Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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14 juillet 2013 7 14 /07 /juillet /2013 23:01

 

La peur d'a 29

La peur d'avouer, ré. : Gabry Maraschi, scén. : Nicoletta Peruzzi, phot. : Anselmo Marcelli, Nous Deux, Mondadori France, 2013

 

La peur d'a 30

 

Une exposition classique : nous savons où nous sommes, qui est là et quel est le programme.

 

Flavio, un journaliste, un journaliste célèbre, un journaliste célèbre à la radio – nous apprendrons bientôt qu'il s'agit de Radio Sport, montre ses bijoux à Victoria, une hôtesse de l'air – sur des lignes intercontinentales : une fine chaîne de cou assortie d'un bracelet discret qui annonce l'homme de goût.

 

Il est hautement improbable que nous soyons chez elle, ce ne serait pas bien, et puis elle recevrait dans son jardin. Des Japonais à la tête du lit ? Nous sommes chez lui. Et pourtant... La chambre est peu spacieuse pour un sportif, un sportif à la radio, un sportif à l'aise : 2,50 m en largeur et en longueur, au mieux, 5 m. Ni portes ni fenêtres ? Curieux... Deux interrupteurs à gauche du lit, aucun à droite. La lumière vient de la femme. Un téléphone ? Près de l'homme ? Peut-être. En tout cas il y a un faux raccord de l'image n°1 à l'image n°3. Sommes-nous bien chez Flavio ? Ces nippones friponneries en frise sont plutôt d'un gigolo en garçonnière que d'un homme qui épouse. Curieux... Une chambre d'hôtel où les aurait aspirés l'appel irrésistible des profondeurs sincères et aléatoires ? Où sont les projecteurs dont on voit l'éclairage, et les techniciens ? Un décor. Y a-t-il seulement un plafond ?

 

Un homme, jeune, riche et en bonne santé, est au lit avec une créature de rêve – un tel homme ne partage ses sentiments qu'avec une créature de rêve. Les préliminaires ont à peine commencé : la couche est toujours à peu près en ordre, les cheveux également, et il ne fume pas encore.

 

Que se passe-t-il alors ?

Il parle. Il a quelque chose à dire, à lui dire, à elle, « quelque chose d'important », évidemment. Tout va très vite, le hasard, les sentiments sincères et profonds, le tourbillon de la vie. Qu'il dise, qu'il lui dise, qu'il le lui dise, mais « vite », implore-t-elle !

 

« Veux-tu m'épouser ? »

Vous en connaissez beaucoup, des hommes qui proposent le mariage au moment de conclure sous les estampes ? Et ce petit doigt qui regimbe ? Elle en rit. Se moquerait-elle ?

 

« N'est-ce pas un peu prématuré ? »

Quelque gargouille de bénitier penserait que ce qui est prématuré dans l'histoire, c'est l'alcôve. Pour être Romaine, on n'en est pas moins moderne ! Et caustique ! Leur hasard n'est que de quelques mois, le mariage est « quelque chose d'important », une vie suffirait à peine à s'y résoudre.

 

Il a compris. Elle partage les draps mais pas les sentiments qui vont avec.

Et elle ? Quand elles font cette tête-là, en général, c'est qu'elles s'ennuient. Et de quoi s'ennuie-t-elle ? De perdre sa vie présente. Le mariage, c'est « une nouvelle vie », elle doit s'y préparer, psychologiquement. Finis les sentiments sincères et profonds ! Finies les virées outre-Atlantique ! Le hasard, fini ! Le mariage, ce n'est plus le pré fleuri où le séduisant bretteur vient pointer son fleuret, c'est le sable mouvant d'un funeste bunker, ce sont les chiards bons à noyer, a desperate housewife's life.

Il veut bien attendre, mais pas trop longtemps, il sent grandir en lui un émoi trop sincère et profond.

 

Entre la cinquième et la sixième image, il y a ce qu'on appelle « un panoramique sur la fenêtre » – même quand il n'y a pas de fenêtre.

 

L'homme patient accompagne sa compagne pour s'assurer qu'elle ne va pas rejoindre un coquin de la compagnie.

Il est vêtu décontracté mais propre : un ensemble en jean de bonne coupe et artistement délavé, assorti à la voiture.

Oui ? Nous remarquons ces arbres, ces reflets... Est-ce bien un aérodrome ?

 

La peur d'a 47

 

Que s'est-il passé entre la page 30 et la page 47 ? Victoria aurait-elle un secret ? Un secret caché ?

 

 

Garou, Sophie Nault, Claude Pineault, L'aveu, in album Reviens, 2003

 

La peur d'avouer ! La Fayette, nous voilà ! «  Ne me contraignez point, lui dit-elle... »

 

 

_ _ _

 

ANNEXE

 

Ne me contraignez point, lui dit-elle, à vous avouer une chose que je n'ai pas la force de vous avouer, quoique j'en aie eu plusieurs fois le dessein. Songez seulement que la prudence ne veut pas qu'une femme de mon âge, et maîtresse de sa conduite, demeure exposée au milieu de la cour.

 

Que me faites-vous envisager, Madame ! s'écria monsieur de Clèves. Je n'oserais vous le dire de peur de vous offenser.

 

Madame de Clèves ne répondit point ; et son silence achevant de confirmer son mari dans ce qu'il avait pensé : — Vous ne me dites rien, reprit-il, et c'est me dire que je ne me trompe pas.

Eh bien, Monsieur, lui répondit-elle en se jetant à ses genoux, je vais vous faire un aveu que l'on n'a jamais fait à son mari, mais l'innocence de ma conduite et de mes intentions m'en donne la force. Il est vrai que j'ai des raisons de m'éloigner de la cour, et que je veux éviter les périls où se trouvent quelquefois les personnes de mon âge. Je n'ai jamais donné nulle marque de faiblesse, et je ne craindrais pas d'en laisser paraître, si vous me laissiez la liberté de me retirer de la cour, ou si j'avais encore madame de Chartres pour aider à me conduire. Quelque dangereux que soit le parti que je prends, je le prends avec joie pour me conserver digne d'être à vous. Je vous demande mille pardons, si j'ai des sentiments qui vous déplaisent, du moins je ne vous déplairai jamais par mes actions. Songez que pour faire ce que je fais, il faut avoir plus d'amitié et plus d'estime pour un mari que l'on en a jamais eu ; conduisez-moi, ayez pitié de moi, et aimez-moi encore, si vous pouvez.

Madame de La Fayette, La Princesse de Clèves

 

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