A la Une

Assemblée nationale, mardi 7 septembre 2010, 15 heures, discussion du projet de loi portant réforme des retraites : 500 participants selon les organisateurs, 50 selon la machine à cafté.

 

Non, nous ne vous parlerons pas des Maisons de naissance, découvertes en Belgique par France 2, le lundi 6 septembre 2010, au journal de 20 h.
C'était autorisé en France il y a plus de trente ans.
Frédérick Leboyer, Pour une naissance sans violence, Seuil, 1974 ... Michel Odent, Bien naître, Seuil, 1976.

 

Non, nous ne vous parlerons pas de l'Afghanistan où ils (les nôtres) s'entretuent entre eux.

Non, nous ne vous parlerons pas de La Cité du mâle, où les autres ne brûlent pas que des voitures, des gymnases, des écoles. Même Arte n'en parle plus.

Non, nous ne vous parlerons pas des Roms et de leur ami, François Rebsamen.

 

What about a nice game of chess, Professor Falken ?

 

A la Une est une page et non pas un article. On ne peut commenter qu'en Tribune libre.

 

de chinoiseries

Dimanche 21 mars 2010 7 21 /03 /2010 10:04

 

Un gouvernement est toujours le gouvernement du peuple

 

Il y a trois sortes de tyrans : les uns ont le royaume par l’élection du peuple, les autres par la force des armes, les autres par la succession de race.

[…]

Soyez résolus de ne servir plus, et vous voilà libres.

[…]

Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs, les bêtes étranges, les médailles, les tableaux et autres telles drogueries, c'étaient aux peuples anciens les appâts de la servitude, le prix de leur liberté ravie, les outils de la tyrannie. Ce moyen, cette pratique, ces allèchements avaient les anciens tyrans, pour endormir leurs sujets sous le joug.


Etienne de La Boétie,
De la Servitude volontaire,
édition Paul Bonnefon, 1922


Selon Montaigne (qui rajeunit peut-être La Boétie pour attiédir le brûlot), le discours aurait été écrit par manière d’essai, en sa première jeunesse, n’ayant pas atteint le dix-huitième an de son âge, à l’honneur de la liberté contre les tyrans. [soit avant 1548, la première publication complète datant de 1576]

Montaigne, Essais, I, XXVIII


La problématique peut ainsi s’énoncer : comment un peuple d’esclaves peut-il être volontairement soumis à un maître dont la légitimité ne tient qu’à l’autorité donnée par les esclaves eux-mêmes ?

La liberté serait de n’être ni maître ni esclave,

Ni victimes ni bourreaux, Albert Camus in Combat, 1946,

Ni gagnants ni perdants, Noir Désir, 2008.

La Boétie illustre prudemment son propos d’images retenues de l’Antiquité.

En notre temps, celui dont nous n’avons pas encore complètement perdu la mémoire, nous rappellerons l’étude de Wilhelm Reich, La psychologie de masse du fascisme, Massenpsychologie des Faschismus, 1933. Une tyrannie meurtrière et suicidaire ne tient pas à la folie d’un seul, de chacun pris isolément, ni à une infrastructure économique étouffant nécessairement l’humain.

 

Des maires commis d’office par les maîtres de Vichy ont été reconduits dans leurs fonctions par la vox populi et honorés par leurs suivants.

 

Les théâtres, les jeux, les farces, les spectacles, les gladiateurs. Quoi de neuf dans Le Jeu de la mort conçu et réalisé par Christophe Nick ? 81 % des candidats ont volontairement tué un homme (au moins à ce qu’ils croyaient).  Dans l'expérience de Milgram, ils n'étaient que 62,5 %. L’autorité des réseaux médiatiques, l’opinion, l’emporte largement sur celle de la science (vraie ou fausse). Dans Le Prix du danger / Yves Boisset, 1983, d’après Robert Sheckley, The Prize of Peril, 1958, seul le joueur cible se révolte : il est conduit à l’asile.

Christophe Nick, Le Jeu de la mort, présentation


Christophe Nick, Le Jeu de la mort, le spectacle va commencer

 

[d’autres illustrations sont disponibles sur demande]

 

Aujourd’hui, 53,65% des hommes libres et consentants vont confirmer l’anecdote, en s’accordant aux suffrageurs, naufrageurs des temps modernes.

 

Lotophages

 

Tous les gagnants ont participé.

Loterie universelle.

