Jeudi 10 avril 2008
4
10
/04
/2008
23:47
Alphonse, Alfred, James, Michel et Raymond...
Commençons en musique –
Alphonse Allais, Marche funèbre composée pour les funérailles d'un grand homme
sourd, 1883.
La partition, pour les techniciens -
Une œuvre picturale du compositeur, en contrepoint -
Première communion de jeunes filles chlorotiques par un temps de neige, octobre
1883 [détail].
Alphonse Allais était au fait des Gestes et opinions du docteur Faustroll, pataphysicien (recueil achevé par Alfred Jarry en 1898, publié en 1911, en hommage
posthume).
Ecoutons le père (d')Ubu –
Alfred Jarry, Charles Pourny, Claude Terrasse (musique), Chanson du décervelage, 1896 [extrait (in 'Pataphysics, Sonic Arts Network, 2005, enregistré en 1951 par le chœur du Collège de 'Pataphysique)].
Alfred Jarry a tracé la voie vers Ulysses et Finnegans wake, James Joyce connaissait bien Jarry et le
rappelle dans Finnegans par des références fugitives et avec le personnage de Shem.
Finnegans wake en musique est au programme…
Pendant l'entracte, écoutons une composition de Luciano Berio, inspirée d'un fragment d'Ulysses (au commencement du chapitre XI, où chantent les Sirènes) -
Luciano Berio, Thema (Omaggio a Joyce), 1958, int. Cathy Berberian [extrait (in Many More Voices)].
György Ligeti aurait bien orchestré l'œuvre de Joyce – il y a trouvé des résonances à son choix de la micro-polyphonie, mais la langue de Joyce, n'est-ce pas…
Michel de Ghelderode était plus proche (et nous ne nous éloignons pas dans notre bal[l]ade, Ligeti traitant les voix par la déconstruction
du langage et de la rhétorique avec l'humour d'Alfred Jarry et dans l'esprit de la 'Pataphysique) –
Ligeti, Le Grand Macabre, 1974-1977, ORF-Symphonie-Orchester, dir. Elgar Howarth, d'après La Balade du Grand Macabre, 1934 [extrait].
Ghelderode, disait Cocteau, c'est le diamant qui ferme le collier de poètes que la Belgique
porte autour du cou. Ce diamant noir porte des feux cruels et nobles. Ils ne blessent que les petites âmes. Ils éblouissent les autres.
Faustroll a créé la 'Pataphysique et inspiré Jarry. De l'inventeur au Transcendant Satrape Raymond Queneau, quelques lustres, un peu
d'imagination et une trame qui file en gidouille –
Si tu t'imagines, poème de Raymond Queneau mis en musique par Joseph Kosma (1949 – pour
l'interprétation de Juliette Gréco), ici chanté par Mouloudji, 1951 [extrait].
*crossover 2008 – least but not last*
[...] Il s'agit d'évoquer, cette fois, une oeuvre mettant en lien, de quelque manière que ce soit, littérature et musique.
Par jdm
-
Publié dans : de litterrance
6
-
Recommander
si vous le dites