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Vendredi 5 mars 2010 5 05 /03 /Mars /2010 00:01

 

La Journée de la jupe, bande annonce


La Journée de la jupe, un film de Jean-Paul Lilienfeld, interprété par Isabelle Adjani, Denis Podalydès, Yann Collette, Jackie Berroyer, Nathalie Besançon, Khalid Berkouz, Yann Ebongé, Sonia Amori, Kevin Azaïs, Sarah Douali, Hassan Mezhoud, Karim Zakraoui, Fily Doumbia, Salim Boughidene, Mélèze Bouzid, Anne Girouard, Stéphan Guérin-Tillié, Olivier Brocheriou, Marc Citti, 2008.

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La Journée de la jupe est l’histoire d’un professeur qui pour une fois, une première et dernière fois, peut faire un cours. Sur Molière.

Dès le commencement, ça commence mal.

[le professeur] _ hop ! hop ! hop ! dans le calme !

[un élève] _ c’est bon !...

_ vous êtes des sauvages ? hein ? pourquoi vous rentrez comme ça ?

_ pourquoi vous m’traitez d’sauvage ? c’est pasque chuis noir ?

_ tout c’que j’veux, c’est que vous rentriez calmement dans cette pièce, c’est tout.

_ hé ! M’dam’, après vous parlez d’respect !

_ ah ! tiens ! parlons-en d’respect, justement ! il est 8 h 20, 8 h 20 exactement [NDL : erreur de communication], on n’est toujours pas rentrés dans le théâtre…

_ … faux ! il est 8 h 19…


Là, ça tourne mal, si on laisse passer ça…


Bagarre entre des élèves, intervention du professeur.


[une élève] _ ça va, déstresse [elle parle à son professeur], mais elle est pas tranquille celle-là [elle parle de son professeur]


Quelques pilules d’antidépresseur plus tard.

Des élèves se sont mis à jouer au ping-pong (le théâtre est une salle polyvalente, on est en cours de français).


[le professeur] _ reprenez vos places !

_ c’est bon, M’dam’, faut pas s’exciter comme ça, c’est pas not’ faut’

_ bon, maintenant, ôtez vos casquettes, vos doudounes, vos vestes…

[NDL : la foulardée d’un simple fichu, si ce n’est pas un carré Hermès, est exclue de l’enseignement public, les mâles à gapette rap, bonnet ou passe-montagne sont acceptés]

_ oh ! Madam’, c’est pas ma veste, c’est la veste à mon grand-père !


C’est mal parti.


Brouhaha (le mot vient de l’hébreu, vous pouvez remplacer par souk, selon votre religion), bousculade, deux élèves se disputent pour un sac, un pistolet tombe.


Mouss
menace, il connaît l’adresse de son professeur : ou bien elle se couche, sous sa protection, ou bien elle va connaître ce que font deux grosses bites de bamboulasà [la] ramoner.


Le professeur a pris le pistolet.


Le cours va pouvoir commencer.


Au dehors, le Principal est au-dessous du zéro absolu [NDL : c’est un critère de sélection des chefs depuis…]


[le Principal] _ qui a pris un sac ? qui a le pistolet ?

[un élève] _ on sait pas, nous, on est traumatisés !

[NDL : ils connaissent le lexique branché]


A l’intérieur.


_ j’appelle Farid qui va très vite enlever son bonnet pour une fois…

_ … j’peux pas l’retirer, Madam’, c’est religieux !

[NDL : ils connaissent, ils connaissent]


En coulisses, il y a le délégué syndical, pile-poil. Il y a le prof-qui-n’a-pas-de-problème, il passe de la musique (enfin, du flamenco hip-hop ou à peu près) en cours et quand il se fait casser le nez devant le collège, il déclare qu’il n’a pas été agressé : on discutait, on s’est pas compris.


Le Principal, finalement, il est brave, entendez innocent, simplet.

_ on nous demande de faire de la garderie sociale, on la fait !


C’est dit.


Pendant ce temps, un professeur fait cours, pour une fois.


_ quel était le véritable nom de Molière ?

[Mouss, le pistolet sur la tempe] _ Jean-Baptiste Poquelin.

