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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 01:15
Arnaldur Indriðason, La Rivière noire

Arnaldur Indriðason, La Rivière noire (Myrká, Arnaldur Indriðason, Forlagid, 2008), traduit de l'islandais par Éric Boury, Éditions Métailié, 2011

Arnaldur Indriðason, La Rivière noire

Arnaldur Indriðason, photo : Daniel Mordzinski

 

Le sang a séché sur le parquet, le tapis est maculé. Égorgé, Runolfur porte le t-shirt de la femme qu’il a probablement droguée et violée avant de mourir. Sa dernière victime serait-elle son assassin ? Pas de lutte, pas d’arme. Seul un châle parfumé aux épices gît sur le lit. L’inspectrice Elinborg enquête sur cet employé modèle qui fréquentait salles de sport et bars... pour leur clientèle féminine.

Né en 1961 en Islande, Arnaldur Indriðason est journaliste et critique de cinéma. Ses romans sont publiés dans plus de 30 pays.

4e de couverture

 

Résumé

 

Dans un appartement à proximité du centre-ville, un jeune homme gît, mort, dans un bain de sang. Pas le moindre signe d’effraction ou de lutte, aucune arme du crime, rien que cette entaille en travers de la gorge de la victime, entaille que le légiste qualifie de douce, presque féminine. Dans la poche de sa veste, des cachets de Rohypnol, la drogue du viol... Il semblerait que Runolfur ait agressé une femme et que celle-ci se soit ensuite vengée. Un châle pourpre trouvé sous le lit dégage un parfum puissant et inhabituel d’épices, qui va mettre Elinborg, l’adjointe d’Erlendur et cuisinière émérite, sur la piste d’une jeune femme. Mais celle-ci ne se souvient de rien, et bien qu’elle soit persuadée d’avoir commis ce meurtre rien ne permet vraiment de le prouver. Des indices orientent les inspecteurs vers d’autres sévices soigneusement tenus secrets. En l’absence du commissaire Erlendur, parti en vacances, toute l’équipe va s’employer à comprendre le fonctionnement de la violence sexuelle, de la souffrance devant des injustices qui ne seront jamais entièrement réparées, et découvrir la rivière noire qui coule au fond de chacun.

Éditions Métailié

 

Incipit

 

Il enfila un jeans noir, une chemise blanche et une veste confortable, mit ses chaussures les plus élégantes, achetées trois ans plus tôt, et réfléchit aux lieux de distraction que l’une de ces femmes avait évoqués.

[…]

Le plus important c’était de se fondre dans la foule, il ne fallait pas que quelqu’un s’interroge ou s’étonne, il devait n’être qu’un client anonyme. Aucun détail de son apparence ne devait le rendre mémorable ; il voulait éviter de se distinguer des autres.

[…]

Il s’efforçait de rester discret. Il tapota une fois encore la poche de sa veste afin de vérifier que le produit était bien là. Il l’avait plusieurs fois tâté tandis qu’il marchait et s’était dit qu’il se comportait comme ces cinglés qui se demandent perpétuellement s’ils ont bien fermé leur porte, n’ont pas oublié leurs clefs, sont certains d’avoir éteint la cafetière ou encore n’ont pas laissé la plaque électrique allumée dans la cuisine. Il était en proie à cette obsession dont il se souvenait avoir lu la description dans un magazine féminin à la mode. Le même journal contenait un article sur un autre trouble compulsif dont il souffrait : il se lavait les mains vingt fois par jour.

[…]

Dans le troisième bar, il aperçut une jeune femme qu’il connaissait de vue. Il se dit qu’elle devait être âgée d’une trentaine d’années ; elle avait l’air seule.

[…]

C’était une brune au visage plutôt fin, même si elle était un peu ronde ; ses épaules étaient recouvertes d’un joli châle, elle portait une jupe qui l’habillait avec goût ainsi qu’un t-shirt de couleur claire sur lequel on lisait l’inscription “San Francisco” : une minuscule fleur dépassait du F.

[…]

Personne ne leur prêtait une attention particulière dans le bar et ce ne fut pas non plus le cas quand ils en sortirent, une bonne heure plus tard, pour aller chez lui, en empruntant des rues peu fréquentées. […] Tout se passait pour le mieux entre eux, il savait qu’elle ne lui poserait aucun problème.

Arnaldur Indriðason, La Rivière noire

Vous connaissez le Rohypnol. Quelques cocktails pour emballer, un cachet dans la potion, et le viol est là, simple et tranquille. Sauf quand une lame, surgie on ne sait d'où vous lacère.

 

Maintenant, nous allons tout dire, mais... pour ne pas gâcher le plaisir des lecteurs enquêteurs, la fin de l'histoire est invisible – sauf en surlignant ce qui suit.

 

Au terme de son enquête, Elinborg trouve Valdimar, l'homme au rasoir : naguère, Addy, sa demi-sœur, alors encore une fillette, a été droguée et violée par Runolfur. Nina, la dernière victime du pervers, trouvée dans le troisième bar, lui a donné la chance d'assouvir sa vengeance longuement préméditée.

 

Vous ne regrettez pas votre geste ? lui demanda-t-elle.

