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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 00:15
Fred Vargas, Temps glaciaires – la recherche de la vérité enfouie

Fred Vargas, Temps glaciaires, Flammarion, 2015

Fred Vargas, Temps glaciaires – la recherche de la vérité enfouie

Fred Vargas est née le 7 juin 1957 à Paris. Après un doctorat en histoire sur la peste au Moyen Âge, elle est devenue chercheur au CNRS. Elle est spécialiste d'archéozoologie.

 

Pouvez-vous résumer brièvement votre parcours personnel et professionnel ? Pourquoi avez-vous choisi un nom de plume ? Et comment avez-vous fait le choix de Fred Vargas ?

 

Fred Vargas : Euh… c’est toute ma vie ça ! Pour faire vite, je deviens docteur en archéologie en 83, chercheur au CNRS en 88. Premier roman en 1986. J'ai choisi un nom de plume pour ne pas compliquer les choses alors que je présentais ma candidature au CNRS. Et je l'ai choisi à cause de ma jumelle, qui avait déjà choisi le nom de Jo Vargas pour peindre. Je ne pouvais pas choisir un autre faux nom que le faux nom de ma jumelle ! et je pensais ne signer qu'un seul livre, pour jouer.

 

Quelle influence votre métier d’archéologue a-t-il sur celui d’écrivain ? Comment êtes vous venue à la littérature policière ? Quels ont été les auteurs qui vous ont marquée en tant que lectrice ? En tant qu'écrivain ?

 

Fred Vargas : Le goût de la recherche de la vérité enfouie, de l'enquête, des petites choses modestes sur lesquelles reposent le récit des vies, et enfin, l'importance de la trace, de l'empreinte, laissée par tout passage d'homme (je crois). J'en suis venue à la littérature policière pour contrer l'austérité scientifique du métier d'archéologue. Et parce que je n'étais pas assez bonne pour continuer dans la voie de l'accordéon. Trop d'auteurs pour que je les cite tous. Au panthéon de l'adolescence, et aux deux extrêmes, Marcel Proust et Hemingway.

 

Vous avez apporté votre soutien à César Battisti en écrivant dans un délai record « la vérité sur César Battisti », pouvez-vous nous en expliquer les raisons ? Qu’est-ce qui vous choque le plus dans cette affaire ?

 

Fred Vargas : Raison majeure : L'enfouissement volontaire de la vérité, sur l'homme, sur l'histoire. Ce n'est pas tolérable pour une archéologue ! Ce qui me choque le plus ? Que l'on vende des hommes et des femmes. Le trafic. L'accord négocié inter-états, au détriment de vies humaines. Le cynisme absolu de cette affaire. les mensonges, la manipulation du droit, la création de la propagande pour abuser l'opinion publique, la diabolisation orchestrée contre un homme pour pouvoir le brûler, comme au moyen âge, l'innocence de Cesare Battisti, que personne n'arrive plus à entendre.

 

Il y a somme toute assez peu de violence dans vos livres, il y a des morts bien sûr !

 

Fred Vargas : Ce n'est pas que la violence ne m'intéresse pas, c'est que je la fuis carrément ! Je ne peux voir que des films interdits aux moins de dix ans, vulnérabilité excessive qui amuse beaucoup mon fils.

 

Marie-Hélène Pillon, L'archéologue se fâche : entretien avec Fred Vargas, novembre 2004

 

Incipit

 

Plus que vingt mètres, vingt petits mètres à parcourir avant d’atteindre la boîte aux lettres, c’était plus difficile que prévu. C’est ridicule, se dit-elle, il n’existe pas de petits mètres ou de grands mètres. Il y a des mètres et voilà tout. Il est curieux qu’aux portes de la mort, et depuis cette place éminente, on persiste à songer à de futiles âneries, alors qu’on suppose qu’on énoncera quelque formule d’importance, qui s’inscrira au fer rouge dans les annales de la sagesse de l’humanité. Formule qui sera colportée ensuite, de-ci de-là : « Savez-vous quelles furent les dernières paroles d’Alice Gauthier ? »

 

Adamsberg attrapa son téléphone, écarta une pile de dossiers et posa les pieds sur la table, s’inclinant dans son fauteuil. Il avait à peine fermé l’oeil cette nuit, une de ses sœurs ayant contracté une pneumonie, dieu sait comment.

La femme du 33 bis ? demanda t-il. Veines ouvertes dans la baignoire ? Pourquoi tu m’emmerdes avec ça à 9 heures du matin, Bourlin ? D’après les rapports internes il s’agit d’un suicide avéré. Tu as des doutes ?