_ tu vois, quand tu veux !


[[[Leçon de littérature et leçon de cinéma.

Mouss montre, forcé par l’argument pédagogique, qu’il connaît sa leçon.

Yann Ebongé (dans le rôle de Mouss) montre qu’il est un grand (jeune) acteur, parce qu’il le veut. Tous les jeunes acteurs du film sont excellents. Le casting vient de la banlieue où se situe l’action. Il n’y a pas une malédiction de la diversité, les parents d’Isabelle Adjani ne sont pas Français de naissance.

Les scènes entre les collégiens en retenue et leur professeur sont en huis clos. Il faut tenir devant Isabelle Adjani, un sacré travail pour Yann balançant à l’Agnès de légende son annonce de ramonage à domicile, et d’abord, le courage de vouloir.]]]


On reprend.


L’un des élèves pris en otages (encore Mouss) a enregistré un viol sur son portab’.

Là, on voit les limites du scénario : il est bien connu qu’il n’y a pas de viols dans les quartchiers, il y a des tournantes, des parties fines entre mineurs consentants, des gamins qui s’amusent.


On ne va pas reporter tout le dialogue.


L’histoire finit mal. La dernière image en fond de générique a bien un air de happy end, mais ne s’agit-il pas d’un rêve ? On ne voit pas les visages.


Certains n’auront pas vécu 85 minutes pour arriver à ce point. Leur religion leur interdit de regarder une telle horreur. Gloria in excelsis bobo !


A suivre…


[*] streaming lourd, mieux vaut le laisser se charger en pause après le démarrage


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Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Mardi 29 décembre 2009 2 29 /12 /Déc /2009 00:01

 
Raoul Vaneigem, Pour l'abolition de la société marchande, pour une société vivante, Editions Payot & Rivages, 2002

Introït

Le 9 décembre 1792, les sans-culottes de la rue Mouffetard adressèrent à la Convention un libelle intitulé :

Vous foutez-vous de nous ?

Vous ne vous en foutrez plus longtemps !

C'est un langage que les argentiers de la planète, aujourd'hui retranchés dans leurs bunkers et leurs ghettos barbelés, n'ont pas encore entendu et n'entendrons pas si ceux qui devraient le tenir ne trouvent aucun moyen de l'étayer par des mesures appropriées.

Seule, à ce jour, la question du mépris reste posée et seul y répond un ressentiment général. Le mécontentement est partout et les solutions nulle part [*].

[...]

N'est-ce pas une triste bouffonerie que ces cortèges où des êtres humains, amputés de leurs salaires, de leurs revenus, de leurs espérances, de leurs moyens de subsistance, déambulent en exhibant leurs moignons ? N'avons-nous d'autres recours qu'en ces danses du scalp faisant se trémousser à Seattle, Millau, Gênes, Porto Allegre ou Nijni Novgorod des contestataires heureux d'exhiber leur détermination et malheureux de ne savoir qu'en faire ?

Le propos est clair. Les justiciers de la cause du peuple, le pavé à la boutonnière, sont les alliés, en miroir, des tribunaux de la phynance. Ils seront les premiers à lapider leurs compagnons en lutte mimétique.

Qui remporte la palme du terrorisme ? Les Talibans ou vous qui les avez armés ?

Les désespérés ou les casseurs d'espérances ?

Comment en est-on arrivé à [...] une rage lucrative qui forme l'essence du nihilisme et du terrorisme ?

L'apocalypse (libération par l'anéantissement des valeurs anciennes) a donné le royaume de l'assignat [**].

La déperdition de la valeur d'usage et la surévaluation de la valeur d'échange ont dépouillé le travail de son utilité et ont privilégié un argent qui travaille seul et dont chacun devient l'inutile et aveugle tributaire.

La mondialisation s'opère par le morcellement. Nation contre nation, région contre région, guerre et corruption partout. La politique du chaos, la religion du profit.




Pourquoi ne pas miser sur la logique marchande en décomposition pour reconstruire un monde où le profit ne s'épuise plus en tarissant sa source [l'homme, la nature] ?

La lutte contre le despotisme économique doit cesser de se situer sur le terrain de l'adversaire.

