Lou

  • : Libellus
  • libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile

un peu plus...

autrement

libellus[chez]free[point]fr

blinks

quae optima...

...in interrete inveniri possint

Philippe Clerc
Quatuor
Reverend Tom Frost
UbuWeb

[sequenda]

A la Une

Nous avons connu et dit, en son temps, la félonie de FileAve, propriété de Ripside, alias RipOffSide, et celle de Deezer, qui en toute salauditude et impunité ont effacé les belles illustrations musicales de Libellus, belles et parfaitement légales, de simples extraits conformément à la législation, simplement à écouter sans offre de téléchargement.
Nos images sonores sont désormais hébergées chez Over-Blog.
Il nous reste à restaurer les ruines de Filou et de Deezy.
C'est fait pour
l'opérette, un sujet recherché et une page lue plusieurs fois par semaine... revenez, visiteurs de Google, Libellus chante à nouveau !
---
Windows 7... loading, please wait...
On peut déjà remercier Pix Game ici, .
OpenOffice est au programme. On attend la version 3.2 qui devrait être au point pour 7 / 64 (oui, parce qu'on a les deux, tant qu'à faire ;)
---
Nous remercions Google et les lecteurs qui sont venus chercher des informations sur
Diam's et sur Frakass. Nous espérons qu'ils n'ont pas été déçus du voyage :)
Nous en sommes sûr pour le lecteur qui s'intéresse à Emmanuel Prunevieille, un signe de bon goût.
---
On peut commenter en
Tribune libre, on peut dire du mal de FileAve, Deezer et consorts, on peut même dire du bien de Libellus.

Mardi 29 septembre 2009

 

 

Un grain à Manille, 140 morts, au moins, plusieurs centaines de milliers de déportés.




Les femmes prient.




Un orage à Kaboul, 3 morts, 247 artisans de la paix au chômage technique.




Les femmes souffrent.


 

Les routes ne sont pas sûres le dimanche, ailleurs non plus.


Dans l'après-midi, l'Elysée a annoncé la mort d'un quatrième militaire "suite à un accident de VAB (véhicule de l'avant blindé) dans le district de Surobi".

"Le VAB, qui appartenait au Bataillon français de Kaboul, a quitté la route à mi-chemin entre Kaboul et Tora et est tombé dans un ravin en contrebas…"

 

Tiens, je vais reprendre un peu de choux-fleurs à la merdre, avec une petite côte de rastron, je l'achète sur pied.
 

Par lou - Publié dans : de maintenant
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Dimanche 27 septembre 2009

 
La Lucarne de Libellus...  
et ses LLL – pavé TéLéfiL – n'est peut-être pas consultée à chaque soubresaut de la télécommande domestique.


Aussi, à événement exceptionnel, article extraordinaire.


On connaît l'histoire du clown Grock, né en 1880 dans le canton de Berne (tiens !), et du piano.

Peut-être moins celle de l'opéra et de la banlieue.

Si la banlieue ne vient pas z'à l'opéra, l'opéra ira t'à la banlieue.

Notre histoire se passe en Suisse.


Mardi 29 septembre 2009
, de 20 h 05 à 23 h 00 sur ARTE, La Bohème en banlieue / Giacomo Puccini / Orchestre symphonique de Berne et Chœur du Théâtre de Berne placés sous la direction de Srboljub Dinić, avec Maya Boog (soprano), Saimir Pirgu (ténor), Eva Liebau (soprano) et Robin Adams (baryton).

(en direct de la banlieue de Berne)


[On souligne l'essentiel]


La Bohème en banlieue en direct de Berne

Jamais l'opéra n'aura été plus vivant !

Après le succès rencontré l'an dernier par "La Traviata" en direct de la gare de Zurich, voici "La Bohème" de Giacomo Puccini dans une cité de la banlieue de Berne.

