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Samedi 12 septembre 2009 6 12 /09 /2009 00:07

 

 

Le Banc est une pièce de Gérald Sibleyras en sept tableaux, mise en scène par Christophe Lidon avec Philippe Chevallier et Régis Laspalès au Théâtre Montparnasse du 25 Mars au 31 Mai 2008.


Gérald Sibleyras est né en 1961. Il est l'auteur de scénarios, de dialogues cinématographiques et de pièces de théâtre,
Vive Bouchon, La Danse de l’Albatros, La Retraite de Russie, Une heure et demie de retard, L’inscription, Le vent des peupliers, Un petit jeu sans conséquence. Il a reçu de nombreuses nominations aux Molières.






Vive Bouchon !












Une représentation est disponible en DVD.

Cet enregistrement a été diffusé le 28 août dernier sur Direct 8 et sera rediffusé le vendredi 18 septembre à 22 h 40.


Notre magtélé préféré, celui qui offre ses colonnes à des cocasseries comme celle que nous avons présentée récemment, n'accordait pas un seul T, pas même un commentaire, au machin. Nous avions déjà lu de brèves notes peu encourageantes à propos de spectacles à saynètes des deux larrons en piste – en compilréduc : des lourdauds, moins nuisibles que d'autres, certes, puisqu'on ne comprend pas ce qu'ils disent et qu'on se demande même s'il y a quelque chose à comprendre. Des comiques, si l'on veut, mais des comédiens ? A voir…


Confiant en l'invite culte de Régis – c'est vous qui voyez, nous nous sommes mis à voir.


Scène d'exposition classique, on sait où on est, qui est là et quel est le programme.


Paul et Vladimir (notez bien le nom), un pianiste à quatre mains depuis vingt ans, ont reçu un prix exotique pour leur dernier enregistrement et une résidence artistique, un chalet, au Tyrol, en vue de travailler leur tournée au Japon. Rostropovitch, ancien résident ! on l'entend encore… la montagne ! Trüdi, jeune et voluptueuse cuisinière en coulisses, peluche italo-autrichienne, avec un umlaut ! le paradis, quoi… Seulement, ils parlent, l'un fléchit, l'autre s'infléchit dans une aventure alpestre avec Trüdi et le banc rétrécit --- finalement, comme il est dit : il ne se passe rien --- rien d'autre qu'un jeu de scène, en attendant…


Deuxième tableau, celui que vous offre infra You Tube, la pierre et le ciment, nous sommes accroché ! Ce n'est pas lourd, c'est du lourd.


Chevallier et Laspalès sont deux clowns, un Blanc et un Auguste, les artistes emblématiques du cirque traditionnel. Le rôle noble revient au second, le premier n'étant qu'un faire-valoir (au demeurant essentiel !), un second rôle qui, pris de vertige dans le tableau, se rebelle et - un effet du vertige ? tombe en dépression --- n'en disons pas trop.

L'Auguste doit faire rire dès son entrée, même par quelques mots banals (ça va ?), même par quelques mots tragiques (je vais me détruire – Pierre Desproges) ou un appel prenant aux entrailles (maman ! – Guy Bedos), même par le silence (Coluche, prenant deux à trois minutes, selon les soirs, avant de lancer : c'est l'histoire d'un mec --- vous la connaissez ?).

Il doit également laisser des bulles en mémoire, elles remonteront en questions après la sortie – selon la leçon de Dario Fo pour qui les clowns,  créatures subversives, d'abord, ne s'adressent pas aux enfants… ou pas seulement…

Le comique de l'Auguste vient d'une recette simple : la simplicité (on n'est pas dans une conférence de Bourdieu commentant un séminaire de Lacan où on analyse le dernier opus de Marguerite Duras), la répétition, le jeu mécanique (bon… sur le dernier mot… il y a un lacanien dans la salle… ça vaaa ? hein ? hé ! faut aller ! – nous profitons du gargouillis du ci-devant dudit pour rappeler une blague d'Achille Zavatta, c'était drôle quand Zavatta racontait : quelle différence qu'il y a entre le paradis et les vécés ?... y en a pas ! le paradis, c'est comme les vécés, quand faut y aller, faut y aller !)


[nonnon, on est bien dans le sujet, seulement on ne vous dira pas la fin de la pièce]


Nous en sommes au tableau 2, suivez, prenez des notes !

La pierre et le ciment se sont déjà distingués, la colle ne tient plus. La scène de ménage – c'est de l'amour – se poursuit au même ton jusqu'à la coda vertigineuse, une fugue inversée, où Paul entend Rostropovitch – alors qu'il a déclaré, dès le commencement : Rostropovitch est mort. Dieu, associé dans le même paradigme, on ne sait pas, on en parle, on ne l'entend pas.

En entendant Rostropovitch… en attendant Godot ? c'est vous qui voyez…

 


 
Par lou - Publié dans : de litterrance
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