Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

Recherche

l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 01:39
Peter Cheyney, A toi de faire, ma mignonne

Peter Cheyney, A toi de faire, ma mignonne (Your Deal, My Lovely, 1941), traduit de l'américain par Marcel Duhamel, Gallimard, Série noire n° 21, 1949

Peter Cheyney, A toi de faire, ma mignonne

Reginald Evelyn Peter Southouse Cheyney est né le 22 février 1896 à Whitechapel, le quartier populaire de l'East End, d'un père poissonnier et, dit-on, ivrogne, Arthur Thomas Cheyney et de Catherine Sarah Southouse. Il passe son enfance dans ce quartier au sein d'une famille de cinq enfants. Il est renvoyé de plusieurs établissements scolaires. En 1913, il devient clerc de notaire, puis comédien, et écrivain : il invente les personnages de Slim Callaghan et Lemmy Caution.

 

Un gars qu'on appelle Confucius – et qui connaissait son affaire, à ce qu'il paraît – a certifié un jour par écrit, que chaque fois qu'il avait vu, dans sa vie, un jobard assis dehors sous la pluie en train de regarder les gens sans les voir et faisant une bobine comme s'il avait reçu dans les narines un coup de fer à repasser – eh bien, c'était toujours à cause d'une poupée que le jobard en question était dans cet état lamentable...

Peut-être bien que le Confucius m'avait rencontré avant d'écrire ça dans son livre.

[…]

Mais je ne m'en fais pas de trop pour tout ça, parce que je ne pense qu'à la môme Carlette.

Cette môme a tout ce qu’on peut rêver – et même davantage. Il faudrait être commis voyageur pour savoir vanter cette marchandise-là comme elle le mérite. Mais quand même, je pourrais vous raconter des choses sur la géométrie de cette poulette – des choses qui vous rendraient honteux d’être mordus si fort pour celle que vous fréquentez en ce moment.

[…]

Je vous garantis que si Eve avait été aussi bien balancée que cette môme-là, Adam n’aurait pas hésité si longtemps. Il aurait fichu le serpent hors du Paradis, et il aurait cueilli lui-même les pommes. Les pommes de tous les pommiers. Comme s'il avait été fabricant de confitures.

[…]

Il n'y a qu'une seule façon de se protéger des dames : c'est d'en aimer plusieurs à la fois. Parce que sans ça, le jour où elle vous juge suffisamment ramolli, la dame de vos pensées vous décoche un suprême regard bleu qui vous met dans un tel état de gâtisme que, comparé à vous, l'idiot du village passerait pour être un nouveau Washington. Et le tour est joué !

 

Lemmy Caution, agent du FBI, vient en Angleterre, dans les '40, pendant la guerre, à la demande de l'Inspecteur Principal Herrick, connu depuis l'affaire Van Zelden, en 1936. Il voyage sous le nom de Elmer T. Thaxby, de Coldsprings, Colorado : le premier vendeur d'Amérique, de boulons et d'écrous. A l'arrivée du Florida, il est accueilli par l'inspecteur Rapps, Police de Southampton. Il prend le train pour Londres en compagnie de Carlette, la môme rencontrée sur le paquebot.

A la gare, il est attendu par Grant, détective à la Special Branch, annoncé par un message de l'Inspecteur Principal Herrick et envoyé au radio du bord.

 

Alors voilà l'histoire, dis-je. Il y a six mois, un gars qui s'appelle Whitaker et qui habite Kansas City, a inventé un nouveau modèle de bombardier-en-piqué. Quelque chose de merveilleux. Mais ce Whitaker est un gars un peu bizarre.

[…]

Autrement dit, que le gars Whitaker se triturait le ciboulot, le cœur et le foie, à cause d'une souris. Toujours la même vieille histoire.

[…]

Il disparaît de la circulation. Volatilisé !

 

Elmer Whitaker a été enlevé, il est séquestré par la bande de Carlo Panzetti, un gang de la Gestapo, c'est sûr.

 

Rien n'est sûr.

 

Le câble transmis par le radio était faux. Le radio est un complice. Grant n'est pas Grant. Carlette Francini, la belle en croisière, est avec Panzetti. Et la môme Montana Kells ! Un poison !

 

Geralda Varney, une rouquine comac, c'est autre chose.

 

Willie Kritsch, un tueur, s'est approprié les pièces d'identité de Lemmy et se fait passer pour lui.

Geralda... Comme elle croyait être en présence d'un faux Lemmy Caution, le vrai l'a enfermée dans son garage.

Vous suivez ?

Quand il revient la chercher, elle a filé.

Ce qui prouve que Confucius avait raison quand il a écrit quelque part dans son livre « Jamais vous ne trouverez une belle môme à l'endroit où elle devrait être, au moment où elle devrait y être. »

Confucius est un sage.

Lemmy finit par retrouver Whitaker, prisonnier dans une villa des gangsters. Mais il a un doute : Whitaker n'est pas Whitaker, c'est encore un gars de la bande, il le ficelle. En fait, le présumé faux Whitaker était Whitaker.

Ça va toujours ?

Les « bleus », les plans, tant convoités, ne sont pas complètement terminés : l'ingénieur a laissé de côté une partie essentielle – c'est le gage de sa santé.

 

L'intrigue est bien ficelée (on ficelle à tour de pages, et le lecteur ne voit pas les ficelles).

 

Ça parle du vrai et du faux : fausses identités, faux-semblants, et même faux billets dans la transaction pour acquérir les « bleus ».

 

Cherchez le coupable !