[Ce n'est plus un Opéra, c'est un sanatorium, manière Fondements de la métaphtisique des beurs]
Un spectacle exceptionnel ! Puccini entre les murs d'une HLM, dans une totale adéquation entre ce cadre inédit et l'intrigue de l'opéra.
Outre la prouesse technique, ce spectacle singulier bénéficiera de la participation active des habitants, intervenant pour raconter leur propre histoire.

En direct sur ARTE le mardi 29 septembre, à partir de 20h05

[Il paraît que l'atmosphère de la gare de Zurich, chargée de décibels non tempérés, aurait fait tousser la traviata - Mimiii !]

En même temps, à partir de 19 h 55 – attendez ! si vous ne suivez pas, vous allez vous retrouver sur la pelouse des champions en version Debrecen # Lyon, à partir de 19 h 55, en même temps, il y a le même chose sur la toile, en multistream : le réalisateur, c'est vous !


La Bohème sur le net
- Multistream en direct

Suivez l'événement sur sept fenêtres vidéo et participez à notre live-blogging. Le réalisateur, c’est vous !

Pour la première fois, www.arte.tv propose, en étroite collaboration avec les équipes de tournage, un projet bilingue en multi stream : sept caméras et trois web reporters pour trois heures de direct! Le but de cette opération de grande envergure : vous inviter dans les coulisses d'une mise en scène inédite du grand chef-d'oeuvre de Puccini.
Une caméra fixée dans une orchidée ? Ce sera la seule façon de filmer en toute discrétion la scène d’amour entre Rodolfo et Mimi, les deux héros de l'opéra, sur le canapé du salon. Il fallait bien multiplier les caméras pour réaliser les prises de vue en espace restreint et filmer dans des lieux distants, en extérieur et en intérieur, que ce soit dans un HLM ou un centre commercial. Cliquez sur l’une des huit fenêtres de notre player vidéo pour suivre les coulisses de La Bohème grâce aux caméras fixes et mobiles. Vous avez aussi la possibilité de participer activement à l'événement grâce au blog en direct : les questions et les commentaires les plus intéressants seront communiqués à l'équipe des présentateurs TV. Nos web reporters seront eux aussi toujours en action, ils se mêleront aux curieux sur place, filmeront les changements de plateaux et réaliseront des interviews.
[On dirait Le Prix du danger / Robert Sheckley / Yves Boisset]
Pendant l’entracte et après le direct, nous en profiterons pour tout savoir de l’ambiance qui règne du côté des techniciens et des comédiens impliqués dans ce défi à la limite du possible.


Il serait prévu une scène dans une buanderie, une autre dans une pizzeria.

Avec La boîte [sic] à Pizza, vous êtes paré, à trois mètres du plasma, le portab' comme plateau sur les genoux. Bienvenue à Lyric Park.


L'an prochain, on entrevoit Carmen à Aubervilliers, dans les bâtiments historiques de la SEITA.



Alluméée le feueu… Et fair' danser les diables et les dieueux – Le Ring est en projet --- Siegfried est parti chasser le grand frère à La Courneuve, il franchit le cercle de feu, les dieux sont morts… Une histoire sans fin ---
 

Par lou - Publié dans : du champ du signe
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 26 septembre 2009

 

Ca a commencé comme ça, un jeudi 24 septembre 2009.

[je rappelle que ♣ est l'alias de Jean-Marie Dutey sur Scripturassion]

 

Ecrit par : lou | 24.09.2009

J'ai une idée !
'Ca ne m'étonne pas, vous avez toujours d'excellentes idées.'
['Drôle de drame']
On fait un tag.
Museum Of SHame = MOSH.
Le maître du jeu présente, chez lui, un objet MOSH. Il désigne une victime qui devra présenter à domicile SON objet MOSH et mettre à la question un troisième larron (toujours avec commentaire chez le/la nominé-e et les liens en amont et en aval pour qu'on puisse suivre).

