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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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29 avril 2009 3 29 /04 /avril /2009 20:00

  

Peut-on exposer des cadavres comme des œuvres artistiques ?


Jean-Pierre Gauffre posait la question le 22 avril dernier dans sa chronique matutinale, Il était une mauvaise foi, sur France Info.

La justice de notre pays venait de répondre non.


Ecoutons
la suite.

Croyez-moi ou pas, mais qu’on ne puisse pas présenter des morts dans une exposition artistique, j’ai un peu de mal à le comprendre… Quand je visite un musée, je ne vois que des morts… La Joconde, vous pouvez toujours essayer de récupérer son numéro de portable pour l’inviter à un couscous la semaine prochaine, ça m’étonnerait qu’elle vienne… Y a un paquet d’années qu’elle est morte… Et c’est pareil pour la Vénus de Milo… En plus, elle n’a même pas de bras pour attraper ses couverts… Tiens, un jour, je me souviens, j’ai visité l’exposition consacrée à Ramsès II, le très lointain prédécesseur de Moubarak à la tête de l’Egypte… Je l’ai bien observé dans ses bandes Velpeau… J’ai attendu un bon moment… Il ne s’est jamais levé pour danser la tektonik… Il était mort, plus mort que René Monory, je vous le garantis…

Non, sincèrement, l’art, d’une manière générale, c’est l’affaire des morts, que ce soit les modèles ou les artistes… Qu’est-ce qui marche dans les émissions de variétés sur TF1 ou France 3 ? C’est les émissions sur les chanteurs morts… Vous mettez un bon vieux Top à Joe Dassin ou à Daniel Balavoine, produit par les Carpentier, morts eux aussi, vous faites un tabac à l’Audimat… Bien plus qu’avec Vincent Delerm… Et encore, lui, il fait tellement peu de bruit qu’on croit aussi qu’il est mort… Mais non, c’est une ruse pour qu’on achète quand même ses disques… Et Jacques Tati, qu’on expose à la cinémathèque, il n’est pas mort peut-être ? Doublement, puisqu’on l’a obligé à casser sa pipe une deuxième fois…

En fait, je vais vous dire, c’est parce qu’on n’a plus l’habitude d’un rapport sain et décomplexé avec la mort chez nous… En France, on est devenu coincé à ce niveau… Il y a des pays où ils sont nettement plus libérés… Prenez l’Iran… On continue à vous exposer un voleur de poules pendu dans les rues… Au bout de huit jours, avec les corbeaux qui ont fait leur marché, ça devient une œuvre d’art, jusqu’au décrochage… Et là, je vous assure que personne ne s’amuse à protester… Mais chez nous, non… Les morts, on préfère les voir dans les cimetières, c’est d’un classique… Ou dans les séries télé… Quand les experts ou les gars de la médecine légale vous découpent un type en morceaux et en gros plan pour savoir s’il mort asphyxié ou écrasé par un rouleau compresseur, ça ne dérange personne… Au contraire, le public en redemande… Vous avouerez que le Français est quand même paradoxal dans ses choix artistiques… Mais évidemment, vous n’êtes pas obligés de me croire…

 

___

 

L'évènement : OUR BODY / À CORPS OUVERT - l'Exposition Anatomique de vrais corps humains.

 

Le mardi 21 avril 2009, sur requête de deux associations charitables, Ensemble contre la peine de mort (ECPM) et Solidarité Chine, la justice a interdit une exposition anatomique, présentée à Paris depuis le 12 février.

Le juge Louis-Marie Raingeard, se référant à la loi de décembre 2008 qui assimile le droit des morts à celui des vivants, a rappelé que l’espace assigné au cadavre est celui du cimetière et que la commercialisation des corps par leur exposition [ce qu'on ne saurait connaître dans un funérarium, sans doute…] porte une atteinte manifeste au respect qui leur est dû.

Me Richard Sédillot, l'avocat des plaignants, se déclare convaincu que derrière cette affaire il y a un trafic d'organes et de corps humains. Il précise : Van Hagens, l'inventeur de la plastination, a lui-même reconnu qu'il pouvait y avoir des condamnés à mort parmi les corps qu'il utilise.