Mémoire de l’oubli.

 

Gauchedecombat s’interroge sur la pertinence d’un geste électoral quand le suffrage est floué par l’exécuteur même, démocratiquement choisi.

Le deuxième tour des élections régionales [le] laisse perplexe... sans voix(e)...

Le seul argument qui pourrait [le] convaincre de voter... serait éventuellement le risque que l’UMP s’allie au FN...

Mais ce coup là, écrit-il, on me l’a déjà  fait en 2002... Et quand on voit ce que cela a donné...

 

Autant s’en remettre à la loterie des algorithmes. Philip K. Dick l’a imaginé, la fiction aujourd’hui…

 

Le dialogue intelligent

 

Le mot est de Daniel Cohn-Bendit au soir du premier grand soir.

 

En Basse-Normandie, PS+Europe Ecologie+Front de Gauche, c’est intelligent. Le partner number one défend le développement du nucléaire, ce qui est défendable dans une région qui ne craint plus rien. Le strapontin de service comprend [c’est le dialogue intelligent] notamment :

- le non-financement par la région du nucléaire dans le domaine de l'énergie

[en bonne intelligence avec AREVA]

- la création d’un service public régional de covoiturage

[enfin une proposition révolutionnaire ! hein ? service-public-régional-covoiturage, qu’est-ce que ça veut dire ? m’enfin ! posez des questions intelligentes !]

Le Front… tête haute !

 

Et tout cela s’est négocié à l’hôtel Best Western Ducs de Bourgogne.
La notion d’hôtellerie à visage humain prend tout son sens chez nous.

Tu comprends, puisque tu es intelligent, qu’aujourd’hui, à moins de 400 la chambrée, tu n’as plus rien. Le prix n’est pas donné pour un salon intelligent.

Et pour en tresser une de plus à celui qui aimait les enfants et cherchait sous les pavés la plage,
une contribution de La Décroissance.

En rappelant nos lectures de jeunesse, au 29e jour du nénuphar, Halte à la croissance ?, collectif, Fayard, 1972

Et notre dette à Des pas perdus, dont le dialogue est vraiment intelligent – ce que c’est de la polysémie et de nous autres pauvres !

 

La révolte ne peut être que désespérée, en chanson.

 

Les plus désespérés sont les chants les plus beaux

C'est dans La Nuit de Mai. Il y a eu un mai 1871.

Pour Bertrand


En remontant le fil

 

De la démocratie directe en temps de crise_03 – Jean-Paul Brighelli est-il un vieux crétin ?

De la démocratie directe en temps de crise_02 – la philosophie au comptoir

De la démocratie directe en temps de crise_01 – La Journée de la jupe

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De l’écologie de pacotille comme piège à cons

Pour le repos liturgique : non au travail le dimanche !

Albert Camus – Caligula

Albert Camus - révolte et an-archie

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Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Mercredi 17 mars 2010 3 17 /03 /2010 11:42

 

Jean-Paul Brighelli


Je m'appelle Jean-Paul Brighelli. Je suis professeur agrégé de lettres et je viens de publier un livre :
La fabrique du crétin, Editeur Jean-Claude Gawsewitch, 2005.

Présentation de l'éditeur

Nos enfants ne savent plus lire, ni compter, ni penser. Le constat est terrible, et ses causes moins obscures qu'on ne veut bien le dire. Un enchaînement de bonnes intentions mal maîtrisées et de calculs intéressés a délité en une trentaine d'années ce qui fut l'un des meilleurs systèmes éducatifs au monde. Faut-il incriminer les politiques, les profs, les parents, les syndicats, les programmes ? En tout cas, la Nouvelle Pédagogie a fait ses " preuves " : l'école a cessé d'être le moteur d'un ascenseur social défaillant. Ceux qui sont nés dans la rue, désormais, y restent. Dès lors, que faire ?


Jean-Paul Brighelli a enseigné en collège (à Neubourg dans l'Eure), en lycée (aux Ulis, puis à Montgeron, à Corbeil-Essonnes, à Montpellier). Depuis 2008, il est professeur de lettres en CPGE au Lycée Thiers de Marseille. Il a été chargé de cours en littérature des XVIIe et XVIIIe siècles à l'ENS-Saint-Cloud et à l'Université Paris-III. Il est membre du jury du Capes externe de Lettres modernes depuis 2005.