Ecrit par : | 24.09.2009

Suis pas sûr d'avoir tout compris, mais j'ai la journée pour y réfléchir...♣

 

Ecrit par : | 24.09.2009

Bon, ça se confirme : je n'y ai rien compris. Je présente ici un objet MOSH (ma réserve est effectivement inépuisable), en disant quelque chose comme "Lou ? À toi", Puis Lou chronique un objet MOSH tiré de chez lui en désignant un troisième, en insérant dans sa note un lien vers cet ici carnet et un lien vers l'autre là bas blog et finalement je me retrouve riche et célèbre, c'est ça ? ♣

 

Eh oui ! Evident, non ?

 

---

 

Le lendemain, on en était .

 

Seulement, si Jean-Marie Dutey est bon joueur, il est encore meilleur tricheur. Les objets MOSH qu'il présente sont bien exposés et mis en valeur chez lui.

Et ils sont beaux.

Ici, nous allons jouer sérieusement.

 

 

Il n'y a aucune mise en perspective, aucune mise en scène, on se demande où est l'objet MOSH.

Ils sont deux (Lou est né un 21 mai, il est en partie double, comme sa figure astrologique, l'adresse de son blog et son marionnettiste, né un 3 juin) : les deux lapins, au fond. Pure céramique made in RPC. Un cadeau de mariage, millésime 1990.

L'anecdote qui tue : c'est la même famille, celle du beau-frère de la mariée, son témoin, qui a eu ce goût sûr et qui a inspiré le divorce d'il y a un an.

Tout commentaire sur l'environnement du chose serait sévèrement sanctionné.

Pour continuer l'aventure (et, si la collection prend du poids, pour une carte), nous faisons confiance à Monsieur Kiki.

 

Le règlement se trouve plus haut. On pense (et on le rappelle) aux liens. On prévient l'appelé(e) chez lui(elle).
 

Par lou - Publié dans : tribune libre
Ecrire un commentaire - Voir les 8 commentaires - Recommander
Vendredi 25 septembre 2009

 
 

Vingt-neuf atolls, cinq îles (éventuellement) fréquentables, 181,3 km², ~ 60.000 habitants, les îles Marshall.

 

L'histoire commence il y a trois millénaires, au moins, quand de grands voyageurs découvrent les îles du Pacifique – ils sont venus de Chine vers les Philippines, vingt siècles auparavant, et de là, plus loin sur l'océan.

En 1525 ou 1529, Alonso de Salazar repère les archipels Ralik et Ratak. La région n'est reconnue qu'en 1788 par John Marshall, et Johann Adam von Krusenstern, au service du tsar, lui donne, vers 1820, son nom actuel d'îles Marshall, repris à la même époque par le navigateur français Louis Isidore Duperrey.


Le paradis est perdu.


Des investisseurs allemands l'investissent en 1885. En 1914, des humanistes japonais s'en emparent, avec l'accord de la Société des Nations, donné le 17 décembre 1920. Les atolls deviennent champ de bataille entre l'Ouest et le Soleil Levant à partir de 1941. Le 23 février 1944, les libérateurs envahissent les îles, officiellement placées sous leur tutelle le 18 juillet 1947.

Les essais nucléaires, trop puissants pour le Nouveau-Mexique, ont déjà commencé sur l'atoll de Bikini – non légendé, à l'ouest de Rongelap.

En février 1946, le gouverneur militaire des îles Marshall annonce la couleur – un grand dessein : Les scientifiques américains veulent transformer une grande force destructrice en quelque chose de bénéfique pour l'humanité et en finir avec toutes les guerres […] Etes-vous prêts à sacrifier vos îles pour le bien de l'humanité ?


For the good of mankind.


Operation Crossroads
.

Abla s'élève le 1er juillet 1946.

Baker, le 27.


 

La flotte de guerre ancrée dans le lagon est armée de milliers d'animaux – cochons, chèvres, rats et souris. Les bâtiments sont submergés sous le tsunami déclenché par l'explosion.

 


Jusqu'en 1958, soixante-sept essais nucléaires sont imposés aux îles. Little Boy d'Hiroshima x 1,6 par jour pendant douze ans.


Le 31 octobre 1952, la première bombe H explose à Enewetak.




