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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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1 décembre 2015 2 01 /12 /décembre /2015 01:15
Claude Izner, Mystère rue des Saints-Pères – le curare ne pardonne pas

Claude Izner, Mystère rue des Saints-Pères, Éditions 10/18, 2003 – illustration de couverture : Jean Béraud, Entrée de l'Exposition de 1889 (détail)

 

Paris, juin 1889 : le monde entier se presse à l'Exposition Universellela Tour Eiffel, qui vient d'être achevée, accueille plus de mille visiteurs par jour. Les Français s'aperçoivent qu'ils ont un Empire colonial en découvrant les pavillons exotiques et les villages indigènes groupés au pied d'un des temples d'Angkor reconstitué. C'est dans cette ambiance de kermesse que survient une série de morts inexpliquées. Les victimes ne présentent aucune blessure apparente et, hormis le fait d'avoir été présentes à l'Exposition, rien ne les relie entre elles. Victor Legris, propriétaire d'une librairie rue des Saints-Pères, n'aurait nulle raison de se mêler de ces affaires s'il n'était intrigué par le comportement de son père adoptif et associé, Kenji Mori. Il décide d'enquêter, au risque de voir basculer toutes ses certitudes...

Selon l'éditeur

Claude Izner, Mystère rue des Saints-Pères – le curare ne pardonne pas

Anonyme, Exposition Universelle 1889, Danseuses Javanaises, BnF, Estampes et Photographie, Va271 t.9

 

Comme nombre de visiteurs du monde entier, Victor Legris, libraire rue des Saints-Pères, se rend à l'Exposition universelle où la Tour Eiffel, qui vient d'être achevée, trône en véritable vedette. En ce début d'été 1889, les Parisiens ont bien du mal à se frayer un chemin dans la foule qui se presse entre les kiosques multicolores, dans les allées envahies de pousse-pousse et d'âniers égyptiens... Au premier étage de la tour, Victor doit retrouver Kenji Mori, son associé, et son ami Marius Bonnet, qui vient de lancer un nouveau journal, Le Passe-partout. Mais leur rendez-vous est vite interrompu : une femme vient de s'écrouler sous le coup d'une étrange piqûre. S'ensuit une série de morts inexpliquées qui vont marquer les débuts d'enquêteur de Victor Legris...

Ces nouveaux mystères de Paris nous plongent dans la capitale des impressionnistes, ses « villages » et ses quartiers populaires.

4e de couverture

Claude Izner, Mystère rue des Saints-Pères – le curare ne pardonne pas

Claude Izner est le pseudonyme de deux sœurs, Liliane Korb et Laurence Lefèvre. Liliane a longtemps exercé le métier de chef-monteuse de cinéma, avant de se reconvertir bouquiniste sur les quais de la Seine, qu'elle a quittés en 2004. Laurence a publié deux romans chez Calmann-Lévy, Paris-Lézarde en 1977 et Les Passants du dimanche en 1979. Elle est bouquiniste sur les quais. Elles ont réalisé plusieurs courts métrages et des spectacles audiovisuels. Elles écrivent ensemble et individuellement depuis de nombreuses années, tant pour la jeunesse que pour les adultes. Les enquêtes de Victor Legris sont aujourd'hui traduites dans huit pays. Sang dessus dessous est la réédition de leur premier roman policier à quatre mains, paru en 1999.

Selon l'éditeur

En exergue

 

Paris dresse sa tour

ainsi qu’une grande girafe inquiète

sa tour

qui, le soir venu,

craint les fantômes.

Pierre Mac Orlan (Tel était Paris)

 

Prologue

12 mai 1889

Des nuées d'orage couraient au-dessus de la steppe coincée entre les fortifications et la gare de marchandises des Batignolles. La vaste étendue d'herbe galeuse dégageait des relents d'égout. Groupés autours de tomberaux d'ordures ménagères, des chiffonniers nivelaient à coups de crochet une marée de détritus, soulevant des tourbillons de poussières. Au loin, un train s'avançait, grossissait lentement. Une bande de gamins dévala les buttes en hurlant :

Le voilà ! Buffalo Bill arrive !

