Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

Recherche

l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

3 mai 2008 6 03 /05 /mai /2008 03:44
 

Brobdingnagian Bards, The Ballad of Tim Finnegan, traditional.

Finnegan's Wake

Tim Finnegan lived in Walkin' Street,
A gentleman Irish mighty odd;
He had a brogue both rich and sweet,
And to rise in the world he carried a hod.
Now Tim had a sort of a tipplin' way,
With a love of the whiskey he was born,
And to help him on with his work each day,
He'd a drop of the craythur every morn.

Chorus

Whack fol the dah O, dance to your partner,
Welt the floor, your trotters shake;
Wasn't it the truth I told you,
Lots of fun at Finnegan's wake !

One mornin' Tim was feelin' full,
His head was heavy which made him shake;
He fell from the ladder and broke his skull,
And they carried him home his corpse to wake.
They rolled him up in a nice clean sheet,
And laid him out upon the bed,
A gallon of whiskey at his feet,
And a barrel of porter at his head.

Chorus

His friends assembled at the wake,
And Mrs. Finnegan called for lunch,
First they brought in tay and cake,
Then pipes, tobacco and whiskey punch.
Biddy O'Brien began to bawl,
"Such a nice clean corpse, did you ever see ?
"O Tim, mavourneen, why did you die?"
"Arragh, hold your gob," said Paddy McGhee !

Chorus

Then Maggie O'Connor took up the job,
"O Biddy," says she, "You're wrong, I'm sure",
Biddy she gave her a belt in the gob,
And left her sprawlin' on the floor.
And then the war did soon engage,
'Twas woman to woman and man to man,
Shillelagh law was all the rage,
And a row and a ruction soon began.

Chorus

Then Mickey Maloney ducked his head,
When a noggin of whiskey flew at him,
It missed, and falling on the bed,
The liquor scattered over Tim!
The corpse revives ! See how he raises !
Timothy rising from the bed,
Says,"Whirl your whiskey around like blazes,
Thanum an Dhoul! Do you think I'm dead ?"

Chorus

***

James Joyce, Finnegans wake,
Penguin Books, 1992 (édition Faber and Faber, 1939).























                                                                      
James Joyce, Finnegans wake,
traduit de l'anglais, présenté et adapté
par Philippe Lavergne, Gallimard, 1982.



En regard, le texte (Finnegans wake, I, 1 [...] IV,0) de James Joyce et celui de Philippe Lavergne

riverrun, past Eve and Adam's, from swerve of shore to bend of bay, brings us by a commodius vicus of recirculation back to Howth Castle and Environs.

Sir Tristram, violer d'amores, fr'over the short sea, had passencore rearrived from North Armorica on this side the scraggy isthmus of Europe Minor to wielderfight his penisolate war: nor had topsawyer's rocks by the stream Oconee exaggerated themselse to Laurens County's gorgios while they went doublin their mumper all the time: nor avoice from afire bellowsed mishe mishe to tauftauf thuartpeatrick not yet, though venissoon after, had a kidscad buttended a bland old isaac: not yet, though all's fair in vanessy, were sosie sesthers wroth with twone nathandjoe. Rot a peck of pa's malt had Jhem or Shen brewed by arclight and rory end to the regginbrow was to be seen ringsome on the aquaface.

The fall (bababadalgharaghtakamminarronnkonnbronntonnerronntuonnthunntrovarrhounawnskawntoohoohoordenenthurnuk !)

[...]

A way a lone a last a loved along the

---

erre revie, pass'Evant notre Adame, d'erre rive en rêvière, nous recourante via Vico par chaise percée de recirculation vers Howth Castle et Environs.
Sire Tristam, violeur d'amoeurs, manchissant la courte oisie, n'avait pâque buissé sa derrive d'Armorique du Nord sur ce flanc de notre isthme décharné d'Europe Mineure pour y soutenir le combat d'un presqu'Yseul penny : ni près du fleuve Oconee les roches premières ne s'étaient exaltruées en splendide Georgi Dublin de Laurens Comptez en doublant ses membres tout le temps ! nulle voix humaine n'avait dessouflé son micmac pour bêptiser Patrick : pas encore, mais nous y venaisons bientôt, n'avait un jeune blanc-bec flibutté le blanc bouc d'Isaac : pas encore, bien que tout soit affoire en Vanité, les doubles soeurs ne s'étaient colère avec Joe Nathan. Onc mais n'avaient Jhem ni Shem brassé de becquée le malte paternel sous l'arcastre solaire et l'on voyait la queue rugissante d'un arc-en-cil encerner le quai Ringsend.