Il a publié avec Christian Biet et Jean-Luc Rispail, aux éditions Magnard, en 1981-1983, une collection de manuels scolaires, Textes et Contextes, Anthologie de textes littéraires, dont l’originalité (dans la confrontation de textes anciens et modernes) est reconnue, quel que soit le jugement de valeur ou l’appréciation pratique de chacun.

Chez le même éditeur, la Petite fabrique de littérature, Les petits papiers / Alain Duchesne et Thierry Leguay, La petite fabrique d'écriture / Gérard Vermeersch, la Petite fabrique de l'image / Jean-claude Fozza, Anne-marie Garat, Françoise Parfait, participent des mêmes affinités pédagogiques.


La fabrique du crétin
est dans le procès.

 

Comment l’école est-elle devenue une fabrique de crétins ?


La faute aux nouvelles générations ? Et pourquoi pas à celles qu’on dit de la diversité ? Insoutenable, comme la malheureuse phrase d’Henri Guaino prononcée par Nicolas Sarkozy dans son Discours de Dakar, le 26 juillet 2007 : l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire.


La faute aux parents qui demanderaient de la garderie sociale (selon le mot du Principal, dans La Journée de la jupe) ? Demandons aux parents avant de leur imposer une réponse.


La faute aux professeurs ? tous ? non !

 

Quand l’économie prime l’humain

 


Dans notre société occidentale, inspirée de celle de l’ami américain, ou en voie d’occidentalisation, on se passe des ouvriers ou des employés qualifiés qui ont fait les Trente glorieuses.

Qui a donné le premier coup de pied au cul ?

L’accordéoniste en Haby de soirée, en 1975 ? Le sociologue préféré des Français, à ce qu’il paraît, et ses Sept principes, en 1989 ?

 


Aujourd’hui, on demande une élite et des ilotes, des maîtres d’œuvre et des tâcherons dont les diplômes, les qualifications n’ont aucune importance, pourvu qu’ils aient le geste machinal et cadencé mis en caricature par Charles Chaplin en 1936 et depuis importé dans la fiction quotidienne, le figuré du réel.

 

Charles Chaplin, Les Temps modernes, 1936

 

Et puis encore, dans un monde où l’on a fait table rase des vieux préjugés, la première évidence s’énonce clairement : je consomme, donc je suis. Les Alpha et les Epsilon sont formés à la même école (sauf accident pédagogique). Brave new world !


Oublier l’histoire. On est en 1984.


La crétinisation au principe de la paupérisation, c’est l’échec de l’école. Oh ! ça ne date pas d’aujourd’hui. On ne badine pas avec l’amour est une histoire de cet échec. Aujourd’hui, la loi.

 

Ce que dit Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli sur RMC, mars 2008

 

Ce qu’écrit Jean-Paul Brighelli


Sur La Journée de la jupe

Sur la violence à l’école

Et en banlieue

La Journée de la jupe, à suivre…
 


En remontant le fil

 

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Albert Camus, Le premier homme - une histoire de pluie, de soleil, de poussière et d'amour

 

A suivre…
 

Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Samedi 13 mars 2010 6 13 /03 /2010 01:01

  

Aujourd’hui, chez Roger, ouvert le dimanche, on échange sur les fondamentaux du temps, les 3 E : Environnement, Emploi, Ecole.

[toute ressemblance avec des propos recueillis dans le temps serait naturelle puisque le dialogue tient de la contamination, comme on l’entendait au théâtre de la Rome ancienne]

Alf, librement inspiré par Les Trois Brigands de Tomi Ungerer


Sur l’Environnement

 

_ trois Muscadet ?

_ t’as pas du vin chaud ? pass’ que ça s’réchauff’ pas !

_ sûr ! y nous disent qu’y a un réchauff’ment et nous, on s’les gèle !

_ note, y a un savant qu’a été ministe et même Noël à Cradingue…

_ … c’est où Cradingue ?

_ c’est par là, j’crois… y l’ont dit, et il a dit que plus ça réchauffait plus on avait froid et que c’était tout des conn’ries !

_ et maintenant y nous font la taxe au charbon…

_ … note, le charbon, avec le ramonage, y a que le nu-clé-air qu’est propre, c’est c’que j’dis !

_ ça c’est vrai, et y veulent nous r’mett’ des moulins à la place, moi je dis : et si y a pas d’vent, hein ?

_ oh ! ben là, dame ! Roger, tu nous mets trois Muscadet !

