Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 23:01

 

D'une maison de thé.

 

Melody From A Bamboo House, Chinese Traditional Pipa Music, Oliver Sudden Prod, 1998, int. Liu Fang

 

 

Gâteau de lune

Un gâteau de lune.

 

Les deux sinogrammes du milieu, 昌門 (chāng mén) se traduisent littéralement par porte prospère (nom de l’une des portes donnant accès à l’état de Wu).

Les caractères de droite et de gauche, (dòu), haricot, et (shā), sable, indiquent le contenu : dòushā, pâte de haricot rouge.

 

Le gâteau de lune (traditionnel : 月餅 ; simplifié :  ; mandarin : yùe bǐng) est une pâtisserie chinoise en forme de lune consommée pendant la fête de la mi-automne (ou fête de la lune).

 

Il contient souvent des jaunes d’œufs salés (en général de cane) ce qui lui donne une couleur jaune rappelant également celle de lune.

La surface est décorée de motifs en relief ou de sinogrammes auspicieux, ou bien indiquant le contenu pour faciliter le choix des clients.

Il en existe en effet différentes sortes, dont certaines typiques d’une région donnée.

 

Quelques-uns des contenus les plus courants :

crème de lotus ou graines de lotus

cinq noix

pâte de durian

pâte de haricots rouges

purée de dattes

purée d’ananas confit

purée de haricot mungo

purée de soja

mélange de porc maigre haché, noix et fruits confits.

 

Aux gâteaux de lune est liée une anecdote historique : la tradition veut que le signal de la révolte des Chinois Han contre la dynastie mongole Yuan qui allait amener l’avènement des Ming ait été donné par le biais de messages cachés à l’intérieur de ces pâtisseries que seuls les Hans consommaient.

 

Sur le chemin de Tianyi, les repas sont des moments de joie partagée ou des épreuves vécues dans la souffrance, à l’image des variations du monde selon les saisons et l’histoire.

Tout commence dans un sourire lumineux de l’Amante.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel 

  

A l’initiative de Yumei, nous décidâmes, un jour de juin [1941 : Tianyi a 16 ans], de longer la rivière qui coulait non loin du village, jusqu’à sa source. La randonnée qui devait durer la journée entière ne demandait, au demeurant, que peu de préparatifs. Pour la nourriture, outre quelques thermos contenant de l’eau bouillante, nous n’emportâmes que des œufs durs cuits au thé rehaussé des cinq parfums, des tranches de porc laqué et des galettes aux graines de sésame, sans oublier quelques hottes d’oranges et de pomélos, toutes choses simples qu’adoraient les jeunes, fatigués de la cuisine familiale, trop grasse ou trop élaborée à leur goût.

[…]

Nous traversâmes quelques rares villages. La présence de Yumei, invariablement, y éveillait de la sympathie. […] Ce jour-là, elle n’avait rien d’autre à offrir aux paysans que les oranges et les pomélos. Les jeunes furent étonnés de s’apercevoir que ces fruits, ordinaires somme toute tant la province en produisait, étaient des objets de luxe aux yeux des paysans. Ils étaient bien trop jeunes pour savoir dans quel dénuement vivaient les paysans les plus pauvres […]. En échange, ils offrirent aux randonneurs des patates rouges et une sorte de fruit qui pousse sous la terre appelé « courge de terre ». Ce fruit sans pépins et à la chair blanchâtre  et croquante, au premier abord, a un goût de terre légèrement âcre, mais à mesure qu'on le mâche il donne un jus laiteux, frais et désaltérant.

 

La petite troupe arrive à la source, s'y désaltère et entre au village où l'on vénère Qū Yuán (屈原) (340 ?-278 ? avant J-C), le premier poète connu de la littérature chinoise, dont le lieu retient le nom.

 

Li Sao

Lí Sāo, Tristesse de la séparation

 

François Cheng donne un aperçu de son chant (sans référence).

 

Je laisse mon regard errer sur l'horizon :

Le retour tant espéré, quand viendra-t-il ?

L'oiseau s'envole pour regagner son nid ;

Et le renard mourant se tourne vers son gîte.

Intègre et loyal, me voici pourtant exilé ;

Quand pourrai-je l'oublier, quel jour, quelle nuit ?

 

Les randonneurs, assoiffés et affamés, se virent offrir le thé de chrysanthème accompagné de jujubes et de graines de lotus confites.

 

Au retour, les marcheurs s'arrêtèrent au bord de la rivière pour manger.

 

Ils allumèrent un feu et firent cuire dessus les patates rouges offertes par les paysans, en y mêlant des tiges de pavots et des légumes aromatiques cueillis tout au long de la journée.

Ah ! de toute ma vie, je ne retrouverai plus la divine saveur des patates cuites ce soir-là.

 

Au lycée d'Etat.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel 

 

Conditions matérielles déplorables.