 

A la fin... Geralda, toujours sincère, fond dans les bras de Lemmy.

 

J'aime énormément le poker, Lemmy. Nous devrions y jouer, vous et moi, un jour.

[…]

A toi de faire, ma mignonne !

 

Le double-whisky est servi à toutes les pages – avec les cigarettes. Une lecture éprouvante pour qui n'a pas le foie.

 

Peter Cheyney, La Môme vert-de-gris – Ah ! ces gonzesses...

(l'aventure est citée dans A toi de faire, ma mignonne)

 

* * *

 

FILM

Peter Cheyney, A toi de faire, ma mignonne

Bernard Borderie, A toi de faire… mignonne, musique : Paul Misraki, 1963

 

Paul Misraki, A toi de faire… mignonne + Petite Samba, 1963

 

Partager cet article

Repost 0
Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
commenter cet article

commentaires

des pas perdus 19/11/2014 18:05

Ta présentation est alléchante, je note pour plus tard... J'ai emprunté hier le jap de l'autre jour, un autre roman...

Lou de Libellus 21/11/2014 13:00

"Oui pour l'auteur."
Si Lou l'a dit.
http://www.libellus-libellus.fr/2014/11/seicho-matsumoto-journal-local.html
On ne dit pas le "jap", on dit le nippon. Là, c'est une nippone friponne.
Le Nippon-Seoi-Nage, c'est... comme à Pompéi, encore que les goûts des Romains allaient plutôt...

"En 1982, l'État soviétique français"
Les Bolcheviks, oui !

"des méthodes pédagogiques traditionnelles"

Le bonnet d'âne ?
En 1971, dans une petite ville sans histoire (dont on a bien parlé sur Libellus), j'ai trouvé sur une table de la salle des professeurs une copie d'élève. Il avait dû copier cent fois : je ferme ma gueule quand la maîtresse cause. Ce n'était pas le texte à la lettre, mais dans l'esprit. J'ai punaisé la copie sur le panneau d'affichage des professeurs, avec une note en encre rouge comme il sied : "La révolution pédagogique en marche".
C'était cruel, j'étais jeune.

Les miens ? "Le coin" ? C'est-à-dire que j'allais me mettre au coin, au fond de la classe, près du radiateur - dans cette région charmante, humide et fraîche. Et la victime montait au Golgotha, vulgairement appelé "le bureau". Seulement... le succès l'emporta, c'étaient des "Monsieur, je peux porter ma croix, oh si, oh si !?" - à quelques mots près.

"Fessées" ? Ben non. Mon aide (pédagogique) pour l'anglais, oui. Pour l'éducation anglaise... les garçons auraient été jaloux.

Tu connais 'Alice au pays des merveilles' ? Je veux dire en anglais, et au théâtre.

Lou de Libellus 21/11/2014 12:57

"Oui pour l'auteur."
Si Lou l'a dit.
http://www.libellus-libellus.fr/2014/11/seicho-matsumoto-journal-local.html
On ne dit pas le "jap", on dit le nippon. Là, c'est une nippone friponne.
Le Nippon-Seoi-Nage, c'est... comme à Pompéi, encore que les goûts des Romains allaient plutôt...

"En 1982, l'État soviétique français"
Les Bolcheviks, oui !

"des méthodes pédagogiques traditionnelles"

Le bonnet d'âne ?
En 1971, dans une petite ville sans histoire (dont on a bien parlé sur Libellus), j'ai trouvé sur une table de la salle des professeurs une copie d'élève. Il avait dû copier cent fois : je ferme ma gueule quand la maîtresse cause. Ce n'était pas le texte à la lettre, mais dans l'esprit. J'ai punaisé la copie sur le panneau d'affichages des professeurs, avec une note en encre rouge comme il sied : "La révolution pédagogique en marche".
C'était cruel, j'étais jeune.

Les miens ? "Le coin" ? C'est-à-dire que j'allais me mettre au coin, au fond de la classe, près du radiateur - dans cette région charmante, humide et fraîche. Et la victime montait au Golgotha, vulgairement appelé "le bureau". Seulement... le succès l'emporta, c'étaient des "Monsieur, je peux porter ma croix, oh si, oh si !?" - à quelques mots près.

"Fessées" ? Ben non. Mon aide (pédagogique) pour l'anglais, oui. Pour l'éducation anglaise... les garçons auraient été jaloux.

Tu connais 'Alice au pays des merveilles' ? Je veux dire en anglais, et au théâtre.

des pas perdus 20/11/2014 19:48

Oui pour l'auteur.
A Pompéi, le souvenir inoubliable d'une visite dominicale, quasi champêtre avec mes parents. En 1982, l'État soviétique français garantissait à ses citoyens un niveau de vie leur permettant de voyager...
Mais, je ne t'apprends rien, à l'époque en ta qualité d'enseignant, tu battais la campagne pour éduquer les masses, quitte à employer des méthodes pédagogiques traditionnelles (le coin, bonnet d'âne, fessées...).

Lou de Libellus 19/11/2014 20:35

Ce que je retiens de ce roman, le second chroniqué de Peter Cheyney, c'est le jeu sur le vrai et le faux. C'est un fil sur Libellus depuis quelque temps. Je tiens le balancier.
Le "jap", c'est Seichō Matsumoto ? Une thématique sur le fil.
En décembre, nous irons à Pompéi. Où il y a du vrai dans le faux. Et surtout où il y aura du latin (et de l'italien) non traduit. Encore une page suicidaire ? Oui, mais c'est rapport aux enfants qui lisent Libellus...

 


 
Handicap International

un clic sur les images