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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 23:01
Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales – « Of fartyng, and of speche daungerous »

Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales, Penguin Books, 2005

Cover : A portrait of Geoffrey Chaucer as a Pilgrim from the Ellesmere manuscript, Huntington Library, MS EL 26 C 9, San Marino, California, ca 1400

 

Une trentaine de pèlerins se rassemble dans une auberge de Southwark, avant de partir pour Canterbury afin d'y honorer le sanctuaire de Thomas Becket. La veille du départ, l'aubergiste, qui est du voyage, organise l'animation : sur la route, on se racontera des histoires édifiantes pour se désennuyer un peu. Chacun donnera deux contes à l'aller et deux autres au retour.

Les Contes ont été écrits par Geoffrey Chaucer au XIVe siècle, en moyen anglais (langue parlée entre la conquête normande de l'Angleterre, 1066, et la deuxième moitié du XVe siècle). Les manuscrits – tous différents dans le texte – qui nous sont parvenus semblent inachevés en regard du projet initial.

 

Le Conte du Meunier rapporte comment le vieux John, un charpentier d'Oxford, était cocufié par Nicholas, un jeune et bel étudiant qui lui louait une chambre.

 

Absolon, un autre beau et vigoureux jeune homme, voudrait également se faire Alison, la jeune et pieuse épouse aperçue à l'église.

 

Now was ther of that chirche a parissh clerk,

The which that was ycleped Absolon.

Crul was his heer, and as the gold it shoon,

And strouted as a fanne large and brode ;

Ful streight and evene lay his joly shode.

His rode was reed, his eyen greye as goos.

With Poules wyndow corven on his shoos,

In hoses rede he wente fetisly.

Yclad he was ful smal and proprely

Al in a kirtel of a lyght waget ;

Ful faire and thikke been the poyntes set.

And therupon he hadde a gay surplys

As whit as is the blosme upon the rys.

A myrie child he was, so God me save.

[...]

But sooth to seyn, he was somdeel squaymous

Of fartyng, and of speche daungerous.

 

Le délicat Absolon craint le pet (fartyng) et le parler rustre.

 

Nicholas, le gai luron se piquant d'astrologie, fait croire au charpentier que le déluge revient, il lui fait accrocher trois pétrins au toit, comme une nouvelle arche de Noé, où l'infortuné peut dormir tranquille... pendant que sa jeune et belle femme, Alison, s'envoie en l'air avec son amant.

 

"Now John," quod Nicholas, "I wol nat lye ;

I have yfounde in myn astrologye,

As I have looked in the moone bright,

That now a Monday next, at quarter nyght,

Shal falle a reyn, and that so wilde and wood

That half so greet was nevere Noes flood.

[…]

Yet shal I saven hire and thee and me.

[…]

"Anon go gete us faste into this in

A knedyng trogh, or ellis a kymelyn,

For ech of us, but looke that they be large,

In which we mowe swymme as in a barge,

And han therinne vitaille suffisant

But for a day -- fy on the remenant !

The water shal aslake and goon away

Aboute pryme upon the nexte day.

 

Les huches sont fixées, les provisions embarquées, la hache prévue pour rompre les cordes et mettre l'arche sur les flots, vers la terre promise.

 

And whan thou thus hast doon as I have seyd,

And hast oure vitaille faire in hem yleyd,

And eek an ax to smyte the corde atwo,

Whan that the water comth, that we may go

And breke an hole an heigh, upon the gable,

Unto the gardyn-ward, over the stable,

That we may frely passen forth oure way,

Whan that the grete shour is goon away.

 

Pendant que Nicholas et Alison sont en oraison amoureuse, Absalon se présente à la fenêtre. Il ne demande qu'un baiser. Alison se met céans le séant à l'air et Absalon pose ses lèvres sur...

 

And at the wyndow out she putte hir hole,

And Absolon, hym fil no bet ne wers,

But with his mouth he kiste hir naked ers

Ful savourly, er he were war of this.

[...]

"Tehee!" quod she, and clapte the wyndow to,

And Absolon gooth forth a sory pas.

 

Triste et humiliante épreuve.

 

Absalon revient pour se venger. Cette fois, c'est Nicholas qui se pose sur le bord de la fenêtre et envoie un « fart » bien senti au rival séducteur. Celui-ci a emprunté un fer rougi au feu et il marque Nicholas au fer rouge et aux fesses. Nicholas hurlant a le feu au cul.

Le charpentier est réveillé, il coupe la corde de son arche et tombe en se cassant le bras.

 

Thus swyved was this carpenteris wyf,

For al his kepyng and his jalousye,

And Absolon hath kist hir nether ye,

And Nicholas is scalded in the towte.

This tale is doon, and God save al the rowte !

 

Heere endeth the Millere his Tale

Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales – « Of fartyng, and of speche daungerous »
Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales – « Of fartyng, and of speche daungerous »

Pier Paolo Pasolini / Geoffrey Chaucer

 

Pier Paolo Pasolini, I Racconti di Canterbury, 1972

C'est plein de beaux jeunes gens – de jeunes beaux amants ?

L'adaptation de Pasolini est très fidèle au texte. Le conte du meunier commence à 50' 29".

 

* * *

 

Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales – « Of fartyng, and of speche daungerous »

Geoffrey Chaucer, Les Contes de Canterbury et autres œuvres, sous la direction d’André Crépin, Robert Laffont, Bouquins, 2010

 

* * *

 

Geoffrey Chaucer, The Canterbury Tales – « Of fartyng, and of speche daungerous »

Sur une idée de Yueyin.

 

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commentaires

yueyin 05/07/2014 17:59

Une vraie farce :-) de mémoire c'est le conte de la tisserande que j'ai préféré, celui de griselda que j'ai le moins aimé mais ça me va de comprendre les allusions maintenant :-) bon il m'en reste quelques uns à finir, on se lasse :-)

Lou de Libellus 05/07/2014 18:30

Un conte édifiant ! Vieux barbons, gardez-vous d'épouser de jeunes oiselles ou il vous en cuira au front !

 


 
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