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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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27 février 2011 7 27 /02 /février /2011 18:14

 

Allocution radiotélévisée du Président sur la situation internationale

 

Palais de l'Élysée -- Dimanche 27 février 2011

 

Mes chers compatriotes,

 

A peine la plus grave crise économique et financière depuis la deuxième guerre mondiale semble-t-elle s'estomper, à peine l'Europe a-t-elle dominé la crise de l'euro que, de l'autre côté de la Méditerranée, se produit un immense bouleversement. Certains peuples arabes prennent leur destin en main, renversant des régimes qui, après avoir été, au temps de la décolonisation, les instruments de leur émancipation avaient fini par devenir ceux de leur servitude. Ces régimes, tous les États occidentaux et tous les gouvernements français qui se sont succédés depuis la fin des colonies ont entretenu avec eux des relations économiques, diplomatiques et politiques, malgré leur caractère autoritaire parce qu'ils apparaissaient aux yeux de tous comme des remparts contre l'extrémisme religieux [contre l'islam], le fondamentalisme et le terrorisme.

 

Mais voici qu'à l'initiative des peuples s'esquisse une autre voie. En opposant la démocratie et la liberté à toutes les formes de dictature, ces révolutions arabes ouvrent une ère nouvelle dans nos relations avec ces pays dont nous sommes si proches par l'histoire [ne sommes-nous pas tous des sémites ?] et par la géographie [Tripoli est à un coup d'aile de chez nous]. Ce changement est historique. Nous ne devons pas en avoir peur. Il porte en lui une formidable espérance car il s'est accompli au nom des valeurs qui nous sont les plus chères, celles des droits de l'homme et de la démocratie. Pour la première fois dans l'histoire, elles peuvent triompher sur toutes les rives de la Méditerranée. Nous ne devons avoir qu'un seul but : accompagner, soutenir, aider les peuples qui ont choisi d'être libres [sauf les Tsiganes, bien entendu]. Entre l'ingérence qui ne serait pas acceptée et l'indifférence qui serait une faute morale et stratégique, il nous faut tout faire pour que l'espérance qui vient de naître ne meure pas car le sort de ces mouvements est encore incertain. Si toutes les bonnes volontés ne s'unissent pas pour les faire réussir, ils peuvent aussi bien sombrer dans la violence et déboucher sur des dictatures pires encore que les précédentes.


Sarkozy-Tripoli-25 juillet 2007

Nicolas Sarkozy à Tripoli, le 25 juillet 2007

 

Nous savons ce que pourraient être les conséquences de telles tragédies sur des flux migratoires devenus incontrôlables et sur le terrorisme. C'est toute l'Europe alors qui serait en première ligne. Nous avons donc le devoir d'agir avec une ambition qui soit à la dimension des événements historiques que nous vivons. C'est pourquoi la France a demandé que le Conseil européen se réunisse pour que l'Europe adopte une stratégie commune face à la crise libyenne dont les conséquences pourraient être très lourdes pour la stabilité de toute la région. De même l'Europe doit se doter sans tarder de nouveaux outils pour promouvoir l'éducation et la formation de la jeunesse de ces pays du Sud de la Méditerranée, imaginer une politique économique et commerciale pour favoriser la croissance de ces jeunes démocraties qui veulent naître.

 

L'Union pour la Méditerranée, fondée à l'initiative de la France le 13 juillet 2008, doit permettre à tous les peuples de la Méditerranée de bâtir enfin une destinée commune. Le moment est venu de refonder cette Union à la lumière des événements considérables que nous vivons. La France fera des propositions en ce sens à ses partenaires.

 

Mon devoir de Président de la République est d'expliquer les enjeux de l'avenir mais tout autant de protéger le présent des Français. C'est pourquoi, avec le Premier Ministre François Fillon, nous avons décidé de réorganiser les ministères qui concernent notre diplomatie et notre sécurité.

 

Alain Juppé, ancien Premier ministre, homme d'expérience qui a déjà exercé ces fonctions avec une réussite unanimement reconnue [sauf le 18 juin 2007, lorsqu'il a été exclu du gouvernement alors qu'il était ministre de l’Écologie, du Développement et de l’Aménagement durables, pour une courte durée] sera Ministre des Affaires étrangères. Pour le remplacer au ministère de la Défense, j'ai choisi Gérard Longuet, lui aussi homme d'expérience [c'est ben vrai, ça, aurait dit la mère Denis, et nous pouvons en témoigner : nous l'avons vu, la trique à la main, défendre l'occident au quartier latin, en compagnie de son ami Alain Madelin, lui-même devenu l'ami de Claude Gatignol]. J'ai souhaité dans le même temps confier la responsabilité de ministre de l'Intérieur et de l'Immigration à Claude Guéant qui m'a accompagné depuis neuf ans dans toutes les responsabilités que j'ai exercées, en particulier au ministère de l'Intérieur dont il connaît tous les rouages et dont il a occupé tous les postes de responsabilité. [évidemment, avec tous les fichiers qu'il a pu collecter, mieux vaut le garder près de soi]


Gérard Longuet-mars 2005


De bien mauvaises langues ont dit que lorsqu'il entrait à l'Elysée, tête haute, ses dents rayaient le parquet. Les gens sont méchants.

