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Assemblée nationale, mardi 7 septembre 2010, 15 heures, discussion du projet de loi portant réforme des retraites : 500 participants selon les organisateurs, 50 selon la machine à cafté.

 

Non, nous ne vous parlerons pas des Maisons de naissance, découvertes en Belgique par France 2, le lundi 6 septembre 2010, au journal de 20 h.
C'était autorisé en France il y a plus de trente ans.
Frédérick Leboyer, Pour une naissance sans violence, Seuil, 1974 ... Michel Odent, Bien naître, Seuil, 1976.

 

Non, nous ne vous parlerons pas de l'Afghanistan où ils (les nôtres) s'entretuent entre eux.

Non, nous ne vous parlerons pas de La Cité du mâle, où les autres ne brûlent pas que des voitures, des gymnases, des écoles. Même Arte n'en parle plus.

Non, nous ne vous parlerons pas des Roms et de leur ami, François Rebsamen.

 

What about a nice game of chess, Professor Falken ?

 

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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 00:05

 

 

 
Il m'arrive souvent de penser que mon chat est riche d'un passé qu'il me cachera, puis de feindre que je le crois. Qu'il sait nombre de choses importantes et secrètes…

 

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin

Je veux imaginer, parfois, qu'il fréquenta les labyrinthes des Pyramides et ceux des rues de Paris en compagnie de Villon ou qu'il fut témoin faussement endormi de la conversation d'un penseur et d'un chef d'Etat du côté de Colombey-les-Deux-Eglises. Puis je veux croire qu'il s'est fait une vertu, comme certains après un vœu, de garder volontairement le silence, après avoir mesuré toute la vanité des mots et déduit qu'il y avait sagesse en acmé à pratiquer le savant art de se taire…

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.

C'est pourquoi il faut savoir saisir sa chance lorsque notre regard peut rencontrer le sien : dieux et démiurges, seuls, doivent ainsi créer en regardant.

Elle s'appelle Maya, car mon chat est une chatte…

… le sommeil. Quand il viendra, je rêverai d'être chat, pour vivre un peu plus proche d'elle, un peu plus loin de ceux qui me font parfois regretter d'être un homme.

Michel Onfray, Eloge de mon chat in Le désir d'être un volcan, Grasset, 1996

 


Les chiens vivent en meute. Ils ont un maître. Domination / soumission. Troupeau.

Les chats ont un territoire. Hiérarchie de l'espace partagé. Non plus le pouvoir, la tendresse. Indépendants, parfois en couple. Huit ans, huit ans déjà, Bonde et Capsule ont amené leur portée âgée de deux mois. Ils sont restés à la maison trois mois encore en prenant peu à peu leur distance. Bouchon, première nommée, première dame aux voluptueux atours, ne règne pas. Elle est aimable, on l'aime, pas de bagarre. Tchan et Cheng forment un joli couple, ils dorment entrelacés, simplement Tchan vient dès le petit déjeuner, Cheng reste un peu plus longtemps au nid. Coton est mélancolique, inquiète, affamée d'amour. Elle crache sur tout autre chat fors sa mère, Bouchon. Kriss a renoncé aux vains honneurs de la cimaise pour le plaisir de la couette. Matt est fugitive, encore en deuil, depuis le temps. Quand son frère Chess est mort sur la route… Chess était le philosophe… l'enterrement s'est fait en secret. Elle a passé trois jours couchée sur la sépulture. Après Chess, il y a eu Lou, victime du même. Et Bamboo… il s'éclipse… peut-être comme Lin s'escapade de temps en temps de son sweet home tout proche pour partager les croquettes des copains d'à côté.

 

 

 

Océane dit Charles Baudelaire

 

Dans ma cervelle se promène,
Ainsi qu'en son appartement,
Un beau chat, fort doux et charmant.
Quand il miaule, on l'entend à peine,

 

Tant son timbre est tendre et discret ;
Mais que sa voix s'apaise ou gronde,
Elle est toujours riche et profonde.
C'est là son charme et son secret.

 

Cette voix qui perle et qui filtre,
Dans mon fonds le plus ténébreux,
Me remplit comme un vers nombreux
Et me réjouit comme un philtre.

 

Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases,
Elle n'a plus besoin de mots.

 

Non, il n'est pas d'archet qui morde
Sur mon coeur, parfait instrument,
Et fasse plus royalement
Chanter sa plus vibrante corde,

 

Que ta voix, chat mystérieux,
Chat séraphique, chat étrange,
En qui tout est, comme en un ange,
Aussi subtil qu'harmonieux !

 

[De sa fourrure blonde et brune
Sort un parfum si doux, qu'un soir
J'en fus embaumé, pour l'avoir
Caressé une fois, rien qu'une.

 

C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il dieu ?

 

Quand mes yeux vers ce chat que j'aime
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement
Et que je regarde en moi-même,

 

Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement.
]

 

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal, XLVII. Le Chat

 

Les amoureux fervents et les savants austères
Aiment également, dans leur mûre saison,
Les chats puissants et doux, orgueil de la maison,
Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires.

 

Amis de la science et de la volupté
Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres ;
L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres,
S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté.

 

Ils prennent en songeant les nobles attitudes
Des grands sphinx allongés au fond des solitudes,
Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin ;

 

Leurs reins féconds sont plein d'étincelles magiques,
Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal, LVI. Les Chats

 

Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux ;
Retiens les griffes de ta patte,
Et laisse moi plonger dans tes beaux yeux,
Mêlés de métal et d'agate.

 

Lorsque mes doigts caressent à loisir
Ta tête et ton dos élastique,
Et que ma main s'enivre du plaisir
De palper ton corps électrique,

 

Je vois ma femme en esprit. Son regard,
Comme le tien, aimable bête,
Profond et froid, coupe et fend comme un dard,

 

Et, des pieds jusques à la tête,
Un air subtil, un dangereux parfum,
Nagent autour de son corps brun.

Charles Baudelaire, Les Fleurs du mal, Spleen et idéal, XXXIII. Le Chat

  

 
Par Océane - featuring lou - Publié dans : de litterrance
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