 

Jean Méring, un chiffonnier, s'effondre. Un râle fusa de ses bronches, il parvint à articuler : – Ab... a-beille.

 

Le Figaro du 13 mai 1889 publie, en page 4 : Mort singulière d'un chiffonnier, Un biffin de la rue de la Parcheminerie est décédé d’une piqûre d’abeille. L’accident s’est produit hier matin à la gare des Batignolles lors de l’arrivée à Paris de la troupe de Buffalo Bill. Les personnes présentes sur les lieux ont vainement tenté de ranimer la victime. L’enquête a révélé qu’il s’agirait de Jean Méring, quarante-deux ans, ancien communard déporté en Nouvelle-Calédonie, revenu à Paris après l’amnistie de 1880.

 

Chapitre premier

Mercredi 22 juin

Sanglée dans un corset neuf qui craquait à chaque pas, Eugénie Patinot descendait l’avenue des Peupliers.

Elle vient à la tour, avec deux enfants, elle monte jusqu'à la deuxième plate-forme, à 115,73 mètres au-dessus de la terre ferme, elle se pose sur un banc.

Quelqu’un s’assit près d’elle, se releva, fit un faux pas, s’appuya lourdement sur son épaule sans s’excuser. Elle poussa un petit cri, quelque chose l’avait piquée à la base du cou. Une abeille ? C’était sûrement une abeille !

 

Tasha dessine un croquis de la scène. Victor s'intéresse à elle.

 

Où se situe votre magasin ?

18, rue des Saints-Pères, c’est facile à trouver, il y a une enseigne : Elzévir, Librairie ancienne et moderne.

 

Victor, invité par son ami Marius à tenir une chronique littéraire, vient revoir Tasha au journal, avec un projet d'article intitulé « Le français tel qu'on l'écrit », ne ménageant ni Balzac – « Un commissaire de police répond silencieusement : "Elle n'est point folle" » (La Cousine Bette) –, ni Lamartine – « Les plantes de mes pieds me font mal du désir de sortir avec vous, Geneviève. » (Geneviève) –, ni Vigny – « Le vieux domestique du maréchal d'Effiat mort depuis six mois avait repris ses bottes. » (Cinq-Mars).

 

La mort d'Eugénie Patinot, piquée par une abeille sur la tour, fait la Une du Passe-partout avec un dessin de Tasha.

 

L'inspecteur Lecacheur est chargé de l'enquête. Que nous cache-t-on ? Marius Bonnet, le fondateur du journal, connaît la musique.

On n'en sort pas, mon vieux, le crime et la bluette sont des serpents de mer qui alimentent le tiroir-caisse.

Tu es d'un cynisme !

 

Le curare ne pardonne pas, l'abeille n'est pas une abeille, l'abeille tue encore.

 

« Le vrai peut quelquefois n'être pas vraisemblable », combien de fois ce vers de Boileau s'était-il vérifié dans le passé, de combien d'erreurs judiciaires des innocents avaient-ils été victimes, à cause de l'imagination trop fertile d'un quelconque enquêteur ?

 

Le vrai coupable est invraisemblable.

Claude Izner, Mystère rue des Saints-Pères – le curare ne pardonne pas

Kenji, le sage, aura le dernier mot :

L'apparence n'est pas plus la réalité qu'un coucher de soleil n'est un incendie.

 

Et il prit une tasse de saké.

 

Lucien Delormel et Léon Garnier pour les paroles, Louis-César Desormes pour la musique, En revenant de la revue (chanson créée par Paulus à la Scala, à Paris, en mai 1886) – interprétation : Georgius, orchestre Raymond Legrand, disque 78 tours Decca MB.21162, décembre 1949

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 01/12/2015 19:08

Superbe ce coucher de soleil sur la Seine ;-)

Lou de Libellus 02/12/2015 05:29

Il y a longtemps que tu as vu la Seine ? : - )

yueyin 01/12/2015 07:56

J'ai lu plusieurs romans de cette série, j'adore le cadre :-) les intrigues sont bon elles sont quoi mais le cadre, l'époque, j'adore :-)

Lou de Libellus 01/12/2015 08:32

Moi aussi.
Il y en a un autre, dans quelques jours.

 


 
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