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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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5 décembre 2016 1 05 /12 /décembre /2016 01:15

Varg est l'un des mots qui désignent le loup en norvégien.

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup – un roman noir

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup, Une enquête de Varg Veum, le privé norvégien (Dødsen drabanter, Gyldendal Norsk Forlag, 2006), traduit du norvégien par Alex Fouillet, Gaïa Editions, 2014 – Gallimard, Folio Policier, 2016, photo de couverture : © Southern Lightscapes, Australia / Getty Images (détail)

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup – un roman noir

Gunnar Staalesen est né à Bergen, Norvège, en 1947. Il fait des études de philologie avant de créer en 1975 le personnage de Varg Veum qu’il suivra dans une bonne quinzaine de romans policiers à ce jour.

Ses thèmes de prédilection via son personnage de privé, chaque fois impliqué plus qu’il ne le voudrait dans des affaires qui le burinent et le blessent sans jamais le blinder, demeurent l’effondrement du rêve social démocrate, les désillusions du mariage et la pression criminogène qui en découle, l’enfance et, de fait, le conflit des générations. L’amour n’est jamais loin. Le ton est profondément humaniste et cache, dans un humour désabusé parfois cynique, une violente tendresse pour les personnages servis par des enquêtes merveilleusement ficelées, réalistes et pourtant bien souvent surprenantes. Toutes les enquêtes de Varg Veum ont été publiées en France par Gaïa Editions.

Gunnar Staalesen est par ailleurs l’auteur d’une saga en six volumes, Le roman de Bergen, dédiée à sa ville natale.

Page 7

 

Avant d'être détective privé, Varg Veum travaillait à la Protection de l'enfance. Trop idéaliste et entier, il avait fini par en être renvoyé. Parmi les enfants qu'il avait essayé d'arracher à un destin déjà écrit figurait Janegutt, dont il s'était occupé à plusieurs reprises. Aujourd'hui devenu adulte et accusé du meurtre de ses parents adoptifs, Janegutt est retranché dans un fjord et ne veut parler qu'à une seule personne : Varg Veum.

4e de couverture

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup – un roman noir

Incipit

 

C'était le passé qui téléphonait. «Ici Cecilie», commença-t-elle. Puis, voyant que je ne réagissais pas : « Cecilie Strand.

Varg Veum se souvient. Janegutt, le petit Jan, est leur passé. C'était il y a dix ans.

Pendant six mois, il a presque été notre... le nôtre.

Varg et Cecilie se donnent rendez-vous quelque part dans Fjellveien.

 

Je regardai par la fenêtre. Les précipitations matinales avaient tout juste été un avant-goût de l'automne. Le soleil de septembre coulait à présent sur la ville comme du miel liquide. La montagne était attirante avec toutes ses nuances de vert, Fjellveien la séparait en deux comme un petit équateur et la météo n'était pas du tout menaçante.

 

« Où, plus précisément ?

On réussira bien à se trouver, non ? »

 

« Entendu. A tout à l'heure. »

Cinq minutes plus tard, j'activai le répondeur téléphonique, verrouillai mon bureau et partis. Je traversai Fisketorget, passai au niveau du Kjottbasar tout en bas de Vetrlidsalmenningen et grimpai l'escalier vers Skansen et la caserne toute blanche qui s'y trouvait. Les premières feuilles jaunies de l'année avaient fait leur apparition mais elles n'étaient pas encore très nombreuses ; le vert dominait toujours. La cour de la maternelle de Skansenparken résonnait des cris joyeux d'enfants occupés à démouler les gâteaux de terre confectionnés dans leurs poêles de dînette. Le dernier couple de pies de l'été jacassait avec force dans un marronnier qui n'avait pas encore libéré ses fruits. Je finis par couper par le petit raccourci vers le Cheval et me retrouvai à l'adresse convenue : dans Fjellveien.

 

La première rencontre entre Varg et l'enfant remonte à 1970. Le petit garçon avait alors deux ans et demi ou trois ans. Négligé par sa mère, il a été pris en charge par la Protection de l'enfance où travaillait Varg et placé dans un foyer.

 

En 1974, Varg retrouve Janegutt : sa mère adoptive, Vibecke Skarnes, l'a laissé seul un moment avec son mari, Svein Skarnes, et le père adoptif gît au pied de l'escalier de la cave, la nuque brisée. L'enfant est prostré, il lâche seulement une phrase : « C'est maman qui l'a fait. »

Janegutt est hébergé au Foyer de Haukedal où Cecilie et Varg sont accueillis par Hans Haavik, le directeur, qui leur a préparé lui-même le repas : un lapskaus assez épais servi avec des tranches de pain de campagne frais et du bon beurre. […] Du chocolat chaud, du café et des gâteaux maison pour le dessert.

 

Quel rôle joue maître Langeland, avocat de la famille Skarnes après avoir été celui de Mette Olsen, la mère biologique de Jan, devenue une épave ruinée par la drogue et l'alcool, à l'image du monde décadent alentour ?

 

Au Foyer de Haukedal, Janegutt est encore immobile et silencieux près de Cecilie, à la même table que la veille au soir : pommes de terre et autres légumes, carbonnades et sauce brune, compote de pruneaux.

« Nous sommes presque une petite famille », dit-elle à Varg.

 

Neuf ans plus tard, Jan Egil vit chez ses nouveaux parents adoptifs. Ils sont retrouvés assassinés. Jan Egil s'enfuit avec Silje, sa compagne, une fille d'une ferme voisine. Ils se retranchent dans un fjord, au milieu d'éboulis peu accessibles. Jan Egil ne veut parler qu'à Varg. Les deux fugitifs se rendent. Qui est le meurtrier ?

 

Onze ans passent encore.

Varg retrouve Silje et son fils Sølve, à peine plus d'un an, le fils de Jan Egil, blotti contre sa mère, rappelant un couplet des Beatles : « Lady Madonna, children at your feet – Wonder how you manage to make ends meet... »

Lennon/McCartney, Lady Madonna, 1968

 

Dès le commencement, les mensonges se sont accumulés les uns sur les autres.

Le criminel à l'initiative de tout le mal n'est révélé que dans les dernières pages d'une manière un peu... surprenante.

Pour Jan Egil, tout est terminé.

 

Par-delà une intrigue tortueuse, piégée, lente, on retiendra une écriture sèche comme un assommoir ou parfois tendre et poétique pour évoquer les paysages, les brumes, l'amour.

Un roman noir, une histoire d'aujourd'hui.

Gunnar Staalesen, L'enfant qui criait au loup – un roman noir

Décembre Nordique, avec Chryssilda !

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 13/12/2016 20:22

je lis un de ses romans, "Le loup dans la bergerie". Je retrouve l'ambiance...

des pas perdus 06/12/2016 18:15

Ah, celui-là, je le note sur mes tablettes comme je vais demain à la bibliothèque... J'espère qu'il n'a pas été censuré par la municipalité social-démocrate !

Lou de Libellus 08/12/2016 10:15

Le grand nord est si loin...

Cryssilda 05/12/2016 20:48

J'avoue que je n'ai fait sur survoler ton billet car, si tout va bien, je vais lire ce roman avant la fin du mois ! Je reviendrai lire ton billet en détail plus tard dans le mois.
Par contre, je n'avais pas tilté que c'était lui qui avait écrit "Le roman de Bergen", que je n'ai pas réussi à lire...

Lou de Libellus 06/12/2016 17:43

Prends ton temps.

 


 
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