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du champ du signe

Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /2009 19:59

 
La Fille sur le pont
est un film réalisé par Patrice Leconte en 1999 sur un scénario de Serge Frydman avec Vanessa Paradis et Daniel Auteuil.

Le film est diffusé ce soir, à 20 h 35, sur France 4.

Dans notre mag T-Rex-rama préféré, nous lisons :

Le saltimbanque et la jolie suicidaire, en noir et blanc et laqué. Malgré Auteuil et Paradis, une fantaisie gratuite où le comble de la subtilité consiste à montrer le lancer de couteaux sur cible humaine (Vanessa) comme la version sublimée d'un rapport sexuel…

Et pas un T

Le mépris souriant pris de haut.

Doit-on le dire ?

On le montre.

 

Le lancer à l'aveugle


 

 

Le même, à la gare, les yeux fermés


 

  

Avec la mélopée envoûtante de Marianne Faithfull, Who will take my dreams away.
 

Par lou - Publié dans : du champ du signe
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Samedi 9 mai 2009 6 09 /05 /2009 00:05

 

 
Les escargots peignent, étonnant est leur œuvre. Ont-ils un sens esthétique ?

 

En 1910, Lolo, alias Aliboron, alias Joachim-Raphaël Boronali, connut la gloire de la cimaise au Salon des Indépendants où figurait son unique toile Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique.

 

Joachim-Raphaël Boronali, Et le soleil s'endormit sur l'Adriatique, 1910

 

Joachim-Raphaël, peintre né à Gênes, avait accompagné son envoi d'un texte théorique, le Manifeste de l'excessivisme : brisons les ancestrales palettes et posons les grands principes de la peinture de demain […] l'excès en tout est une force, la seule force… Ravageons les musées absurdes. Piétinons les routines infâmes. Les critiques furent partagées jusqu'au jour où Roland Dorgelès révéla l'histoire, constat d'huissier à l'appui : Boronali était l'âne de Frédéric Gérard, dit Frédé, patron du Lapin Agile, le toujours fameux cabaret de la butte Montmartre, le très haut conservatoire de la chanson française *. La toile se vendit 20 louis d'or qui furent reversés par Dorgelès à l'orphelinat des Arts. Elle fait aujourd'hui partie de la collection permanente exposée à l'espace culturel Paul Bedu à Milly-la-Forêt.

* nous vous recommandons le coffret, 4 CD, Un Siècle de Veillées Au Lapin Agile d'Hier à Aujourd'hui, EPM n°980 610

 

Comment fut confectionné le chef-d'œuvre

 

Le témoignage de Pierre Girieud, l'un des complices :

 

C’est au Lapin Agile que Dorgelès alors rédacteur à Fantasio organisa la farce de Boronali qui fit tant de bruit en son temps.

Un matin où Coccinelle posait dans mon atelier de la rue des Saules, vers midi, la séance ayant bien marché, je l’invitais à prendre l’apéro au Lapin ; Remontant la rue, nous nous trouvâmes devant la terrasse, assister à un curieux spectacle.

Lolo, l’âne de Frédé, pelé et décrépi, balançait sa queue ornée d’un pinceau chargé de couleurs sur une toile présentée par Roland, les bras nus, couvert de peinture presque jusqu’au coude. Un photographe braquait son appareil pour immortaliser cette scène cependant qu’un huissier dressait un constat en bonne et due forme.

L’apéritif fut servi à tous les témoins autour de la grande table en bois de la terrasse, et le photographe pris des clichés.

Dorgelès me demandait si je pensais que le tableau pourrait figurer aux «Indépendants» et je lui répondit que la chose était possible si quelqu’un voulait faire l’âne et acquitter les 25 F de droits d’exposition.

Comme je faisais partie de la commission de placement, je montrais la toile à Signac en lui racontant toute l’histoire. Il répliqua : «c’est bien un effet la peinture d’un âne et puisqu’on a versé la cotisation au nom de Boronali nous ne pouvons nous dispenser de l’accrocher». Il me chargea alors de faire une petite salle où il puisse figurer sans dommage pour les véritables peintres. J’organisais alors un petit musée des horreurs où cette toile figurait à côté d’autres productions, faites avec des confettis, des couvercles de boites de cigares, 4 as de deux mètres de haut, etc. , etc.