Pascal Bernardin, le maître d'œuvre et directeur de la société Encore Production, assure avoir tous les documents justifiant une origine régulière des corps, les personnes exposées ayant donné leur consentement de leur vivant.
On n'aurait jamais fait cela avec des Français, affirme Pierre Le Coz, vice-président du Comité consultatif national d'éthique, responsable du refus de l'exposition par la Cité de la Villette, puis, un peu plus tard, par le Musée de l'Homme et le Muséum d'histoire naturelle. Ensuite, le projet a été agréé  par l'Espace 12 Madeleine, une structure privée.

Le jugement paraît aberrant aux organisateurs, alors qu’il y a 18 à 20 expositions anatomiques du même type en ce moment à travers le monde, aux Etats-Unis ou en Europe, et qui n’ont jamais été interdites. Our body circule aux Etats-Unis et en Europe depuis cinq ans et a reçu près de 30 millions de visiteurs.

Des associations caritatives sont présentes. Ainsi, depuis l'ouverture de l'exposition à Paris, le 12 Février, OUR BODY / À CORPS OUVERT accueille dans ses locaux l'association Don de soi - Don de vie, labellisée Grande Cause nationale 2009 (thème : dons d’organes, de sang, de plaquettes et de moelle osseuse).

 

Reprenons le propos de Jean-Pierre Gauffre.


Il y a des pays où ils sont nettement plus libérés


Les Suisses, peut-être ?

L'exposition Six Feet Under - Autopsie de notre rapport aux morts s'est tenue au Kunstmuseum Bern, du 2 novembre 2006 au 21 janvier 2007. Une réflexion sur le rituel de la mort ou sur sa présence immédiate.

 

Teresa Margolles, Entierro, 1999


Un simple bloc de béton renferme la dépouille d’un enfant mort-né.

Je ne vois pas le cadavre (ritualisation).


En 2005, le FRAC Lorraine exposait de Teresa Margolles une installation active où une goutte tombant régulièrement du plafond formait une flaque sonore (amplifiée) : il s'agissait de graisse humaine.
Selon le cartel, chaque goutte tombant sur le sol chantait une mélodie à la mémoire des victimes de mort violente : ainsi, l'installation présentait la mort comme un retour à la paix.
Dans le même temps, le CAC de Bretigny montrait un autre travail de l'artiste : elle avait restauré le revêtement de  sol  avec un ciment dont le liant était une eau ayant servi à la toilette des morts. Le centre d'art contemporain devenait lieu de commémoration permanente. Le spectateur marche sur un substrat qui, par synecdoque, annonce la fin de son corps, sa disparition, renvoyant la terreur au silence.

Je ne vois pas le cadavre (transmutation).

Solidarité Chine, en protestant contre l'engagement aux J. O. 2008 à Pékin, a manifesté son soutien pour le Tibet libre, ne l'oublions pas.



Damaru, instrument rituel tibétain, composé de deux calottes crâniennes humaines assemblées et rehaussées d'argent, de turquoises et de corail, coll. part.


Les ossements utilisés ici, comme dans les trompes kankling qui accompagnent les damaru, viennent en général de lamas. Dans les régions qui s'y prêtent, les morts sont laissés aux vautours qui nettoient soigneusement les squelettes : les vivants sont avec les vivants, les morts sont morts, une autre pensée du monde.

Je ne vois plus le cadavre (ritualisation du vivant).

 

Prenez l’Iran… On continue à vous exposer un voleur de poules pendu dans les rues

 


Lawrence Beitler, Lynchage, 1930


Les cadavres pourrissent, l'insoutenable n'est pas éternel (donné brut compensé par le temps court).

 

Buchenwald, libération du camp, cadavres, 1945


Je ne vois pas le cadavre, je vois le document (modération historique).

 

l’art, d’une manière générale, c’est l’affaire des morts

 


Gloria Friedmann, La Vanité des bâtisseurs, ossements animaux, Château d'Oiron, 1993 [détail]


Le Viandox et les os : l'image ne se reforme pas (effacement par tri sélectif).

 

Kevin Carter, Le vautour et l'enfant, Soudan, 1993


Kevin Carter n'a pas cherché à intervenir. L'année suivante, trois mois après avoir obtenu le prix Pulitzer pour cette oeuvre, le photographe s'est suicidé.

