20 h 45, a commencé, comme on l'a relaté, à 21 h 15.

Non ! Les Fatals n'attendaient pas de se faire prier, ils sont mécréants. Simplement, un bon nombre de trucs et de machins n'étaient pas calés.


Ca commence fort, nous mettons nos bouchons d'oreilles [pro, s'il vous plaît], ça continue mal.

Les bouchons d'oreilles, de qualité, réduisent le bruit de 50 décibels, on entend clairement les artisses. Mais... ils ne changent rien aux vibrations du cœur et du bas ventre, pour lequel c'est étudié.


Mzalors, mzalors, ils sont hors normes ?!

Non, non, vous n'avez rien compris.

A l'entrée, on distribue des bouchons d'oreilles, en petits sachets pub Haribo, on connaît son public - pour deux paires d'oreilles, on offre un préservatif.

[nous avons les photos, nous ne les montrerons qu'en cas de procès improbable, à moins que les Fatals ou les Bellay n'aient vraiment besoin de publicité]

Ainsi la norme des 93 dB, 100 dB admis communément comme nouvelle norme, est respectée.

Les bidules en plastoc, livrés avec les machins en latex, ne sont pas très bons. Nous avons essayé [les bidules !]. On dira -30 dB.

Les intermittents du son se tripotant les manettes à 130-140, on est dans la tolérance.

Restent les douze sacro-saints caissons de basses qu'on trouve maintenant partout.

Ils se les refilent ou c'est fabriqué en grande série et en Thaïlande par des réfugiés afghans.

Comme nous n'avions pas de quoi mesurer, nous dirons... mille watts chacun, et il y a un peu plus.


Illustration.

Comme si vous y étiez.

Ecoutez cet extrait - légal, moins de trente secondes et créé avec nos pauvres moyens --- montez le son de votre ordinateur pour mieux apprécier --- ceux qui reconnaissent quelque chose dans les cinq premières secondes sont déjà sourds.



Ecoutez maintenant l'original.

Dorothée, Colchiques dans les prés - paroles et musique : Francine Cockenpot


Oui, nous n'allons pas refaire un
Lorie, c'est une chanson gentille et jolie.

Mais avec un connard du son qui se tripote les manettes, ça devient féroce.


Nous répondons toujours aux questions, et d'abord à celles que nous posons à nous-même.


Sur les techno-maniaques, usurpant parfois le titre d'ingénieurs, du son, écriras-tu un jour quelques mots à graver au tympan (!) des temples consacrés à Euterpe ?

C'était en mars 2007, à propos de Queens of The Stone Age, Songs for the deaf - une de nos prémonitions.

Nous avions écrit quelques mots, une virgule à changer, peut-être.


Dans les lieux de concert, même des théâtres, on trouve maintenant
avant toute chose non pas de la musique, mais une ou deux douzaines de caissons de basses à plus ou moins 1000 watts l'unité, au moins, et, quelque part, un manetteur fou qui a scotché une fois pour toutes les curseurs en haut. Le résultat fait la joie des acouphènologues.
[...]

Il y a 15 ans,

[20 ans, Lou...]

Liz Mc Comb, dans une église, à Marciac. Les fous de service étaient au fond, planqués dans le confessionnal ! Après trois chansons, et deux marques de colère contenue, Liz Mc Comb a posé, pas délicatement, son micro dans une niche, loin du piano, puis elle est partie a capella dans la nef, tout au long, sous les applaudissements des spectateurs ; à la fin du concert, après quelques premiers applaudissements à Liz Mc Comb (et avant une grande ovation), le public s'est tourné (j'avais un tout petit peu donné l'élan) vers les sonomaniaques pour applaudir à tout rompre leur prestation : ils se sont cachés sous les claviers.
J'hésiterais à
aller avec, même pour faire plaisir, dans un concert de Dorothée.
Metallica, tout noir, c'est beau, sur ma chaîne, pas forcément en sourdine. Mais pas avec les sourdingues des concerts.
C'est vrai, que, malgré mes goûts bizarres, je suis de la génération
Tino Rossi, le premier, me semble-t-il, à avoir utilisé un micro en concert. Les chansonniers de l'époque le caricaturaient à partir de ce trait et mimaient des paroles devant un micro fictif.
[pour les jeunes visiteurs, précisons que Tino Rossi avait un joli filet de voix, mais plutôt le ru d'une petite vallée corse que l'Amazone]
Il y a quelques mois, Pierre Barouh, seul avec sa guitare sèche, assis au bord de la scène, chantait pour des centaines d'amateurs venus l'écouter aux Herbiers dans le théâtre qui porte son nom, et Pierre, il ne force pas sur la voix, il ne force pas, simplement, et il offre un concert de 2 heures, ce que le dernier guignol à la mode, avec cinquante années de moins ne tiendrait pas.

