Jeudi 17 février 2011 4 17 /02 /Fév /2011 13:16


Apollinaire-Chirico


Giorgio de Chirico, Portrait de Guillaume Apollinaire,1914, huile et fusain sur toile, 81,5 x 65, M. N. A. M., Paris


Ce portrait semble comme une anticipation. En 1916, Guillaume Apollinaire, alors dans les tranchées, est gravement blessé d'un éclat d'obus à la tempe gauche.

Un cercle (celui de la trépanation ?) apparaît sur la silhouette figurant au second plan comme une cible dans un stand de tir.

Au premier plan, le buste rappelle Orphée, prince des poètes, accompagné de ses attributs, le poisson et la conque, tracés au fusain. Ses lunettes noires marquent la cécité, associée à la sagesse dans la mythologie grecque.

Guillaume Apollinaire serait ainsi l'incarnation de la sagesse en poésie.

[pour mémoire : Frédéric Taddeï, d'Art d'Art, émission du 8 septembre 2007]

 

---

 

Le Pont Mirabeau

 

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Et nos amours

Faut-il qu'il m'en souvienne

La joie venait toujours après la peine

      Vienne la nuit sonne l'heure

      Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face

Tandis que sous

Le pont de nos bras passe

Des éternels regards l'onde si lasse

      Vienne la nuit sonne l'heure

      Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante

L'amour s'en va

Comme la vie est lente

Et comme l'Espérance est violente

      Vienne la nuit sonne l'heure

      Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines

Ni temps passé

Ni les amours reviennent

Sous le pont Mirabeau coule la Seine

      Vienne la nuit sonne l'heure

      Les jours s'en vont je demeure


Guillaume Apollinaire, Le Pont Mirabeau, Alcools, Mercure de France, 1913


Si le poème peut évoquer la rupture de l'amoureux avec Marie Laurencin, au-delà de l'anecdote, on lit une méditation héraclitéenne sur le temps qui s'écoule, comme l'eau, toujours là et jamais le même.


 
Une lecture funèbre par Guillaume Apollinaire en 1913, Archives de la parole, Institut de phonétique lancé par l’Université de Paris, financé par Pathé - version originale dans les archives sonores de la BNF.


Apollinaire-tombe


Une autre lecture, plus dansante, par SPQR.


Une voix que nous avons connue, semble-t-il, comme une ressemblance, une voix aujourd'hui disparue de Libellus.


En forme de tango ? Oui. La première ligne est classique : quick, quick, slow. Ensuite, il y a des libertés, et, justement, le tango est une danse de la liberté, dont la forme n'est nulle part fixée.


 



Remerciements


A Yueyin, Chroniques de lectures


A K'gire qui nous a fait connaître l'enregistrement du poème par Guillaume Apollinaire




BONUS

 

 

Mon cœur soupire
La nuit, le jour.
Qui peut me dire
Si c'est d'amour ?
Qui peut me dire
Si c'est d'amour ?


Mon cœur soupire in Les Barbouzes, Francis Blanche, Georges Lautner, Wolfgang Amadeus Mozart, 1964

 

 
Wolfgang Amadeus Mozart, Le nozze di Figaro, acte 2, scène 2, Voi che sapete, in Cecilia Bartoli, Mozart arias, piano : András Schiff, Wiener Kammerorchester, direction : György Fischer, Universal Music, 1991

 

 
Vincenzo Bellini, Norma, acte 1, Casta diva, Cecilia Bartoli, International Chamber Soloists, direction : Adam Fischer, in Sospiri, Universal Music, 2010 (l'enregistrement est plus ancien, il est inscrit dans une compilation, sans date – on dira circa 1990)
 
Une interprétation remarquable pour une mezzo de nature. 
 
Oui, on n'oublie pas Maria Callas, en 1954, sous la direction de Tullio Serafin, une colorature, dans sa jeunesse, peut-être jusqu'au fa5, dit-on, au moins jusqu'au contre-mi. Après, c'est plus triste, c'est très beau mais la voix est devenue instable.

 
Par lou - Publié dans : de litterrance
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Que de belles choses autour de Guillaume, merci Lou :-)

Commentaire n°1 posté par yueyin le 17/02/2011 à 21h57

Version:1.0 StartHTML:0000000149 EndHTML:0000001011 StartFragment:0000000199 EndFragment:0000000977 StartSelection:0000000199 EndSelection:0000000977

Vous aimez APOLLINAIRE, vous allez aimer,
présélectionné pour le concours de roman 2011
 
“100 ans avant minuit”
Éric Chatillon

Cliquez sur http://www.bordulot.fr/page25/page56/page56.html

 

Commentaire n°2 posté par gillet le 20/02/2011 à 14h22

 

Va pour la pub, j'ai le goût d'encourager les jeunes artistes.

 

A bientôt : - )

 

Réponse de lou le 24/02/2011 à 10h19

l'heure à Lushan

France + 6 heures


pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile

recherche

autres liens

Association pour la sauvegarde du phare de Cordouan

et ses marque-pages

Jooble, emploi, travail, recrutement

Scribulations, où l'on retrouve Lou

syndication

  • Flux RSS des articles
 
Contact - C.G.U. - Signaler un abus - Articles les plus commentés