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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 00:15
Olga Tokarczuk, Sur les ossements des morts – Un jour, nous serons tous des cadavres

Olga Tokarczuk, Sur les ossements des morts (Prowadź swój pług przez kości umarłych, Wydawnictwo Literackie, 2010), traduit du polonais par Margot Carlier, Les Editions Noir sur Blanc, 2012

Olga Tokarczuk, Sur les ossements des morts – Un jour, nous serons tous des cadavres

Olga Tokarczuk, photographie : Mariusz Kubik

Olga Tokarczuk a reçu le prix Niké (équivalent polonais du Goncourt) pour Les Pérégrins. Née en 1962, elle a étudié la psychologie à l’Université de Varsovie. Romancière la plus célèbre de sa génération, elle est l’auteur polonais contemporain le plus traduit dans le monde. Cinq de ses livres ont déjà été publiés en France : Dieu, le temps, les hommes et les anges ; Maison de jour, maison de nuit (Robert Laffont, 1998 et 2001), Récits ultimes (Noir sur Blanc, 2007), Les Pérégrins (Noir sur Blanc, 2010) et Sur les ossements des morts (Noir sur Blanc, 2012).

(source : éditeur)

 

Il y a un vieux remède contre les cauchemars qui hantent les nuits, c’est de les raconter à haute voix au-dessus de la cuvette des W.-C., puis de tirer la chasse.

Après le grand succès des Pérégrins, Olga Tokarczuk nous offre un roman superbe et engagé, où le règne animal laisse libre cours à sa colère. Voici l’histoire de Janina Doucheyko, une ingénieure en retraite qui enseigne l’anglais dans une petite école et s’occupe, hors saison, des résidences secondaires de son hameau. Elle se passionne pour l’astrologie et pour l’œuvre de William Blake, dont elle essaie d’appliquer les idées à la réalité contemporaine. Aussi, lorsqu’une série de meurtres étranges frappe son village et les environs, au cœur des Sudètes, y voit-elle le juste châtiment d’une population méchante et insatiable.

La police enquête. Règlement de comptes entre demi-mafieux ? Les victimes avaient toutes pour la chasse une passion dévorante. Quand Janina Doucheyko s’efforce d’exposer sa théorie – dans laquelle entrent la course des astres, les vieilles légendes et son amour inconditionnel de la nature –, tout le monde la prend pour une folle. Mais bientôt, les traces retrouvées sur les lieux des crimes laisseront penser que les meurtriers pourraient être… des animaux !

(source : éditeur)

 

1

Et maintenant, faites attention !

 

« Hier soumis, voué au péril de sa route,

L’homme juste allait d’un bon pas au long

De la vallée de la mort. »

(William Blake, Augures d'innocence)

 

Je suis à présent à un âge et dans un état de santé tel que je devrais penser à me laver soigneusement les pieds avant d’aller me coucher, au cas où une ambulance viendrait me chercher en pleine nuit.

 

Matoga, un voisin de Janina, vient la réveiller : Grand Pied est mort. C'était un affreux.

Devant sa maison, à cinq cents mètres, les biches veillent, impassibles.

Ils ne sont que trois voisins à rester dans le hameau en hiver.

 

Nous venions juste de dépasser la vieille étable en ruine lorsque la lampe frontale de Matoga débusqua dans le noir deux paires d’yeux brillants, d’un vert pâle, fluorescent.

Regarde, les biches, murmurai-je, tout excitée, en saisissant la manche de son manteau. Elles sont venues si près de la maison. N’ont-elles pas peur ?

Les biches se tenaient dans la neige qui leur arrivait presque jusqu’au ventre. Elles nous observaient avec le plus grand calme, comme si nous les avions surprises au beau milieu d’un rituel dont le sens nous échappait totalement.

 

Des biches au regard alangui sur un fond de neige, on se souvient...

 

Frank Alamo, Ma Biche, 1963

 

Je regardais le pauvre cadavre recroquevillé de Grand Pied et j’avais du mal à croire qu’hier encore cet homme me faisait peur. Je ne l’aimais pas. Et c’est peu dire. Je le trouvais franchement répugnant, horrible. En vérité, je ne le considérais pas comme un être humain. A présent, petit, malingre, impuissant et inoffensif, il gisait sur le parquet taché, dans des sous-vêtements sales. Un simple fragment de matière que des transformations difficiles à concevoir avaient réduit à l’état d’objet fragile et séparé de tout. J’ai ressenti de la tristesse, une immense tristesse, car même un individu aussi immonde que lui ne méritait pas la mort. Qui la mérite, d’ailleurs ? Je connaîtrai moi aussi le même sort, tout comme Matoga, et les biches... Un jour, nous serons tous des cadavres.

