Samedi 22 mars 2008 6 22 /03 /Mars /2008 21:03

Un moine demanda à maître Feng hsueh : "Si parole et silence sont tous deux irrecevables, comment passer outre ?"

Feng hsueh répondit : "Je me rappelle encore le Sud du Fleuve au troisième mois, le cri des perdrix et le parfum de cent fleurs."

Feng sueh (896-973)

Par jdm - Publié dans : de chinoiseries
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Commentaires

Tu m'étonnes!
Commentaire n°1 posté par Fab de l An Mil le 27/03/2008 à 23h22
Je reviens là. Je ne trouvais pas les mots hier quand je suis passée lire chez toi. C'est pas très certain remarque que je les trouve mieux ce matin. Mais ces toutes petites phrases en disent tellement long sur la poésie que je ne résiste pas. Ca va faire un peu "explication de texte", je sais, mais tant pis, ça me fait plaisir : ).

Quand il n'y a rien à dire, quand le sens échappe, quand on a le doigt sur le mystère, il n'y a que la poésie. Elle (pas elle seule, mais presque ) peut parler à mi-dire, entre, un sens nouveau parfois en naît. Personnel toujours d'abord. Elle ouvre en deux les questions, au bon endroit, pour peu que le poète soit bon et alors il en émerge, non pas une réponse, certainement pas une vérité, mais une question nouvelle, un peu plus loin. Si on cherche la logique, on entend bien qu'on se heurte à un impossible. La réponse du "sage" ne pouvait être qu'entre les deux, ni silence, ni explication parlée. Je ne vois que la poésie (et la psychanalyse ) pour tenir compte de l'impossible, de la butée du réel (je ne parle pas de réalité). De l'endroit où ça se casse le nez, où ça ne peut être exprimé. Parce que le langage est fait comme ça, il ne nous permet pas d'exprimer tout et nous sommes fait de langage bien plus qu'il est notre outil.
Et là où j'en mets une tartine, Feng Sueh tire une seule flèche, une seule phrase, et j'en reste béate d'admiration.
Commentaire n°2 posté par Idothée le 31/03/2008 à 08h37

Une belle lecture, Idothée !

Un moine demanda : "Les montagnes, les rivières, la grande terre, d'où viennent toutes ces choses ?
Maître T'ien t'ai répondit : "De l'endroit même d'où vient ta propre question."

Les nuages blancs sont clairs et tranquilles, les rivières s'écoulent vers la mer bleue. Les myriades de choses sont originellement pacifiques, seuls les hommes s'ingénient à se fabriquer eux-mêmes leurs propres tourments.
Yuan wu

Réponse de jdm le 31/03/2008 à 12h46

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