[...]

Aux ténors de la spéculation boursière, qui vocifèrent leur partie à haute et intelligible voix, les chantres du projet "alternatif" n'opposent de répons que dans le ton mineur et balbutiant.

Dans le chœur, un situationnisme sans manche et dont la lame a disparu.


Nation contre nation ? Il est temps d'en finir avec les nationalismes et autres identités moutonnières. Il n'y a pas d'Américains, de Français, d'Afghans, de Bretons, de Guatémaltèques, d'Arabes, de Juifs, de Papous. Il y a des individus fort différents les uns des autres, et qui s'aviseront bien un jour que la lutte pour la souveraineté de la vie annule tous les autres combats.

Quiconque s'identifie à un territoire, à une religion, à une croyance, à une idéologie, à une ethnie, à une langue, à une mode, à une couleur ne fait que se dépouiller de sa singularité, de sa vraie et inépuisable richesse, de ce qu'il possède en lui de plus vivant et de plus humain.

Il s'agit d'en finir avec le triomphalisme du désespoir.

[NDL : à ce point là, on est content]

Cessons d'ignorer ce qui se passe sous nos yeux : une révolution est en train de s'opérer, elle prône le retour à la valeur d'usage, le développement des énergies renouvelables, la fécondité naturelle des terres et des océans, la fin du travail servile et le règne de l'inventivité
[***]. Ce n'est ni plus ni moins qu'une révolution économique, elle tentera de nous gruger en se servant comme d'un appât de la marchandise rénovée. A nous de la dépasser en instaurant la gratuité de la vie.

[NDL : dans la dernière courbe, on est passé en travers]


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Suit un programme. Pour les hommes et la nature. Où l'économie alternative se reconstruit sur les cendres du libéralisme, où la volonté de vivre ruine la volonté de puissance et rend dérisoires [...] ceux qui, dit La Bruyère, tirent autant de vanité que de distinction d'avoir su pendant tout le cours de leur vie tromper les autres.

[...]

La démocratie directe doit être le dépassement de la démocratie parlementaire.

♪♫♪ Au village, sans prétention... ♪♫♪




A moins, à moins que cela n'implique réellement le principe : l'humain prime le nombre.

Du principe à la réalité... il y a l'école...
Objectif prioritaire : la reconstruction d'un enseignement dont les conditions sont de plus en plus déplorables.
Ne permettez plus que les hommes politiques stigmatisent l'insupportable violence faite aux individus alors qu'ils la suscitent sciemment, dès l'enfance, vulgarisant, au nom de la rentabilité, un élevage concentrationnaire où, parqués de vingt-cinq à trente par classe, les écoliers se trouvent crétinisés par les principes de compétition et de concurrence, soumis aux lois de la prédation, initiés au fétichisme de l'argent, confits dans la peur de l'échec, infestés par l'arrivisme, livrés à des fonctionnaires amers et mal payés, moins enclins à nourrir la curiosité des jeunes générations qu'à se venger sur elles de leurs infortunes.
[!]
A cette page, 104/128, on n'est pas allé dans le panneau [^~^].

http://i12.servimg.com/u/f12/11/02/60/83/sens-i10.jpg

 


[*] ουτοπία, étym. οὐ-τοπος, non-lieu.

[**] Les nantis de jadis ne boudaient pas l'occasion d'une dépense aussi somptuaire que sotte.

[...] aujourd'hui [...] ils se permettent d'écluser un petrus, de déglutir une once de caviar, de chasser la biche au fusil-mitrailleur (le tir aux Indiens d'Amazonie ayant été officiellement interdit), de sodomiser un petit Thaïlandais, de se livrer à la fornication dans les harems de la frigidité affective.

[***] à lire : Raoul Vaneigem, L'Ere des créateurs, Editions Complexe, 2002

[!] Tant d'âneries, tant d'erreurs en si peu de lignes ! qui le sait ?

[^~^] le stress du brimé du fond.
 
Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Vendredi 13 novembre 2009 5 13 /11 /Nov /2009 20:33

 
à Jean-Marie Dutey


Les Moines de Saint-Bernardin (traditionnel), André Mondé, 1950, in Un Siècle de Veillées Au Lapin Agile d'Hier à Aujourd'hui, EPM n°980 610


La gentillesse est mal portée *.


