Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

Recherche

l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

9 mars 2010 2 09 /03 /mars /2010 23:23

 

Les proscrites


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/mondin10.jpg   

http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/mondin11.jpg
Jean-Baptiste Mondino / Damien Saez

 

J’accuse

 

Damien Saez, J’accuse, 2010

 

En images

 

Damien Saez, J’accuse, clip, 2010

 

Damien Saez sur France Inter, le 5 mars

 

Damien Saez, Interview, France Inter, 5 mars 2010

 

Damien Saez sur Canal+, le 8 mars

 

Damien Saez, Interview, Canal+, 8 mars 2010

 

Des femmes nues depuis l’origine du monde


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/courbe10.jpg
Gustave Courbet, L'origine du monde, 1866, Musée d'Orsay


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/ducham10.jpg

Marcel Duchamp, Etant donnés : 1° La Chute d'eau, 2° Le Gaz d'éclairage, 1946-1966, œuvre inachevée, Museum of art, Philadelphie

 

Krys, Tenue de soirée, 2008

 

Deux lettres de Damien Saez

 

Allo Paris bonjour tristesse.

Notre photo, une femme nue dans un caddie, utilisée comme visuel de notre album et comme affiche de concert, a été interdite dans les couloirs des métros et sur les kiosques à journaux.

Dans une seconde étape, une autre affiche textuelle signifiant cette interdiction l’a été à son tour par tous les réseaux publicitaires, méprisant ainsi et la liberté de l’art et la liberté d’expression.

Une femme nue dans un caddie, outrage aux mœurs du commerce ? Remise en question du système ? Droit d’informer ?

Quel crime avons-nous donc commis ? Cette interdiction aurait pour but, qu’ils disent, de protéger l’image de la nature humaine, j’en doute. Mais protéger l’image du caddie ? Ca c’est certain. Les publicistes portant le drapeau de la nature féminine... Faites-moi rire... Une chose est sûre, les caddies valent plus que les hommes dans nos pays.

Quand les bureaux du commerce prennent des allures d’entrée de boites de nuit, quand la ségrégation outre raciale en devient culturelle, la honte grandit.

J’ai honte pour ces gens, honte pour mon pays, honte pour ce qu’il est devenu, honte pour cette auto-censure que la société s’inflige à chaque fois qu’elle ouvre sa bouche. Et dire que nous étions d’avant-garde un jour...

Alors que le vulgaire à outrance et les illégalités font rage sur chaque devanture et dans ces mêmes couloirs de métro, alors que nous vendons nos chairs, à tort et à travers, pour n’importe quel inutile qu’il faudra vendre aux enfants, alors que la femme n’a jamais été autant méprisée dans sa qualité d’être humain autre que celle d’être une chatte béante dans laquelle on refourgue tous les artifices du nouveau monde, voilà que les petits capos voient de l’outrage quand le féminisme est à son expression la plus pure.

Mais quelle est cette douleur qui fait si mal dans les p’tits slips des p’tits capitalistes d’arrêt de bus ?

Les miroirs feraient-ils donc si peur à ceux qui n’aiment pas leur visage ?

D’abord une photo, puis des mots....

Dis quand viendra le temps où nous reverrons la liberté ailleurs que sur nos billets de banque ?

Cet album que nous sortons est l’œuvre de deux ans de travail, d’écriture, de production, de musique, de réflexion, d’argent et surtout de temps. Un art populaire mis à mal par les pilleurs de tombeaux que sont tous les vendeurs de câbles en tous genres.

Je suis parti des majors company pour ne pas finir en abonnement téléphonique, en sonnerie de portable vendue à des crétins.

Bien sûr on est blasé de tout, bien sûr on ne s’étonne plus de rien, bien sûr ça n’est pas grand’chose, qu’une photo aujourd’hui, quoi demain ?

Bien sûr je continuerai à être libre, bien sûr qu’on galère tous à faire nos courses, bien sûr qu’il y a toujours plus grave, bien sûr, bien sûr...

Mais les symboles sont là pour stigmatiser très souvent des maux bien plus profonds, et les choses sans grande importance à première vue cachent souvent des forêts qui le jour où elles prennent feux font bien plus de dégâts que la liberté.

Damien Saez, Lettre, 5 mars 2010

 
---


Ils sont forts quand-même ou quand le plaignant est jugé coupable.

Faites entrer l’accusé !

Avis du jour,

puisqu’il faut du surlignage à cette société :

OUI CETTE PHOTO EST UNE LUTTE CONTRE LA PROSTITUTION LÉGALISÉE DE L’ÊTRE HUMAIN DONT LES PUBLICITAIRES SONT LES MAQUEREAUX.

 

ALLO CERVEAU J’APPELLE NEURONES !!!!

Premièrement :

Je pense que seul un illettré ne comprendrait pas cette affiche et qu’elle n’est que le miroir de ce que les publicitaires et par extension les médias dans leur immense majorité (puisqu’ils sont tous les salariés indirects des spots de pub passés sur leurs supports) veulent faire de nous et de nos enfants et que, par conséquent, cette affiche n’avait pour but que de réveiller quelques consciences et quelques féminismes bien éteints de nos jours ; je suis néanmoins heureux qu’elle suscite une telle réaction chez certaines associations même si je trouve tellement triste qu’on ne les entende jamais concernant les 99% des publicités qu’on inflige à leurs enfants.