 

Claude Gatignol, le retour.


 
 Yves Robert, Le Grand blond avec une chaussure noire, 1972, une réplique dite par Bernard Blier

 

Ainsi les fonctions régaliennes de l'État se trouveront-elles préparées à affronter les événements à venir dont nul ne peut prévoir le déroulement. [et pourtant, selon Emile de Girardin, gouverner, c'est prévoir, non ?]

 

Mes chers compatriotes, c'est mon devoir de prendre les décisions qui s'imposent quand les circonstances l'exigent. Je connais vos attentes qui sont grandes à juste titre. Je me suis engagé à moderniser la France pour que notre modèle survive à tous les changements si brutaux de ce début du XXIème Siècle [le siècle de la majuscule]. Pour obtenir les résultats que vous attendez et que nous obtiendrons [même si nul ne peut prévoir], je me dois de ne faire prévaloir aucune autre considération que le souci de l'efficacité et de l'intérêt général dans le choix de ceux auxquels sont confiées les plus hautes responsabilités de l'État.

 

Dans ces circonstances si troublées la nécessité du rassemblement de tous les Français autour de nos valeurs républicaines est plus nécessaire que jamais. La peur, l'affrontement, l'exclusion n'ont jamais permis de préparer l'avenir [3.700 Tsiganes n'ont plus d'avenir], au plan international comme au plan national. A l'inverse le refus de voir les réalités en face exacerbe les tensions.


Mes chers Compatriotes, vous pouvez compter sur ma détermination et sur mon engagement.

Vive la République !

Vive la France ! [celle-là, il fallait l'oser ! C'est connu depuis Les Tontons flingueurs, ça ose tout, c'est même à ça qu'on les reconnaît]

 

Allez ! Lisez Michèle.

 

Monsieur le président de la République, cher Nicolas (ajouté à la main), Depuis neuf ans, je sers notre pays avec fierté et bonheur, à la tête des ministères régaliens que le président Jacques Chirac puis vous-même avez bien voulu me confier.

C'est un honneur. C'est une responsabilité.

Je me suis efforcée d'y répondre en veillant, dans mes fonctions comme dans mon comportement personnel, à toujours respecter les exigences, non seulement de la légalité, mais aussi de la dignité, de la moralité et de la loyauté.

Depuis quelques semaines, je suis la cible d'attaques politiques puis médiatiques véhiculant, pour créer la suspicion, contre-vérités et amalgames. J'y ai répondu point par point afin de rétablir la vérité.

Depuis quinze jours, c'est ma famille qui subit de la part de certains médias un véritable harcèlement dans sa vie privée, pour tenter d'y chercher de quoi m'affaiblir à défaut de l'avoir trouvé chez moi.

Cette campagne n'entrave en rien mes relations avec mes partenaires internationaux ni ma capacité à remplir la mission que vous m'avez confiée, comme chacun a pu le constater récemment au Brésil ou hier encore dans le Golfe. Je ne puis néanmoins accepter que certains utilisent cette cabale pour essayer de faire croire à un affaiblissement de la politique internationale de la France.

J'ai trop de considération pour les hommes et les femmes du ministère des affaires étrangères et européennes qui servent notre pays avec dévouement et compétence, pour accepter que leur action puisse être affectée par cette manipulation.

J'ai une trop haute idée de la politique au service de la France pour accepter d'être utilisée comme prétexte à une telle opération.

J'ai une trop grande loyauté et amitié à votre égard pour accepter que votre action internationale puisse, en quoi que ce soit, en souffrir.

Bien qu'ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement, j'ai donc décidé de quitter mes fonctions de ministre des affaires étrangères et européennes.

En conséquence, je vous demande donc de bien vouloir accepter ma démission.

Je vous prie de croire, Monsieur le président de la République, à l'assurance de ma haute considération. Avec ma fidèle amitié (ajouté à la main).

Michèle Alliot-Marie

 

Ainsi, ayant le sentiment de n'avoir commis aucun manquement, j'ai donc décidé de quitter mes fonctions...

A la main, deux fois.

Que ceux qui n'ont jamais commis ou qui en ont le sentiment, ça compte, le sentiment, quittent leurs fonctions à c't'heure ! Trente millions de chômeurs, nul n'aurait pu le prévoir. Heureusement, des travailleurs méditerranéens, dont l'exclusion est exclue, vont arriver.



 

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