Manic Street Preachers lui a consacré une chanson, Kevin Carter, album Everything Must Go, 1996.

L'enfant est mort, je le sais mais je ne vois pas : le village est si proche (sérénité par cécité).

 

Quand je visite un musée, je ne vois que des morts

 

Ces morts ne sont que des images. OUR BODY / À CORPS OUVERT, c'est l'Exposition Anatomique de vrais corps humains.


Les corps exposés sont conservés par imprégnation polymérique, un procédé mis au point en 1977 par Günther von Hagens, où les fluides corporels sont remplacés par des polymères afin de créer un spécimen anatomique solide et durable, presque éternel.


Principales étapes du processus d’imprégnation polymérique :

Fixation : les spécimens sont fixés dans une solution à base de formaldéhyde.

Déshydratation : tous les spécimens biologiques sont composés principalement d’eau qu’il faut retirer pour permettre l’imprégnation polymérique. L’eau contenue dans les tissus est remplacée par de l’acétone.
Imprégnation : les spécimens déshydratés sont immergés dans du polymère liquide qui remplace l’acétone.
Séchage : les spécimens imprégnés de polymère sont alors mis en contact avec une préparation à base de gaz qui durcit les polymères et les rend secs au toucher et non toxiques.


Vrais et nus : de là seraient l
es belles âmes émues ?

Sous la plume de Fabienne Pascaud, Télérama 3094 | 29 avril 2009 :

Une manipulation obscène des corps […] L'intérêt commercial, lui, est clair : 15,50 € pour voir des morts qui n'ont pas dû coûter cher.

L'argument prudhommesque révèle enfin la morale louis-philipparde.


A cette aune, les 1024 couleurs de Gerhard Richter l'emporteraient sur la peinture ultime d'Ad Reinhardt, au poids.


Il ne s'agit donc pas de morale mais d'esthétique.


Ce qui est en question, ce n'est pas le heurt moral, mais le statut de l'art. On n'entre pas au musée comme on sort d'un bazar. Poser un porte-bouteilles comme œuvre d'art revient à disqualifier l'esthétique, c'est le sens clairement affirmé par Marcel Duchamp dans sa conception des ready-made.

Insoutenable est la légèreté de la mariée éclatée, mise à nu : l'art est mort, l'art, c'est la mort ?







 

















+++

 

Et s'il y a un peu plus, je laisse…


C'est à Palerme, en Sicile, les catacombes.

Les riches, pour prolonger leur vie, les pauvres pour témoins.









 



 


























































 

Ces momies ont reçu un traitement resté secret (partiellement découvert).

Des squelettes avec de la chair attachée, en costumes, mis en scène pour l'éternité - ?

C'est religieux, ça ne se dispute pas.

Pas de scandale.

C'est ouvert au public, ça détruit les éternels, comme à Lascaux.



 

Et puis,

 


La mort s'expose
.

Le projet de Gregor Schneider d'exposer une personne mourante dans un musée a suscité un scandale : peut-on faire de la mort des autres la matière de sa création artistique ?

"Recherche volontaire en fin de vie pour mourir en direct dans une salle de musée." C'est sur ce ton polémique que plusieurs journaux ont résumé le projet de "Salle pour mourir" que Gregor Schneider, Lion d'or à Venise en 2001, voulait installer dans un musée allemand. Peut-on, au nom de la liberté artistique, soutenir cette expérience extrême ?

[source : ARTE]

 

Que devient le corps ? Our body, our mummies ?

Michel Onfray *, une réponse aux hommes qui ne veulent pas consentir au fait qu'ils vont mourir bientôt et que, quand ils vont mourir, il leur arrivera exactement la même chose que ce qui arrive à leur petit chat quand il meurt, c'est-à-dire pourriture, décomposition, disparition.

* Michel Onfray, philosophe, ici et maintenant / Elisabeth Kapnist, 2008 – sur ARTE --- rediffusion le samedi 26 septembre 2009, à 6 h 45.

