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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 01:15
Sylvère Monod, Madame Homais – « Qu'est-ce que Dieu ? »

Sylvère Monod, Madame Homais, Pierre Belfond, 1987

 

Dernière phrase de Madame Bovary : Homais « vient de recevoir la croix d'honneur ».

Premier chapitre de Madame Homais : Homais prépare « L'apothéose d'un apothicaire », c'est-à-dire le compte rendu dithyrambique de la cérémonie qui aura lieu le lendemain...

4e de couverture

 

On apprend ainsi tout ce que Flaubert ne nous a pas dit sur Yonville, qui n'était alors que le village de Ry, sur la femme du pharmacien qui s'appelait encore Marie Hommet, sur Delphine Bivarot qui allait devenir Emma Bovary et sur le bon Charles qui ne fut pas le seul mari trompé de la commune.

 

Avec Madame Homais, Sylvère Monod nous livre ce qui fut, en fait, la source de Madame Bovary.

Voici comment Madame Homais a inspiré Flaubert !

4e de couverture

Sylvère Monod, Madame Homais – « Qu'est-ce que Dieu ? »

Sylvère Monod est né le 9 octobre 1921 à Cannes. Il a longtemps enseigné la littérature anglaise à l'Université de Caen, puis à la Sorbonne. Traducteur, critique et historien de la littérature, il donne, avec Madame Homais, son premier roman.

4e de couverture

 

Sylvère Monod est le fils de Samuel William Monod, dit Maximilien Vox, grande figure de la typographie au XXe siècle, le frère de l'universitaire Richard Monod, de l'auteur Flavien Monod, du graphiste Blaise Monod, de Martin Monod, et le neveu du savant, naturaliste et explorateur, Théodore Monod.

 

« Au lieu de faire une œuvre, il est peut-être plus sage d'en découvrir de nouvelles sous les anciennes. »

Gustave Flaubert, lettre du 30 janvier 1847 à Louise Colet

 

« On peut […], par exemple, récrire Madame Bovary en quittant le point de vue d'Emma. »

Gérard Genette, Palimpsestes

 

I

Enfin ! Mais pourquoi ?

« Regarde, mon amie, regarde ! N'est-ce pas bien tourné ? Et ce titre ? Crois-tu que je puisse aller jusque là ? »

Le titre de l'article destiné au Journal normand et qu'il tendait à sa femme avec un sourire épanoui (plus souvent exhibé au bénéfice de clients importants ou de personnalités en vue qu'offert à la compagne de ses jours) s'étalait en travers de la page manuscrite, calligraphié avec amour : L'Apothéose d'un apothicaire.

[…]

Tu peux me faire confiance, n'est-ce pas ? Il s'agit, bien entendu, du compte rendu de la cérémonie de remise de ma croix...

[…]

Tu as d'ailleurs eu l'amabilité d'y mettre la main. Je ne parle pas des taches de graisse sur un feuillet que je t'avais apporté dans la cuisine, saisi par mon enthousiasme d'auteur inspiré devant la beauté d'une de mes phrases, alors que tu lardais notre rôti.

[…]

Voilà qui met en appétit. Lisons donc ton ouvrage. Donne-moi ce fameux compte rendu.

 

M. et Mme Leblanc, le commis principal de la perception de Forges-le-Eaux et son épouse ont une fille : ils la prénomment Marie-Delphine-Juliette.

Bons chrétiens aimant le blanc virginal des fleurs blanches, des cierges, des robes blanches des enfants aux messes des premières communions, ils placent tout naturellement leur fille chez les Ursulines dès ses sept ans, pour son instruction : « Qu'est-ce que Dieu ? »

 

Deux ans plus tard, Mme Leblanc se retrouve écrasée sous un échafaudage aux poutres mal assujetties.

.

La toujours candide orpheline s'interroge, sa foi chancelle, elle rencontre Hugues et connaît son premier baiser. Hélas ! Hugues est un jeune homme de peu de foi, il entre au Grand Séminaire, quel gaspillage !

 

M. Leblanc donne un dîner. Hommet est invité. Il a tout pour plaire à Marie : il est incroyant, et pour Marie, c'est l'essentiel. Pour lui, la dot est satisfaisante.

Au début de mars 1827, Jules Leblanc mourut paisiblement dans son sommeil […]. Le mariage eut lieu quelques semaies plus tard, le 14 mai 1827 ; il n'y aut qu'une brève cérémonie civile et laïque...