Une petite phrase de Michel Onfray.


Mal portée, mal venue.

Mal venue dans sa définition. Chez Littré, c'est le joli, le gracieux, tout en souplesse et saillie agréable. On le disait plus anciennement de certains petits ouvrages délicats, de certaines petites curiosités. Une valeur en réduction. Dans le Bescherelle de 1857, c'est la noblesse, celle d'un gentilhomme comme Lancelot, non pas du sang mais de l'âme, une aristocratie **.

Mal portée en un temps où on ne distingue plus barbarie et (s)cul(p)ture, où les gentils n'ont plus que le droit d'être niais, débiles, corrompus, un temps où il est temps d'être intempestif, unzeitgemäß.

Etre gentil quand la gentillesse s'impose, c'est à dire toujours, insolent quand l'insolence est utile, c'est à dire à chaque fois qu'en face la gentillesse fait défaut.


Vous croyez qu'il y a des choses qu'on fait et d'autres qu'on ne fait pas, c'est idiot ! Tenez, l'autre jour je vous ai embrassée. Il paraît que ça fait partie des choses qui ne se font pas mais puisque nous l'avons fait, c'est que ça se fait... et les choses qu'on a faites, pourquoi ne pas les refaire si ça nous a fait plaisir, si ça vous a fait plaisir.

Marcel Carné / Jacques Prévert, Drôle de drame, 1937


L'insolence, un art de déroger aux codes de la communication, à la signalétique du marais. Le silence peut être une forme discrète de l'insolence.


_ Lououou, j'aime bôôôcoup ce que vous faites, votre dernière chose sur Skating Lorie est gé-niâââle.

[elle n'est pas encore publiée]

[vient alors une pile d'ouvrages pour dames, Sing Sing in the plain, Chatting up Martine, Here's to you Nicolas and Son]

_ je n'ai pas apporté les vôôôtres, il pleuvait, voilà...

[signatures : Lou Lou Lou]

_ ... oooooh, mes amiiies vont être folles, coquin ! le jeudi nous avons un thé, à cinq heures, vous viendrez, si, si, pour vous on mettra un Beaujolais au frais et un pâté de tête --- oooooh ! qu'est-ce que vous me faites dire, je n'ai plus ma têêêêête...

[oh ! si, hélas ! ♪la faute à Badinter♫]


Parfois, l'urticaire en calque transparent s'efface sous la nausée opaque, la vase ancienne du marais.

Il est des indélicatesses qui n'écorchent pas seulement l'épiderme mais blessent l'âme.


Michel Onfray a été placé en pension dans son enfance et son adolescence, une pension religieuse - façon Choristes, sans la musique - trouvée dans un fonds archéologique d'un continent englouti (improbable en 1969...). Souffrance à vif qu'on retrouve dans tous ses propos, hantise du corps voilé, haine de la cornette.

Une mauvaise rencontre.



Le fond de l'Hère Onfray.

[lui, il a commis, avec la complicité de Raymond Hains, "Maître Kant erre" et, seul, "Kant attriste, c'est certain, les mélomanes le savent", alors...]


Et  JMD dans tout ça ?

Il est gentil, avec une pointe d'insolence et une plume intempestive.

Jean-Marie Dutey, alias Ananke, alias , alias...

Vers 1960, chaque jour à midi, Max Doucet, alias Zappy Max, sauvait le monde des cruels desseins de son irréductible ennemi, Kurt Von Schtrafenberg, alias Le Tonneau, un méchant sympathique. On verrait bien, par métonymie, un JMD, alias Le Tonneau, nouveau Diogène des quartiers, guidant les réchappés de la garde à vue à la lueur de sa lanterne.

Las ! Diogène n'a jamais eu un tonneau pour abri... c'est une invention de nos ancêtres les Gaulois, il ne connaissait que son πίθος, une jarre fichée dans la terre. Le Trèfle a peut-être son pithos, un refuge dont il sort, bon génie, dès qu'on l'appelle. Gentiment.

