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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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13 juillet 2016 3 13 /07 /juillet /2016 00:15
Paul Auster, Trilogie new-yorkaise – vertigineux

Paul Auster, Trilogie new-yorkaise (The New-York Trilogy : City of Glass, Ghosts, The Locked Room, Sun & Moon Press, 1985 et 1986), Cité de verre, Revenants, La chambre dérobée, romans traduits de l'américain par Pierre Furlan, Préface de Jean Frémon, Lecture de Marc Chénetier, Illustration de couverture : Earle Horter, The Chrysler Building under construction, 1931, Whitney Museum of American Art, Actes Sud, 1991

 

De toutes les qualités qui ont justifié le succès de la Trilogie new-yorkaise, l'art de la narration est sans doute la plus déterminante. C'est qu'il suffit de s'embarquer dans la première phrase d'un de ces trois romans pour être emporté par les péripéties de l'action et étourdi jusqu'au vertige par les tribulations des personnages. Très vite pourtant le thriller prend une allure de quête métaphysique, et la ville illimitée, insaisissable – New York – devient un gigantesque échiquier où Auster dispose ses pions. De ces trois romans, il avoue d'ailleurs vers la fin de La Chambre dérobée qu'ils sont une seule et même histoire considérée à des stades différents de la conscience qu'il a pu en avoir. Et d'ajouter : « Il y a longtemps que je me démène pour dire adieu à quelque chose... » Or il est vrai que, dans l'art de dire la dépossession, il est passé maître.

4e de couverture

Paul Auster, Trilogie new-yorkaise – vertigineux

Paul Auster, né en 1947, vit actuellement à Brooklyn. Poète, traducteur (de Mallarmé, Blanchot, Sartre…) et romancier, il est l'un des plus brillants écrivains de sa génération. En France, son œuvre est publiée par les éditions Actes Sud.

4e de couverture

 

Je me souviens d'un dessin humoristique paru dans un journal italien, il montrait un personnage anonyme qui se regarde dans la glace d'une armoire en se tenant le menton dans une attitude de perplexité. Et la légende disait à peu près cela : « Mon Dieu ! Mais ce n'est pas moi, j'ai dû me perdre dans la foule ! »

Ce sont des choses qui arrivent, nous ne nous reconnaissons plus, nous nous pinçons pour nous éveiller d'un rêve, mais c'est en rêve que nous nous pinçons. A chaque instant, nous faisons des gestes qui ne sont pas les nôtres, nous prononçons des mots qui appartiennent à d'autres, nous imitons les intonations ou les expressions de ceux qu'inconsciemment nous désirons être. Essayer d'être un autre est une façon d'être soi-même. Avec un peu de constance, il est possible d'y parvenir. Et se reconnaître dans un autre est certainement aussi troublant que de ne pas se reconnaître soi-même. « Une minute nous sommes une chose et la suivante une autre chose », dit Paul Auster, ou encore : « Là où je ne suis pas est l'endroit où je suis moi-même ».

Jean Frémon

 

Incipit

 

It was a wrong number that started it, the telephone ringing three times in the dead of night, and the voice on the other end asking for someone he was not. Much later, when he was able to think about the things that happened to him, he would conclude that nothing was real except chance. But that was much later. In the beginning, there was simply the event and its consequences. Whether it might have turned out differently, or whether it was all predetermined with the first word that came from the stranger’s mouth, is not the question. The question is the story itself, and whether or not it means something is not for the story to tell.

 

C’est un faux numéro qui a tout déclenché, le téléphone sonnant trois fois au cœur de la nuit et la voix à l’autre bout demandant quelqu’un qu’il n’était pas. Bien plus tard, lorsqu’il pourrait réfléchir à ce qui lui était arrivé, il en concluerait que rien n’est réel sauf le hasard. Mais ce serait bien plus tard. Au début, il y a simplement eu l’événement et ses conséquences. Quant à savoir si l’affaire aurait pu tourner autrement ou si elle avait été entièrement prédéterminée par le premier mot qui sortit de la bouche de l’étranger, ce n’est pas le sujet. Le sujet, c’est l’histoire même, et ce n’est pas à elle de dire si elle a un sens ou pas.

 

Bleu, Blanc, Noir – trois personnages. Un lieu : New-York, près du Pont de Brooklyn. Une année : 1947. Seulement, nous ne sommes pas à New-York et nous ne sommes pas en 1947, le narrateur demeure inconnu.

Il ne s'agit pas, malgré les apparences, d'une histoire policière, mais d'une méditation sur l'identité, la solitude, dans un monde anonyme.

 

L'écriture est une occupation solitaire qui accapare votre vie. Dans un certain sens un écrivain n'a pas de vie propre. Même lorsqu'il est là, il n'est pas vraiment là.

 

Vertigineux, nous dit Denis.

 

 

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