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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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28 avril 2014 1 28 /04 /avril /2014 23:01


 

Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux

Jocelyne Saucier, Il pleuvait des oiseaux, Denoël, 2013 (XYZ inc., 2011)

Photo : Michael Hall/Getty Images

 

Jocelyne Saucier

Jocelyne Saucier est une romancière canadienne née dans la province du Nouveau-Brunswick en 1948. Il pleuvait des oiseaux est son quatrième roman.

 

Trois octogénaires épris de liberté selon leur propre loi en forêt profonde dans le nord de l'Ontario. Non loin de là, deux hommes, l'un gardien d'un hôtel fantôme et l'autre planteur de marijuana, veillent sur l'ermitage des vieillards. Leur vie d'hommes libres et solitaires sera perturbée par l'arrivée de deux femmes. D'abord une photographe en quête du dernier survivant des grands feux qui ont ravagé la région au début du XXe siècle. Puis arrive la deuxième visiteuse, très vieille celle-là, Marie Desneige, un être aérien et lumineux qui détient le secret des amours impossibles. La vie ne sera plus la même à l'ermitage.

Il pleuvait des oiseaux est un superbe récit qui nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens, et dans lequel l’émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.

4e de couverture

 

 

Isidore Soucy, Grande gigue simple

 

Tombes de victimes de l'incendie survenu à Porcupine en 19

Boychuck avait perdu toute sa famille dans le Grand Feu de 1916, un drame qu'il a porté en lui partout où il a tenté de faire sa vie.

[…] Ed Boychuck, ou Ted ou Edward, l'homme qui avait survécu aux Grands Feux et qui avait fui sa vie dans la forêt.

 

Charlie, un ancien trappeur, et son chien, Chummy. Quand Charlie parle du loup, du renard et de la mère castor, on entend une voix de violoncelle.

 

Tom est un passeur d'or.

Et Boychuck ? Il a prospecté lui aussi ?

[…]

Ted est mort, ma jolie, et pas plus tard que la semaine dernière. J'ai encore des ampoules aux mains d'avoir creusé sa tombe.

 

Bruno cultive la bonne herbe, celle qui le fait rêver – et il partage ses rêves.

 

Steve est le gérant d'un hôtel où l'on ne s'arrête plus, puisque personne ne passe plus sur le chemin vers la forêt – sauf, un jour, la photographe. Elle est accueillie par Darling, la chienne de Steve.

 

Ted était peintre. Dans sa cabane, on retrouve des centaines et des centaines de tableaux, cordés les uns aux autres, et toujours cette impression d'étouffer dans un monde en dissolution.

 

Vient alors la deuxième visiteuse, une vieille femme, Gertrude, la tante de Bruno, devenue par nos bons soins [de faux papiers] Marie-Desneige. Elle a quatre-vingt-deux ans. Elle voit des choses qu'on ne voit pas. Soixante-six ans plus tôt (elle avait seize ans), son père l'a placée dans un hôpital psychiatrique. Marie-Desneiges n'est pas folle.

 

L'histoire s'installe tranquillement.

[…]

Qu'est-ce qui lui a pris de laisser toutes ces toiles derrière lui ?

[…]

Mais il faut faire une pause, présenter les Grands Feux qui ont ravagé le nord de l'Ontario au début du XXe siècle.

Et l'amour ? Il faudra encore attendre, c'est trop tôt pour l'amour.

 

La petite vieille du High Park sur son banc, près de la photographe. Elle nourrit les oiseaux.

Il pleuvait des oiseaux, lui avait-elle dit.

 

On construit une cabane pour Marie-Desneiges, à côté de celle de Charlie.

 

 

Monique Vanhalst, 2008

 

Elle chante. Parfois, une vieille chanson de marins, lente et lourde d'amours contrariées, une autre fois, une chanson des temps anciens, le fils d'un roi qui aimait une bergère, [...] Marie-Desneige chantait d'une voix caressante.

 

La photographe eut enfin un nom. On l'appela Ange-Aimée, du nom de cette reine d’Écosse et des Carpates qui faisait la loi chez les aliénés sans se soucier qu'un nom, elle en avait déjà un.

 

Et Marie-Desneige eut un chat, Monseigneur.

 

Marie-Desneige n'aime pas dormir seule. Elle rejoint Charlie dans sa cabane. Avec l'hiver, le froid, ils se retrouvent sous les ballots de peaux de l'ancien trappeur... Leur première nuit dans le nid de pelleteries.

 

Et la peinture de Ted ? Ses tableaux racontaient l'histoire du Grand Feu de Matheson.

La photographe a voulu les faire connaître en organisant une exposition. Marie-Desneige a permis de classer et d'interpréter les toiles. L'exposition a été un succès.

 

Denis Collette, Feu de forêt, 2008

Denis Collette, Feu de forêt, 2008

 

Les toiles de Ted sont recouvertes d'une lourde pâte noire d'où émergent des taches de couleur. On y distingue des personnages, quand on connaît l'histoire. L'histoire des Grands Feux.

 

Un roman de la grâce et de la lumière qui émerge des ténèbres fuligineuses et d'un si long enfermement.

 

Le bonheur a besoin simplement qu'on y consente. Marie-Desneige et Charlie ont quelques années devant eux et ils comptent s'en faire toute une vie. Ils resteront cachés aux yeux du monde.

 

Et la mort ? Eh bien, elle rôde encore. Il ne faut pas s'en faire avec la mort, elle rôde dans toutes les histoires.

 

En peinture, la lumière vient du noir. La peinture n'est pas une science exacte.

De nos jours, Pierre Soulages le montre.

Lire : Patrick Vauday, Pierre Soulages - La lumière comme matière, Interview réalisée le 15 août 2002 / in "Le matériau, voir et entendre", "Rue Descartes", collège international de philosophie, PUF n°38, décembre 2002

Et voir.


 

De tous temps, les icônes.

 

Remerciements à Yueyin qui nous a offert ce beau livre.

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

Cécile 21/05/2014 20:15

Très beau roman, et très joli tableau, très bien trouvé :)

Lou de Libellus 21/05/2014 20:18

: - )

yueyin 10/05/2014 18:49

ah il est chouette ce roman hein... il y a beaucoup de bien à dire des auteures québécoises :-) et j'aime beaucoup le tableau de denis Collette, m'en vais aller voir ce que je trouve sur lui dans la toile :-)

Le Gentil 01/05/2014 17:30


Alors ça, ça s'arrose. Tiens, il pleut justement des oiseaux !

des pas perdus 01/05/2014 12:19


Tu viens de me faire découvrir Denis Collette.

Le Gentil 29/04/2014 17:29


Remercions Lou de nous préciser que si "Elle a quatre-vingt-deux ans" et si "soixante-six ans plus tôt [...] son père l'a placée dans un hôpital psychiatrique", eh
bien, parenthèses, c'est qu'alors "elle avait seize ans". D'après ma calculette -car le calcul mental, moi...-, c'est bien ça. Je ne dis pas que je m'en sens un peu comme dans la peau
d'un ballot, mais que l'imagination me manque pour concevoir ce qu'elle fait exactement avec l'autre "sous les ballots de peaux."

Lou de Libellus 29/04/2014 18:59



 


Mon gentil troubadour (c'est toi), je connais ton goût pour la poésie fine et, parfois, la tielle. En voici une tranche pour répondre à ta question essentielle, voire existentielle. N'as-tu pas
fréquenté la Germanopratinie dans ta jeunesse ?


 





 



 


 
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