 

Grand Pied était mon voisin. Nos maisons se trouvaient à quelque cinq cents mètres de distance, mais j’entretenais peu de contacts avec lui. Heureusement. Je le voyais de loin surtout, sa silhouette menue, anguleuse, un peu chancelante, se mouvait dans le paysage. En marchant, il se murmurait toujours quelque chose à lui-même, de sorte que l’acoustique venteuse du plateau portait parfois jusqu’à mes oreilles des bribes de son monologue, au fond très simple et peu varié. Son vocabulaire se composait essentiellement de jurons, auxquels il associait des noms propres.

 

L’été, il parcourait la forêt, une scie à la main, et coupait des arbres gorgés de suc. Quand je lui en avais gentiment fait la remarque, il avait eu bien du mal à maîtriser sa colère et m’avait lancé un simple et direct : « Va te faire voir, vieille peau ! » Enfin, c’était un peu plus vulgaire. Il arrondissait ses fins de mois en volant, chapardant, pillant la forêt ; dès qu’un vacancier laissait dehors une torche ou une cisaille, Grand Pied flairait aussitôt l’occasion et les subtilisait sans attendre, pour ensuite les revendre en ville. Selon moi, il aurait plus d’une fois mérité une punition, voire même la prison. J’ignore pourquoi il n’a jamais subi la conséquence de ses actes. Peut-être était-il sous la protection des anges [NDL : de la route, comme ils se nomment] ; il arrive parfois qu’ils s’engagent du mauvais côté.

Je savais également qu’il pratiquait toutes sortes de braconnages. Il considérait la forêt comme sa cour de ferme ; tout lui appartenait. C’était un pillard.

A cause de lui, j’ai souvent passé des nuits blanches. D’impuissance. J’avais plusieurs fois appelé la police ; quand enfin quelqu’un décrochait, il enregistrait gentiment ma plainte, mais l’affaire restait sans suite. Pendant ce temps, Grand Pied reprenait de plus belle ses tours dans la forêt, un chapelet de collets sur le bras, en maugréant. Telle une petite divinité malfaisante. Cruelle et imprévisible. Il était toujours légèrement éméché, ce qui devait sans doute exacerber sa mauvaise humeur. Tout en marmottant, il donnait des coups de bâton sur les troncs d’arbres, comme s’il voulait les chasser de son chemin. On aurait dit qu’il était né en état d’ébriété. Que de fois ai-je refait son itinéraire, ramassant ses pièges, de grossiers collets de fil de fer reliés à de jeunes arbres recourbés en flexion, de sorte que l’animal pris soit d’abord projeté en l’air, comme par un lance-pierres, avant de pendre au bout d’une corde. Parfois, je trouvais des animaux morts – lièvres, blaireaux, chevreuils.

 

[NDL : toute ressemblance avec le vécu de Lou ne serait... selon la formule...]

 

La toilette du mort.

 

Après avoir prudemment défait les bandelettes immondes, j’ai pu voir ses pieds. Quel étonnement ! J’ai toujours pensé que la partie la plus intime et la plus personnelle de notre corps était les pieds, et non les parties génitales, le cœur, ou même le cerveau, organes, somme toute, sans grande importance et que l’on surestime à tort. C’est dans les pieds que se concentre tout le savoir sur l’homme ; c’est vers les pieds que converge l’essentiel de ce que nous sommes et que s’établit notre rapport à la terre. Le contact avec la terre, son point de jonction avec notre corps, renferme tout le mystère : bien que nous soyons constitués de particules de la matière, nous n’en faisons pas partie, nous en sommes séparés. Les pieds sont notre prise de connexion.

 

Nous étions pétrifiés de frayeur.

Eh bien ! constata Matoga d’une voix chevrotante, il s’est étranglé. Il s’est étranglé avec un os. L’os lui est resté en travers de la gorge, il s’est coincé dans sa gorge, répétait-il nerveusement.

 

Il était devenu un vrai cadavre, sans l’ombre d’un doute. Seul son pouce droit, refusant d’adopter la position usuelle des mains gentiment croisées sur la poitrine, pointait vers le haut, comme s’il essayait de capter notre attention, d’interrompre un instant nos efforts empressés et nerveux. « Et maintenant, faites attention ! disait ce pouce. Faites bien attention, car vous voilà face à quelque chose que vous ne pouvez voir, le point de départ d’un processus qui vous est inaccessible et qui pourtant mérite réflexion. Car il nous a tous réunis en ce lieu et en cet instant, dans cette petite maison du plateau, en pleine nuit, au milieu de la neige. Moi, un cadavre, et vous, des êtres humains vieillissants et d’une

importance relative. Mais ce n’est qu’un début. C’est maintenant seulement que tout va commencer. »

 

Soudain, sur un plateau en fer-blanc posé sur le rebord de la fenêtre, j’ai aperçu quelque chose que mon cerveau a mis un bon moment à reconnaître, tant il s’y refusait : une tête de biche tranchée net. Avec les quatre pattes placées à côté. Ses yeux mi-clos avaient dû suivre depuis le début tous nos faits et gestes.

