C'est la rentrée.
Une épicerie périphérique à 500 m du centre-ville ancien. A l'étal, des fruits et légumes, des iPhones, des kits pour sujets référentiels assoiffés de savoir (-vivre ? on ne sait pas).
A la caisse.
Devant Lou, un couple d'âge indéterminé, normal, blanc, avec quelques By U (prononcer buy U) et des yaourts en perdition promotion.
Derrière Lou, une dame d'âge indéterminé, normale, blanche, avec des choses sustentatoires et bien vuuues, une brochette de faux diams à planter dans les oreilles ou le nez et un PORTE-REVUUUES 27x29x7,5 coloris au choix, c'est le orange qui a été choisi.
Au flanqué de la dame, un djeune (les faux diams !) aux normes Collège de la Réussite (17 ou 18 ans), blanc.
[Lou, un sac de croquettes pas By U, des coquillages dont le prix affiché en gros caractères au-dessus du code-barres dépasse la facture du panier aux diams, de la crème bio de Normandie à moins de 70% de matières grasses (dont Lou Junior dit que c'est une insulte diplomatique à son pays), des fruits, des légumes dont une salade feuilles de chêne qui vaut deux ou trois PORTE-REVUUUES orange, et une bière belge pour aller avec, une fois, les coquillages]
[La Dame au Djeune] : ça, on n'en a pas besoin, il y en a un, j'y mets l'annuaire, on peut le mettre à côté.
[Le Djeune, pas un mot, docile, balance le PORTE-REVUUUES orange dans un panier désaffecté à l'entrée de la caisse]
[La Dame] : pas là !
[Le Djeune, étonnamment bavard] : boooh…
[La Dame] : tu peux le reporter…
[Le Djeune] : …
[Lou] : ne vous en faites pas, Madame, je le fais, vous avez raison, il faut respecter le travail des vendeuses qui déballent et installent les articles sur les rayons, c'est un devoir citoyen, respecter le travail de ceux qui travaillent et puis, il faut venir en aide aux jeunes en difficulté, aux handicapés, je suis jeune, à l'aise et valide…
[Le Djeune] :
[il reprend le chose orange et va le ranger]
[Lou à La Dame] : comme vous devez souffrir !...
[La Dame] : c'est les jeunes…
[Lou] : eh oui ! il ne faudrait pas devenir jeune… bonjour ! ça va ?...
[Lou connaît la caissière, il choisit la caisse, pas les clients]
Scribulations, où l'on retrouve Lou
Bonjour Monsieur Lou,
Ne blâmons pas ce Djeune, il n'avait peut-être pas de mauvaises intentions. Chez nous, la caissière de supermarché est une espèce menacée puisqu'on incite le client à scanner lui-même les articles qu'il achète. Le fait de ne pas remettre l'article en rayon n'était peut-être qu'un geste pour préserver l'espèce. Ou peut-être cherchait-il tout simplement à s'assurer un p'tit boulot pour l'avenir...
A bientôt.
Yo,
fayot non ?
Oui.
C'est vrai, dans notre province rurale profonde, on fait plutôt avec des haricots et ça va pas péter bien haut, un fusil de chasse genre "à rénover, virtualités intéressantes, pour collectionneur" se négocie à cinq ou six cents euros et il faut le déclarer, à Aubervilliers, on fait dans le pruneau, la kalachd'internet est à 200 - vérifiable, et on n'a pas de formalités d'enregistrement. Mieux vaut prendre le problème éthiconomique à la source : nous faisons confiance à Monsieur Kiki, le djeune qui trouvera son emploi dans sa province n'ira pas rejoindre les provinciaux du bassin parisien (il est connu, scientifique, que c'est à Paris qu'on trouve le plus de provinciaux).
Promis, Monsieur Kiki, nous ne ferons plus de leçon de morale, nous assurerons l'emploi local, futil franchement fécal.
Ca s'appelle 'en faire des caisses' ça , non ;-?
Ca s'appelle 'en faire des caisses' ça , non ;-?
Boooh...
Je ne dis pas que tu n'as pas raison mais, note, je ne dis pas que tu as tort.
Ce qui est sûr, Alf, c'est que ♫bièrebelge&coquillages♪♪♪, c'est un appeau :)))
Je remarque en ce qui concerne mes plans dra..caisses. Qu'il n'y a vraiment pas beaucoup de caissiers , snif.
J'comprends. Oui, quand la protection de l'enfance coïncide avec la crise du personnel, faut plus comprendre, faut prier !