_ sur le vin chaud ?

_ rouge sur blanc, tout fout l’camp, blanc sur rouge, rien ne bouge !

 

Sur l’Emploi

 

_ moi, j’dis : celui qui veut travailler, y travaille !

_ t’as vu les impôts ?

_ moi, je travaille pour rendre service, les impôts, y sav’ pas !

_ tu l’fais au noir ?

_ attention ! c’est pas du travail d’arabe, hein !

_ on n’a mêm’plus l’temps d’aller chasser !

_ moi, si j’étais au gouvernement, tous les bougnoules dehors !

_ note, y en a…

_ … et la r’traite ?!

_ on s’ra tous morts avant…

_ … c’est vrai, ils l’ont dit à la télé, c’est les planètes…

_ … oooh… les planètes, ça existe ? tu y es allé sur les planètes ?

 

Sur l’Ecole

 

_ t’as vu ? y en a un qu’a mis une femme à poil pour sa chanson !

_ c’est politique ! et puis moi, si j’mets Simone dans l’chariot, c’est pas moi qui vais l’pousser, l’chariot !

_ sur Canal, y disait : faut aller à l’école…

_ … dame, moi l’école, c’est toujours pas moi qui y ai fait du mal !

_ t’as Canal, toi ?

_ c’est l’gamin, il est en élétroténique, le prof leur a donné tout l’montage !

[NDL : authentique]

_ et les outils ? y en a du bazar là-d’dans !

_ y l’a pris chez les scouts…

_ … on dit scounts !

_ les profs ! y sont tous communisses et à la r’traite !...

_ … de Russie !

_ toujours, moi, c’est pas les fontionnaires qui vont m’mettre, j’paye pas d’impôt !

_ et la tévéa ?! hein ? tu la payes pas la tévéa ?

_ on s’arrange…

_ … Sarkozy, il a dit…

_ … c’est pas Sarkozy qui va faire la loi, ho ! Roger, tu nous remets !

_ … celui qui veut travailler, y travaille !

_ Roger ! tu m’le mets à 30 et 40 contre 1, c’est pour la r’traite…

_ hé ! les gars ! c’est 11 h !

_ Roger, tu nous fais l’vin d’messe, on a les cahouètes.

 


En remontant le fil


De la démocratie directe en temps de crise_01 – La Journée de la jupe

Damien Saez : « Faut apprendre à lire, Messieurs, faut aller à l’école »

Carrefour-Danone : les escrocs du cœur

De l’écologie de pacotille comme piège à cons

Pour le repos liturgique : non au travail le dimanche !

Albert Camus – Caligula

Albert Camus - révolte et an-archie

Paulo Anarkao - comment vouloir être libre

Albert Camus – Le Malentendu

Albert Camus, Le premier homme - une histoire de pluie, de soleil, de poussière et d'amour

A suivre…


L'Etat, c'est le plus froid de tous les monstres froids, il ment froidement et voici le mensonge qui rampe de sa bouche : Moi, l'Etat, je suis le peuple.
Friedrich Nietzsche, Ainsi parlait Zarathoustra, I, De la nouvelle idole, trad. Henri Albert, 1898


Hélas, que ne comprenez-vous ma parole :
Faites toujours ce que vous voudrez, mais soyez d'abord de ceux qui peuvent vouloir !
Friedrich Nietzsche , Ainsi parlait Zarathoustra, III, De la vertu qui rapetisse, trad. Henri Albert, 1898
 


Appendice

 

Vendredi 12 mars 2010, 21 h 40, TF1, Les Enfoirés… La crise de nerfs !

Concert enregistré !!! minimum risk… au Palais Nikaia de Nice, ville réputée pour ses pauvres.

_ pourquoi regarder ?

_ parce que c’est une information.

_ pourquoi éteindre à 21 h 40 ?

_ parce qu’il y a des bornes aux limites.


Un tel déploiement de gaspillage est scandaleux !


Les artistes peuvent être bénévoles (hors les faux frais, le camping à Nice, même en cette saison, n’est pas donné).

Et les autres ? techniciens de la lumière et du son (salut les tarés de la manette !), machinistes, maquilleurs, manœuvres du spectacle, on espère qu’ils ont droit à une piécette du coffre.

Oui, on a craqué devant le coffre. Un gros accessoire dans le décor.

On s’attendait à en voir sortir les repus du coffre conspués par ceux qui ont le ventre creux.