[La bombe A tire son énergie de la fission du noyau de l'atome – la puissance est limitée à environ cinq cent mille tonnes de TNT. On emploie de l'uranium enrichi > pour Little Boy à Hiroshima, ou du plutonium > pour Fat Man à Nagasaki. La bombe H agit par la fusion du noyau (atome d'Hydrogène) générée par la fission – la puissance est sans limite connue]

 

Castle Bravo, atoll de Bikini [à 240 kilomètres de Rongelap, prenez des notes], le 1er mars 1954. La bombe H la plus puissante jamais testée.




On n'embarque plus d'animaux. Les Marshallais servent de guinea pigs [le nom qu'ils se sont donné].


Fabienne Lips-Dumas est allée à leur rencontre pour la revue XXI
N° 7 – été 2009, juin 2009 [Le Monde du 23 juin 2009 publie de larges extraits de son reportage – en italique, le texte de XXI, avec des guillemets pour la parole marshallaise]


Exilée de son île natale de Rongelap, Lijon Eknilang parle.




"J'ai un corps irradié. Pourquoi ne pas l'enterrer sur mon île irradiée ?"

Le 1er mars 1954, le jour de son huitième anniversaire, les Américains réveillent en sursaut l'enfant qui dort sous un toit de palmes. Un soleil brutal se lève à l'ouest de l'horizon. La Terre fait demi-tour. Entre le ciel et l'Océan, une "étoile" explose. Elle s'appelle Castle Bravo, c'est une bombe thermonucléaire : la puissance de mille Hiroshima, mille fois quinze kilotonnes de TNT, mille fois une bombe qui a fait plus de 140 000 morts.

"J'ai écarquillé les yeux. Il y avait une lumière aveuglante. Dehors, j'entendais les cris de ma grand-mère. Elle accusait ma cousine d'avoir mis le feu à la maison. Je suis sortie en courant et je pleurais : j'avais peur du feu. Dehors, la lumière était toujours aussi forte. Les femmes n'arrêtaient pas d'entrer et de sortir de la maison. Et là, j'ai vu la chose tomber du ciel. Elle était grosse, ronde comme un soleil, couleur du soleil. Et il y a eu l'explosion... Enorme. Le sol bougeait, tremblait. Le vent nous a jetés par terre. Nous avions peur, tellement peur. Le vent s'est arrêté. Il n'y a plus eu un bruit, juste le silence. Les yeux nous piquaient comme s'ils étaient pleins de sable. Pourtant il n'y avait pas de vent. Les gens disaient qu'on était attaqués, qu'on allait être tués. Nous nous sommes cachés dans les buissons. J'avais soif. Plus tard, nous avons eu faim. Nous avons mangé. La nourriture était couverte d'une chose blanche, elle n'était pas pourrie mais salie. Avec nos mains, nous avons essuyé la poudre blanche et mangé. La poudre n'avait pas de goût. C'était bon comme d'habitude. Dans l'après-midi, tout le monde est tombé malade. Comme si on était restés au soleil toute la journée, comme s'il y avait eu une insolation générale."


Le vent avait tourné, les bienfaiteurs de l'humanité le reconnaissent.


"Tout le monde fait des erreurs"
, disent-ils. Lijon s'étrangle : "Quand tout est planifié, vous n'appelez pas ça une erreur. Peut-être qu'ils pensent que les gens des îles Marshall ne sont pas des êtres humains comme eux. Ils ont bien vu que le vent avait tourné, mais l'opération devait avoir lieu ce jour-là. Compte à rebours, c'était leur plan."

Lijon intervient. Derrière son collier de perles blanches, elle dissimule une cicatrice. Laconique, elle explique : "1981 - Cleveland - Ohio - Ablation de la thyroïde." Son espérance de vie dépend désormais de la prise quotidienne de pilules.