Naturellement au vernissage la toile passa complètement inaperçue, mais le jour où Fantasio publia les photographies du tableau, de l’âne, du constat d’huissier et des témoins levant leurs verres (la face recouverte d’un loup), le public se rua pour voir l’œuvre de Boronali, c’est-à-dire Ali Boron, la caisse des Indépendants reçut alors des sommes dont on n'avait pas idée jusqu’alors.

Pierre Girieud, Souvenirs d'un Vieux Peintre (inédit)

 

Dans les années '50, Desmond Morris, célèbre zoologue, éthologue et artiste peintre (deux ans après sa première exposition en 1948, il se présente à Londres en compagnie de Joan Miró), fait connaître à la télévision Congo, un jeune chimpanzé peintre. Miró aurait acquis une de ses toiles, comme Picasso qui pouvait y voir la marque d'une pulsion créatrice universelle.

 

Congo, Peinture, années '50

 

On observe la dynamique de la diagonale ascendante et les taches ou traits rouges rapportés qui viennent rehausser le bleu en donnant à l'ensemble sa cohésion. Une œuvre réfléchie : Congo montrait une grande concentration dans son travail et choisissait le point d'achèvement d'une œuvre.

 

Les chats peignent depuis toujours. On trouve des représentations de chats peintres au temps de l'Egypte ancienne (la patte levée du chat apposant sa marque sur les hiéroglyphes atteste de leur valeur), au Moyen Age en Orient et en Occident, à l'époque moderne.

 

Kytan Tok, Otakki peignant, 1901, aquarelle sur papier de riz, coll. privée

 

Leur art, leurs techniques, leurs écoles ont été étudiées par Burton Silver, écrivain et critique d'art, autorité en Non Primate Art, particulièrement à propos de l'esthétique des déjections ornithologiques.

Why Cats Paint : A Theory of Feline Aesthetics *, 1994, une synthèse sur les chats peintres, a été composée en collaboration avec Heather Busch, peintre, sculpteur, photographe et créatrice de la première galerie consacrée exclusivement à la peinture féline.
 *
l'édition française, Le Mystère des chats peintres, Benedikt Taschen, 1995, est épuisée


Feuilletons ensemble.

 

Max, Birdies (détail), 1991, pâte acrylique sur mur peint


Il ne s'agit pas seulement de peinture mais d'un investissement de tout le corps présent - et non seulement représenté - dans l'action, par son empreinte, au terme d'une longue méditation (pratique usuelle chez les chats peintres, ronronnement et balancement devant le support). Le chat décide du moment où l'œuvre est accomplie et l'annonce par un marquage urinaire.

Préparation rituelle et engagement de tout l'être se retrouvent dans le travail de Shiraga Kazuo (voir ici ou ou encore ) qui nous a quitté en avril 2008.

 

Peindre avec les pieds,
de tout son corps,
de toute son âme en une action unique

 

D'autres artistes vont sur le motif : pour indiquer leur choix – et demander des couleurs – ils marquent la place.

 

Rusty, Le Blues de la bécane bleue, 1990, acrylique parfumé sur verre.


Rusty est un impressionniste, il représente son sujet et ce qu'il vit de l'histoire de son sujet. La perspective en est décalée, le récit se fait mouvement. Il y a également ceci : les chats passent du temps à regarder le monde, allongés par terre, sur le côté ou sur le dos ; dans cette position, la perspective se trouve modifiée (chacun peut en faire l'expérience : le haut est en bas, le bas est en haut).

 

Buster, Copie de Tournesols de Van Gogh


La ligne brune, en haut du tableau, traduit le bord de la table et le contour du vase, les touches bleues représentent les fleurs (décalage chromatique en écho, l'orange est la complémentaire du cyan).