Deux bonnes femmes s’y nichaient.

C’est pas du Jean-Baptiste Mondino/Damien Saez et c’est là que peut-être on voudra bien comprendre.


Le coffre


Je ne le chiffre pas à moins de 100.000 euros, en comptant les matières premières, le prélèvement des matières, le transport, la transformation, la fabrication du chose, son enlèvement vers le plateau, son installation, sa désinstallation, son recyclage.
Tout cela étant déclaré, pour le bénéfice du budget de l’Etat qui est déficitaire dès qu’il reçoit un appoint, on comprendra qu’il serait plus court pour l’Etat-comme-ils-disent et plus juste de donner immédiatement à ceux auxquels pensait Michel Colucci, ceux auprès desquels sont les Les Enfants de Don Quichotte et pas que.


Musique !


6guy’s, Ton regard

Des enfants d’Higelin ? pas loin…

Les 6guy's (Sex guys ?) sont ICI sur écoute et , si vous voulez les voir sur une grande scène une fois belge.
 
Par lou - Publié dans : de chinoiseries
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Mardi 9 mars 2010 2 09 /03 /2010 23:23

 

Les proscrites


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/mondin10.jpg   

http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/mondin11.jpg
Jean-Baptiste Mondino / Damien Saez

 

J’accuse


Damien Saez, J’accuse, 2010

 

En images


Damien Saez, J’accuse, clip, 2010

 

Damien Saez sur France Inter, le 5 mars


Damien Saez, Interview, France Inter, 5 mars 2010

 

Damien Saez sur Canal+, le 8 mars


Damien Saez, Interview, Canal+, 8 mars 2010

 

Des femmes nues depuis l’origine du monde


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/courbe10.jpg
Gustave Courbet, L'origine du monde, 1866, Musée d'Orsay


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/ducham10.jpg

Marcel Duchamp, Etant donnés : 1° La Chute d'eau, 2° Le Gaz d'éclairage, 1946-1966, œuvre inachevée, Museum of art, Philadelphie


Krys, Tenue de soirée, 2008

 

Deux lettres de Damien Saez

 

Allo Paris bonjour tristesse.

Notre photo, une femme nue dans un caddie, utilisée comme visuel de notre album et comme affiche de concert, a été interdite dans les couloirs des métros et sur les kiosques à journaux.

Dans une seconde étape, une autre affiche textuelle signifiant cette interdiction l’a été à son tour par tous les réseaux publicitaires, méprisant ainsi et la liberté de l’art et la liberté d’expression.

Une femme nue dans un caddie, outrage aux mœurs du commerce ? Remise en question du système ? Droit d’informer ?

Quel crime avons-nous donc commis ? Cette interdiction aurait pour but, qu’ils disent, de protéger l’image de la nature humaine, j’en doute. Mais protéger l’image du caddie ? Ca c’est certain. Les publicistes portant le drapeau de la nature féminine... Faites-moi rire... Une chose est sûre, les caddies valent plus que les hommes dans nos pays.

Quand les bureaux du commerce prennent des allures d’entrée de boites de nuit, quand la ségrégation outre raciale en devient culturelle, la honte grandit.

J’ai honte pour ces gens, honte pour mon pays, honte pour ce qu’il est devenu, honte pour cette

auto-censure que la société s’inflige à chaque fois qu’elle ouvre sa bouche. Et dire que nous étions d’avant-garde un jour...

Alors que le vulgaire à outrance et les illégalités font rage sur chaque devanture et dans ces mêmes couloirs de métro, alors que nous vendons nos chairs, à tort et à travers, pour n’importe quel inutile qu’il faudra vendre aux enfants, alors que la femme n’a jamais été autant méprisée dans sa qualité d’être humain autre que celle d’être une chatte béante dans laquelle on refourgue tous les artifices du nouveau monde, voilà que les petits capos voient de l’outrage quand le féminisme est à son expression la plus pure.

Mais quelle est cette douleur qui fait si mal dans les p’tits slips des p’tits capitalistes d’arrêt de bus ?

Les miroirs feraient-ils donc si peur à ceux qui n’aiment pas leur visage ?

D’abord une photo, puis des mots....

Dis quand viendra le temps où nous reverrons la liberté ailleurs que sur nos billets de banque ?

