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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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Survival

 

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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 00:15
Martin Rouz, Qu'importe la hauteur du saut (pourvu que le parachute s'ouvre)

Martin Rouz, Qu'importe la hauteur du saut (pourvu que le parachute s'ouvre), Martin Rouz, 2015 – Photo de couverture © Philippe Leroyer, « Occupy La Défense »

Le 4 novembre 2011, trois cents Indignés pacifistes dépliaient leurs tentes sur l’esplanade de La Défense pour dénoncer les abus du néolibéralisme financier. Ils furent violemment délogés par les CRS. Seuls ces deux cartons résistèrent à l'assaut.

Martin Rouz, Qu'importe la hauteur du saut (pourvu que le parachute s'ouvre)

« Martin Rouz : Quarante-trois ans, ingénieur agronome, informaticien, écrivain, réside en Gironde. »

4e de couverture

 

« Barbouze : Mercenaire, espion, membre d'une police officieuse aux activités irrégulières et souvent illégales.

Passion : Souffrance. Mouvement vif et irraisonné de l'âme dont la persistance altère l'entendement. Sentiment fulgurant comme l'amour, la haine, le désir, l'espérance... Passion ardente, furieuse, aveugle.

Python : Gros serpent non venimeux étouffant ses proies pour les tuer, en silence.

Homme politique : Homme d'affaires dont l'essentiel du travail consiste à s'estimer utile à la société.

Inconscience : Absence de sens moral, état de celui qui agit sans saisir la portée de ses actes. De conscience nulle. L'inconscience d'une pierre qui roule.

Yohann Brakash : Homme inconscient, passionné et instable, capable de déclencher une révolution pour solder un différend sentimental. »

4e de couverture

 

Yohann profite de sa vie d'informaticien, tranquille, jusqu'à ce que tout bascule le jour où il croise le chemin de Christine, l'épouse de son boss, un baron du BTP peu scrupuleux. De son côté, son ancienne compagne, Marion, une journaliste d’investigation renommée, enquête sur une prise d’otages en Libye. Deux affaires qui n'ont aucun point commun... a priori.

Magouilles politico-économiques, cabales barbouzardes, surveillance massive... à l'ère du Big Brother planétaire, peut-on encore se révolter ? Yohann et Marion veulent y croire.

Selon l'auteur.

 

1. La firme

 

Pauvre type !

Je vais te laminer, te concasser.

Je broierai ta gloire au pilon de la médiocrité pour la saupoudrer sur la pitance de mon chien par petites pincées.

Tu finiras séché au soleil et bouffé par les mouches.

Mon triomphe sera total !

 

Lundi 14 novembre, 8 h 25.

 

Dernier étage de la tour KeOps.

Alain Jaret s’avança d’un pas vif et assuré, sans même jeter un œil à la vue panoramique exceptionnelle qu’offrait l’immense baie vitrée. Il posa sa mallette, étendit sa veste de costume sur une chaise et s’installa dans son fauteuil. Vérifia sa cravate puis leva les yeux, le dernier étage de la tour Eiffel en ligne de mire. Voilé par des lambeaux de nuages sombres, le soleil pointait à l’horizon, inondant l’atmosphère d’une étrange lumière bleutée.

 

8 h 35.

 

Le président de la société, Alfred Desmarets, soixante-quatorze ans, frêle et voûté, nageant dans son costume anthracite, le visage rongé par la vieillesse et la fureur, vient voir Alain Jaret.

Vous êtes un nul ! Vous êtes viré ! Vous avez perdu l’appel d’offres du ministère de l’Intérieur. Deux milliards envolés, évaporés !

 

En fait, KeOps, avec Alain Jaret, est sur le point de rafler tout le marché et ruiner son concurrent, Rubens.

 

Virginie, appelez-moi le ministre de l’Intérieur immédiatement ! En personne !

Après une longue réflexion, souriant et fier de lui, Jaret saisit son mobile.

Monsieur le ministre de la Défense, entama-t-il solennellement, avant d’enchaîner sur un ton plus familier : il faut que je te parle. Rappelle-moi dès que possible !

 

2. Golgoths

 

Dieu se rit des hommes qui se plaignent des conséquences, alors qu’ils en chérissent les causes.

Jacques-Bénigne Bossuet

(NDL : citation attribuée à Bossuet depuis des siècles, sans aucune référence)

 

10 h.

 

Yohann Brakash alluma son ordinateur et ôta sa veste tout en parcourant l’open space du regard.

 

Les figurants entrent en scène.

 

Charlène, d’un naturel prude et timide.

Tout le contraire d’Olivia, qui passait la majeure partie de ses journées à attendre les pauses. […] Célibataire de trente et un ans, extravertie, plutôt agréable au regard, elle avait un défaut difficile à cacher : son rire, qui laissait toujours à penser qu’un sac de noix dévalait l’escalier dans son dos.

