Vendredi 15 août 2008
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Sembene nous a quitté le 9 juin 2007, à 84 ans,
il vivait à Yoff, une commune de Dakar.
Sembene Ousmane est né à Ziguinchor, en Casamance. Il fait de courtes études, exclu de son école pour avoir giflé le directeur –
qui voulait lui apprendre le corse. Pêcheur, maçon, mécanicien, tirailleur sénégalais. Arrivé clandestinement en France, en 1948, il trouve un bon accueil à Marseille où il devient
docker, militant à la CGT puis au PCF. Il participe au long blocage du port pour empêcher l'envoi d'armes en Indochine, il luttera de même contre la guerre en Algérie. Dans les années
'50, il commence à écrire (Le Docker noir, suivi, en 1960, par Les Bouts de bois de Dieu),
mais le cinéma lui paraît être un médium plus intéressant pour ceux à qui il veut parler. En 1961, avec l'appui d'André Bazin et de Georges Sadoul, il obtient une formation
d'un an au studio Gorki, à Moscou, avec Mark Donskoï et Sergueï Guerassimov. Il tourne son premier film en 1962, un court-métrage, Borom Sarret.

Sembene nous a donné une œuvre littéraire et cinématographique de l'ordre des grands parmi les grands.
Tous ses films sont disponibles en dvd.
Nous conseillons, pour les cinéphiles accros du noir et blanc, Borom Sarret (1962) et
La Noire de… (1966).
Pour les amateurs de la glorieuse libération des Sénégalais, à la Libération, Le Camp de Thiaroye
(1987).
[nous avons eu le privilège, lors d'une rencontre avec Sembene, de voir une copie qui avait traversé les déserts et les tempêtes de sable]
Ou bien, pour commencer, Guelwaar (1992).

Pour l'image, Sembene filme à plat, même pour Le Camp de Thiaroye,
peut-être le plus dramatique de ses films, il n'y a pas d'effet. On pourrait imaginer La Noire de…, une tragédie, par Claude Chabrol, ce
serait aux antipodes stylistiques (mais sûrement très bien, genre son court dans Paris vu par… – note : penser à un hommage anthume au
grand Chabrol, aller le voir ? après tout il n'est pas loin de chez nous).
L'esprit d'indépendance, oui.
Financièrement : Sembene a cherché dès le début une production africaine (Guelwaar est une co-production du Sénégal et
de la France).
Politiquement : il disait que la France ne lui devait rien. "L'esclavage ? mais, ce sont les rois nègres qui l'ont installé, à qui je vais demander des comptes ?",
"j'ai toujours refusé ma pension d'ancien combattant, la France ne me doit rien".
[masque
crispé des jeunes panafricains présents à la conférence dont nous rapportons quelques propos]
Religieusement : "je suis athée, je n'ai rien contre les églises mais je ne vois pas pourquoi les religions [animistes] de mon pays seraient moins bonnes que les
religions importées".
Et c'est vrai, penser qu'un baobab ait une âme, c'est grand et ça donne du paradis une image plus souriante que celle des nuages et des séraphins – en plus, un baobab, c'est le rêve de
toute une vie de chat ;)
Saravá ! Sembene…
Oui, et comme tu le dis, il y a mille manières d'avoir des idées, c'est comment les développer ?
Par lou
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Publié dans : du champ du signe
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Pourquoi pas une sainte alliance Brassen-Ferré, aussi...
Non, je pensais à Emma Kirkby et Emmanuelle Laborit dans une version 'oratorio' du 4' 33" de John Cage.
Emma en silence pendant quatre minutes et trente-trois secondes ! Je sens que tu craques à l'écoute de Libellus.
Nous verrons si Emma veut bien consacrer un tout petit peu de son temps et de son esprit barroco pour convertir un mécréant.
En attendant, le 25 août, il y aura un article musical qu'un honnête homme, comme toi, David, ne pourra manquer d'applaudir.