La chute (bababadalgharaghtakamminarronnkonnbronntonnerronntuonnthunntrovarrhounawnskawntoohoohoordenenthurnuk !)

[...]

Au large vire et tiens-bon lof pour lof la barque au l'onde l'

***

James Joyce est né en Irlande. La chute a lieu le 2 février 1882 à Dublin. Il devient l'aîné de neuf frères et sœurs. Sa famille, après quelques années d'aisance financière, est pauvre entre les pauvres, ce qui n'empêche pas le jeune James de faire ses premières études chez les Jésuites, ensuite à University College. A l'âge de vingt ans, il vient à Paris suivre des cours de science médicale - qu'il abandonne pour se consacrer à l'écriture.
L'année suivante, il est de retour en Irlande, sa mère est mourante, il écrit, lentement, et, au cours de l'été 1904, il rencontre Nora Barnacle.
Ensemble, ils partent s'installer d'abord à Pola, en Croatie, puis à Trieste. Ils ont deux enfants.
En 1907, il publie son premier ouvrage, Chamber music, un recueil de poèmes. Suivent Dubliners, en 1914, A Portrait of the Artist as a Young Man, en 1916, et Exiles, une pièce de théâtre, en 1918.
Joyce, installé à Paris après quelques errances (Rome, Dublin, Zürich) fait paraître Ulysses en 1922 et commence la rédaction de Finnegans Wake (les premiers fragments paraissent dans 'Transition', une revue d'Eugène Jolas, sous le titre de Work in Progress, donné par Ford Madox Ford) publié en 1939.
Deux ans plus tard, il meurt à Zürich.

***

Finnegans Wake est 'illisible' pour un 'lecteur'. Il s'agit d'une somme de la tradition narrative occidentale, au moins, d'une méditation sur le lire et / ou l'écrire. Il est demandé au 'lecteur' de se faire regardeur pour entendre la petite musique de Finnegan.
Cependant, il y a bien une histoire emmêlée dans les rets de digressions et répétitions à perdre le lecteur.
Ce qui peut gêner la lecture ordinaire, c'est également que la langue de Joyce n'existe pas... avant Joyce. Il n'y a pas de référent ni de signifié au sens classique des termes. Le mot se rapporte à lui-même, en boomerang. Joyce a lu Lewis Carroll, mais, dans le Jabberwocky -

'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe :
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe

"Beware the Jabberwock, my son !
The jaws that bite, the claws that catch !
Beware the Jubjub bird, and shun
The frumious Bandersnatch!"

He took his vorpal sword in hand:
Long time the manxome foe he sought
So rested he by the Tumtum tree,
And stood awhile in thought.

And, as in uffish thought he stood,
The Jabberwock, with eyes of flame,
Came whiffling through the tulgey wood,
And burbled as it came !

One, two! One, two! And through and through
The vorpal blade went snicker-snack !
He left it dead, and with its head
He went galumphing back.

"And, has thou slain the Jabberwock ?
Come to my arms, my beamish boy !
O frabjous day ! Callooh ! Callay!'
He chortled in his joy.

'Twas brillig, and the slithy toves
Did gyre and gimble in the wabe ;
All mimsy were the borogoves,
And the mome raths outgrabe.

Jabberwocky, in Lewis Carroll, Through the looking-glass (Ce qu'Alice trouva de l'autre côté du miroir)

- les mots-valises ont un sens, un seul (brillig, c'est l'heure des grillades, broiling, selon Jacques Papy - Jean-Jacques Pauvert, 1961, ou bien l'heure où l'on revient dîner - pour Henri Parisot, Aubier-Flammarion, 1971, et il y en a cent autres, à la même heure), alors que les créatures verbales de Joyce portent d'indéfinies références aux légendes et langues du monde : leur sens est lui-même indéfini - c'est selon le regard qu'on porte sur le contexte.