Bertrand, ventru barbu aux cheveux bruns mal entretenus, la cinquantaine bien sonnée. Damien et Luc étaient ce jour-là en mission chez un client.

 

Les dix minutes réglementaires écoulées, tout ce beau monde regagna son poste. Yohann redémarra sa messagerie instantanée et double-cliqua sur l’avatar de Peggy Meltown, une fille du treizième étage, celui de la direction nationale, les trois du dessus étant réservés aux directions Europe et Monde, et le dix-septième et dernier au président, au directeur général et au conseil d’administration. La tour KeOps formait une pyramide aplatie sur le dessus, tout de verre et de métal.

 

Peggy et Yohann avaient fait connaissance dans l’ascenseur de la société, un an plus tôt, une panne de courant les y ayant bloqués deux heures durant.

 

Non, il ne s'était rien « passé », Peggy avait passé le temps à raconter sa vie.

 

Yohann avait fait du contre-pied sa devise. Corrosif là où on l’attendait gentil. Doux et attentionné lorsqu’on le pressentait fielleux. Ses errements comportaient toujours une part de second degré. Encore fallait-il parvenir à la déceler.

 

3. Messes basses

Six mois plus tard.

Lundi 8 mai, 21 h 15.

Réception dans le salon haussmannien. Alain Jaret salue le président, Jean-Charles Andrieux, récemment élu à l’Élysée. Sexagénaire se donnant un air jeune.

 

L'élection d'Andrieux reste le sujet d'actualité. Yohann aurait préféré Lamour, son concurrent, ne serait-ce que pour le nom.

 

Yohann rencontre Christine Jaret, il se sent attiré par elle. Elle est pourtant dépourvue de charme : terne, de douze ans plus âgée et, pire, bourgeoise. Elle l'invite à déjeuner. Yohann apprend que Jean-Charles et Alain se connaissent en amis depuis longtemps.

 

Marion rencontre Gregory Leroy, lieutenant-colonel, membre du GIGN. Une prise d'otages a eu lieu à l'ambassade de France en Libye, un massacre. Les médias en parlent, d'une seule et même voix qui fleure le mensonge.

Marion pourrait aller enquêter là-bas auprès de témoins écartés et pourtant voisins du drame.

 

Yohann, une nouvelle fois, a passé la nuit dans les catacombes – il a son entrée secrète.

Marion se souvient des soirées gothiques de son adolescence bercée par The Cure et Joy Division.

 

Joy Division, Love Will Tear Us Apart, 1980

 

Un règlement de comptes en affaires, une élection à la présidence, un carnage terroriste.

Quel est le lien ? Est-ce un koan ? Peut-être... *

 

L'art de la guerre, c'est de soumettre l'ennemi sans combat.

Sun Tzu

 

Cocagne

Tonton Yohann, tu peux me la raconter ton histoire maintenant ? Demanda Maya.

Approche, bougresse...

Il était une fois

 

Une énigme...

Un premier roman, bien documenté, où chaque personnage est identifié par sa parole, sa manière. Décor, cuisine (ce pourrait être un fil de lecture, du kebab au caviar, champagne pour tous), une intrigue finalement classée – le secret Défense, l'immunité présidentielle, tout ça.

Astucieux. A découvrir.

 

- - -

 

*

Comment aborder les koan

Le koan est une énigme dont l'absurde est étranger à toute logique. On le laisse mûrir jusqu’à l’apparition de l’évidence. Le raisonnement serait vain : il conduit à des lieux communs ou des impasses. Pensons plutôt à des associations d’idées, soyons prudents et patients avec les mots.

« Qu’est-ce que le Bouddha ? » demande le moine à son maître zen. « Une spatule à merde ! » répond le maître.

Pouvez-vous résoudre cette énigme ?

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 26/10/2015 18:45

Plus de signe de vie de Lou depus samedi, je crains le pire... Au moins, est-il parti en musique !

Lou de Libellus 27/10/2015 04:43

Ne t'ai-je pas gratifié d'un commentaire, bref (une page) selon ma coutume, et modéré, comme il t'arrive pour éviter les spams (mes commentaires sont modérés).
Le chant (voix et clarinette basse) de Rose Bacot est magnifique. Je l'ai connue grâce à 'Présence protestante'. Tu pourrais regarder France 2 le dimanche matin : tu as les Sagesses bouddhistes, l'islam, Judaïca, Présence protestante, le Jour du Seigneur, catholique.
* catholique, quand Dédé 23 ne s'invite pas sur le plateau...

des pas perdus 23/10/2015 18:26

Attention l'ami, tu fais de la politique sans t'en apercevoir : alerte, danger ! Serais-tu suicidaire ? Le choix musical ne me rend guère optimiste...

Lou de Libellus 23/10/2015 19:56

Je viens même de me préparer une poêlée de trompettes de la mort. La marchande du marché m'a dit qu'elle en avait mangées hier. Je vais prendre de ses nouvelles.

 


 
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