Dimanche 7 février 2010 7 07 /02 /Fév /2010 00:01

  

http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/camus-13.jpg

 

Ceci n’est pas une commémoration.

 

Camus


A force de commémorer Camus, de le panthéoniser, de le transformer en fantôme abstrait, on a réussi à le rendre ennuyeux. Comme toutes ces histoires avec Sartre, le communisme et Les Temps modernes sont poussiéreuses ! C’était il y a longtemps, dans l’obscur XXe siècle.

Le Camus vivant (par pitié, qu’on le laisse dormir tranquille au soleil de Lourmarin !) est, pour moi, celui de Noces et de L’Eté. Camus ne dit pas que « tout est bien », puisqu’il y a la misère et l’absurde. Mais il fait confiance, sur fond de tragique, à ce qu’il sent de plus physique et de plus animal en lui, ce qu’il nomme « l’orgueil de vivre ». « Aujourd’hui l’imbécile est roi, et j’appelle imbécile celui qui a peur de jouir. » Il insiste, Camus, il veut de toutes ses forces « rejoindre les Grecs ». « Le sens de l’histoire de demain n’est pas celui qu’on croit. Il est dans la lutte entre la création et l’inquisition. Malgré le prix que coûteront aux artistes leurs mains vides, on peut espérer leur victoire. Une fois de plus, la philosophie des ténèbres se dissipera au-dessus de la mer éclatante. »

Ces lignes sont écrites en 1948. En 2010, la lutte entre la création et l’inquisition reste la même. En 1950, Camus écrit encore : « Je ne hais que les cruels. Au plus noir de notre nihilisme, j’ai cherché seulement des raisons de dépasser ce nihilisme. (...) Eschyle est souvent désespérant : pourtant, il rayonne et réchauffe. Au centre de son univers, ce n’est pas le maigre non-sens que nous trouvons, mais l’énigme, c’est-à-dire un sens qu’on déchiffre mal parce qu’il éblouit. » En 1952, voici une récusation des « tombeaux criards » (et qu’est-ce que le Panthéon, sinon un trafic bruyant de cercueils ?) : « Un jour, quand nous serons prêts à mourir d’épuisement et d’ignorance, je pourrai renoncer à nos tombeaux criards, pour aller m’étendre dans la vallée, sous la même lumière, et apprendre, une dernière fois, ce que je sais. »

Énigmatique et silencieux Camus, qu’on veut à tout prix simplifier et réduire. En 1953, quatre ans avant son Nobel, sept ans avant son accident mortel, il écrit : « Un brusque amour, une grande œuvre, un acte décisif, une pensée qui transfigure, donnent à certains moments la même intolérable anxiété, doublée d’un attrait irrésistible. (...) J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d’un bonheur royal. » C’est beau.

 

Philippe Sollers

Le Journal du Dimanche 31 janvier 2010

 


 

In extenso. C’est beau.

A minuit seul sur le rivage. Attendre encore et je partirai. Le ciel lui-même est en panne avec toutes ses étoiles, comme ces paquebots couverts de feux qui, à cette heure même, dans le monde entier, illuminent les eaux sombres des ports. L’espace et le silence pèsent d’un seul poids sur le cœur. Un brusque amour, une grande œuvre, un acte décisif, une pensée qui transfigure, donnent à certains moments la même intolérable anxiété, doublée d’un attrait irrésistible.

Délicieuse angoisse d’être, proximité exquise d’un danger dont nous ne connaissons pas le nom, vivre, alors, est-ce courir à sa perte ? A nouveau, sans répit, courons à notre perte.

J’ai toujours eu l’impression de vivre en haute mer, menacé, au cœur d’un bonheur royal.

1953

L’Eté, La Mer au plus près, Journal de bord

 

Oui, j’ai beaucoup aimé la mer, écrit Camus en 1946 à la fin de son Journal de voyage en Amérique du Nord – Carnets 1949-1959.

En juillet 1949, il part de Marseille pour Rio de Janeiro. A minuit seul sur le rivage…

 

A nouveau, sans répit...


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/camus_10.jpg 

Aujourd’hui, maman…


 

Par lou - Publié dans : de litterrance
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

En lisant tes billets, je me rends compte à quel point je le connais mal...
Commentaire n°1 posté par yueyin le 07/02/2010 à 19h50
Ainsi ferais-je... :-)
Commentaire n°2 posté par yueyin le 07/02/2010 à 20h48
 
A nouveau sans répit...
 

Nouvel accident mortel sur la RN149 à Chiché

Le conducteur d'une voiture n'a pu éviter un platane. C'est le septième accident mortel depuis 2001 sur cette même portion, à l'entrée de la commune.

Un accident mortel a eu lieu hier à Chiché, sur la RN149, en début de virage et dans le sens Parthenay-Bressuire. « Le septième depuis 2001 sur cette portion de route et le 2e contre ce même platane », s'indignait aussitôt le maire de la commune, Bertrand Chataigner, qui s'est rendu immédiatement sur les lieux en compagnie de son premier adjoint. "Quoique l'on dise, et quoique l'on fasse, poursuivait-il, il ne se passe rien. Il est urgent de construire la 2X2 voies et en attendant, de couper ces platanes et poser des glissières de sécurité [
]". Le drame a eu lieu sous un soleil de plomb, peu avant 13 h 30.

 
Bloqué entre son siège et le volant

 
Le conducteur, demeurant dans le Choletais et âgé de 41 ans, était seul à bord de son véhicule, une Peugeot 307. Pour une raison indéterminée, il s'est déporté sur sa droite et n'a pu éviter l'arbre. Quand les sapeurs-pompiers de la compagnie de Bressuire, commandés par le capitaine Didier Ouvrard, sont arrivés sur les lieux, celui-ci ne respirait plus, bloqué entre son siège et le tableau de bord du véhicule. Une heure a été nécessaire aux sauveteurs afin de le désincarcérer.

 
Le bloc-moteur projeté à une dizaine de mètres

 
Le choc a été d'une telle violence qu'une partie du bloc-moteur a été projetée quelques dizaines de mètres plus loin, dans un fossé de l'autre côté du lieu du drame. Par ailleurs, des débris de véhicule jonchaient un peu partout la chaussée. L'homme décédé a été pris en charge par le Samu puis les pompes funèbres très rapidement. La sous-préfète de Bressuire, Véronique Schaaf-Lenoir, était également sur les lieux peu de temps après l'accident. Une déviation a été mise en place une partie de l'après-midi par la commune de Clessé. Pour celle-ci, les gendarmes, sous le commandement du lieutenant Grandin, ont été aidés par le service des routes du Département. Les raisons exactes de l'accident n'ont pas été révélées. L'enquête de la gendarmerie devrait le dire sous peu.

 

@ La Nouvelle République / mercredi 24 juin 2009

Commentaire n°3 posté par lou le 08/02/2010 à 16h12

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile

derniers commentaires

recherche

autres liens

Scribulations, où l'on retrouve Lou

syndication

  • Flux RSS des articles
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés