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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 00:15

Le croire est une illusion.

Gaëlle Nohant, La Part des flammes – Dans ce monde il n'est pas de bonheur possible...

Gaëlle Nohant, La Part des flammes, Héloïse D'ormesson, 2015

Gaëlle Nohant, La Part des flammes – Dans ce monde il n'est pas de bonheur possible...

Gaëlle Nohant est née à Paris en 1973, elle vit aujourd’hui à Lyon. La Part des flammes est son deuxième roman après L’Ancre des rêves, Robert Laffont, 2007. Elle est également l’auteur d’un recueil de nouvelles, L'homme dérouté.

Et elle est ? Merci, public, tu suis.

 

Mai 1897. Pendant trois jours, le Tout-Paris se presse rue Jean-Goujon à la plus mondaine des ventes de charité. Les regards convergent vers le comptoir n° 4, tenu par la charismatique duchesse d'Alençon. Au mépris du qu'en-dira-t-on, la princesse de Bavière a accordé le privilège de l'assister à Violaine de Raezal, ravissante veuve à la réputation sulfureuse, et à Constance d'Estingel, qui vient de rompre brutalement ses fiançailles. Dans un monde d'une politesse exquise qui vous assassine sur l'autel des convenances, la bonté de Sophie d'Alençon leur permettra-t-elle d'échapper au scandale ' Mues par un même désir de rédemption, ces trois rebelles verront leurs destins scellés lors de l'incendie du Bazar de la Charité.

4e de couverture

 

Incipit

 

La marquise de Fontenilles n’en finissait pas de la faire attendre dans cette antichambre aux allures de bonbonnière. Érodée par l’impatience et la nervosité, l’assurance de Violaine de Raezal s’effritait. Elle espérait tant de cette entrevue ! La marquise était un des sphinx de dentelle vêtus qui gardaient les portes du Bazar de la Charité. Sans son accord, la comtesse de Raezal avait peu de chances d’y obtenir une place de vendeuse. Elle était consciente que le mystère auréolant son passé ne plaidait pas en sa faveur et que le nom de son mari avait perdu de sa puissance depuis que Gabriel n’était plus là pour veiller sur elle. Désormais, lorsqu’on recevait la comtesse de Raezal, les arrière-pensées affleuraient à la surface de la plus exquise politesse. Treize ans durant, Gabriel de Raezal avait dispersé ces arrière-pensées de son regard perçant. Mais voilà qu’elles resurgissaient, enhardies par sa disparition.

 

Pauline de Fontenilles reçoit Violaine de Raezal. Violaine devra faire ses preuves en œuvres de charité.

Gaëlle Nohant, La Part des flammes – Dans ce monde il n'est pas de bonheur possible...

Pour commencer, un sanatorium populaire sis dans un ancien couvent du quartier du Temple. Une cornette haute et sévère l'accueille dans cet antre froid, humide et morbide où la peste blanche souffle sur des moribonds étiques crachant leur dernier sang.

Nos malades sont très contagieux. […] Votre rôle est de les écouter [...]. S'ils toussent, tendez-leur le crachoir.

 

[Nous devons au bacille de Koch l'expression bien connue : tenir le crachoir.]

 

Dans ce mouroir, Violaine rencontre Antoine, menuisier, dix-neuf ans, déchu par une société injuste, retrouvé sous les ponts, crachant le sang, près de son chien.

 

[Nous avons changé tout cela.]

 

On m'a pris mon chien, je veux qu'on me le rende ! Siffla-t-il avec colère.

 

Une silhouette vêtue de noir vient au chevet du mourant.

Vous voudriez la paix, n'est-ce pas ? Mais ce monde, Antoine, ne donne pas la paix. Dans ce monde il n'est pas de bonheur possible. Le croire est une illusion.

 

L'inconnue en noir est Sophie d'Alençon.

 

Constance d'Estingel se souvient, en nostalgie, de ses années de pension chez les dominicaines de Neuilly. Elle est sur le point de se fiancer avec Laszlo de Nérac.

 

Voulez-vous, Constance ? Voulez-vous être mon amour, mon amie, mon amante ?

 

Quelques jours plus tard, la duchesse d'Alençon invita Violaine de Raezal à faire partie des vendeuses de son comptoir des noviciats dominicains au Bazar de la Charité.

 

Le lundi 3 mai 1897, Sophie, Violaine et Constance tiennent comptoir au Bazar. Laszlo cherche à y rejoindre sa fiancée. Tout est en place, le rideau peut se lever.

Gaëlle Nohant, La Part des flammes – Dans ce monde il n'est pas de bonheur possible...

Incendie du Bazar de la Charité – Le sinistre, gravure de Fortuné Méaulle d'après un dessin d'Osvaldo Tofani, Petit Journal – Supplément illustré, dimanche 16 mai 1897

 

Là, cette fumée...

[…]

Au feu ! Au feu !

 

Le Bazar de la Charité est en flammes, il s'en exhale un parfum puissant de chair brûlée.

 

Des cris, des hurlements, cris de douleur et d'épouvante, des femmes en feu... formes folles et incandescentes se jetant sur la chaussée, une montagne de corps disloqués et noircisles os, les entrailles sortaient ça et là.

 

Vingt-cinq pages de visions d'horreur décrites au scalpel, une écriture fuligineuse, insolente d'élégance, donnant à sentir le frisson odorant de la graisse humaine sur les braises. Hmm...

 

La Chambre des horreurs expose en ses ruelles des pantins noircis aux entrailles fondues, six chevelures de femmes, perruques ou cheveux roussis ; deux tibias ; trois troncs incomplets ; deux côtes ; une mâchoire inférieure ; onze fausses dents ; une dizaine de kilogrammes d'entrailles.

 

On sent le gourmet gourmand chez Gaëlle, le lecteur en est repu de bonheur.

 

Qui aura survécu ? Les dommages collatéraux feront-ils encore couler le sang ? Comment pourra-t-on vivre caché ?

 

Thomas Sinaeve, Marie Boulie, Guy Peccoux, Laurence Valentin, sans vous ce roman ne serait pas ce qu'il est, peut-être ne serait-il pas du tout ! dit-elle en remerciements.

 

Admirable ! nous dit Yueyin.

 

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Mireille 18/07/2015 13:56

Excellent, ce livre.

Lou de Libellus 18/07/2015 14:47

“Si le feu brûlait ma maison, qu’emporterais-je ? J’aimerais emporter le feu...”
Jean Cocteau, 'Clair-obscur', Editions du Rocher, 1954

des pas perdus 04/05/2015 19:05

Nohan, Nohan, ce nom me dit quelque chose !

Lou de Libellus 04/05/2015 20:38

Les gens de Nohan sont d'irréductibles gaulois, voire celtiques.

yueyin 03/05/2015 22:17

je le dis :-) et je persiste :-)

Lou de Libellus 04/05/2015 20:33

J'aime beaucoup cette manière de décrire en dentelles des atrocités. Elle est charmante, mais...

 


 
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