Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

Recherche

l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 23:01

 

Jean de la Croix Robert, La falaise et l'horizon

Jean de la Croix Robert, La falaise et l'horizon, Desclée de Brouwer, 1998-2012

 

Jean de la Croix Robert

 

La falaise et l'horizon est une longue méditation sur le chemin de la vie, celui où l'on part sans savoir où l'on va, en laissant d'où l'on vient, pour devenir.

Devenir ? Mais nous sommes, non ? demandent certains.

 

Non, la vie ne peut être condamnée au destin.

Notre liberté , c'est de connaître les flots de l’abîme pour renaître à la source.

Partir, fuyard ou pèlerin, trimard ou touriste, nous répondons à un appel.

Vers ce chemin de la Parole.

 

Tout ruisselant de mille grâces,

En hâte il traversa nos bois,

Dans sa course, il les regarda,

Sa figure qui s’y grava

Suffit à les laisser revêtus de beauté.

Jean de la Croix, Cantique spirituel, st. 5

 

Bien sais-je la source qui jaillit et fuit,

Mais c’est de nuit !

Cette source éternelle bien est celée

Et pourtant sa demeure je l’ai trouvée,

Mais c’est de nuit !

En l’obscure nuit de cet exil mauvais

La source fraîche, par la foi, bien la sais,

Mais c’est de nuit !

Ne sais son origine, car n’en a mie, Père

Mais que toute origine d’elle est jaillie

Mais c’est de nuit !

Bien sais que ne peut être chose si belle

Et sais que ciel et terre s’abreuvent en elle,

Mais c’est de nuit !

Bien sais que de fond jamais on n’y trouva

Et que nul à gué oncques ne la passa,

Mais c’est de nuit !

Que nul voile à sa clarté ne fut connu

Et que toute lumière d’elle est venue,

Mais c’est de nuit !

Bien sais que si riches roulent ses courants

Qu’enfers et ciels et mondes ils vont arrosant,

Mais c’est de nuit !

Et le courant de cette source naissant Fils

Bien sais qu’il est aussi riche et tout puissant,

Mais c’est de nuit !

Et le courant qui des deux autres procède Saint-Bien

sais que nul des autres ne le précède, Esprit

Mais c’est de nuit !

Bien sais que les Trois en une seule eau vive

Résident et que l’un de l’autre dérive,

Mais c’est de nuit !

Cette source éternelle bien est blottie

Au pain vivant afin de nous donner vie,

Mais c’est de nuit !

Elle est là criant vers toute créature

Qui de cette eau s’abreuve mais à l’obscur,

Car c’est de nuit !

Cette source vive à qui tant me convie

Mon désir, je la vois en ce pain de vie,

Mais c’est de nuit !

Jean de la Croix, La nuit obscure 

 

 

Tver, Dormition de la Vierge 700

Tver, Dormition de la Vierge, XVe siècle, tempera sur bois, Galerie Tretiakov

 

L'Assomption est un dogme, proclamé par Pie XII, pourtant nullement attesté dans l'évangile, c'est une croyance, ancienne et coutumière.

 

Chantons !

 

 

Giovanni Battista Pergolesi, Salve Regina, 1735, Il Seminario musicale, Véronique Gens, soprano, Gérard Lesne, contre-ténor, 1997

 

Relisons l'homélie de Jean de la Croix Robert, au premier dimanche de Carême, le17 février 2013, à Voreppe, Monastère des Clarisses.

 

L’Homme vrai et le menteur

 

En ce premier dimanche de Carême, la liturgie nous présente un Évangile qui, toujours, nous surprend : celui de la tentation de Jésus par Satan. Si Jésus est le Fils unique de Dieu, peut-il vraiment être tenté par le Diable ? « Si tu es le Fils de Dieu », cette parole, qui n’exprime que l’ironie de Satan, proclame pourtant la pleine identité de Jésus. Satan qui se croit tout-puissant n’est donc qu’un aveugle. En effet, il ne voit pas que Jésus arrive au désert poussé par l’Esprit Saint, Esprit de lumière et de force, dont il a été comblé et investi, par Dieu lui-même, lors de son baptême au Jourdain.

Comprenons bien : c’est pour nous, les hommes, que Jésus se livre à la tentation comme, plus tard, pour nous toujours, il se livrera à la mort. En cela, Jésus assume toute l’histoire d’Israël puisqu’il est son Messie et même, celle de toute l’humanité qui a commencé par la tentation d’Ève et d’Adam avant de se poursuivre dans l’histoire du peuple élu. Ce peuple déjà tenté en Égypte, puis au pied du Sinaï et dans sa marche au désert durant quarante ans. Peuple de Dieu, toujours tenté, toujours vaincu ! Quand Jésus sort victorieux de la tentation, et cela par trois fois, c’est pour Israël et pour tous les hommes qu’il remporte cette victoire et, en cela, il est déjà notre Sauveur. L’Évangile présente la tentation de Jésus en trois étapes successives. Elle concerne la faim, relation de l’homme avec lui-même, puis, en un second temps, le pouvoir, relation de l’homme avec le monde, enfin la mise à l’épreuve de Dieu lui-même, l’homme dans sa relation avec Dieu. Les trois réponses de Jésus, reprenant des paroles de Dieu dans l’Ancien Testament, mettent fin provisoirement aux tentations de Satan, lequel va s’écarter de lui « jusqu’au moment fixé », c'est-à-dire jusqu’au moment de la Passion.

Pourquoi Satan tente-t-il Jésus ? Sans doute pour le gagner à lui-même tout en le séparant de Dieu, ce qui confirme bien l’ignorance de Satan. Cependant, derrière ces tentations se révèle l’intention profonde du Diable, à savoir la destruction de l’homme lui-même. Satan, en effet, depuis le commencement, reste toujours jaloux de l’homme et de ce qu’il est en vérité : la seule créature à l’image et ressemblance de Dieu. Satan sait bien que s’il arrive à écarter Dieu de la vie de l’homme et du monde, il aura détruit l’homme en ce qu’il a de plus vrai et de plus beau.

Si l’humanité est vraiment sauvée en Jésus le Seigneur, elle peut toujours, en ne comptant que sur ses seules forces, se détruire elle-même en raison de ses propres convoitises et illusions. De cette destruction, toujours possible et toujours à l’œuvre en notre monde, l’histoire récente, hélas, nous en donne des preuves irréfutables. Si nous savons les discerner !

Pour conclure sur une note d’espérance, en cette marche avec le Christ vers Pâques, voyons comment Jésus, concrètement, sauve l’homme. La seconde lecture de ce jour nous donne la bonne réponse : l’homme est sauvé quand est restaurée son unité profonde, quand ce qu’il croit en son cœur, il le confesse sur ses lèvres. Quand le cœur et les lèvres son accordés, l’homme retrouve alors son unité originelle. Tel est aussi l’enseignement de saint Benoît qui nous rappelle cette vérité de l’homme, à savoir que son esprit doive s’accorder avec sa voix. C’est ainsi que l’homme est de nouveau accordé avec lui-même quand, avec Dieu, il se retrouve pleinement accordé. Réconcilié avec Dieu, l’homme peut alors l’être avec lui-même et avec tous ses frères les hommes. Beau programme de Carême pour nous tous !

 

Références bibliques : Dt 26, 4-10 ; Ps 90 ; Rm 10, 8-13 ; Lc 4, 1-13

 

*

 

 

Précédemment : Jean de la Croix Robert, Un cri vers Dieu

 

Partager cet article

Repost 0
Lou de Libellus Lou de Libellus - dans dans les siècles des siècles
commenter cet article

commentaires

 


 
Handicap International

un clic sur les images