Eh oui, c’était bien l’une de ces Demoiselles affamées qui, durant l’hiver, se laissaient facilement appâter par des pommes gelées et qui, une fois prises au piège, mouraient dans des souffrances atroces, étranglées par un fil de fer.

Lorsque j’ai fini par réaliser ce qui s’était passé ici, je fus saisie de terreur. Il a donc pris la biche dans ses collets, l’a tuée et a découpé son cadavre, puis il l’a fait cuire et l’a mangée. Un être vivant en a mangé un autre, dans la nuit, dans le calme et le silence. Personne n’a protesté, la foudre n’est pas tombée. Et pourtant le châtiment a frappé le démon, même si sa mort n’était pas l’œuvre d’un homme.

 

2

L’autisme testostéronien

 

« Un chien qui meurt de faim sur le seuil de son maître

Prédit la ruine de l’État. »

(William Blake, Le mariage du ciel et de l'enfer)

 

Matoga offre à Janina un thé bien chaud, elle l'accompagne chez lui.

Tout ici était clair, propre et chaleureux. Quelle chance que d’avoir une cuisine propre et accueillante. Personnellement, cela ne m’était jamais arrivé. Je ne savais pas maintenir de l’ordre autour de moi. Et j’ai fini par m’y résigner. Tant pis.

L'année dernière, avant Noël, Janina était allée au commissariat déposer une plainte contre Grand Pied, dangereux pour ses semblables et pour les animaux. Un braconnier.

Il constitue un véritable danger pour un grand nombre d’êtres humains et d’animaux, dis-je en conclusion de ma plainte contre Grand Pied, au cours de laquelle j’avais pu détailler mes observations et mes soupçons.

[...]

Cet homme enferme sa chienne dans sa resserre durant des jours entiers. Elle hurle et elle a froid, car la resserre n’est pas chauffée. Est-ce que la police pourrait s’occuper de son cas, lui retirer l’animal et le sanctionner de façon exemplaire ?

Le Commandant l'avait reçue avec la morgue que justifiait son crétinisme et l'insolence que son uniforme autorisait.

 

Quelques jours auparavant, je m’étais rendue chez Grand Pied avec une requête ; il ne m’avait même pas fait entrer, il m’avait juste dit que je n’avais pas à me mêler des affaires des autres. Ce tortionnaire avait encore laissé sa chienne dehors pendant plusieurs heures pour l’enfermer ensuite dans le noir de son cachot où elle avait hurlé durant toute

la nuit.

 

[NDL : toute ressemblance avec le vécu de Lou ne serait... selon la formule...]

 

Parfois, j’ai l’impression que nous vivons dans un tombeau, grand et spacieux, bâti pour pouvoir accueillir un grand nombre de personnes. La prison ne se trouve pas à l’extérieur, elle est à l’intérieur de chacun d’entre nous. Peut-être que nous ne pouvons plus vivre sans.

 

3

Lumière éternelle

 

« Tout ce qui est né mortel

Doit être consumé en terre. »

 

Quand je suis revenue à la maison, il faisait déjà jour. Je devais être un peu étourdie car, de nouveau, j’avais l’impression d’entendre le trépignement des pas de mes Petites Filles sur le dallage de l’entrée, de voir leur regard hésitant, leur front plissé, leur sourire. Tout mon corps se préparait déjà au rituel de bienvenue, aux élans de tendresse.

 

Le soir, je regarde Vénus en observant avec attention les métamorphoses de cette belle Demoiselle. Je la préfère en astre vespéral, quand elle semble surgir de nulle part, comme par magie, avant de suivre le soleil dans sa trajectoire déclinante. L’étincelle de la Lumière éternelle. C’est à la tombée du jour que se produisent les choses les plus intéressantes, car alors les différences s’estompent. Je pourrais très bien vivre dans un crépuscule sans fin.

 

Every Night and every Morn

Some to Misery are Born.

Every Morn and every Night

Some are Born to Sweet Delight,

Some are Born to Endless Night.

(William Blake, Auguries of Innocence)

 

Les animaux se vengent des hommes. Les animaux ? Vous connaissez Le Meurtre de Roger Ackroyd... On vous en a déjà trop dit.

 

Remarquablement tortueux, piégeux, intelligent.

(Pendant ce temps, l'autre dit : « Pas de complot, pas de complot ! »)

 

Surprenant, pour Yueyin.