 

Mme Auguste Hommet, née Marie Leblanc, est déçue. Il ne lui reste qu'à attendre la mort de son époux âgé de vingt et un ans de plus qu'elle, dans la confiance consolante des statistiques.

Un soir où il se sentait las et un peu abattu après l'exercice rituel, l'apothicaire lui avait décoché une formule latine : « Que veux-tu, ma bonne, Hommet animal post coitum triste ! »

 

Et Delphine Bivarot ? demandez-vous.

Elle est infidèle, elle prend une poudre blanche, elle meurt.

 

M. Auguste Hommet expira au milieu de la nuit du 7 au 8 mai 1857.

Ses derniers mots furent à « Fol... bert... »

 

C'est délicieux !

 

Pour Yueyin, c’est le bonheur tout simplement. Magistral !

 

Et Madame Bovary ? Elle vient d'entrouvrir son volet.

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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yueyin 27/02/2015 22:10

Ben il me semblait bien l'avoir commenter ce billet, y aurait-il complot par hasard ? Non que j'ai des choses passionantes à dire, j'ai déjà tout dit, quel style cet homme, quel style :-)

Lou de Libellus 28/02/2015 08:21

Tu l'as dit chez toi, c'est donné en lien.
Pour qu'un commentaire soit enregistré, il faut cliquer sur 'Valider'.
Tu l'as dit : "quiche je suis, quiche je reste".
http://lireouimaisquoi.over-blog.com/article-31314369.html

Une phrase culte au cœur d'un hommage :
http://www.libellus-libellus.fr/article-anacoluthes_04-yueyin-la-gaufre-ou-la-quiche-116509736.html

des pas perdus 20/02/2015 06:15

Je ne sais s'il y a mise en scène mais Lellouch avait peut-être placé des gens à lui pour empêcher des voitures de passer...

Lou de Libellus 20/02/2015 07:04

Hé hé...

des pas perdus 15/02/2015 10:29

Ah, merci pour le lien, je me demandais justement où j'avais vu ce film...

Lou de Libellus 15/02/2015 12:12

Ce court passait en première partie de 'Un homme qui me plaît' (bien, sans plus, ou avec infiniment plus : Annie Girardot, sublime et rebelle artiste).
Le lendemain de la Première, Lelouch a été convoqué chez le Préfet. Il a emporté son permis de conduire sans espoir de le revoir. Tout s'est arrangé : le fiston du Préfet avait adoré le film (Claude Lelouch l'a raconté).
Avec tout cela, on ne m'a toujours pas dit où était la mise en scène. Il n'y a pas de "trucage", mais c'est un film, Lelouch le dit : en cas de problème, je me serais arrêté ou je me serais planté tout seul, un film, c'est un film, ça ne vaut pas une vie.
C'est un film, il y a une mise en scène et un metteur en scène.
Lelouch dit : sur ce film, il n'y a que des légendes. On lit ce qui est à lire (légende).
N'empêche (combien de fois l'ai-je dit ?) que monter à l'Arc à 200 km/h, bon, ça passe... descendre les Champs à une moyenne de 200 km/h avec des pointes à 220, ce n'est pas donné (voir les trajectoires, pour garder un minimum de visibilité), 120 km/h vers la rue Lepic... on ne peut plus rien dire.
Où est la mise en scène ? On regarde.

des pas perdus 13/02/2015 20:00

Ah, je te soupçonne d'avoir fréquenté la même salle des profs que Sylvère...
Permets-moi de notez une incohérence quand tu écris : "un jeune homme de peu de foi, il entre au Grand Séminaire, quel gaspillage !" N'est-ce pas la fonction du GS de lui en inculquer ?

Lou de Libellus 14/02/2015 12:34

"la même salle des profs que Sylvère..."
Nous avons partagé les mêmes bancs dans le même collège de Jésuites, mais pas les mêmes années ; - )

"un jeune homme de peu de foi, il entre au Grand Séminaire, quel gaspillage !"
Foi = fides = confiance. La jeune fille avait confiance en lui pour "conclure". On peut jouer sur "peu de foi" et "Grand Séminaire".

"N'est-ce pas la fonction du GS de lui en inculquer ?"
GS, c'est gnan-gnan.
https://www.youtube.com/watch?v=WeOYap12IVI

Regarde, sois en confiance :
http://www.libellus-libellus.fr/article-rendez-vous-au-sacre-coeur-41829422.html

 


 
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