Après les essais atomiques, les médecins américains ont pratiqué à la chaîne des ablations de thyroïdes. Ils préféraient s'en débarrasser avant qu'un cancer ne se déclare. Il y a quelques années, Lijon est retournée sur la table d'opération pour des tumeurs aux seins. Sur l'archipel, le cancer du sein tient de l'épidémie.

Le 1er mars 1954, tous les Rongelapais n'étaient pas sur l'atoll. Mais tous se sont nourris des retombées de la bombe H. En 1957, les Américains décident de renvoyer la population dans son paradis terrestre. La végétation de l'atoll est empoisonnée par les retombées de césium 137, de strontium 90, de plutonium 239... Le temps de l'irradiation chronique commence.

Le temps de la recherche scientifique commence.




Examen clinique de la thyroïde par le Dr Conard [c'est son nom]

Source : Cold War fallout for Brookhaven National Lab / Thomas Maier, 21 août 2009

Newsday - The Long Island and New York City News Source


Le Dr Conard [c'est son nom] est l'un des dirigeants de Brookhaven National Lab.

 


"J'étais enceinte mais je ne grossissais pas. Le bébé est né à sept mois, il tenait
dans ma main. C'était un garçon, il est mort tout de suite. Mon mari a pris une grosse boîte d'allumettes. Elle lui a servi de cercueil." Nerja, la soeur de Lijon, parle d'un ton monocorde. Dix enfants ont suivi : neuf sont en bonne santé, l'aîné se comporte "bizarrement". Lijon a subi sept fausses couches et donné naissance à un enfant difforme qui n'avait qu'un oeil et n'a pas survécu. Plus que les cancers, les bébés monstres réveillent sa colère.

Jusque dans les années 1970, les femmes vivaient dans l'angoisse de ce qui pouvait sortir de leur ventre. Elles mettaient au monde des "bébés méduses" : des troncs à la peau translucide qui laissait paraître le cerveau et le coeur battant. Ils rebondissaient sur la table d'accouchement et mourraient. Il y avait aussi les "bébés grappes de raisins", où seule la présence d'un cerveau suggérait aux sages-femmes que la forme aurait pu être un enfant, et des nouveau-nés incapables de téter, condamnés à mourir de faim.

 




Môle Hydatiforme Partielle


Le matériel est généralement moins abondant que dans la môle hydatiforme complète avec un mélange de villosités môlaires et non môlaires. Fréquemment une cavité amniotique est visible avec parfois un fœtus généralement en voie de lyse, fœtus comportant des anomalies, en particulier un hygroma cervical.


Les Américains accusent les Marshallais d'inceste ou se réfèrent à une syphilis galopante. C'est ce que le docteur Neal Palafox a suggéré à Lijon pour expliquer les fausses couches et les naissances défectueuses. "Il y a deux problèmes liés aux malformations. Il est prouvé qu'un foetus soumis à de fortes radiations pourra souffrir de handicap mental, d'anomalies, et que les interruptions de grossesse seront plus fréquentes. Ce qui est moins clair, c'est, si vous avez été irradié en 1954, votre enfant né en 1960 pourra-t-il en souffrir ? On ne sait pas." Selon lui, les études sur les populations irradiées ne permettent d'arriver à aucune conclusion.


En date du 22 février 2006
:

Une étude menée par des chercheurs de Montréal a pour la première fois identifié la cause génétique sous-jacente d'une pathologie rare, la môle hydatiforme ou "grossesse môlaire", soit une grossesse anormale issue d'un oeuf malade, susceptible d'engendrer un cancer.

L'irradiation et/ou la contamination d'origine nucléaire (militaire comme pacifique) entraîne des mutations génétiques.


Yeux bleus, teint clair, petite moustache à la Clark Gable, Bill Graham gère le Tribunal des réclamations nucléaires. "Je pense que, l'année prochaine, on va classer les dossiers et ranger le tout dans la naphtaline." Depuis sa création, le tribunal a attribué 90 millions de dollars en compensation, 75 millions ont été versés. En 1986, il a reçu un fonds en fidéicommis de 150 millions supposé produire 18 millions d'intérêts par an. L'optimisme financier s'est brisé en 1987 sur la réalité boursière, le fonds s'est vidé.