Runolfur a eu ce qu'il méritait, observa-t-il.

Vous vous êtes posé à la fois en juge et en bourreau.

Lui aussi, il était en même temps juge et bourreau dans le procès de ma sœur, répondit-il immédiatement. Je ne vois aucune différence entre ce que je lui ai fait et ce qu'il a fait à Addy. J'avais simplement peur de me dégonfler. Je pensais que ce serait plus difficile et que je n'arriverais pas à aller jusqu'au bout. Je m'attendais à plus de résistance de sa part, mais Runolfur n'était qu'un pauvre type, un lâche. Je suppose que les hommes de son genre sont tous comme lui.

Il existe d'autres moyens d'obtenir que justice soit faite.

Lesquels ? Addy avait raison. Les individus de ce genre sont condamnés à deux ou trois ans de taule. Si tant est qu'ils soient traduits en justice. Addy... m'a avoué qu'il aurait tout aussi bien pu [Idem] tuer et qu'à ses yeux, cela ne faisait aucune différence. Je n'ai pas l'impression d'avoir commis un crime si affreux. En fin de compte, les choses se retrouvent entre vos mains et vous devez bien agir pour apaiser votre conscience. Aurait-il mieux valu que je reste les bras croisés et que je le laisse continuer à sévir ? Je me suis débattu avec cette question jusqu'à ne plus pouvoir le supporter. Que peut-on faire quand le système est de mèche avec les salauds ?

[…]

Je ne regrette pas ce que j'ai fait. Je ne le regretterai jamais, déclara Valdimar.

Venez, nous devons en finir.

 

L'enquête se déroule lentement, comme au détour de la vie familiale d'Elinborg, un chéri, des enfants... On apprend beaucoup de la vie quotidienne en Islande.

 

Krummi svaf í klettagjá, traditionnel islandais, int. Klezmer Kaos

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 10/03/2015 08:22

Non et oui pour les 4ème de couverture. Cela donne une idée du bouquin, mais après que peut-on écrire d'original ?

Lou de Libellus 10/03/2015 17:45

La 4e de Modiano, 'Pour que tu ne te perdes pas...', est composée d'une longue citation, sans plus.

Je viens de découvrir que j'avais droit à un CAPTCHA. Je n'ai rien demandé et je ne sais pas le retirer. Overblog est un farceur.

des pas perdus 10/03/2015 08:20

Le tropisme islandais. Pays d'écrivains. Quand il n'y a que la nuit une bonne partie de l'année, le vice de l'écriture peut surgir...
Je note l'auteur au cas où... J'ai deux bouquins à rendre dont un à chroniquer.

Lou de Libellus 10/03/2015 17:41

Árni Thórarinsson, 'L'ombre des chats', est plus intéressant - tu le connais déjà.

yueyin 09/03/2015 21:22

toujours pas :-) Arnaldur et moi c'est sans espoir... pourtant l'Islande me plait beaucoup mais pas avec lui (être bien accompagnée c'est essentiel)

Lou de Libellus 10/03/2015 06:07

Comme je le faisais remarquer dans ma réponse au commentaire précédent (dont l'argument est imparable : un écrivain traduit en plus de trente langues est irrecevable), ma présentation d'Arnaldur est rien moins qu'enthousiaste.

Le Gentil 09/03/2015 16:30

J'adore les 4e de couverture. Pour qui commence par la fin, elles évitent souvent d'aller plus loin : autant de temps gagné pour la prière. Ainsi ici : ses romans sont publiés dans plus de trente pays. Assurément, ça en impose, surtout si l'Andorre et le Monténégro sont compris. Et plus que : ses romans sont publiés dans moins de quarante pays. Voire : ses romans sont publiés dans trente-deux pays. Comment s'étonner ensuite que l'on puisse trouver : il aperçut une jeune femme qu'il connaissait de vue ? Etc.

Lou de Libellus 09/03/2015 18:32

Oui, "il aperçut une jeune femme qu'il connaissait de vue" fait un peu "La marquise sortit à cinq heures."
(« Paul Valéry, à propos des romans, m'assurait qu'en ce qui le concerne, il se refuserait toujours à écrire : "La marquise sortit à cinq heures." » - André Breton, 'Le manifeste du surréalisme', 1924)
Le mot de Paul Valéry raillait l'écriture de Balzac - un célèbre romancier français du XIXe siècle, traduit dans tellement de langues qu'on ne peut plus les compter. La référence place Arnaldur Indriðason sur les premières marches du podium.
Toutefois, tu as peut-être remarqué une légère différence entre ma présentation du balzacien mondialisé et celle d'Árni Thórarinsson. J'étais parti pour l'Islande, j'ai fait mes emplettes de cartes postales. 'L'ombre des chats' n'a été traduit que dans les pays nordiques, en Allemagne et en France. C'est un critère de choix. Tu peux faire avancer le Schmilblick en traduisant Árni en latin. 'Le petit Nicolas' s'est ainsi bien vendu.

http://www.libellus-libellus.fr/article-pullus-nicolellus-de-cibotheca-les-enfants-l-adorent-113340104.html

 


 
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