Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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22 mars 2008 6 22 /03 /mars /2008 22:47
 
 

 

 




En 1964, John Lennon compose A Hard Day's Night (en compagnie de Paul McCartney) et In His Own Write, publié chez Jonathan Cape, London, un recueil de poèmes où il joue avec le mot, the sound of the word, comme il le dit dans un entretien avec Peter Lewis, BBC 2, le 6 juin 1968.






About the Awful

I was bored on the 9th of Octover 1940 when, I believe, the Nasties were still booming us led by Madalf Heatlump (Who only had one). Anyway, they didn't get me. I attended to varicous schools in Liddypol. And still didn't pass-much to my Aunties supplies. As a memebr of the most publified Beatles me and (P, G, and R's) records might seem funnier to some of you than this book, but as far as I'm conceived this correction of short writty is the most wonderfoul larf I've ever ready.
God help and breed you all.
[4è de couverture]

A Hard Day's Night (1964), extraits du film de Richard Lester, 1964.

 

 

 


Paul présente, en Introduction, les textes de John :

[...]
None of it has to make sense and if it seems funny then that's enough.
P.S. I like the drawings too.














Deaf Ted, extrait de In His Own Write, en images d'époque

 

 
et dans le texte

Deaf Ted, Danoota, (and me)
Thorg hilly gove and burly ive,
Big daleys grass and tree
We clobber ever
gallup
Deaf Ted, Danoota, and me.

Never shall we partly stray,
Fast stirrup all we three
Fight the battle mighty sword
Deaf Ted, Danoota, and me.

With faithful frog beside us,
Big mighty club are we
The battle scab and frisky dyke
Deaf Ted, Danoota, and me.

We fight the baddy baddies,
For colour race and cree
For Negro Jew and Bernie
Deaf Ted, Danoota, and me.

Thorg Billy grows and Burnley ten,
And Aston Villa three
We clobber every
gallup
Deaf Ted, Danoota, and me.

So if you hear a wonderous sight,
Am blutter or at sea,
Remember whom the mighty say
Deaf Ted, Danoota, and me -
(sometimes we bring our friend, Malcolm.)

---

John Lennon connaissait Lewis Carroll et reconnaissait y avoir trouvé son inspiration.
(entretien avec Peter Lewis, déjà cité)

Jabberwocky
, in Lewis Carroll, Through the looking-glass (Ce qu'Alice trouva de l'autre côté du miroir)

'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe

"Beware the Jabberwock, my son!
The jaws that bite, the claws that catch !
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!"

He took his vorpal sword in hand
Long time the manxome foe he sought
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And, as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came!

One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack!
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.

"And, has thou slain the Jabberwock ?
Come to my arms, my beamish boy !
O frabjous day! Callooh! Callay !'
He chortled in his joy.

'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

...

[Alice demande au Gros Coco]

_ Voudriez-vous être assez aimable pour m'expliquer ce que signifie le poème "Jabberwocky" ?
_ Récite-le moi. Je peux expliquer tous les poèmes qui ont été inventés jusqu'aujourd'hui..., et un tas d'autres qui n'ont pas encore été inventés.
Ceci paraissait très réconfortant ; aussi Alice récita la première strophe :

Il était grilheure ; les slictueux toves
Gyraient sur l'alloinde et vriblaient
Tout flivoreux allaient les borogoves
Les verchons fourgus bourniflaient.

_ Cela suffit pour commencer, déclara le Gros Coco. Il y a tout plein de mots difficiles là-dedans. "Grilheure", c'est six heures du soir, l'heure où on commence à faire griller de la viande pour le dîner.
_ Cela me semble parfait
[...]

(trad. Jacques Papy, Jean-Jacques Pauvert, 1961)

---

Dans l'entretien de 1968, Peter Lewis demande à John :

_ A lot of people wrote about your book and said "Oh! James Joyce, Edward Lear" and so on. What did you think when they said that ?
_ Well, when they said James Joyce I hadn't... I must have come across him at school but we hadn't done him like I remember doing Shakespeare and remember doing so-and-so. I remember doing Chaucer a bit, or somebody like him doing funny words. But I don't remember Joyce, you see. So, the first thing they say... "Oh! He's read James Joyce", you know... So I hadn't. And so the first thing I do is buy Finnegans Wake and read a chapter. And it's great, you know, and I dug it, and I felt as though he's an old friend. But I couldn't make it right through the book, and so I read a chapter of Finnegans Wake and that was the end of it. So now I know what they're talking about. But I mean, he just went... he just didn't stop, you know. Yeah.

De fait, la langue improbable forgée par Joyce n'a pas la même fonction que le texte, a little funny, de Lennon (à suivre...).

 

 









En 1965, John Lennon publie, dans la même veine et encore chez Jonathan Cape, A Spaniard in the Works.







L'illustration en couverture joue avec le titre, spaniard / spanner, une clef pour l'assemblage (ou le démontage) des constructions verbales de l'auteur.