Des grilles d'indemnité ont été fixées : 125 000 dollars la leucémie, 100 000 dollars le cancer du sein avec mastectomie, 100 000 dollars pour un enfant sévèrement retardé si la mère était sur Rongelap ou Utrik en mars 1954 ou si l'enfant est né entre mai et septembre 1954, de 75 000 à 50 000 dollars le cancer de la thyroïde, rien pour ceux qui ont subi une ablation préventive.

Extrait du débat, en date des 13 et 14 janvier 1956, tenu à la Commission américaine de l'énergie atomique : "S'il est vrai que ces gens ne vivent pas, je dirais, comme des Occidentaux ou des gens civilisés, néanmoins c'est aussi vrai que ces gens nous ressemblent plus que des souris."

En 1994, dans un effort de transparence, l'administration Clinton a rendu publics certains dossiers du Département américain de l'énergie. Les Marshallais ont alors découvert qu'ils avaient servi de "matériel". Elaboré avant Castle Bravo, le projet 4.1 visait à l'étude des conséquences des retombées radioactives sur les êtres humains. "Ils nous ont déshabillés. Ils ont pris notre photo et ils nous ont donné un numéro", se souvient Lijon. Quarante ans plus tard, les manipulations dont elle a fait l'objet ont pris tout leur sens.




Source


Bill Graham, le responsable du Tribunal des réclamations nucléaires, lit un rapport du laboratoire Brookhaven daté de 1958 : "L'habitat des insulaires nous permettra de recueillir des données écologiques très utiles sur les effets des radiations. Nous pourrons suivre les divers radio-isotopes du sol à la chaîne alimentaire jusque dans l'être humain, où nous étudierons leur distribution dans les tissus et les organes, les demi-vies biologiques et les taux d'excrétion..." De ses archives, il tire une autre photocopie : "Le groupe des Marshallais irradiés constitue la meilleure source d'observation sur les êtres humains. Tous les modes d'exposition continue sont représentés : irradiation pénétrante, exposition de la peau aux rayons bêta, absorption de matériel radioactif..."


Aujourd'hui, Les Marshallais ne sont plus sous tutelle américain. Le traité d'association, signé en 1983, a été complété en 1986 : les Marshallais s'engagent à ne plus intenter aucun procès au gouvernement américain, les procédures engagées sont suspendues.


Pour l'île de Kwajalein, qui abrite leur base militaire
, les Américains ont négocié avec le gouvernement des îles Marshall un bail jusqu'en 2016. Imata Kabua, le roi traditionnel qui possède l'île, ne veut pas le renouveler à moins d'un gros chèque. Mais les Etats-Unis ne reconnaissent pas son autorité et les Marshallais sont divisés. Que faire sans les emplois de la base militaire ?

Equipée d'un golf à neuf trous, l'île est au coeur de la guerre des étoiles. On y rêve de la construction du bouclier antimissile et, régulièrement, l'atoll se fait bombarder depuis la Californie. La base militaire est censée intercepter les missiles, mais le bouclier est une vraie passoire et les ogives atterrissent dans le lagon. Le ministre des affaires étrangères des Marshall, Tony de Brum, a demandé une étude sur l'impact chimique des projectiles. Les Américains font la sourde oreille…

 

Marshall, décidément un mauvais plan.

 

Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
Ecrire un commentaire - Voir les 4 commentaires - Recommander
Jeudi 24 septembre 2009

 

Le pied gauche tournant vers l'intérieur, le geste démonstratif de la main droite et l'ombre portée : un chat, pas un Rorschach !
Etonnant, non ?


Oui, c'est Lou, saisi en 1952, haut comme un pain de deux, par Willy Ronis.


Et aujourd'hui, sur la scène du Kikimundo.
 

Par lou - Publié dans : dans les siècles des siècles
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander

recherche

syndication

  • Flux RSS des articles
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés