Dimanche 31 août 2008 7 31 /08 /Août /2008 09:56

L'ami de la Toile, dénommé dans le présent chose LAM, nous raconte sa première fois, en compagnie de notre bien connu LOU noir qui s'était fait porter pâle.


LOU. – Alors, cette première fois ?

LAM. – Dès l'aube, la journée était chargée. A midi, elle n'était plus la seule [NDLR : chargée].

A 9 h, nous avions le petit-déjeuner de l'amitié, café au lait et croissants fraîchement dégelés.

De 10 h à 11 h, communion plénière et solennelle avec au programme : un plan de campagne pour l'année.

Le Proviseur nous a tout de suite mis à l'aise : "collègues, collègues, camarades, ne voyez pas en moi le supérieur mais un homme, comme vous"

– légers sourires de la gent féminine, des anars au dernier rang et des initiés qui tenaient la chandelle près du chef et du CE assis à sa droite et il y avait même des femmes anars et initiées –

"chers subordonnés, je suis à votre écoute"

– le professeur de SVT n'aimant pas les croissants réchauffés avait eu le temps de découvrir un micro dans l'oreille du vieux squelette qui parait son labo –

 "A c't'heure où je vous cause, nous avons perdu 5% de notre effectif. Ensemble, tout est possible, nous ferons plus et mieux cette année."

– Les Palotins : "hourrah ! vive le subordonnant !" –

"Le petit Chose, victime d'une gifle, se remet doucement de ce cruel traumatisme. Notre collègue est encore en soins à haute tension. Pour éviter que de pareilles horreurs ne se renouvellent, nous avons installé un distributeur de sédatifs dans le hall d'entrée !"

– Les Palotins : "hourrah ! etc." –

"Il vous suffit de taper votre numen pour avoir votre dose. La délivrance est sécurisée par une surveillance vidéo 24/7."

– "Monsieur le P--- Camarade !"

– Les Palotins : "hourrah ! etc."

– "Camarade ! T't à l'heure, en finissant mon bromure au lait, j'ai cru remarquer que ledit distributeur était effroyablement éventré…"

– "Oui, cher pote, ce sont des jeunes 6è du collège voisin qui sont venus soulager leur stress de la rentrée, nous n'allons pas polémiquer, ils sont au centre du système et la machine est au centre de l'établissement. Nous allons réparer et veiller, nous remplacerons en même temps la caméra vidéo qui a été arrachée. Le Rectum nous a rappelé la directive de fondement du frère Xavier : ce sont les nantis qui doivent se calmer, pas nos chers chérubins, le pédagogico-inerte des lendemains qui déchantent reste la priorité des priorités. Ne faites rien et portez-vous bien !

Maintenant, pour gérer notre temps, nous allons marquer une pause

~~~ hein ? non, mon chéri, la vie scolaire, ce sont nos jeunes qui s'en chargent, oui ? l'agent qui est tombé dans la cage de l'ascenseur saboté ? il va mieux, on a fait une corbeille, tu as donné ? et il a pu se payer un fauteuil, mais bien sûr ! il revient, on a des quotas, les élèves ? on ne va pas leur reprocher de mettre en pratique les cours bien abstraits d'électrotechnique, va au distributeur ~~~

alors, nous marquons une pause et nous prions pour la CAMIF, quand la crise marche avec le foutage de gueule, il n'y a plus qu'à prier."

Après, à 11 h, il y avait le pot du potinage, avec des tartinettes maison aux rillettes et du mousseux LeTiède, du doux. A midi, notre mission était bien remplie, nous aussi.

LOU. – Et la didactique, la pédagogie, l'instruction, quoi ?!

LAM. – L'instruction ? on ne revient pas sur la chose jugée ! notre pathologique collègue a fait une faute morale en disant à un enfant que sa famille confiait à notre confiance : "et maintenant, obtempère !" – l'élève a modestement répliqué : "et toi, nique ta mère", ce qui montre une richesse lexicale et prosodique qui fait honneur à notre institution et au pays dans sa pleine et entière territorialité.

LOU. – Je veux bien, mais demain ?

LAM. – Pour demain, on se bourre ce soir ou au petit-déj ?

LOU. – Je ne sais pas… et après-demain ?

LAM. – C'est ta première fois ? Qu'est-ce que t'as appris à l'Ifuème ?

LOU. – J'ai pas fait l'Ifuème.

LAM. – T'as des relations ?

LOU. – …

LAM. – Note, ils ont été sympas avec nous, c'est Dugland qui a la seconde 1, celle où Combaluzier redouble. Allez, je t'invite dans mon cocon, j'ai une petite Chimay de derrière les fagots, du monastère au buveur, c'est pas à la cafét' ---

LOU. – Oui, mais, tu sais, moi, je veux dire, tu es marié ?

LAM. – Ho ! tu serais pas un peu phobe ?!

LOU. – Non, c'est seulement… les goûts et les couleurs… c'est pour ça que je suis tout en noir.

Par lou - Publié dans : de maintenant
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