Adamsberg aimait bien le commissaire Bourlin. Grand mangeur, grand fumeur, grand buveur, en éruption perpétuelle, vivant à plein régime en rasant les gouffres, dur comme pierre et bouclé comme un jeune agneau, c’était un résistant à respecter, qui serait encore à son poste à 100 ans.

Le juge Vermillon, le nouveau magistrat zélé, est sur moi comme une tique, dit Bourlin. Tu sais ce que ça fait les tiques ?

Très bien. Si tu te découvres un grain de beauté auquel il pousse des pattes, c’est une tique.

Et je fais quoi ?

Tu l’extrais en tournant avec un minuscule pied de biche. Tu ne m’appelles pas pour ça ?

Non, à cause du juge, qui n’est rien qu’une énorme tique.

Tu veux qu’on l’extraie à deux avec un énorme pied de biche ?

Il veut que je classe et je ne veux pas classer.

Ton motif ?

La suicidée, parfumée et cheveux propres du matin, n’a pas laissé de lettre.

Adamsberg laissa Bourlin lui dévider l’histoire, les yeux fermés.

Un signe incompréhensible ? Près de sa baignoire ? Et en quoi veux-tu que je t’aide ?

Toi, en rien. Je veux que tu m’envoies la tête de Danglard pour regarder ça. Il saura peut-être, je ne vois que lui. Au moins, j’aurai la conscience tranquille.

[...]

De quoi s’agit-il ? demanda Danglard en ajustant ses boutons de manchette. D’un hiéroglyphe, c’est cela ?

Du dernier dessin d’une suicidée. Un signe indéchiffrable.

Fred Vargas, Temps glaciaires – la recherche de la vérité enfouie

Danglard tira un carnet courbé de sa poche arrière et recopia le dessin : un H majuscule, mais dont la barre centrale était oblique. A quoi s’ajoutait, emmêlé dans cette barre, un trait concave.

Tant qu’à n’y rien comprendre, dit Adamsberg avec un geste léger de la main, on peut dire ce que l’on veut. A moi, cela m’évoque une guillotine.

 

Une guillotine dans un drame islandais ? Une dizaine de touristes perdus dans les brumes islandaises sur un îlot désert disparaissent les uns après les autres et se retrouvent réunis sur une liste des membres d'une Association d'étude des écrits de Maximilien Robespierre.

 

Ten little nigger boys went out to dine ;

One choked his little self, and then there were nine.

Nine little nigger boys sat up very late ;

One overslept himself, and then there were eight.

Eight little nigger boys traveling in Devon ;

One said he'd stay there, and then there were seven...

 

Les suicides se succèdent...

Le fond de l'air est frais. S'il y avait réellement un fond de l'air, comment appelait-on l'autre partie ?

 

Une progression en funambule au-dessus des méandres d'une intrigue au fil improbable.

Une galerie de portraits comme on en faisait la collection dans les châteaux d'antan.

Comment Fred va-t-elle se sortir de la toile qu'elle a elle-même tissée ?

 

Adamsberg est le pelleteux de nuages.

 

Le pelleteux de nuages voit des choses là où personne ne voit rien et ignore ce qui semble évident à tous…

[On croirait voir le Lou au coin de son bois]

 

Définitions.

 

pelleteux de nuages /pɛl.tød.ny.aʒ/ masculin (Québec) (Péjoratif) (pluriel à préciser)

Personne qui se préoccupe de questions théoriques et n’ayant aucun sens pratique.

[…] « vous les pelleteux de nuages, vous avez de bonnes critiques, mais que proposez-vous ? » – (Le Devoir, 29 mai 2006)

Synonymes : rêveur, idéaliste.

 

Un pur bonheur ! pour Yueyin.

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

despasperdus 29/04/2015 20:02

Jamais arrivé à accrocher... Pas assez de noirceur. Mais, j'approuve son siutien à Cesare.

Lou de Libellus 30/04/2015 07:49

La guillotine est trop rose à ton goût ?
Cesare Battisti... Son engagement criminel n'a jamais été établi. Des sympathies dans un milieu où l'on a pratiqué le crime, oui, mais les crimes sont prescrits et il a pris de longues distances depuis son jeune passé.
Que veux-tu ? Tout le monde ne peut pas mettre le quartier latin à feu et à sang, s'amuser avec les petits enfants, et devenir député européen.

http://www.libellus-libellus.fr/article-l-hypocrisie-est-un-vive-a-la-mode-68957887.html

yueyin 29/04/2015 09:06

Et donc, cela t'a-t-il plu ? :-)

Lou de Libellus 29/04/2015 12:05

Et qui eſt-il, Lou, ce roman ? Depuis quand vous plaît-il ? Qu’a-t-il foit pour vous plaire ? Quel chemin a-t-il trouvé pour aller à votre cœur ?

 


 
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