 

---

* Michel Onfray, Le Désir d'être un volcan, Grasset, 1996 - un désir que semble partager Le Trèfle, ici ou :)


**

Tous les gouvernements qui ont pour but l'utilité commune des citoyens, sont bons et conformes à la justice, dans le sens propre et absolu ; mais tous ceux qui ne tendent qu'à l'avantage particulier des hommes qui gouvernent, sont dans une fausse route ; ce ne sont que des corruptions ou des déviations des bons gouvernements. Car leur autorité est despotique au lieu que la cité ou société civile est une association d'hommes libres.
A présent donc que ces notions sont bien déterminées, il nous reste à examiner combien il y a de formes diverses de gouvernement et quelles elles sont ; et d'abord ceux qui sont bons, car quand nous les aurons définis, il sera facile de reconnaître quels sont les gouvernements qui n'en sont que des dérivations et des corruptions. Or, puisque les mots république et gouvernement signifient la même chose, puisque le gouvernement est l'activité suprême dans les États, et que nécessairement cette autorité suprême doit être dans les mains d'un seul, ou de plusieurs ou de la multitude, il s'ensuit que lorsqu'un seul, ou plusieurs, ou la multitude usent de l'autorité conformément à l'utilité commune, il faut nécessairement que ces gouvernants soient bons ; mais que ceux qui n'usent du pouvoir que dans l'intérêt d'un seul, ou de plusieurs ou de la multitude, sont des déviations de ces bons gouvernements. Car il faut que l'on convienne, ou que ceux qui en sont membres ne sont pas des citoyens, ou qu'ils doivent participer à l'avantage général.

Entre les monarchies on donne communément le nom de royauté à celle qui a pour but l'intérêt général. Le gouvernement d'un petit nombre d'hommes ou de plusieurs et non d'un seul, s'appelle aristocratie, soit parce que l'autorité est entre les mains des meilleurs gens de bien, soit parce qu'ils en usent pour le plus grand bien de l'État et de tous les membres de la société. Enfin, lorsque la multitude gouverne dans le sens de l'intérêt général, on donne à cette forme de gouvernement le nom de république, qui est commun à toutes les autres formes.

[...]

Les gouvernements qui sont des déviations ou des dégénérations de ceux que nous venons de nommer sont : par rapport à la royauté, la tyrannie ; par rapport à l'aristocratie, l'oligarchie ; et par rapport à la république, la démocratie. En effet la tyrannie est une monarchie gouvernée dans l'intérêt du monarque ; l'oligarchie est dirigée dans le seul intérêt des riches, et la démocratie dans le seul intérêt des pauvres ; mais aucun de ces gouvernements ne s'occupe de l'utilité ou de l'avantage de la société tout entière.

Aristote, La Politique, III, 6 - 7, trad. Thurot, Paris, 1881

 
 

Par lou alias lou alias lou - Publié dans : de chinoiseries
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Dimanche 18 octobre 2009 7 18 /10 /Oct /2009 09:58

 
Claude Nougaro, Cécile ma fille (1963), in Nougaro au Théâtre des Champs-Elysées, 2001

 

 

Dom Juan : Il n'y a plus de honte maintenant à cela : l'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour vertus. Le personnage d'homme de bien est le meilleur de tous les personnages qu'on puisse jouer aujourd'hui, et la profession d'hypocrite a de merveilleux avantages. C'est un art de qui l'imposture est toujours respectée ; et quoi qu'on la découvre, on n'ose rien dire contre elle. Tous les autres vices des hommes sont exposés à la censure, et chacun a la liberté de les attaquer hautement ; mais l'hypocrisie est un vice privilégié, qui, de sa main, ferme la bouche à tout le monde, et jouit en repos d'une impunité souveraine. On lie, à force de grimaces, une société étroite avec tous les gens du parti. Qui en choque un se les jette tous sur les bras * ; et ceux que l'on sait même agir de bonne foi là-dessus, et que chacun connaît pour être véritablement touchés, ceux-là, dis-je, sont toujours les dupes des autres ; ils donnent hautement dans le panneau des grimaciers et appuient aveuglément les signes de leurs actions.

Molière, Dom Juan, V, 2

 

* Se faire des amis est une affaire de commerçant, se faire des ennemis est un luxe de poète (petite phrase attribuée à Henry de Montherlant). Dom Juan est un poète malgré lui.

 

L'innocent victimaire tondu

[sur Mulholland Drive]


L'affaire Polanski
fait penser au procès Oscar Wilde du très puritain XIXe siècle victorien. Avec, de la part des juges américains, le même acharnement et une identique partialité que les magistrats anglais.

Car c’est le 11 mars 1977, déjà, que Polanski a été arrêté, une première fois, par la police de Los Angeles, cité des stars et autres anges, fussent-ils parfois, comme en ce douloureux cas, déchus. Son crime ? Attentat à la pudeur, viol et détournement de mineure. Il est soupçonné d’avoir abusé sexuellement de Samantha Geimer, jeune mannequin alors âgée de 13 ans, qu’il aurait saoulée et droguée au cours d’une séance photo pour le magazine "Vogue". Le délit aurait eu lieu la veille, dans la luxueuse propriété d’un autre géant du cinéma hollywoodien, l’acteur Jack Nicholson, absent ce jour-là, sur Mulholland Drive. Ce sont les péripéties judiciaires qui s’ensuivront, mais surtout les graves et constants abus de pouvoir du juge américain alors en charge de cet épineux dossier, qui pousseront Polanski à fuir un an après, le 1er avril 1978, à la veille de son procès, les Etats-Unis, pays d’adoption du réalisateur franco-polonais, pour s’exiler, ensuite, à Paris.

[…]

ce dernier, bien qu’il ait admis le caractère illicite de ladite relation sexuelle, a toujours nié le viol

[…]

sa victime, Samantha Geimer, a, elle, retiré depuis bien longtemps - confortée en cela par un très louable sens du pardon tout autant que de la charité chrétienne - sa plainte !

Quand Samantha Geimer, 13 ans, porte plainte contre Polanski, en mars 1977, il est déjà un réalisateur célèbre

[…]

"Je ne souhaite pas que Polanski, qui n'a pas été traité avec justice, subisse de nouveaux châtiments."

La victime, qui serait bénéficiaire d'un accord financier avec la partie adverse dont le montant demeure secret, fait référence à des révélations survenues a posteriori sur l'enquête elle-même. Notamment la collusion entre magistrat et procureur, qui laisse entrevoir l'hypothèse d'un procès sinon à charge, en tous cas inéquitable.

[on souligne…

… et Manon ?


avec l'aimable, on l'espère, autorisation de Ouest-France à qui on se plaît de faire une aimable publicité


Dimanche, en Chine, face à 70 autres candidates, Manon Piéto participera au concours mondial de mannequins Élite. Le rêve de la lycéenne de Saint-Brieuc ? Devenir l'égérie d'un couturier. Et éviter les pièges de ce métier-paillettes.

Elle enfile cette paire d'escarpins achetée le matin même à Saint-Brieuc. Et sur la moquette moelleuse de sa chambre d'ado, montre comment se déhancher sur un podium. « Les jambes se croisent, l'expression est neutre et surtout les bras sont ballants. » Manon Piéto, 16 ans, a déjà intégré les codes de son éventuel futur job : top-modèle international.

Celle que ses parents destinaient à une école de commerce a changé de cap. C'était en 2008, à La Baule. Ce jour-là, elle participe à un casting régional de l'agence de mannequins Élite. « Je voulais connaître cet univers et prendre un peu confiance en moi. »

La lycéenne est vite repérée. Par sa taille surtout. À 15 ans, elle mesurait déjà 1,83 m. Sa silhouette élancée (elle pèse 56 kg), son teint de lait, son regard clair attirent les flashes. « Elle était d'une beauté évidente, mais il lui fallait mûrir. Elle marchait en regardant ses pieds, portait un appareil dentaire et rougissait beaucoup », se souvient Victoria Da Silva, directrice de l'agence Élite.