Et puis ?


_ Et les Fatals dans tout ça ? ils n'y sont pour rien ?

_ A moins qu'ils n'aient pas travaillé, ce qui semble le cas au regard du retard de l'entrée en scène, ils sont complisses, les artisses !

_ Oui, mais. Ils sont artisses, pas techniciens de la feuille ou employés municipaux.

_ Va, on laisse. Mais les chansons ? Elles sont bien le fruit du génie poétique et politique néo-poujadiste relooké bien-pensant de gôche des Fatals ?


On écoute.

... et gueu bôh gueu t'au t'aurais pô du sac plastique en pôpier hein queu quesse t'as à t'marrer... t'es con toi ou quoi ?



_ Oui ? Il y a une question, posez votre question !

_ Euh... la culture à Montreuil-Bellay, vous avez l'air de connaître, les connards que vous dites du son, vous les connaissez depuis 15 ans, les Fatals, vous avez étudié leur philosophie, alors qu'êtes-vous allé faire dans cette galère ?

[un temps de silence pour affûter l'attention]

_ C'est une très bonne question, je vous remercie de me l'avoir posée, cela m'évite un dialogue fictif, et je vous répondrai dans La folie du spectacle - épisode 2 : les tarés de la gâchette, à paraître lundi prochain...

 




[note 1] il faut, au moins, deux clics pour avoir l'image et le son - vidéo tolérée, semble-t-il, on ne sait pourquoi puisque ce n'est pas un extrait ; un conseil ? achetez le DVD, puritains ou coincés des glandes, s'abstenir - on ne fait pas la promo, on ne connaît pas Axelle, hélas ! hein ? ou heureusement pour elle ! qui a dit cela ?
 

LLL * c'est publié dans de maintenant parce que nous avons dit dès le commencement qu'il n'y aurait pas d'autres catégories que celles prévues dans la grille et nous refusons, n'en déplaise à nos abonnés, de créer une catégorie comme de la merde
 

Par lou - Publié dans : de maintenant
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Mardi 19 janvier 2010 2 19 /01 /Jan /2010 00:01

 
Itchi Go, Itchi E, une rencontre, une occasion...

A vida e arte de encontro, la vie c'est l'art des rencontres, disait Vinícius de Morães.

J'ai passé l'essentiel de ma vie à vivre et provoquer des rencontres dont les traces concrètes sont inscrites dans le label Saravah et dans quelques films ou documents. Les rêves, les utopies, les émotions fugaces ne se sont pas évaporés car je pense qu'il n'est rien d'inutile le vent souffle sur chaque mot, chaque geste sans que l'on sache jamais où il les dépose...

Les idées se propagent comme le pollen et fécondent si elles portent en elles le germe de vie.

Pierre Barouh

Quelques rencontres.

Jacques Higelin, Areski Belkacem, Brigitte Fontaine, Lewis Furey, Carole Laure, Jean-Roger Caussimon, Pierre Akendengue, David McNeil, Nicole Croisille, l'Art Ensemble of Chicago, Naná Vasconcellos...

Comme le dit Pierre, les cultures ont des racines tellement profondes qu'elles se rejoignent au centre de la planète. Les orchestres de rue japonais deviennent proches des musiques populaires brésiliennes (album L'Amitié).

Pierre (Elie) Barouh, fils d'immigrés juifs turcs est né à Levallois le 19 février 1934. Il passe ses années d'enfance et de guerre dans le bocage vendéen.
Et puis, un jour, j'ai vu le film de Marcel Carné, Les Visiteurs du soir, avec la merveilleuse chanson de Prévert, Démons et merveilles. Ça a été un choc, une révélation.

Renoir, Vigo, Prévert, Mac Orlan, Brassens, Trenet (de Levallois).

Amoureux de la samba, il part pour le Brésil, vers Caetano Veloso, Gilberto Gil, Chico Buarque.

Il les rencontre à son retour, à Paris. Baden Powell. Retour au Brésil. Vinícius de Morães, Maria Bethânia...

En 1966, il est avec Claude Lelouch pour Un homme et une femme. Chabadabada, sur une musique de Francis Lai, ce n'est pas une phrase à seule fonction phatique, c'est le cœur amoureux qui bat la chamade.

Personne n'en voulait, Francis Lai, pourtant accompagnateur d'Edith Piaf, n'était qu'un petit accordéoniste niçois, alors vint Saravah... et après, seulement, la palme à Cannes.

Ecoutez Pierre, l'histoire de
Saravah.



