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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 23:47
Reinhard Jirgl, Renégat, roman du temps nerveux – des !gens ignobles

Reinhard Jirgl, Renégat, roman du temps nerveux, Carl Hanser Verlag, 2005, traduit de l'allemand par Martine Rémon, Quidam Editeur, 2010 – Conception graphique et illustration de couverture : Marion Bataille, d'après Falling Man II, 2001, de Richard Artswager ; le logo est de Mœbius

 

Un journaliste en rupture de ban, alcoolique et divorcé, entreprend une cure de désintoxication et tombe amoureux de sa thérapeute. Il quitte Hambourg pour la suivre à Berlin. Un ancien garde-frontière, fou de douleur après la mort de sa femme, se fait taxi de nuit pour retrouver une jeune Ukrainienne, réfugiée clandestine, afin de l'arracher à un avenir glauque. Leurs destins se croisent dans le Berlin des années 2000, ville en plein bouleversement, redevenue la capitale d'un pays toujours confronté, dix ans après la chute du Mur, à la réunification et à l'arrivée de nouveaux immigrants. Par sa narration en strates, Renégat, roman du temps nerveux entraîne dans le dédale des sentiments deux hommes venus là par amour et par désir d'un nouveau départ. Reinhard Jirgl tisse, dans une langue étrangère à sa propre langue, autant un faisceau d'histoires autour de destinées individuelles que de réflexions sociales critiques radicales.

4e de couverture

Reinhard Jirgl, Renégat, roman du temps nerveux – des !gens ignobles

Reinhard Jirgl est né en 1953 à Berlin où il réside toujours. Lauréat du prix Georg-Büchner 2010, ainsi que des prix Alfred-Döblin et Josef-Breitbach, il est l'auteur de Inachevés, Quidam, 2007.

Renégat a reçu le prix du Meilleur roman Technikart 2010.

 

Alexandre Scriabine, Sonate nº 3 op. 23 en fa dièse mineur, États d'Ame, 1897-1898, premier mouvement : Drammatico, Vladimir Sofronitsky, Classound, 1952

 

Toutalentour les hommes & leurs histoires, qui font main basse=sur moi é qui me terrifient. Je les enfermerai dans Monlivre. Car la peur est la prison des mots. Je m'avance vers eux et m'aventure dans un Paysage Inconnu.

 

Les réfugiés sont des !gens ignobles, & ce qu'ils obtiennent, c'est un bonheur ignoble..... La voix habituellement si douce de Krystyna se brisa, de la haine dans ses yeux clairs.

[…]

Ma famile est originaire de Białystok, une ville industrielle au nord-est de la Pologne, à 50 km environ de la frontière russe.

[…]

L-Armée-Rouge entra dans Białystok en 1939.

[…]

Et plus tard, quand les-Allemands arrivèrent Duranlaguerre […]

Pendant ce temps Krystyna avait continué de parler […] – Et ne subsiste de la liberté que ce que les hommes lui ont trouvé de séduisant en=tout=temps : la possibilité de s'entretuer. Takà aller faire un tour à Berlin et voir ce !qui est arrivé à tant de gens. – C'était Hermann qui parlait à présent.

Les immigrés=eux-mêmes rencontrent les ! Plusgrosses difficultés avec leurs propres enfants […] manigances castagnes & agressions, briser les vitrines des magasins, brûler des voitures, menacer Dautregens avec leurs couteaux & les poignarder – : leurs propres parents sont impuissants face à cela.

 

Au-delà du pont de l'Oder, la frontière franchie, Slubice. Un café. Une jeune femme.

Cela prenait presque une tournure de rendez-vous galant à présent : le soir dans le petit café polonais ; à la rencontre d'1 femme avec laquelle je n'avais pas encore échangé le moindre mot.

Valentina – sa famille était originaire d'Ukraine.

 

[…] 1 sentiment taraudant avait grandi en-moi, quelque chose proche de la colère mais qui n'irait pas en s'amplifiant, flambant juste à la surface comme lorsque l'on se sent offensé par des mensonges idiots. Car il faut bien en convenir, c'est chaquejour=lelotquotidien de l'individu de se voir sans cesse trompé : le mensonge est la relation la plus normale entre les gens.

 

               « Cette crapule invulnérable

               Comme les machines de fer

               Jamais, ni l'été, ni l'hiver

               N'a connu l'amour véritable. »

               Charles Baudelaire,

               Le vin de l'assassin, Les Fleurs du Mal

 

Les voisins (la plupart m'était connue de mes années d'enfance&de jeunesse ; ils n'avaient pas comme-moi déménagé en-ville, mais étaient restés sur-place dans les fermes de leurs pères), dans mon dos ils parlaient maintenant de mon cas, en toute décontraction, comme si je ne leur tenais pas compagnie ce soir-là, dans la lueur éventée du bistrot, mais les avait quittés depuis des lustres eux & Lepays. – l est v'nu ici kpour réclamer – (disait 1 voix venue du bout de la table) – maintenant va ben falloir voir comment ki sen sortira là-bas...

 

Qui écrit est incapable de tuer. Mon manuscrit est mon alibi. Je suis resté Anonyme.

[…]

Là-dessus, j'allonge fermement..... le pas et libéré, j'entre dans mon paysage.

 

Ce sont les dernières lignes de ce roman de 520 pages.

 

Un journaliste en rupture de ban, alcoolique et divorcé... Un ancien garde-frontière, fou de douleur après la mort de sa femme... Comment dire la vérité ?de-maintenant avec des clichés-d'avant-hier. Cet ouvrage entre au-rayon des chefs-d’œuvre & ils sont peu nombreux de nos jours. On ne peut pas le résumer = c'est-comme pour quelquesautresrares œuvres présentées dans ces-pages.

 

Reinhard Jirgl tisse, dans une langue étrangère à sa propre langue, autant un faisceau d'histoires autour de destinées individuelles que de réflexions sociales critiques radicales.

 

Quelques citations ont montré la pensée.

 

On aura perçu une écriture déconstruite dans un récit en lambeaux. La ponctuation (maladroitement imitée dans les lignes qui précèdent) marque le rythme de la lecture. La « langue étrangère » semble s'apparenter à celle des SMS : dès la première page, on lit « chac-1 », pour « chacun » ; on notera l'erreur : les pratiquants du « lol » font des erreurs.

C'est vrai, nous ne pouvons nous référer qu'à la traduction. Nous avons déjà écrit que les traducteurs étaient des écrivains, ils n'ont pas inventé l'histoire mais ils sont les auteurs des textes. Unefoisencore=!hommage.

 

Les citations sont fortement connotées, très peu de lecteurs peuvent le voir.

 

Mais pourquoi Scriabine ? demande un impertinent.

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 05/10/2014 17:03

Je note. j'allais te demander si tu n'avais pas écrit ce billet avec des moufles... mais j'ai l'explication.

Lou de Libellus 06/10/2014 07:13

Le temps fraîchit...

 


 
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