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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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17 février 2016 3 17 /02 /février /2016 01:15

Αλήθεια και ψέμα, Vérité et mensonge *, le même fil depuis des mois, des mois et des mois.

* Παύλος Νιρβάνας, Αλήθεια και ψέμα, ψεύτρα αγάπη. Ιστορίες για παιδιά και φιλόσοφους, 1907 – Vérité et mensonge, Histoires pour enfants et philosophes, L'Harmattan, 2012

Pávlos Nirvánas, Psychiko – Αλήθεια και ψέμα

Pávlos Nirvánas (Παύλος Νιρβάνας), Psychiko (Το Έγκλημα του Ψυχικού, 1928 – Le crime de Psychiko), traduit du grec par Loïc Marcou, Miroboles Editions, 2016 – photographies de couverture © J.R. Bale – conception graphique et pictogramme intérieur : Guillian

 

« Véritable bourreau de lui-même, il avait hâte de subir son châtiment. »

 

Psychiko, le tout premier polar grec, est un véritable bijou. Anti-héros et probable cas clinique, Nikos Molochantis, jeune rentier désœuvré, est prêt à tout pour obtenir son quart d'heure de célébrité. Il a donc la brillante idée de se faire passer pour l'assassin d'une femme retrouvée morte dans un quartier d'Athènes. Grâce à la presse fascinée par cette affaire, Nikos se retrouve enfin sous les feux de la rampe, assez près de la guillotine pour être une vedette. Le stratagème parfait... A ceci près qu'il risque de fonctionner au-delà de ses espérances.

Paru en 1928 sous forme de feuilleton, Psychiko met en place une mécanique infernale, où une police apathique affronte un faux coupable en quête de gloire.

4e de couverture

Pávlos Nirvánas, Psychiko – Αλήθεια και ψέμα

Paul Nirvanas est un des nombreux pseudonymes de l’écrivain grec Pétros K. Apostolidis (1866-1937). Journaliste, poète, médecin militaire et romancier, il a aussi introduit en Grèce la philosophie de Friedrich Nietzsche et œuvré comme scénariste pour le jeune cinéma de son pays.

4e de couverture

Pávlos Nirvánas, Psychiko – Αλήθεια και ψέμα

Psychiko ou le palais des jours heureux

 

Sous de gros titres en gras et en capitales, les éditions matinales des journaux du 13 août 191… annonçaient en première page une terrible nouvelle :

« Dans la nuit d’hier à avant-hier, un crime odieux a été perpétré dans le quartier de Psychiko. »

Et puis... Le crime de Psychiko est tombé aux oubliettes.

 

Nikos Molochanthis, rejeton d’une illustre famille vivant dans les îles, était monté à la capitale pour faire des études de médecine. Sur ses cartes de visite, il se présentait comme « étudiant en médecine », mais il avait déserté les bancs de l’université après une opération à l’hôpital d’Athènes au cours de laquelle il s'était évanoui à la première goutte de sang. Le maître lui avait conseillé de s'inscrire en théologie.

 

Nikos ne s’était pas inscrit en théologie et n’avait plus remis les pieds à l’université. Il avait continué à dilapider sa fortune en passant son temps libre à faire la noce ou à dormir.

 

Et quand il ne faisait rien de tout cela, il dormait des heures entières sans prendre le soin de manger. Il avait progressivement perdu toute notion de la réalité et vivait plus par le truchement des fictions cinématographiques et par le biais des romans d’épouvante, qui constituaient sa lecture ordinaire, que dans le monde réel des hommes. Dans cet univers empli de chimères, il rêvait de se signaler et de se couvrir de gloire, de la même façon que les jeunes gens de son âge ambitionnent de se distinguer dans le monde réel. Ainsi, les frontières entre la fiction et la réalité s’étaient peu à peu brouillées dans son esprit de sorte que, souvent, il n’arrivait pas à savoir lui-même s’il était un personnage de cinéma ou un homme de chair et d’os.

 

Tel un peintre ou un poète touché par l’inspiration, il venait de concevoir un projet extraordinaire qui serait son chef-d’œuvre. Ce projet consistait ni plus ni moins à se faire passer pour l’auteur véritable de ce crime mystérieux.

 

Nikos revoit et revit le soir du crime dans son imagination maladive et incohérente. Comment se faire reconnaître comme le criminel d'une manière romanesque ?

 

Nikos n'aimait rien tant que le romanesque.

 

Commencer par mettre en scène les pièces à conviction : un couteau ensanglanté, une veste souillée de sang. Ensuite, prévoir une complice ignorante : Phrosso, la sœur de Stéphanos, l'ami proche en confidence.

 

Un beau matin, les journaux annoncent : La Police remporte un succès éclatant.

 

Tout l'éclat en revient à Nikos. Désormais, il est en prison. Des admiratrices lui font porter des dragées et des fleurs, des élégantes espèrent un autographe. Un journaliste propose de lui envoyer ses livres préférés : pour Nikos, c'est le Nietzsche de Zarathoustra et les œuvres de Cours, Précis, Manuel et Abrégé – Ce sont mes écrivains préférés. Molochanthis est un intellectuel.

D'autres prisonniers le prennent pour un guignol.

 

Lina Aréani fonde une société secrète pour libérer Molochanthis, victime expiatoire en passe d'être sacrifiée sur l'autel d'une loi barbare et ignoble.

 

Nikos se confie à Lina. A la lecture de Freud, il revoit son crime sous une lumière encore plus romanesque. Son crime est devenu une œuvre d'art *.

* (Thomas de Quincey, De l'assassinat considéré comme un des beaux-arts, 1854)

 

Ses aveux relancent sa gloire d'un héros tragique à la Une des journaux. Seulement... Stéphanos, son alibi, est parti pour l'Amérique. L'accusé est condamné à la peine capitale. Il est conduit à l'échafaud. La foule se presse devant lui pour mieux jouir du spectacle.

 

Attendez !

 

Un cavalier vient de la plaine.

 

Nikos poussa un soupir de soulagement. Pendant un instant, il eut la sensation que la lumière rosée de l'aube ainsi que la brise fraîche et printanière répandant des odeurs suaves dans les prés herbeux s'étaient introduites en lui et l'avait rempli d'une joie folle et inespérée.

 

Romanesque en diable, l'histoire n'est pas finie...

 

Un songe romanesque, dans la folie, le délire du langage.

Pávlos Nirvánas, Psychiko – Αλήθεια και ψέμα

2016, année grecque, avec Cryssilda et Yueyin !

 

* * *

 

Remerciements à Aifelle Allais qui nous a fait connaître ce roman et dont nous vous invitons à voir le site personnel.

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

Yueyin 17/02/2016 09:25

Haha un genre de pendant à crime et chatiment, ça merite reflexion :-)

Lou de Libellus 05/03/2016 08:56

Oui, je comprends, 'Anna Karénine', 1696 pages dans La Pléiade, mais avec 'Résurrection' qui doit faire dans les 600 pages. Ah ! Ces Russes !

yueyin 04/03/2016 21:28

J'ai encore des tas de Tolstoi en retard :-)

Lou de Libellus 17/02/2016 09:40

Pourquoi pas une année russe ? J'ai des biscuits.

Bonheur du Jour 17/02/2016 07:43

Et voilà, encore une envie de lecture en plus !

Lou de Libellus 17/02/2016 08:11

Eh oui !

 


 
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