Après, on m'a fait passer pour l'apôtre de la bossa nova, on m'a offert plein de fric pour adapter des chansons brésiliennes, mais j'ai toujours refusé par peur de les trahir. Cette musique est victime de la beauté de ses mélodies, on n'a pas toujours compris qu'elle est aussi portée par des poètes immenses.
[note 1]
  
Sarava est une formule de bénédiction, au Brésil, Pierre y a ajouté la dernière lettre de son nom.
 
J’aimerais vous parler de mon amour de la samba, comme un amoureux qui n’osant pas parler à celle qu’il aime, en parlerait à tous ceux qu’il rencontre.
 
Vinícius de Morães, Baden Powell, Pierre Barouh, Samba Saravah, 1998

Moi qui suis peut-être, je dis bien peut-être, le français le plus brésilien de France, j'aimerais vous parler de mon amour de la samba
, c’est ainsi que Pierre Barouh présente la Samba Saravah et Vinícius de Morães, auteur de cette chanson et, comme il le disait lui-même, le blanc le plus noir du Brésil, et sans oublier Baden Powell pour la musique.
[note 2]
 
Pierre Barouh, Francis Lai, La Bicyclette, 1977
 
Pierre Barouh et un clown de rencontre, Contrôle d'identité sur le chemin du Café du Siècle
 
Daniel Lavoie, Pierre Barouh, Maïa Barouh, Boule qui roule, 2004
 
Pierre Barouh, Raymond Lesénéchal, Les Ronds dans l'eau, 1965
 
Pierre Barouh, Jean-Pierre Mas, Ovalie, 2006 - pour Mezetulle
 
Pierre Barouh, Maïa Barouh, Daltonien, 2006, lu par Océane


Daltonien

L'expliquer sert à rien

Car seul peut le comprendre

Sans erreur

Un autre daltonien

Et l'on parle pour rien

Daltonien

Cela te va très bien

Toi qui ne veux dépendre

Des couleurs

Désignant les humains

A qui tendre la main

Jaune et noir rouge et blanc

Vraiment c'est étrange

Comme tout s'arrange

En les confondant

J'ose y croire c'est troublant

On change de cap

Quand un handicap

Calme nos tourments

Daltonien

Doit-on le déplorer

Ce n'est qu'héréditaire

Pas moyen

Alors de propager

Les vertus évoquées

Daltonien

Il te faudra semer

Dans le pré des chimères

Quelques grains

Attendre et espérer

On peut toujours rêver

On peut toujours rêver

Pierre Barouh a sa place parmi les musiciens du Brésil et mieux encore pour le film Saravah (1969), une heure et demie d’images et d’enregistrements rares, avec Baden Powell, Maria Bethânia, Joao da Bahiana, Pinxiginha, Paolinho da Viola. Le DVD est parfois disponible dans le commerce courant et toujours en prenant contact avec Saravah.
Le 1er décembre 2006, Pierre Barouh donnait un concert aux Herbiers, dans son théâtre, en Vendée, et concluait ainsi : je n’aime pas les choses qui ont un début et une fin, je préfère chanter une chanson de moins qu’une chanson de trop...

___

 

[note 1]


L'exercice est périlleux, quand on ne connaît pas un mot de portugais. On s'y est risqué naguère sur un forum consacré à la bossa nova. Ce n'est pas du juxtalinéaire, ça se chante, avec des élisions là où il faut.


Chico Buarque, Tem Mais Samba

Tem mais samba no encontro que na espera
Tem mais samba a maldade que a ferida
Tem mais samba no porto que na vela
Tem mais samba o perdão que a despedida
Tem mais samba nas mãos do que nos olhos
Tem mais samba no chão do que na lua
Tem mais samba no homem que trabalha
Tem mais samba no som que vem da rua
Tem mais samba no peito de quem chora
Tem mais samba no pranto de quem vê
Que o bom samba não tem lugar nem hora
O coração de fora
Samba sem querer

Vem que passa
Teu sofrer
Se todo mundo sambasse
Seria tão fácil viver

 

...Samba...


Samba c'est comme une rencontre
Samba c'est le mauvais coup reçu
Samba c'est quand tu rentres au port
Samba c'est le pardon et non l'oubli
Samba ce que disent tes mains
Samba la terre c'est pas la lune
Samba pour tous ceux qui travaillent
Samba ce qui vient de la rue
Samba au moment où tu pleures
Samba les larmes dans tes yeux
Samba n'a pas de lieu ni d'heure

Ouvre ton cœur
Et viens danser

Laisse aller laisse
Ta tristesse

Si on dansait tous la samba
Ça irait mieux va la vie va

---

[note 2]

 
Vinícius de Morães, Baden Powell, Samba de Benção, 1970
 
Par Océane, Alf, Lou - Publié dans : du champ du signe
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