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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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25 mai 2016 3 25 /05 /mai /2016 00:15
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques, 2015

 

Des bains turcs du Caire aux hypogées de la Vallée des Rois, des catacombes d’Alexandrie au désert du Sinaï, une jeune égyptologue mène au XIXe siècle une mystérieuse chasse aux momies morcelées. Le Nil, fleuve ancestral qui relie le monde des vivants à celui des morts, la mènera au cœur de l’Egypte occulte, celle des prêtres magiciens, des dieux d’Héliopolis, des premiers chrétiens et des évangiles, des prophéties millénaires, des stèles et des cérémonies funéraires, des monastères orthodoxes et des gemmes aux extraordinaires vertus.

Lorsque, déguisée en homme, elle rencontre Madame Gallerini sur une cange qui les conduit à Thèbes, elle ne sait pas encore que celle-ci lui sera d’une aide précieuse pour déchiffrer l’ultime héritage du Christ et comprendre pourquoi l’Eglise, depuis sa naissance, ne cesse de fabriquer de pieuses reliques de Saints. Elle ne sait pas non plus qu’en se liant d’amitié avec la belle vacancière, cette dernière prendra peu à peu dans son existence une place inattendue.

Un siècle et demi plus tard, c’est le hasard avancent certains, le Destin affirment d’autres, qui met entre les mains de Marie le carnet de voyage de l’exploratrice. Du jour au lendemain, sa vie bascule ; entre Paris, Londres et Rome s’engage alors une périlleuse course poursuite pour la Vie Eternelle.

4e de couverture

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Passionnée de littérature et d'aventure, Luisa Gallerini fait partie de ces êtres imaginaires qui n'ont d'existence qu'aux yeux de leurs lecteurs. Pourtant, quand la fiction se mêle à la réalité, il arrive parfois qu'un personnage se libère des pages d'un livre pour pénétrer dans le monde réel ; à l'inverse, certains de leurs créateurs deviennent prisonniers de leurs œuvres, et délaissent la réalité pour la folie.

4e de couverture

 

Incipit

 

La prise de la Bastille

 

Ce qui est hasard à l'égard des hommes est dessein à l'égard de Dieu.

(Bossuet, La Politique tirée des propres paroles de l'Ecriture sainte)

 

Claudio Monteverdi, L'incoronazione di Poppea (1642), III, VIII, Pur ti miro, Anne Sophie von Otter (Poppea), Mireille Delunsch (Nerone), Les Musiciens du Louvre, dir. Marc Minkowski, Aix-en-Provence, 1999

 

Les journaux avaient annoncé la réhabilitation de la place de la Bastille, mais la réalité dépassait de loin ce qu’avait imaginé Marie. Le carrefour n’était plus qu’un vaste chantier et la pluie, qui ruisselait dans la panse des caniveaux, giclait sur les trottoirs disloqués. Aucune voiture ne circulait plus et les rares promeneurs s’éteignaient aussi vite qu’ils surgissaient. La clameur de Paris, sourde, froissait les arbres et barbotait dans la Seine. Marie ne savait pas encore, alors qu’elle grommelait sous l’averse, ce qui l’attendait ce soir-là. Toute à la joie d’assister au Couronnement de Poppée, elle marchait d’un pas rapide. Quand une lueur rouge entra furtivement dans son champ de vision, elle n’y prêta aucune attention. Ce fut l’énorme bétonneuse, qui stationnait tous feux éteints à l’entrée de l’Opéra Bastille, la pelle enterrée dans l’épaisse brume, qui la tira de ses méditations.

[...]