Des langues de Babel, Joyce en maîtrisait une large douzaine, en connaissait bien deux autres paniers et on peut repérer plus de trente-six idiomes (jusqu'à soixante-cinq) dans Finnegans Wake.
Le mot peut être un phonème, une phrase, un chapitre. On ne peut distinguer dans le texte microcosme et macrocosme, nous sommes dans le 'sémiocosme'. Seulement, il arrive que le discours tombe en chute libre, sans que le lecteur puisse s'accrocher aux branches.
Faire du saut à l'élastique sans élastique - en sachant que Liffey, la rivière de l'éternel retour, est là.
Un rêve ne peut être représenté que par du texte, le référent s'est évanoui.
Lire Finnegans Wake comme un rêve.
La chose n'est pas pour autant un essai de philosophie. De nombreuses pages ont plus à voir (il y a plus à voir) du côté des 'comics' ou du compagnon Samuel Beckett -

Vladimir (sans se retourner). _ Je n'ai rien à te dire.
Estragon (pas en avant). _ Tu es fâché ? (Silence. Pas en avant). Pardon ! (Silence. Pas en avant. Il lui touche l'épaule) Voyons, Didi. (Silence) Donne ta main ! (Vladimir se retourne) Embrasse-moi ! (Vladimir se raidit) Laisse-toi faire ! (Vladimir s'amollit. Ils s'embrassent. Estragon recule) Tu pues l'ail !
Vladimir. _ C'est pour les reins. (Silence. Estragon regarde l'arbre avec attention) Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
Estragon. _ On attend.
Vladimir. _ Oui, mais en attendant ?
Estragon. _ Si on se pendait ?
Vladimir. _ Ce serait un moyen de bander.
Estragon (aguiché). _ On bande ?
Vladimir. _ Avec tout ce qui s'ensuit. Là où ça tombe il pousse des mandragores. C'est pour ça qu'elles crient quand on les arrache. Tu ne savais pas ça ?
Estragon. _ Pendons-nous tout de suite.
Vladimir. _ A une branche ? (Ils s'approchent de l'arbre et le regardent) Je n'aurais pas confiance.
Estragon. _ On peut toujours essayer.

Samuel Beckett, En attendant Godot, acte I, Editions de Minuit, 1952.

- ou de la vie -

One great part of every human existence is passed in a state which cannot be rendered sensible by the use of wideawake language, cutanddry grammar and goahead plot.
James Joyce, Lettre à Harriet Shaw Weaver, 1926, in Letters, III, p. 146.

Un texte se retournant sur lui-même pour renaître comme une mandragore, un rêve éveillé par le regard du lecteur écoutant, mieux que lisant, la petite musique de Finnegan, une rêverie, est-ce errevie ? où se croisent l'histoire du monde et la mémoire des mots pour le dire, où l'on rencontre Homère -
[on peut noter qu'Ulysse dans son odyssée, d'île en île, ne se retrouve jamais dans la même situation, alors que Finnegan est toujours le même mourrenaissant]
- et puis, William Shakespeare, Jonathan Swift, Giambattista Vico, Laurence Sterne, dans les racines d'une architecture littéraire occidentale fragilisée par la querelle Britsh # Irish, universellement prolongée dans le clash de la Première Guerre Mondiale.

For myself, I always write about Dublin because if I can get to the heart of Dublin I can get to the heart of all the cities in the world. In the particular is contained the universal.
Entretien avec Arthur Power, 1921, in Arthur Power, From the Old Waterford House.

Une histoire simple, une ballade... qui pourrait bien prendre source dans un fait divers.
Finnegan, ivre mort, vient de s'écrouler dans une déflagration infernale (bababadalgharaghtakamminarronnkonnbronntonnerronntuonnthunntrovarrhounawnskawntoohoohoordenenthurnuk !)
Finnegans wake, I, 1, p.3.
Hellzapoppin !
Il s'agirait de le réveiller... au doux murmure du whiskey...

Hergé, On a marché sur la lune, Casterman, 1954.


... d'effondrements en résurgences, en 17 variations, écrites en 17 ans et qui pourraient bien évoquer la lame 17 du Tarot, L'Etoile.

 



Ancien Tarot de Marseille
, Grimaud, 1963.





Le Cosmic ultilame du Tarot rejoint l'eau dans une mise à nu de l'en bas et de l'en haut, les huit étoiles sont 1 et 7 soit 17, étoile, el'etoi [elle et toi].
















[end of Part One]
[Part Two]

 

Partager cet article

Repost 0
Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
commenter cet article

commentaires

go to this site 05/06/2014 14:31

Wow! What a poem my man. I loved the way you set up the chores. I can feel there is a certain mystery in your lines. I really could not imagine or managed to make something of it due the vast mysteries surrounding your main character. It was really an interesting read

 


 
Handicap International

un clic sur les images