[…]

La nourriture était composée uniquement de riz à moitié décortiqué et de légumes souvent avariés qu'on ingurgitait à la hâte, debout. On restait constamment sur sa faim et constamment on avait faim. Les plus fortunés fréquentaient les échoppes qui commençaient à proliférer autour du lycée. De ces échoppes montait l'insistante odeur de soupe aux nouilles agrémentée de porc sauté ou de bœuf mijoté, odeur qui était le parfum même du nirvana pour les narines de ceux qui ne pouvaient se les offrir. Ces derniers se contentaient d'ajouter dans le fond de leur bol de riz un doigt de saindoux, lequel en fondant, par sa légère onctuosité, suffisait à susciter un début d'extase ; ou encore de grignoter, tout en mangeant, une gousse d'ail ou un piment sec qui aidait à faire « descendre le riz ».

[…]

Afin d'améliorer un peu l'ordinaire, pour faire des remèdes aussi, un petit nombre d'élèves avaient recours, durant un temps, à la chair de serpent et à la viande de chien, lesquelles, selon la croyance traditionnelle, sont de nature fortement yang, donc « chaudes », aptes à guérir des maladies « froides » telles justement que la tuberculose ou la malaria.

 

A Guling, au cœur du mont Lu.

 

Un jour, passant devant une boutique, je fus littéralement « terrassé » par les effluves enivrants qui s'échappaient du soupirail. Sur le moment, ignorant en la matière, j'étais bien incapable de distinguer l'odeur du beurre de celle de la vanille, le parfum de la crème de celui de la mousse au chocolat. Je reconnaissais seulement, à travers les effluves, l'élément de fond qui me faisait une fois de plus palpiter : le lait.

[…]

A la forme souple, dodue, comme ayant poussé naturellement, des gâteaux chinois s'opposent ici des pièces aux contours nets, géométriques, miniatures de quelque ouvrage sculpté ou de quelque construction architecturale.

 

A la recherche de Yumei, en compagnie de Haolang.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel 

 

Pour le repas du soir, nous achetions de grosses galettes bien bourratives et attendions dans un coin du restaurant la fin du service ; car, à ce moment-là, disponible, le garçon nous servait volontiers, moyennant un pourboire, un potage fait simplement d'eau bouillante versée dans la grosse poêle qui avait servi à cuire les plats, et dans laquelle on mettait quelques pincées de ciboulette ou de légumes de saison. Plus tard, dans la nuit, nous pouvions avoir recours au fameux dandan mian vendu par des marchands ambulants. C'étaient des sortes de nouilles fines qu'on cuisait instantanément devant le client, avec au choix une douzaine d'assaisonnements succulents.

 

Sur la route.

 

On est sûr de trouver des marchands bien installés qui offrent force fruits, oranges, pastèques, cannes à sucre. Et surtout le thé aux chrysanthèmes chaud.

 

Les voyageurs arrivent à la ville de N., un port donnant sur un important affluent du Yangzi.

 

L'air était saturé de senteurs d'huile, de vin, de sel, de riz, de légumes marinés et d'épices de toutes sortes.

 

Tianyi rejoignant, seul, le vieil ermite, le peintre.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel

 

Ensemble, ils s'arrêtent dans leurs promenades,

pour déguster un vin nouveau ou goûter un plat de légumes frais cueillis.

 

A Dunhuang.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel 

 

Le 15 août 1945, à la fin de la guerre,

toute l'équipe se rendit à la ville où une fête était organisée autour de moutons entiers grillés. Dans le bruit des pétards mêlé aux sons des chants et des danses des Ouïgours, nous nous passions de main en main des pichets de vin qui ne désemplissaient pas. Après les viandes fortement aromatisées et les galettes de légumes, nous nous désaltérions en enfouissant la tête dans de gros fruits dégoulinant de jus, pastèques, melons, grappes de raisin, hamï

 

Avril 1948. L'Europe. A Paris.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel

 

Encore

les vapeurs appétissantes qui montaient des soupes aux nouilles et des plats aussi colorés qu'épicés.

 

A Rome.

 

Dans cette grande ville méridionale, où l'éclat des ors apostrophait l'ombre de la peste, je goûtai les mets typiques qu'offraient trattorie et rosticcerie le long des rues ; je me saoulai des odeurs et des bruits qui me portaient.

 

Dans les Pouilles.

 

Dans cette région où je me rendis, je découvris des fruits et des légumes – olives, artichauts, poivrons – d'une telle saveur parfumée qu'ils me rappelèrent ma terre chinoise.

 

Une voix vient à Tianyi.

 

Ne sois plus jamais quémandeur sur cette terre. Sois celui qui reçoit tout, même l'inconcevable. Et toutes les choses dont tu es le réceptacle, tu les porteras jusqu'au bout, afin que ceux qui cherchent consolation en toi survivent.

>>> Comme un message des abeilles

 

Avec deux compagnons, Hans et Mario.

 

Hans demandait : « Pourquoi peindre ?  »

« La vie continue ! répondit Mario avec bon sens. Il faut continuer à manger des spaghetti !  » et d'entraîner ses deux confrères vers les rues derrière, où les pâtes étaient succulentes et le Chianti aussi clair que le rire des filles.

 

Véronique.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel

 

« Me voilà ! Fais-moi une soupe aux nouilles. J'ai un estomac chinois maintenant !  »

 

Au camp.

>>> François Cheng, Le dit de Tianyi – entre terre et ciel

 

La nourriture est…

 

« En cette vie, les choses se répètent et ne sont jamais les mêmes. »

 

 

Dào Dé Jīng - La Voie

 

   

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