En une année, l'adolescente s'est métamorphosée. Bien qu'elle ait encore grandi de deux centimètres : elle assume désormais son 1,85 m. « C'est difficile à porter dans une cour de lycée, mais pas dans le milieu du mannequinat. »]

 

L'innocent souffrant cultivé

[พัฒน์พงษ์, un quartier]


Il a fermé les yeux, je ne sais pas ce que sont ces traces humides sous ses paupières, les légers cernes, au creux des tempes un peu de sueur peut-être ou des larmes de fatigue, ça existe sûrement les larmes de fatigue.

Frédéric Mitterrand, La Mauvaise Vie, Robert Laffont, 2005

 

L'innocent innocent innocent

[dans un jardin d'enfant à Frankfurt am Main]


Il m'était arrivé plusieurs fois que certains gosses ouvrent ma braguette et commencent à me chatouiller. Je réagissais de manière différente selon les circonstances, mais leur désir me posait un problème. Je leur demandais : "Pourquoi ne jouez-vous pas ensemble, pourquoi m'avez-vous choisi, moi, et pas d'autres gosses ?" Mais s'ils insistaient, je les caressais quand même.

Daniel Cohn-Bendit, Le Grand Bazar, Belfond, 1975

 

Henry de Montherlant a quitté la table… Gabriel Matzneff… bienvenue ! avec le fantôme de Neverland Ranch, on a une quinte flush princière.



 

Jacques Higelin, Alertez les bébés, 1976
 

Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Mercredi 7 octobre 2009 3 07 /10 /Oct /2009 06:00

 

Serge Gainsbourg, Le Poinçonneur des Lilas, album Du chant à la une !..., 1958

 

Quand une grand-route se trouve en mauvais état, on peut la réparer, remplir de graves les nids-de-poule, passer le rouleau sur du macadam neuf, la renforcer à grands frais de travail, de sueur et d'or. Mais une autre solution reste possible : accrocher aux platanes une suite de panonceaux où le passant pourra lire : ROUTE EN MAUVAIS ETAT. L'administration préfère cette solution, moins chère et flattant sa tendance à la note. Des ingénieurs, naguère, montraient, chiffres à l'appui, que la lecture de l'avis plus quelques cahots de son carrosse obligent l'usager à de petites vitesses qui abaissent brutalement le nombre des accidents. Sécurité. On aurait juré qu'ils voyaient le passant glisser sur l'affiche et non secoué par les fondrières.

Casser des cailloux, en transporter des tonnes, compacter ensemble leurs arêtes vives exige des énergies mesurables en chevaux-vapeur. Dessiner au pinceau, rouge sur blanc, des croix et des lettres, les reconnaître au milieu du code, exige des énergies incomparables. On évalue les premières à l'échelle entropique, les autres à l'échelle informationnelle. L'une manuelle, la deuxième digitale. Celle-ci a la faveur du philosophe, qui aime les signes et mots, le langage, écritures et paroles, icônes et panneaux. Une enfance asservie à concasser des galets me pousse sans doute à préférer la première. Le progrès va vers l'autre ainsi que le temps ; l'histoire, je le sais, passe de la réalité au langage, de la chose au signe et de l'énergie à l'information : de la solution dure à la deuxième dite douce. Je demande seulement qu'on se souvienne de la dureté.

Le concassage des cailloux me brise encore les oreilles.

 

Michel Serres, Les cinq sens, Grasset, 1985, pp. 118-119

 




Chaussée déformée
, on connaît. On ne va pas réformer une chaussée déformée. On ne va pas raser Singapour où, non content des bosses, on a mis des trottoirs à la place des vibreurs – un modèle déjà tendance sur les chicanes urbaines, voire rurales, de nos contrées.

 



Risque de chute de pierres ou présence sur la route de pierres tombées
. Et alors ?! vous ne pouvez pas vous arrêter pour les ramasser ? l'esprit citoyen se perd.

 



C'est très tendance. Il ne s'agit pas d'une banale mal entretenue par la DDE
(pardon pour le pléonasme) chaussée. Aucun risque n'est annoncé. Là, c'est programmé : les trous sont en formation, digging in progress, please wait, on n'a pas fait le Pompidou en un jour.

 

[source : Nueil lès Aubiers, et ça geysère de partout où   il     y        a             une                     DDE – on écrit au tempo]
 

Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile. * * * * * * * * * * * * * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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