A la recherche des ancêtres dans une généalogie du dire, sans remonter à l'idiome primitif imaginé par Anthony Burgess (in La Guerre du feu, 1981), ni même à la Tour de Babel, où le désordre se fit dans le langage jusqu'alors commun (Genèse, 11, 1-9), on rencontrera, près de nous et tout près de notre jardin, Maître Alcofribas Nasier, qui signait aussi François Rabelais, et nous propose, dans Le Quart Livre des faicts et dicts heroïques du bon Pantagruel (Michel Fezandat, 1552), au chapitre XV (Comment par Chiquanous sont renouvelées les antiques coustumes des fiansailles) :

[...]
Loyre se plaignoit de ce que le Record debradé luy avoit donné si grand coup de poing sus l'aultze coubté, qu'il en estoit devenu tout esperruquancluzelubelouzerirelu du talon.
Mais (disoit Trudon cachant l'oeil guausche avecque son mouchouoir, & monstrant son tabourin defoncé d'un cousté) quel mal leurs avoys ie faict? Il ne leurs a suffi m'avoir ainsi lourdement morrambouzevezengouzequoquemorguatasacbacguevezinemaffressé mon paouvre oeil: d'abondant ilz m'ont defoncé mon tabourin.
[...]
La nouvelle mariée pleurante rioyt, riante pleuroyt, de ce que Chiquanous ne s'estoit contenté la daubbant sans choys ne election des membres: mais l'avoir lourdement deschevelée d'abondant luy avoit trepignemanpenillorifrizonoufressuré les parties honteuses en trahison.

Nous vous recommandons également le prologue et le chapitre LVI (Comment entre les parolles gelées Pantagruel trouva des motz de gueule).

---

En 1967, paraissait Sgt. Pepper's Lonely Hearts Club Band, Lucy in the Sky with Diamonds.
En 1968, Victor Spinetti adaptait In His Own Write au théâtre. Les représentations s'ouvrirent le 18 juin, à l'Old Vic.
Cette année-là, Yellow Submarine de George Dunning s'affichait sur les écrans.

 




*crossover 2008 - allegretto giocoso*


[...]
Il s'agit d'évoquer, cette fois, une oeuvre mettant en lien, de quelque manière que ce soit, littérature et musique.


to be cuntinude
next weakend or another
au l'onde de l'errerevie

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Lou de Libellus jdm - dans de litterrance
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commentaires

nyko 14/04/2008 18:42

Merci pour cet article très instructif et passionnant.

jdm 14/04/2008 20:36



Merci de ton petit mot, Nyko.
J'ai vu chez toi Nick Cave & The Bad Seeds, Nine Inch Nails et je laisserai un message sur Herbie Hancock.
Bienvenue au club :)



sylvie 14/04/2008 16:07

pas mal de choses que je ne connaissais pas non plus; merci donc pour ce post, et toutes ces vidéos réunies. un vrai plaisir.

jdm 14/04/2008 16:39



Tout le plaisir, Sylvie, est de ta visite :)



Thom 08/04/2008 19:56

Je suis là, je suis là, mon ami. Je veille au grand crosseverien, silencieusement mais sûrement. J'attends "Finnegans Wake". Joyce sur la blogosphère, ah...ça va avoir de la gueule :-)

jdm 08/04/2008 21:59



Finnegans wake est en sommeil...
... un comma...



Laiezza 03/04/2008 09:10

Merci pour les liens, jdm ! Je vais les commander !

Fab de l An Mil 02/04/2008 23:03

Ben je t'en prie, mon cher jdm. C'est plutôt moi qui suis flatté de te savoir lecteur fidèle.Mais pourquoi tu commentes jamais? Va falloir mettre ça au clair entre 20 doigts!Non mais quoi, qui c'est qui commente, ici?

jdm 03/04/2008 16:02



Fab, j'attends simplement, par courtoisie, ta contribution au crossover ;)



Laiezza 29/03/2008 09:22

Je dirai : bravo jdm ! C'est passionnant ! Je ne connaissais rien de tout ça (à part le film de Lester, comme tout le monde).Est-ce qu'A Spaniard In The Works se trouve encore, aujourd'hui ?

jdm 29/03/2008 15:22



Laiezza,
oui, on peut trouver In His Own Write (le premier recueil) et A Spaniard in the Works (le second)

ici ou là ou là encore là, et il y en a bien ailleurs.

En neuf, c'est d'un coût raisonnable, en "d'époque" ou même en 'reprint'... c'est un luxe qui fait regretter d'être venu(e) trop tard dans un monde trop marchand ;)

Tu savais qu'en passant, tu prenais le risque d'être dans mes 'blinks' ?
A bientôt.



Fab de l An Mil 27/03/2008 23:23

Félicitations pour ton nouveau blog, jdm.J'ai ce livre. Mais traduit en français. C'est une pitié.

jdm 29/03/2008 01:37



Fab, je te remercie de tes (premiers) commentaires.
Je dois être le lecteur le plus assidu et le moins commentant de tes chroniques...
I play guiltycklish.
En t'inscrivant dans mes liens, j'espère que d'autres, meilleurs, feront le voyage et le séjour chez toi,
à bientôt.



Laurence 26/03/2008 20:12

alors? Il vient ce billet du Crossover? ;-)

jdm 29/03/2008 01:37



Laurence, sourry for the dealay...
il y avait quelque délicatesse à mettre au point avec la prod et mes associées qui occupaient sauvagement le bureau depuis une semaine.
J'ai lancé une négociation généreuse : 1 crayon, 1 gomme, une ram(e) en papier, en échange du clavier.
Nous sommes parvenus à un accord constructif quand j'ai annoncé mon projet de réforme de la RTT, renommée ATT, dans un contrat à peu près aussi lisible qu'un projet de constitution
européenne.
Done !
You're in my blinks ~~~
Your move ;)



 


 
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