 

Georg Baselitz, Die Mädchen von Olmo II, 1981, Centre Pompidou MNAM


Ce mode de représentation inversée est apparu à Baselitz alors qu'il se reposait, allongé au pied d'un arbre (le motif de sa première peinture "à l'envers").

 

Et nos artistes ? Presque rien, rien de bien intéressant. Peut-être cette fantaisie de Kriss...


Kriss, Détramage, coton et chanvre sur papier, 2007-2008,
action in situ, ici même

 

… inspirée par un grand peintre et tapissier, mi-catalan mi-ligérien...

 

 























Josep Grau-Garriga, Al Padre, 2001, raphia, chanvre,
Musée Jean-Lurçat et de la Tapisserie Contemporaine, Angers
[partie d'un diptyque Al Madre, 2002 - Al Padre, 2001]

 

 




 

Par lou - Publié dans : du champ du signe
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Mercredi 29 avril 2009 3 29 /04 /2009 21:00

  

Peut-on exposer des cadavres comme des œuvres artistiques ?


Jean-Pierre Gauffre posait la question le 22 avril dernier dans sa chronique matutinale, Il était une mauvaise foi, sur France Info.

La justice de notre pays venait de répondre non.


Ecoutons
la suite.

Croyez-moi ou pas, mais qu’on ne puisse pas présenter des morts dans une exposition artistique, j’ai un peu de mal à le comprendre… Quand je visite un musée, je ne vois que des morts… La Joconde, vous pouvez toujours essayer de récupérer son numéro de portable pour l’inviter à un couscous la semaine prochaine, ça m’étonnerait qu’elle vienne… Y a un paquet d’années qu’elle est morte… Et c’est pareil pour la Vénus de Milo… En plus, elle n’a même pas de bras pour attraper ses couverts… Tiens, un jour, je me souviens, j’ai visité l’exposition consacrée à Ramsès II, le très lointain prédécesseur de Moubarak à la tête de l’Egypte… Je l’ai bien observé dans ses bandes Velpeau… J’ai attendu un bon moment… Il ne s’est jamais levé pour danser la tektonik… Il était mort, plus mort que René Monory, je vous le garantis…

Non, sincèrement, l’art, d’une manière générale, c’est l’affaire des morts, que ce soit les modèles ou les artistes… Qu’est-ce qui marche dans les émissions de variétés sur TF1 ou France 3 ? C’est les émissions sur les chanteurs morts… Vous mettez un bon vieux Top à Joe Dassin ou à Daniel Balavoine, produit par les Carpentier, morts eux aussi, vous faites un tabac à l’Audimat… Bien plus qu’avec Vincent Delerm… Et encore, lui, il fait tellement peu de bruit qu’on croit aussi qu’il est mort… Mais non, c’est une ruse pour qu’on achète quand même ses disques… Et Jacques Tati, qu’on expose à la cinémathèque, il n’est pas mort peut-être ? Doublement, puisqu’on l’a obligé à casser sa pipe une deuxième fois…

En fait, je vais vous dire, c’est parce qu’on n’a plus l’habitude d’un rapport sain et décomplexé avec la mort chez nous… En France, on est devenu coincé à ce niveau… Il y a des pays où ils sont nettement plus libérés… Prenez l’Iran… On continue à vous exposer un voleur de poules pendu dans les rues… Au bout de huit jours, avec les corbeaux qui ont fait leur marché, ça devient une œuvre d’art, jusqu’au décrochage… Et là, je vous assure que personne ne s’amuse à protester… Mais chez nous, non… Les morts, on préfère les voir dans les cimetières, c’est d’un classique… Ou dans les séries télé… Quand les experts ou les gars de la médecine légale vous découpent un type en morceaux et en gros plan pour savoir s’il mort asphyxié ou écrasé par un rouleau compresseur, ça ne dérange personne… Au contraire, le public en redemande… Vous avouerez que le Français est quand même paradoxal dans ses choix artistiques… Mais évidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…

 

___

 

L'évènement : OUR BODY / À CORPS OUVERT - l'Exposition Anatomique de vrais corps humains.