Vous comprendrez également mon étonnement de savoir que certaines de ces associations décident d’être du côté du macro plutôt que de celui de la prostituée, quel paradoxe d’être taxé de sexiste et de proxénète quand on dénonce la prostitution même, et bien plus que celle des corps de nos frères et de nos frangines, celle de nos âmes et de nos cerveaux, tout ceci est décidément un bien triste bilan de santé de notre société.

Bientôt ceux-là même que tu défends vont t’attaquer en justice, c’est pas beau ça !

Oui bientôt la photo d’un oiseau dans le mazout sera interdite car elle sera suspectée d’être propagande, non pas contre mais pour les sociétés pétrolifères... tout ça me fait rire et c’est pas peu dire de nos jours.

Utiliser l’image de la femme à tort et à travers pour vendre tout ce qu’on peut : des soutifs au fromage, des magazines pour illettrés ou du showtime à la télé, non ça, ça n’est en rien dégradant, mais la prendre en photo pour dénoncer cette société qui voudrait que l’Homme ne soit rien de plus que de la viande dans un caddie, halte là !

Cachez ce sein que je ne saurais voir !

 

Deuxièmement :

Et si elle était habillée ?

Et si c’était un homme ?

Et si c’était une femme libre sur un parking, magnifique au soleil que j’avais prise en photo et qui aurait accepté d’être l’icône photographique de mon album ?

Et si c’était ma sœur ?

Ou ma femme peut-être voulant elle aussi lutter à sa manière ?

Bien des questions qui ne mènent qu’à une seule réponse : liberté.

Le reste n’est que tartufferie et intégrisme économique.

A l’image de ce que cette société devient, un cul perdu entre des millions de chaises, ces gens-là même qui ont détruit depuis des décennies l’image de la femme donc celle de l’humain tout entier, ces gens-là vont me donner la leçon au nom de l’Homme, ah... si j’avais vendu des strings au lieu de critiquer Dieu consommation...

Moi, j’ai depuis plus de dix ans combattu ma propre publicité, et je n’ai pas besoin de censure comme publicité n’en déplaise à certains, je ne suis jamais allé me vendre à la criée sur les canaux à merde qui vous assiègent secondes après secondes sur tous les écrans, et plus important je n’ai jamais mis une gamine de 14 ans pour vendre un cornet d’glace, à la vanille bien sûr....

Ne voyez pas dans cet écrit une justification à ma liberté qui n’en nécessite aucune mais juste une dernière mise au point sur ce sujet, le pouvoir n’est plus dans les mains du peuple il est dans les câbles et les concubinages consanguins de tout ce joli monde qui fait la merde qu’on achète.

Après tout qu’importe, qu’elle soit interdite ne m’étonne pas tant que ça, ça fait longtemps qu’ils ont gagné et qu’on leur a donné notre cul, à croire qu’on aime tellement ça.

Quelle tristesse !

Définitivement, J’ACCUSE !

Je vous souhaite une bonne journée mesdames.

Damien Saez, Lettre, 8 mars 2010

 


Bonus


La femme en sac dans le caddie, la femme en sac dans le caddie, la femme en sac dans le caddie… on l’a vue… 


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/edward10.jpg
Edward Kienholz, The Illegal Operation, 1962


http://i62.servimg.com/u/f62/11/02/60/83/edward11.jpg
Edward and Nancy Kienholz
, Bronze Pinball Machine with Woman Affixed Also, 1980

 

Partager cet article

Repost 0
Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de chinoiseries
commenter cet article

commentaires

lou 17/03/2010 12:59


 
Homéo, vous êtes pourtant experte en la globule !
http://kikimundo.over-blog.com/article-19351879.html

Poursuivons le combat !
Lou 30CH, ad lib.
 


Homéo 15/03/2010 21:33


M.Lou je viens parfois, je ne comprends pas tout pourtant je ne crois aps être sotte mais je pense que vous en avait trop dans le pantalon, oups dans la cervelle , pardon !
J'ai découvert la chanson de Saez auj et je découvre cette censure ....


lou 12/03/2010 20:38


 
On pourrait soutenir que la dame, même si elle est sincère, est dans l'erreur :)
 


yueyin 12/03/2010 17:10


je suis tombée par hasard sur un simili débat ou Saez défendait son point de vue face à une dame qui lui soutenant mordicus que même s'il était sincère, il se trompait... très étrange comme
argumentation... la censure cible !


lou 10/03/2010 18:10


 
recycler ? peut-être pas.

récupérer ? tout est récupérable.

Ma contre-publicité
http://www.libellus-libellus.fr/article-carrefour-danone-les-escrocs-du-coeur-46197458.html 
est une publicité.
 


des pas perdus 10/03/2010 17:18


Paradoxalement, c'est plutôt assurant que le capitalisme n'arrive pas à tout recycler....


 


 
Handicap International

un clic sur les images