Quittant la chaussée, elle s’engagea, confiante, sur les vestiges de la place. Pourtant, si la magie de Paris illuminait cette nuit-là les décombres fantomatiques de son habituelle majesté, quelque chose d’autre émanait de l’esplanade désarticulée, quelque chose d’insaisissable. A mi-chemin, la lueur rouge, à laquelle elle n’avait pas pris garde quelques heures auparavant, attira son regard. Intriguée, elle revint sur ses pas et emprunta, pour s’en approcher, un remblai de ciment aussi étroit qu’une poutre. Mais son imagination lui avait sans doute joué des tours car elle ne trouva sur place qu’un amas de cailloux, de mégots, de terre et de ferraille. De surcroît, lorsqu’elle se redressa, elle constata avec désespoir que l’on pouvait d’ores et déjà inventorier sur sa robe de soirée délicatement maculée, de nombreuses souillures représentatives des richesses du sous-sol parisien. Consternée, elle considérait avec dégoût l’état déplorable de ses escarpins lorsqu’elle aperçut la bandelette.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Papyrus d'Hounefer, ca 1310 avant J.-C.

Une bandelette couverte de hiéroglyphes.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Un oiseau de pierre au bec élancé.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Une amulette.

 

Très excitée par sa découverte, Marie remporte son trésor chez elle. Le lendemain matin, elle reprend son travail, ennuyeux et purement alimentaire.

 

Nourritures terrestres

 

A l’heure du déjeuner, elle évite Chez Gégène, fuyant une nourriture douteuse, baignant dans la sauce et le graillon, sa population de cadres moyens, son odeur de tabac froid aux relents de friture, avec une tarification prohibitive, inversement proportionnelle à la qualité des mets. Elle contourne le troupeau bien discipliné de ses collègues ventripotents, qui devaient à leurs fréquentes bacchanales culinaires leurs panses rebondies : comment renoncer à un hamburger gorgé de mayonnaise, ou à une andouillette bien grasse bordée de pommes de terre rances sautées à l’ail ou aux frites épaisses à peine cuites, huileuses et molles, servies Chez Gégène sur un lit de vieille salade terreuse.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Luisa Gallerini, Marie, bleue

 

Marie Desjardins, la narratrice, est une jolie fille âgée de trente-cinq ans : de longs cheveux lui tombent dans les yeux en une épaisse frange ; son visage est doux et gracieux ; mince, elle mesure près d’1m70, et affiche des formes généreuses qui attisent bien souvent la convoitise de la gente masculine. D’un naturel gaffeur, elle collectionne les brèves rencontres. Pour gagner sa croûte, elle assure sans conviction un emploi de gestionnaire de projets au sein d'une société bancaire localisée à la Défense – elle s'ennuie souvent mais laisse une large part au rêve et à l'imaginaire. Elle vit à Paris, rue d’Enghien, dans le 10e arrondissement.

 

 

Le revers de la médaille

 

Ne sais-tu pas que la source de toutes les misères de l'homme, ce n'est pas la mort, mais la crainte de la mort ?

(Epictète)

 

Marie se rend au Louvre, département des antiquités égyptiennes.

C’est alors qu’elle aperçut, nichés dans une vitrine sombre et poussiéreuse, des oiseaux comme le sien, des oiseaux-âmes.

Elle rencontre Philippe Roussel, chercheur en égyptologie, trente ans. Elle lui montre son amulette : c'est un faux ; le long de la patte gauche de l'oiseau, une date est inscrite à l'encre, MDCCCLXV. Le papyrus, en revanche, un papyrus funéraire, serait beaucoup plus ancien, entre 50 et 100 avant J.-C.

Une idylle se forme.

 

Le récit tient son fil dans le labyrinthe du temps et des lieux, du XIXe siècle à nos jours, du Nil à la Bastille.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Partons en Dahabeya vers Thèbes.

 

Nourritures terrestres

 

A bord de la cange, l'exploratrice dîne d'un filet de poisson sans saveur, servi sur une nappe de riz trop cuit, avec une galette de pain ramollie et un verre de vin blanc.

 

Marie nageait dans des eaux troubles.

 

Elle s'identifie à une jeune égyptologue du XIXe siècle, elle en rêve en prenant son café.

Le soleil flânait sur la toile cirée et le ciel revêtait les rideaux de reflets bleu océan. La journée s'annonçait magnifique.

 

Philippe est arrêté sous l'inculpation de vols au département des antiquités égyptiennes du Louvre et, notamment, le vol d'un précieux papyrus connu sous le nom de Rituel de l'embaumement. Il refuse de reconnaître les faits et de livrer l'identité de sa complice, une jeune femme. Il s'ensuit des tensions entre le musée du Louvre et le musée du Caire, la France et l'Egypte.

Marie découvre sur une page du carnet de voyage de l'exploratrice un message inscrit en marge à l'encre sympathique – un jus d'oignon blanc.

Au matin, en lisant le journal, elle apprend que Philippe a été retrouvé mort dans une cellule du commissariat du 1er arrondissement de Paris. Les experts sont formels : il s'est suicidé dans la nuit en se plantant un crayon dans la carotide.

On aime ce burlesque.

[NDL : le meurtre déguisé en suicide au cours d'une garde à vue est devenu un usage]

 

Grâce au réconfort d'un carré de chocolat noir, elle peut reprendre le décryptage du message caché. Les dernières lignes l'appellent à Rome – loin des recherches de la police.

 

Carnet de l'exploratrice, lundi 23 mars 1863, à Thèbes.

 

Elle s'engage dans un couloir funéraire, une fissure étroite, une tombe. Et là ! Une momie en morceaux, un phylactère, un hypocéphale – et une amulette, qu'elle emporte avec un rouleau de papyrus conservé en parfait état dans une jarre.

L'hypocéphale annoncerait la venue du Christ près de deux millénaires avant sa naissance !

 

Dans le labyrinthe, le mystère repose également sur le travestissement, un jeu entre le féminin et le masculin.

 

Marie est à Rome, en l'église Santa Maria in Cosmedin – une sculpture à l'entrée recèle un trésor.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Bocca della Verità, Santa Maria in Cosmedin, Rome.

La Bocca della Verità est un masque en bas-relief sur marbre, datant de 1632, muré dans la paroi du pronaos de l'église Santa Maria in Cosmedin de Rome.

La Bouche de la Vérité est peut-être piégée, mais l'héritière légitime du carnet de voyage des exploratrices du XIXe siècle est autorisée.

 

Un vieux cafetier rencontré plus tôt lui apporte un dîner : une cuisse de poulet grillée, une copieuse portion de riz. On mange parfois bien dans ce roman.

 

On ne saurait en dire plus, sinon très peu : l'auteur est un personnage du roman ; il s'agit d'un roman érudit, lisible par tous grâce aux nombreuses notes, dans une écriture transparente comme on a pu le voir.

 

Nous ne sortions pas de l'Enfer, mais du Purgatoire ; le Paradis, enfin, nous avait ouvert ses portes.

 

A commander sur Amazon – il s'agit d'une auto-édition, imprimée par Amazon.

 

- - -

 

Annexe

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Pur ti miro,

Pur ti godo,

Pur ti stringo,

Pur t'annodo,

Più non peno,

Più non moro,

O mia vita, o mi tesoro.

Io son tua...

Tuo son io...

Speme mia, dillo, dì,

Tu sei pur, speme mia

L'idol mio, dillo, dì,

Tu sei pur,

Sì, mio ben,

Sì, mio cor, mia vita, sì.

Pur ti miro,

Pur ti godo,

Pur ti stringo,

Pur t'annodo,

Più non peno,

Più non moro,

O mia vita, o mi tesoro.

Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis
Luisa Gallerini, La Momie de Pâques – un labyrinthe vers le paradis

Patrick Szymanek, Oiron, Collégiale

Le Sobek n'apparaît pas dans le récit, mais Patrick Szymanek et son compagnon nous l'ont trouvé dans leur chantier de fouilles – dont nous gardons le secret, et il s'accorde tellement bien à l'Egypte ancienne et à notre proche collégiale !

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 27/05/2016 21:57

Diantre, mais comment as-tu découvert ce livre ? Tu complètes ta retraite en travaillant pour une amazone ?

Lou de Libellus 28/05/2016 18:13

Diantre ! Luisa est charmante, elle est sur Facebook : > https://www.facebook.com/cduclos75

larie-lys 25/05/2016 09:28

bonjour,
une lecture à rajouter à ma pal

Lou de Libellus 28/05/2016 18:09

Tu ne seras pas déçue.

 


 
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