 

Et ce n'est pas fini – on n'en finirait pas, la mort, la mort, toujours recommencée ---

 

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commentaires

valerie 14/05/2010 19:33



Tous ces cadavres ou corps meurris qui nous apprennent de la misère et de la violence aussi


 


Vous avez mentionné Pierre Etaix plus haut


J'ai vu YOYO deux fois et il fallait le voir au moins deux fois pour apprendre à voir


 


C'est peut-être pareil pour les photos terribles


La première vision terrifie


La seconde aide à "voir"


 


Il faut parfois avoir fait du chemin entre les deux



valerie 14/05/2010 19:27



Je ne l'ai pas choisie


Je me suis arrêtée de lire ici


Tous ces morts furent vivants


Tous les morts participent de la vie si je puis dire


Tous ces morts qu'on exhument et qui nous apprennent de la vie


Cordialement,


 



lou 14/05/2010 19:02



 


... et très vivant, comme on le voit sur la page que tu as choisie : - )


 


Merci.


 


 



valerie 13/05/2010 23:03



Il est .... dense votre blog


J'y ai lu des choses diverses et très intéressantes


Lu trop vite aussi, pour me faire une première impression


Je lirai lentement quand je reviendrai



lou 18/06/2009 18:28

 C'est newsletter dans un pavé à droite.Ton commentaire après lecture des derniers articles correspond plutôt à Loin de La Courneuve.Misère du monde, des gens, de la planète et ça fait trente ans, au moins.De l'humilité ? si l'on veut, si Dieu le veut... c'est la première fois que Lou publie, sur la toile, quelques unes de ses photos. Le thérondelle, c'était...Demain, peut-être, tu connais le programme ;) 

Christian 17/06/2009 00:27

Lou, longtemps que je n'étais pas passé par chez toi, et le paysage a sensiblement changé. Il s'est épaissi. Ces confrontations de textes, de photos, autour d'une idée. Ces commentaires que je trouve incroyablement humbles. Tu sais quoi ? Je suis assez admiratif, un peu jaloux, et assez touché par ce que je lis et vois.Va falloir que je prenne un abonnement sur Libellus.

lou 14/05/2009 20:04

 ma salade de poulpe Pulp fiction ? arghhh %#) 

Jack Balance 14/05/2009 14:34

Ha non, c'est pas ici l'article sur les chats qui peignent ? ma salade de poulpe a d'un coup du mal à passer....

lou 08/05/2009 23:34

 
si certains ont envie de voir cela
Eh oui, Alf, si…
 
LE CHŒUR DES OKÉANIDES. Esprit de fer et de rocher, Promètheus ! Avec toi qui ne s'indignerait de tes maux ? Je n'ai pas eu le désir de les voir. Quand je les ai vus, mon cœur a été accablé de tristesse.
PROMÈTHEUS. Certes, pour ceux qui m'aiment, je suis un spectacle misérable !
LE CHŒUR DES OKÉANIDES. N'as-tu rien fait de plus pour les hommes ?
PROMÈTHEUS. J'ai empêché les mortels de prévoir la mort.
LE CHŒUR DES OKÉANIDES. Par quel remède les as tu guéris de ce mal ?
PROMÈTHEUS. J'ai mis en eux d'aveugles espérances.
Eschyle, Prométhée enchaîné, vers 242-251, trad. Leconte de Lisle 

alf 07/05/2009 13:55

... n'empêche, à titre personnel, je n'aimerais pas finir à poil et en morceaux sur un becson ou à califourchon sur un dada en lambeaux (et je n'irais pas voir ce genre d'expo).  By the way: le Dokteur 'Kilikil' Von Hagens avait fait le coup bien avant en déclenchant le même type de polémique en Belgique et ailleurs - voir ici - il foutait un peu les jetons ce Doktor mais bon... si certains ont envie de voir cela, au nom de quoi l'interdire?

