Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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l'heure à Lushan

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pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 00:01

 

 

Chanson des bateaux de pêche au crépuscule, Pan Jin et l'ensemble de Musique Populaire Chinoise, instruments : erhu et konghu

 

Du Fu, Il y a un homme errant

Du Fu, Il y a un homme errant, traduit du chinois et présenté par Georgette Jaeger, Orphée / La Différence, 1989

 

Du Fu

Du Fu ou Du Zi-mei, né en 712, mort en 770, est avec Li Bai, ou Li Po, le plus célèbre poète des Tang. Son grand-père était déjà un poète connu. Après avoir parcouru, à dix-neuf ans, les provinces chinoises, il échoue aux examens pour devenir fonctionnaire. A Luoyang, où il réside de 742 à 744, il rencontre le poète Li Bai. Il se marie, il se rend à Chang'an, mais ne réussit pas dans un premier temps à obtenir un poste dans l'administration impériale. Il écrit à cette époque un poème dans lequel il décrit la misère qui est la sienne, en évoquant celle des gens du peuple qui est encore pire. Lorsqu'il obtient enfin un poste, dans une ville proche de la capitale, la rébellion de An Lushan éclate et Chang'an est prise par les rebelles. Suivent tribulations et maladie. Sans ressources, il meurt alors qu'il est en route pour la province du Hunan en 770.

 

Jiang Zhao He, Du Fu, ca 1981, Musée d'Art national de Chi

Jiang Zhao He, Du Fu, ca 1981, Musée d'Art national de Chine, Pékin

 

A la différence de Li Bai, tourné vers la tradition, Du Fu adopte des genres nouveaux, introduit dans la poésie des thèmes liés à la vie quotidienne, en appelle à la responsabilité sociale du poète. Il dénonce dans ses poèmes les injustices de son temps, conformément à l'idéal confucianiste.

 

Le cheminement des chars de guerre

 

Les chars avancent en grinçant

les chevaux les tirent en hennissant

les hommes marchent, portant l'arc et les flèches

les parents, épouses et enfants, les accompagnent

[…]

aux postes frontières, le sang coule, il forme des lacs

mais l'empereur Wu ne songe pas encore à faire cesser les combats

ne voyez-vous pas

dans le pays des Han, à l'est de la montagne, deux cents districts

mille villages, dix mille foyers, ne sont plus qu'épines et ronces

[…]

ne savez-vous pas qu'aux confins du Koukounor

depuis des temps anciens gisent des os blanchis que personne ne recueille ?

les mânes des morts récents gémissent, ceux des anciens morts pleurent

par temps sombre on les entend, mêlés au bruit de la pluie

 

Quatrain

 

Le soleil émerge de l'eau à l'est du fossé

les nuages s'assemblent sur la colline au nord de la maison

les martins-pêcheurs chantent sur les hauts bambous

une caille danse sur le sable désert

 

Sept chants composés lorsque je vivais à Tonggu

 

Il y a un homme errant, un homme errant qui s'appelle Zi-mei

sa tête est blanche, ses cheveux tombent en désordre sur ses oreilles

il vit de glands qu'il ramasse comme un montreur de singes

sous le ciel froid, au crépuscule, dans les vallées de montagne

sans nouvelle de la plaine centrale, il ne peut rentrer chez lui

ses mains et ses pieds sont gelés, sa peau crevassée

 

Hélas ! mon premier chant, déjà un chant triste...

le ciel m'envoie une brise compatissante pour me tenir compagnie

 

Réflexions

 

Le monde se compose d'êtres qui travaillent

en divers lieux, sous diverses coutumes

tous sont entraînés dans cette lutte pour la vie

et peu à peu, tous se ressentent de cet esclavage

sans dignités, l'obscurité n'apporterait pas l'amertume

sans richesses, la pauvreté pourrait se supporter

l'éternité n'est qu'un immense ossuaire

 

Images notées au hasard

 

Le mois de mars s'est enfui, avril est arrivé

je vieillis – combien de printemps me seront-ils encore donnés ?

ne pensons pas à tout ce qui peut encore arriver

buvons les quelques coupes qui nous sont accordées ici-bas

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de chinoiseries
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commentaires

des pas perdus 27/03/2014 19:27


L'éternité n'est qu'un immense ossuaire... 

Lou de Libellus 28/03/2014 08:10



 


J'ai choisi les citations ; - )


L'éternité n'étant pas dans notre temps - dans notre durée, les cimetières ne sont pas dans l'éternité.


On peut comprendre que la mémoire en repentir éternel (nostalgie, ressentiment) n'est qu'une momie.


 



 


 
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