Cet album que nous sortons est l’œuvre de deux ans de travail, d’écriture, de production, de musique, de réflexion, d’argent et surtout de temps. Un art populaire mis à mal par les pilleurs de tombeaux que sont tous les vendeurs de câbles en tous genres.

Je suis parti des majors company pour ne pas finir en abonnement téléphonique, en sonnerie de portable vendue à des crétins.

Bien sûr on est blasé de tout, bien sûr on ne s’étonne plus de rien, bien sûr ça n’est pas grand’chose, qu’une photo aujourd’hui, quoi demain ?

Bien sûr je continuerai à être libre, bien sûr qu’on galère tous à faire nos courses, bien sûr qu’il y

a toujours plus grave, bien sûr, bien sûr...

Mais les symboles sont là pour stigmatiser très souvent des maux bien plus profonds, et les choses sans grande importance à première vue cachent souvent des forêts qui le jour où elles prennent feux font bien plus de dégâts que la liberté.

Damien Saez, Lettre, 5 mars 2010

 
---


Ils sont forts quand-même ou quand le plaignant est jugé coupable.

Faites entrer l’accusé !

Avis du jour,

puisqu’il faut du surlignage à cette société :

OUI CETTE PHOTO EST UNE LUTTE CONTRE LA PROSTITUTION LÉGALISÉE DE L’ÊTRE HUMAIN DONT LES PUBLICITAIRES SONT LES MAQUEREAUX.

 

ALLO CERVEAU J’APPELLE NEURONES !!!!

Premièrement :

Je pense que seul un illettré ne comprendrait pas cette affiche et qu’elle n’est que le miroir de ce que les publicitaires et par extension les médias dans leur immense majorité (puisqu’ils sont tous les salariés indirects des spots de pub passés sur leurs supports) veulent faire de nous et de nos enfants et que, par conséquent, cette affiche n’avait pour but que de réveiller quelques consciences et quelques féminismes bien éteints de nos jours ; je suis néanmoins heureux qu’elle suscite une telle réaction chez certaines associations même si je trouve tellement triste qu’on ne les entende jamais concernant les 99% des publicités qu’on inflige à leurs enfants.

Vous comprendrez également mon étonnement de savoir que certaines de ces associations décident d’être du côté du macro plutôt que de celui de la prostituée, quel paradoxe d’être taxé de sexiste et de proxénète quand on dénonce la prostitution même, et bien plus que celle des corps de nos frères et de nos frangines, celle de nos âmes et de nos cerveaux, tout ceci est décidément un bien triste bilan de santé de notre société.

Bientôt ceux-là même que tu défends vont t’attaquer en justice, c’est pas beau ça !

Oui bientôt la photo d’un oiseau dans le mazout sera interdite car elle sera suspectée d’être propagande, non pas contre mais pour les sociétés pétrolifères... tout ça me fait rire et c’est pas peu dire de nos jours.

Utiliser l’image de la femme à tort et à travers pour vendre tout ce qu’on peut : des soutifs au fromage, des magazines pour illettrés ou du showtime à la télé, non ça, ça n’est en rien dégradant, mais la prendre en photo pour dénoncer cette société qui voudrait que l’Homme ne soit rien de plus que de la viande dans un caddie, halte là !

Cachez ce sein que je ne saurais voir !

 

Deuxièmement :

Et si elle était habillée ?

Et si c’était un homme ?

Et si c’était une femme libre sur un parking, magnifique au soleil que j’avais prise en photo et qui aurait accepté d’être l’icône photographique de mon album ?

Et si c’était ma sœur ?

Ou ma femme peut-être voulant elle aussi lutter à sa manière ?

Bien des questions qui ne mènent qu’à une seule réponse : liberté.

Le reste n’est que tartufferie et intégrisme économique.

A l’image de ce que cette société devient, un cul perdu entre des millions de chaises, ces gens-là même qui ont détruit depuis des décennies l’image de la femme donc celle de l’humain tout entier, ces gens-là vont me donner la leçon au nom de l’Homme, ah... si j’avais vendu des strings au lieu de critiquer Dieu consommation...

Moi, j’ai depuis plus de dix ans combattu ma propre publicité, et je n’ai pas besoin de censure comme publicité n’en déplaise à certains, je ne suis jamais allé me vendre à la criée sur les canaux à merde qui vous assiègent secondes après secondes sur tous les écrans, et plus important je n’ai jamais mis une gamine de 14 ans pour vendre un cornet d’glace, à la vanille bien sûr....

Ne voyez pas dans cet écrit une justification à ma liberté qui n’en nécessite aucune mais juste une dernière mise au point sur ce sujet, le pouvoir n’est plus dans les mains du peuple il est dans les câbles et les concubinages consanguins de tout ce joli monde qui fait la merde qu’on achète.

Après tout qu’importe, qu’elle soit interdite ne m’étonne pas tant que ça, ça fait longtemps qu’ils ont gagné et qu’on leur a donné notre cul, à croire qu’on aime tellement ça.

Quelle tristesse !

Définitivement, J’ACCUSE !

Je vous souhaite une bonne journée mesdames.

Damien Saez, Lettre, 8 mars 2010



Bonus


La femme en sac dans le caddie, la femme en sac dans le caddie, la femme en sac dans le caddie… on l’a vue… allo, cerveau, j’appelle neurones !!!

_ ici, Alf…


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/edward10.jpg
Edward Kienholz, The Illegal Operation, 1962


Alf
était plutôt branché sur le flipper que sur le sac, allez savoir pourquoi !


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/edward11.jpg
Edward and Nancy Kienholz
, Bronze Pinball Machine with Woman Affixed Also, 1980

 


Anecdote

 

L’affiche est de Jean-Baptiste Mondino, je ne l’ai pas souligné pour rien. Jean-Baptiste Mondino est photographe et cinéaste, auteur de clips pour Alain Bashung.

Dans un article sur les Victoires de la musique 2009, c'est-à-dire la cérémonie où l’on donne des victoires à la chanson française, je m’étais plu à souligner que les meilleurs honorés ou nominés n’étaient pas Français de lointaine origine – manière de rappeler qu’avant de jeter les étrangers à la mer… J’avais bien sûr insisté sur la désinvolture de Bashung qui n’a même pas ôté son chapeau pour saluer et de Saez, qui n’a pas salué du tout.

Mes lecteurs ont lu sans faute, mais quelques illettrés méconnus sont venus se faire connaître en commentaire, même pô peur.

C’est vrai, Damien, faut apprendre à lire, faut aller à l’école, pour apprendre… c’est une histoire … à suivre…


Références

 http://www.saez.mu/
 
Par Alflelou - Publié dans : de chinoiseries
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Dimanche 7 mars 2010 7 07 /03 /2010 11:03

 

 

http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/carref10.jpg


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/carref11.jpg
 

Largué, je suis !
On me prête, à tort, preuve qu'on ne prête pas qu'aux riches, le sens de l'humour.
On me prête, à tort, preuve qu'on ne prête pas qu'aux riches, le sens du second degré (ce qu'on appelle l'ironie).
Là, je n'ai jamais eu l'idée d'un pareil canular.
Flétri, je suis !

Darrefour
14 janvier 2010
Chiffres d’affaires 2009 et T4 en progression, soutenus par les marchés de croissance
CA TTC 2009 : 96,2 Md d’€, +0,9% hors essence et à changes constants
CA TTC T4 2009 : 26 Md d’€, +1,0% hors essence et à changes constants
Bonne exécution et premiers résultats du plan de transformation « En Avant !»
Objectifs 2009 atteints

Canone / Yes ! we Can ! number one !

Accélération de la croissance des volumes
et du chiffre d’affaires au 3ème trimestre 2009
Objectifs 2009 confirmés

Intermède ludique

Quelle distance sépare le pis de la laitière de votre assiette ?

[réponse infra]

 

Mon témoignage, à c't'heure d’hier soir

Je reviens du Super U - ça pourrait être Darrefour ou un autre.

A l'entrée, il y a les bénévoles des Restos du cœur.

Je vais faire ma B. A. du jour
[est-il généreux, ce Lou ! et il ne s’en vante pas !], j'achèterai des produits "Bien Vu". Les produits "à petit prix", au moins en alimentation, passent aussi bien à la cuisine. Je peux faire un caddie pour l'équivalent de mon panier. Si je dépense plus pour moi, c'est pour faire gagner plus à Super U [est-il solidaire en temps de crise, ce Lou ! et modeste !].

Je suis scandalisé !

Ca m'arrive encore, en province on ne nous dit pas tout.