lou 05/05/2009 15:32

 Merci, Guic, de ce rapprochement / complément précieux.Le Musée Fragonard, installé à l'Ecole nationale vétérinaire d'Alfort, présente 21 pièces d'Honoré Fragonard, le cousin germain du peintre Jean-Honoré, notamment                                Le Cavalier (entre 1766 et 1771)  et  L'Homme à la mandibule (entre 1766 et 1771).On remarque que les écorchés de Fragonard sont mis en scène, hors de toute rigueur scientifique : il y a bien une parenté d'intention dans le détournement entre l'anatomiste du XVIIIè siècle et les concepteurs d'Our body. Seulement... Fragonard puise son inspiration dans la mythologie (L'Homme à la mandibule est Samson brandissant sa mâchoire d'âne) alors que les corps d'Our body n'ont d'autre référents qu'eux-mêmes - en décalage dans leur relation à un espace muséal.Dans le domaine des beaux-arts, selon l'acception autorisée, on a pu observer le même scandale "esthétique" lors de l'exposition d'Olympia en 1863 : de son modèle, la Vénus d'Urbino de Titien en 1538, Manet, qui avait copié le tableau quelques années auparavant, évacue le prétexte mythologique - pourtant réduit au titre dans une oeuvre où le corps est bien moins idéalisé que celui de la Vénus de Dresde de Giorgione, terminée en 1510 par Titien...On ne peut pas mettre des moustaches à la Joconde. 

Guic' the old 05/05/2009 12:57

Je viens de Maisons-Alfort, ville célebre pour son école vétérinaire abbritant les "ecorchés de Fragonnard" (le frere du peintre): deux hommes, et un cheval, écorchés, extraordianirement bien conservés depuis le temps.Il m'ont assez traumatisés quand j'étais petit pour que je n'aille pas voir "our body", mais pourtant... ils sont là, ils sont un résor, il est normal qu'on puisse les voir.Des lors, pourquoi interdire cette autre expo, ce serait absurde.

lou 05/05/2009 11:00

 Idothée,C'est que l'esprit de ce peuple s'est épaissi : ils se sont bouché les oreilles, ils ont fermé les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n'entendent, que leur esprit ne comprenne, qu'ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.  Mt 13, 15Ils sont à l'image de leurs idoles.Les idoles des païens, or et argent, une œuvre de main d'homme! elles ont une bouche et ne parlent pas, elles ont des yeux et ne voient pas. Elles ont des oreilles et n'entendent pas, pas le moindre souffle en leur bouche. Comme elles, seront ceux qui les firent, quiconque met en elles sa foi. Ps 135, 15Et si quelqu'un te porte attention, l'entends-tu ?Peut-être que celle qui pour la première fois depuis un an me demande des nouvelles... de son colis Hortiflor, des fois qu'il se serait égaré, peut-être... Peut-être que ceux qui me disent tant d'amour aux heures des repas, aux autres heures, peut-être...José Saramago a écrit une jolie fable pour le temps présent : L'Aveuglement.Tout cet amour que je donnerais, où le prendrai-je ? 

Idothée 05/05/2009 07:08

"Le vivant, Idothée, se reconnaît à l'attention qu'il porte aux vivants".Ta phrase me travaille depuis que je l'ai lu.Je ne savais pas pourquoi ....Et bien peut-être parce qu'autour de moi en ce moment, vu le type d'attention qu'on me porte soit ils ne sont pas vivants, soit c'est moi ....Ca fait frémir quand même :s

Mototsugu 03/05/2009 18:00

Bonsoir,je cherche à vous joindre car nous recensons en ce moment les témoignages de ceux "Marqués" par le cinéaste Pierre Etaix. Nous avons vu que vous aviez rencontré cet artiste, peut-être vu ses films. Seriez-vous d'accord pour nous renvoyer ce témoignage (en plus nous avons besoin de l'âge, les circonstances) pour que nous le mettions sur notre page de témoignages que nous voudrions très fournie pour le 10 mai, jour où sera remise la pétition à C. Albanel pour l'ouverture de Cannes.Que le dragon soit avec vous.Cordialement

lou 03/05/2009 17:25

 
Yosemite,
le titre est beauLe titre de l'article ? au moins !
[nous soignons les titres de nos articles]
 
un manège de chevaux fait avec des vrais poneys empaillés
c'est-à-dire transformés, voilà une belle illustration de mon propos.
 
Alf,
peut-on dès lors exposer des momies incas ?

