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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 23:01

 

Jean-Marc La Frenière, J'écris avec la terre

Jean-Marc La Frenière, J'écris avec la terre, Éditions Chemins de Plume, 2012

photo : Ile Eniger

 

« Aimer est un très grand pays

mais comment l'habiter ? »

Gilbert Langevin

 

Certains oiseaux volent à l'envers en traversant la ville. Ils préfèrent le ciel au smog des usines. Quand le cidre chimique dénature les vergers, quand la peau des écrans prend le pas sur la chair, quand on oublie de vivre pour payer l'enterrement, quand les champs de maïs affament les plus pauvres pour nourrir les avions, quand les enfants des hommes servent de chair à canon et le sexe des femmes n'est qu'une fente à monnaie, je ne pardonne pas aux prêtres, aux banquiers, aux guerriers qui savent ce qu'ils font.

 

Le moindre caillou témoigne d'une étoile.

 

Je n'aime pas l'autoroute. J'ai pris un chemin solitaire, un sentier plein d'épines. Je longe les ruisseaux. Une ancienne forêt murmure dans mes mots. Un mouton bêle sous mon chandail de laine. Mes souliers en peau de vache ruminent ce qu'ils peuvent. Mes yeux de mer à boire suivent une étoile filante. La mort aux yeux de craie ajoute à mon ardoise. L'air se coupe sur le fil des mots. Ne cherchez pas chez l'homme ce que savent les arbres. Ne cherchez pas ailleurs ce que la vie nous prend. Ne cherchez pas l'enfance dans les salles de cours. Lorsque les mots ne servent plus qu'à dire "j'ai faim, j'ai soif", à quoi sert un poète ?

 

J'écris avec la terre. Je pose des cailloux un à un. Je fais des petits sauts sur la marelle du sens. J'abats les T en croix pour en faire des bûches. Je fais rouler des billes de la rondeur des O.

 

Une prose poétique, souvent en alexandrins à l'oreille, le jeu des assonances, et toujours le feu, le fleuve, le rêve.

 

Le rêve est bien enraciné dans la vie, le rêveur éveillé en révolte, l'amour.

 

A quoi sert un poète ? Apprenez en lisant !

 

*

 

En suivant le fil :

 

Jean-Marc La Frenière, Un feu me hante

Jean-Marc La Frenière, La langue est mon pays

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

yueyin 17/09/2013 20:15


... sublime ! ça secoue !

Lou de Libellus 18/09/2013 05:59



 


Un grand, oui.


 



 


 
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