 

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commentaires

des pas perdus 04/05/2015 19:10

Mon père

Lou de Libellus 04/05/2015 20:40

Il a un solide moral ? Oui, avec un fils politiquement comme toi, il est blindé.

des pas perdus 27/04/2015 19:11

Tu l'offrirais à un anniversaire ?

Lou de Libellus 28/04/2015 11:30

La fête à qui ?

despasperdus 26/04/2015 18:14

Dis-moi, ça sent le vécu. Ton billet me semble assez enthousiaste. Je note le nom de l'auteure en haut ;-)

Lou de Libellus 26/04/2015 19:26

Du vécu avec tant de morts... Je me surprends moi-même de mes lectures.
'Les ossements' sont un grand roman. Ma fameuse grille de décryptage d'une énigme meurtrière ("le coupable est le majordome" - on ajoute toujours "Libellus" dans la requête) fonctionne très bien ici et pourtant je me suis laissé piéger jusqu'à la fin.

yueyin 26/04/2015 08:32

Je maintiens surprenant, avoue qu'il sort des sentiers battus celui-là :-)

Lou de Libellus 28/04/2015 11:29

Les paliſſades étaient fort hautes, & il y en avoit encore derrière, pour empeſcher qu’on ne pût entrer ; en ſorte qu’il étoit aſſez difficyle de ſe faire paſſage. Lou de Libellus en vint à bout néanmoins ; ſitoſt qu’il fut dans ce jardin, il n’eut pas de peine à démeſler où étoit dame Yueyin. Il vit beaucoup de lumières dans le cabinet, toutes les feneſtres en étaient ouvertes ; et, en ſe gliſſant le long des paliſſades [deux fois « paliſſades », twice « fences »], il s’en approcha avec un trouble & une émotion qu’il eſt aiſé de ſe repréſenter. Il ſe rangea derrière une des feneſtres, qui ſervoit de porte, pour voir ce que faiſçait dame Yueyin. Il vit qu’elle étoit ſeule ; mais il la vit d’une ſi admirable beauté, qu’à peine fut-il maître du tranſport que luy donna cette vue. Il faiſçait chaud, & elle n’avoit rien ſur ſa teſte & ſur ſa gorge, que ſes cheveux confuſément rattachez. Elle étoit ſur un lit de repos, avec une table devant elle, où il y avoit pluſieurs corbeilles pleines de rubans ; elle en choiſit quelques-uns, & Lou de Libellus remarqua que c’étaient des meſmes couleurs qu’il avoit portées au tournoi. Il vit qu’elle en faiſçait des nœuds [ ! ] à une canne [ !!! ] des Indes, fort extraordinaire, qu’il avoit portée quelque temps, & qu’il avoit donnée à ſa sœur, à qui dame Yueyin l’avoit priſe ſans faire ſemblant de la reconnaître pour avoir été à monſieur de Nemours. Après qu’elle eut achevé ſon ouvrage avec une grace & une douceur que répandaient ſur ſon viſage les ſentiments qu’elle avoit dans le cœur, elle prit un flambeau & s’en alla proche d’une grande table, vis-à-vis du tableau du ſiège de Metz, où étoit le portroit de Lou de Libellus ; elle s’aſſit, & ſe mit à regarder ce portroit avec une attention & une reſverie que la paſſion ſeule peut donner.

yueyin 28/04/2015 08:47

Que me dites vous là Monsieur, je n'ose comprendre :-)

Lou de Libellus 26/04/2015 13:36

– Ne me contraignez point, lui dit-il, de vous avouer une chose que je n'ai pas la force de vous avouer, quoique j'en aie eu plusieurs fois le dessein. Songez seulement que la prudence ne veut pas qu'un homme de mon âge, et maître de sa conduite, demeure exposé au milieu de l'ossuaire.
– Que me faites-vous envisager, monsieur, s'écria Yueyin. je n'oserais vous le dire de peur de vous offenser.
Lou ne répondit point ; et son silence achevant de confirmer son amie dans ce qu'elle avait pensé :
– Vous ne me dites rien, reprit-elle, et c'est me dire que je ne me trompe pas.
– Eh bien, madame, lui répondit-il en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à son amie ; mais l'innocence de ma conduite et de mes intentions m'en donne la force. Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de l'ossuaire et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge [deux fois « mon âge », twice « my age »]. Je n'ai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d'en laisser paraître si vous me laissiez la liberté de me retirer de l'ossuaire ou si j'avais encore Notre Dame de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne d'être à vous. Je vous demande mille pardons, si j'ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire ce que je fais, il faut avoir plus d'amitié et plus d'estime pour une amie que l'on en a jamais eu ; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez.

 


 
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