 

Le mardi 21 avril 2009, sur requête de deux associations charitables, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine, la justice a interdit une exposition anatomique, présentée à Paris depuis le 12 février.

Le juge Louis-Marie Raingeard, se référant à la loi de décembre 2008 qui assimile le droit des morts à celui des vivants, a rappelé que l’espace assigné au cadavre est celui du cimetière et que la commercialisation des corps par leur exposition [ce qu'on ne saurait connaître dans un funérarium, sans doute…] porte une atteinte manifeste au respect qui leur est dû.

Me Richard Sédillot, l'avocat des plaignants, se déclare convaincu que derrière cette affaire il y a un trafic d'organes et de corps humains. Il précise : Van Hagens, l'inventeur de la plastination, a lui-même reconnu qu'il pouvait y avoir des condamnés à mort parmi les corps qu'il utilise.

Pascal Bernardin, le maître d'œuvre et directeur de la société Encore Production, assure avoir tous les documents justifiant une origine régulière des corps, les personnes exposées ayant donné leur consentement de leur vivant.
On n'aurait jamais fait cela avec des Français, affirme Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d'éthique, responsable du refus de l'exposition par la Cité de la Villette, puis, un peu plus tard, par le Musée de l'Homme et le Muséum d'histoire naturelle. Ensuite, le projet a été agréé  par l'Espace 12 Madeleine, une structure privée.

Le jugement paraît aberrant aux organisateurs, alors qu’il y a 18 à 20 expositions anatomiques du même type en ce moment à travers le monde, aux Etats-Unis ou en Europe, et qui n’ont jamais été interdites. Our body circule aux Etats-Unis et en Europe depuis cinq ans et a reçu près de 30 millions de visiteurs.

Des associations caritatives sont présentes. Ainsi, depuis l'ouverture de l'exposition à Paris, le 12 Février, OUR BODY / À CORPS OUVERT accueille dans ses locaux l'association Don de soi - Don de vie, labellisée Grande Cause nationale 2009 (thème : dons d’organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse).

 

Reprenons le propos de Jean-Pierre Gauffre.


Il y a des pays où ils sont nettement plus libérés


Les Suisses, peut-être ?

L'exposition Six Feet Under - Autopsie de notre rapport aux morts s'est tenue au Kunstmuseum Bern, du 2 novembre 2006 au 21 janvier 2007. Une réflexion sur le rituel de la mort ou sur sa présence immédiate.

 

Teresa Margolles, Entierro, 1999


Un simple bloc de béton renferme la dépouille d’un enfant mort-né.

Je ne vois pas le cadavre (ritualisation).


En 2005, le FRAC Lorraine exposait de Teresa Margolles une installation active où une goutte tombant régulièrement du plafond formait une flaque sonore (amplifiée) : il s'agissait de graisse humaine.
Selon le cartel, chaque goutte tombant sur le sol chantait une mélodie à la mémoire des victimes de mort violente : ainsi, l'installation présentait la mort comme un retour à la paix.
Dans le même temps, le CAC de Bretigny montrait un autre travail de l'artiste : elle avait restauré le revêtement de  sol  avec un ciment dont le liant était une eau ayant servi à la toilette des morts. Le centre d'art contemporain devenait lieu de commémoration permanente. Le spectateur marche sur un substrat qui, par synecdoque, annonce la fin de son corps, sa disparition, renvoyant la terreur au silence.

Je ne vois pas le cadavre (transmutation).

Solidarité Chine, en protestant contre l'engagement aux J. O. 2008 à Pékin, a manifesté son soutien pour le Tibet libre, ne l'oublions pas.



Damaru, instrument rituel tibétain, composé de deux calottes crâniennes humaines assemblées et rehaussées d'argent, de turquoises et de corail, coll. part.