Rayon poissonnerie, je demande des coquilles Saint-Jacques. C'est toujours bien (tant qu'on supporte les métaux lourds et les rejets de polluants radioactifs), ça vient de nos côtes - autrement, ce ne sont pas des Saint-Jacques, ce sont de vagues Chlamys (on notera au passage que la Chlamydia, simple assonance, est une bête qui provoque des maladies vénériennes graves). Et puis je suis un peu moins pauvre que ceux qui vont aux Restos du cœur, preuve : l'ordinateur qui me permet de publier cette page sur un site payant grâce à une connexion internet payante, en somme tout ce qui vous permet de lire ces quelques lignes, sur votre connectée machine.

On est samedi soir, 19 h.

Dans la conversation qui s'engage entre les quelques-uns de nous, les clients, et la vendeuse, on apprend que tout le "frais" qui n'est pas vendu, et qui ne sera plus frais lundi prochain, passe à la poubelle !

_ ça pourrait aller au rayon "traiteur", une fois cuisiné, ça se garde un peu plus...
_ ils pourraient surgeler et cuisiner plus tard...
[la vendeuse] _ non ! même nous, on n'a pas le droit !
[entendez : pas le droit d'emporter gratuitement plutôt que de jeter, même pas d'emporter à un prix réduit]
et c'est pareil à la boulangerie, et j'ai travaillé chez bling-bling (plats cuisinés du jour), des fois, il y avait des palettes entières, même pas entamées, qui partaient à la benne, et on ne pouvait pas y toucher.

Nous sommes tous (enfin, on était cinq) scandalisés.

Dehors, les "Restos du cœur" sont au courant, un peu sous le coup d'une fatalité... c'est vrai : que peuvent-ils faire ?

Je laisse mon chariot
[oui, on a compris, discret et charitable, ça va !], avec un euro à la clé, la part du pauvre.

Raymond Devos, Le Mille-feuille, in A tort ou à raison, 1973


http://www.carrefour.fr/Site%20carrefour/System/resources/img/logo/logo_carrefour.png

Alf nous prépare un dessin,
mais il patauge dans le yaourt, il gratte sur un papier




et ça déchire !

http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/darref10.jpg
Alf


On note ici qu’Alf, non seulement rédacteur associé de Libellus mais également fidèle lecteur, a bien retenu
la logique des chasseurs : avant de réguler, il faut dérégler. Au libéral safari, cela donne : avant de secourir les pauvres, il faut les fabriquer.


Quand un groupe d’affaires met « En Avant !» son plan de transformation et annonce « Objectifs 2009 atteints » [cf. supra], on en conclut que les licenciements sont prioritaires dans les objectifs, ce qui n’est pas en contradiction avec la progression du chiffre – c’est un des glorieux mystères de l’église [du grec ancien via le latin : assemblée] libérale et romaine [étymologie : ils sont fous ces Romains].


Un article avec le logo, c’est une publicité gratuite. Une contre-publicité est une publicité. Est-ce clair ?


Commentaires sur un site relais


Et une de plus qui participe

Ecrit par : *** | 05.03.2010


C'est fait!

Bon WE!

Ecrit par : *** | 05.03.2010


Moi, ça y est, c'est fait ;)

Ecrit par : *** | 05.03.2010


je n'arrive pas à l'insérer ainsi as tu le code html ?

Ecrit par : *** | 05.03.2010


Je ne comprends pas comment un article sur un blog peut générer 10 repas ?? Faut vraiment que l'économie soit devenue folle et que la valeur du travail ai perdu tout son sens pour en arriver là

Ecrit par : *** | 05.03.2010


Il y a des choses qui sont sans doute incompréhensibles..

Mais si c'est un canular, il est de mauvais goût avec toutes ces personnes qui n'ont pas de quoi se nourir correctement..

Dans le doute, j'ai fait et je préfère faire trop que pas assez, tout en sachant que Carrefour est une entreprise qui casse ses propres employés...

Ecrit par : *** | 05.03.2010


La dernière a compris, mais il faut montrer son bon cœur à la face du monde de la toile – ce que fait le Lou - avec un minimum (social) de dérision.


[on ne peut pas retrouver le site à partir des commentaires, j’ai vérifié, la critique, oui, la délation, non]


[[[j’envoie un article avec le logo Buchenwald Inc., avec ça ils distribuent 10 repas au foyer des errants, je sais qu’ensuite ils les liquident mais… j’en fais trop là ?]]]



 

[réponse à l’intermède ludique]

 

http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/interm10.jpg 

Par Alflelou - Publié dans : de chinoiseries
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