Hergé, Les 7 boules de cristal, 1948
Our body ne procède pas de la profanation d'un rituel sacré mais de la promotion d'un outil de chercheur au statut d'objet muséal.
 
peut-on exposer "merde d'artiste" de piero Manzoni sans appeler l'inspection de l'hygiène?
L'Hygiène peut-être pas mais, au moins, la Sécurité civile : il y a des boites qui ont explosé, d'autres qui ont suinté par les voies de la corrosion… quelle perte ! en effet, il s'agit peut-être de la seule œuvre réputée de longue conservation qui ne puisse être restaurée * : le plus grand restaurateur peut bien avoir la patte de Léonard ou de Picasso, il n'aura jamais en lui-même les ressources dont Manzoni disposait naturellement pour produire.
 
* ni copiée 

alf 03/05/2009 12:01

peut-on dès lors exposer des momies incas ? peut-on exposer "merde d'artiste" de piero Manzoni sans appeler l'inspection de l'hygiène? la France décidément est un beau pays fort paradoxal...

yosemite. 01/05/2009 22:28

le titre est beau.ça me rappelle cette expo de la biennale à Lyon dans laquelle on voyait un manège de chevaux fait avec des vrais poneys empaillés (ou assimilés) et qui m'avait turlupiné un moment...pourtant, c'était des chevaux.des poneys oui.

lou 01/05/2009 20:04

 
Si l'humanité se reconnaît au culte qu'elle rend à ses morts…
Le vivant, Idothée, se reconnaît à l'attention qu'il porte aux vivants.
Une leçon de deuil, dans Luc, 9, 59-60 :
Il [Jésus] dit à un autre : suis-moi. Celui-ci dit : permets-moi de m'en aller d'abord enterrer mon père.
Mais il lui dit : laisse les morts enterrer leurs morts ; pour toi, va-t'en annoncer le Royaume de Dieu.
(trad. Bible de Jérusalem)
J'ai parlé de deuil puisque ce n'est pas de l'inhumation physique qu'il s'agit.
Cependant, l'enterrement est une cérémonie bien discrète sur ses origines historiques, particulièrement visibles dans le rituel juif. Suivant la tradition ancienne, les morts devaient être enterrés le jour même, autant que possible, et les sépultures étaient recouvertes de pierres (les mêmes que celles qui servaient à la lapidation, celles qui font trébucher sur le chemin, τα σκάνδαλα, les pierres de scandale). On craint de voir les morts revenir et peut-être tourmenter leurs bourreaux. La tradition s'est maintenue : lors de funérailles, les assistants participent à l'ensevelissement en posant une pierre sur le linceul ou le cercueil. Pas de fleurs (du monde de la vie et de la beauté) dans un lieu de désolation et d'impureté (on se lave les mains en sortant).
 
C'est mon papy ! ! ! Faudra que je suive l'expo dans le monde pour lui porter des fleurs tous les ans.
Sa dépouille n'a pas été laissée aux vautours (non, je ne parle pas du marché funèbre), ses cendres n'ont pas été confiées au fleuve… Les défenseurs les plus acharnés de l'adoration des corps en voie de décomposition sont souvent les plus gourmands des bouffe curés ou les paroissiens les plus fidèles d'un Tibet imaginaire.
Et puis, tu ne pourrais même pas déposer une pierre sur la tombe de ton papy, selon le rituel juif orthodoxe (traditionaliste) interdisant les femmes aux enterrements.
 
Là, je ne fais que délayer ce que j'ai écrit dans l'article, et je maintiens ma thèse : sous un prétexte moral, c'est le projet (de contestation) artistique qui est fusillé – cela explique aussi que l'exhibition soit passée (malgré des oppositions) en province où l'on se pique moins de bel esprit que dans les bobos salons parisiens.
 
En oubliant le DEVOIR on a la liberté qu'on mérite.
Les Tibétains sont amnésiques ;)
La liberté… 

Idothée 01/05/2009 09:48

Si l'humanité se reconnaît au culte qu'elle rend à ses morts, je suis en souci pour l'humanité. Cette superbe et très respectueuse expo nous révèle sûrement à quel point à force de crier A LA LIBERTE !!! En oubliant le DEVOIR on a la liberté qu'on mérite.
Tiens, le cadavre sur le vélo là....Mais oui ! ! ! C'est mon papy ! ! ! Faudra que je suive l'expo dans le monde pour lui porter des fleurs tous les ans.

 


 
Handicap International

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