Les ossements utilisés ici, comme dans les trompes kankling qui accompagnent les damaru, viennent en général de lamas. Dans les régions qui s'y prêtent, les morts sont laissés aux vautours qui nettoient soigneusement les squelettes : les vivants sont avec les vivants, les morts sont morts, une autre pensée du monde.

Je ne vois plus le cadavre (ritualisation du vivant).

 

Prenez l’Iran… On continue à vous exposer un voleur de poules pendu dans les rues

 


Lawrence Beitler, Lynchage, 1930


Les cadavres pourrissent, l'insoutenable n'est pas éternel (donné brut compensé par le temps court).

 

Buchenwald, libération du camp, cadavres, 1945


Je ne vois pas le cadavre, je vois le document (modération historique).

 

l’art, d’une manière générale, c’est l’affaire des morts

 


Gloria Friedmann, La Vanité des bâtisseurs, ossements animaux, Château d'Oiron, 1993 [détail]


Le Viandox et les os : l'image ne se reforme pas (effacement par tri sélectif).

 

Kevin Carter, Le vautour et l'enfant, Soudan, 1993


Kevin Carter n'a pas cherché à intervenir. L'année suivante, trois mois après avoir obtenu le prix Pulitzer pour cette oeuvre, le photographe s'est suicidé.

Manic Street Preachers lui a consacré une chanson, Kevin Carter, album Everything Must Go, 1996.

L'enfant est mort, je le sais mais je ne vois pas : le village est si proche (sérénité par cécité).

 

Quand je visite un musée, je ne vois que des morts

 

Ces morts ne sont que des images. OUR BODY / À CORPS OUVERT, c'est l'Exposition Anatomique de vrais corps humains.


Les corps exposés sont conservés par imprégnation polymérique, un procédé mis au point en 1977 par Günther von Hagens, où les fluides corporels sont remplacés par des polymères afin de créer un spécimen anatomique solide et durable, presque éternel.


Principales étapes du processus d’imprégnation polymérique :

Fixation : les spécimens sont fixés dans une solution à base de formaldéhyde.

Déshydratation : tous les spécimens biologiques sont composés principalement d’eau qu’il faut retirer pour permettre l’imprégnation polymérique. L’eau contenue dans les tissus est remplacée par de l’acétone.
Imprégnation : les spécimens déshydratés sont immergés dans du polymère liquide qui remplace l’acétone.
Séchage : les spécimens imprégnés de polymère sont alors mis en contact avec une préparation à base de gaz qui durcit les polymères et les rend secs au toucher et non toxiques.


Vrais et nus : de là seraient l
es belles âmes émues ?

Sous la plume de Fabienne Pascaud, Télérama 3094 | 29 avril 2009 :

Une manipulation obscène des corps […] L'intérêt commercial, lui, est clair : 15,50 € pour voir des morts qui n'ont pas dû coûter cher.

L'argument prudhommesque révèle enfin la morale louis-philipparde.


A cette aune, les 1024 couleurs de Gerhard Richter l'emporteraient sur la peinture ultime d'Ad Reinhardt, au poids.


Il ne s'agit donc pas de morale mais d'esthétique.


Ce qui est en question, ce n'est pas le heurt moral, mais le statut de l'art. On n'entre pas au musée comme on sort d'un bazar. Poser un porte-bouteilles comme œuvre d'art revient à disqualifier l'esthétique, c'est le sens clairement affirmé par Marcel Duchamp dans sa conception des ready-made.

Insoutenable est la légèreté de la mariée éclatée, mise à nu : l'art est mort, l'art, c'est la mort ?







 

















+++

 

Et s'il y a un peu plus, je laisse…


C'est à Palerme, en Sicile, les catacombes.

Les riches, pour prolonger leur vie, les pauvres pour témoins.









 



 


























































Ces momies ont reçu un traitement resté secret (partiellement découvert).

Des squelettes avec de la chair attachée, en costumes, mis en scène pour l'éternité - ?

C'est religieux, ça ne se dispute pas.

Pas de scandale.

C'est ouvert au public, ça détruit les éternels, comme à Lascaux.



 

Et puis,


La mort s'expose
.

Le projet de Gregor Schneider d'exposer une personne mourante dans un musée a suscité un scandale : peut-on faire de la mort des autres la matière de sa création artistique ?

"Recherche volontaire en fin de vie pour mourir en direct dans une salle de musée." C'est sur ce ton polémique que plusieurs journaux ont résumé le projet de "Salle pour mourir" que Gregor Schneider, Lion d'or à Venise en 2001, voulait installer dans un musée allemand. Peut-on, au nom de la liberté artistique, soutenir cette expérience extrême ?

[source : ARTE]

 

Que devient le corps ? Our body, our mummies ?

Michel Onfray *, une réponse aux hommes qui ne veulent pas consentir au fait qu'ils vont mourir bientôt et que, quand ils vont mourir, il leur arrivera exactement la même chose que ce qui arrive à leur petit chat quand il meurt, c'est-à-dire pourriture, décomposition, disparition.

* Michel Onfray, philosophe, ici et maintenant / Elisabeth Kapnist, 2008 – sur ARTE --- rediffusion le samedi 26 septembre 2009, à 6 h 45.

 

Et ce n'est pas fini – on n'en finirait pas, la mort, la mort, toujours recommencée ---

 
 

Par lou - Publié dans : du champ du signe
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 23:03

 

 

 



Vendredi 3 avril 2009, 11 h 27

Le safari commence. Polly Lou arpente le territoire à la recherche de talents (comptez 18.000 sesterces pour un talent, selon le marché du jour).


11 h 59

Le casting. Les petits coffres sont impitoyablement rejetés à la jungle.


12 h 15

Il reste huit coquins en coquille et pour eux, l'aventure… continue !


12 h 32

Le maquillage – ou plutôt le démaquillage, tout le monde à la douche pour effacer l'opercule hivernal.


13 h 22

Installation au Château.




13 h 57

L'audition devant Polly Lou qui réunit à lui seul les qualités vocales d'un régiment de bananes, la sainteté éponyme d'un clerc, l'humour d'un manœuvre amblyope qui avec ses lunettes noires n'entendrait plus sa canne blanche et la sagesse tantrique de Dédé le Lyonnais.


15 h 02

La régie est à l'oeuvre.




Décor, support, lumière.

L'aventure peut commencer.



[le work in progress auquel vous êtes conviés a été réalisé sans aucun trucage]












Présence Pitchounette, Magenta, jaune, cyan, tempera, 2009, coll. part.




Dans ce détail de l'œuvre, on remarquera avec quelle finesse deux maîtres ont apposé leur signature sous la forme d'autoportraits. 




Là, dans une figure de Polly Lou, vers la droite, ils rendent hommage à leur mécène, dans la tradition.



Aucun escargot n'a été maltraité au cours du tournage
 

Voyez-les guillerets rejoindre leur nid !






Remerciements


Bio65
, la farine des petits dont les grands sont friands

Bourgeois & Lefranc, artisans d'une gouache comestible

Canson, pour son support indéfectible de chaque instant

Nikon, le Nippon fripon de l'intimité

Et

Henri Le Guano dont l'absence précieuse nous a épargné de chier une merde


Special Thanks


Franquin
et l'aimable autorisation qu'il n'aurait pas manqué de nous donner pour reproduire ses dessins de génie

Monsieur Kiki qui nous a accompagné par le cœur et la plume

Enfin

Tous les finalistes qui ont permis la production de ce chef-d'œuvre


Libellus
est distribué par Over-Blog

 
+++

Pour une lecture approfondie de l'œuvre, cliquez

ICI ;)

C'est magnifique, indolore et gratuit.

 

Par lou - Publié dans : du champ du signe
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Vendredi 3 avril 2009 5 03 /04 /2009 17:53

 

Un happening improbable de Lou.

Could he ? Would he ? Yes, He did !


Du sexe




Du sang




Des effets naturels




Prochainement sur votre écran, ce soir à 23 h 03.
 

Par lou - Publié dans : du champ du signe
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