Lou

  • : Libellus
  • Libellus
  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

Recherche

l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 00:01

 

Patricia Parry, Sur un lit de fleurs blanches

Patricia Parry, Sur un lit de fleurs blanches, Éditions du Masque, 2012

 

Des enfants sont retrouvés morts dans des cimetières parisiens. Ils sont exsangues. On les a disposés sur un lit de lilas blanc, un rituel.

L'aventure est contée du point de vue de deux personnages, Clara Saint-James, une demi-mondaine de haut vol, et Victor Dupuy, jeune médecin en quête de clientèle.

Victor Dupuy souffre depuis son enfance d'une allergie au lilas qui lui donne des crises de suffocation, de l'asthme.

Clara s'est trouvée peu de temps auparavant presque vidée de son sang après une fausse couche.

Victor est un peu nègre de peau. Son arrière-grand-père, Aurèle Dupuy d'Amans, était planteur à la Martinique, son fils, né d'une martiniquaise, était son esclave, il l'a affranchi. Le grand-père a connu une femme blanche. Leur fille s'est unie à Hugues de La Paillerie, le vieil amant récemment disparu de Clara. Victor est un octoron : dans ses veines coule un huitième de sang noir et du sang bleu.

 

Patricia Parry

Elle est charmante. Patricia Parry, de son nom de plume, est née d’une mère narbonnaise et d’un père africain.

 

Le Journal de France, que les initiés appellent simplement Le Journal, publie des relations de faits divers et un roman-feuilleton, La Ligue des notaires, signé par un certain Paul Lachesnaye et rédigé par des nègres à son service.

Le 24 mars 1885, les enfants sacrifiés et le feuilleton se rejoignent sur la première page.

 

Les voix sont retranscrites en une typographie spécifique à chacune d'entre elles, ce qui permet une reconnaissance immédiate du point de vue – une mise en page remarquable.

 

Pierre Drachline, Le Fait Divers

 

Au XIXe siècle, le fait divers, pour le bonheur des dames et de la presse, masque la réalité sociale.

Comme on payait un franc aux femmes pour une journée de douze heures, et deux à trois francs aux hommes, s'ils étaient qualifiés, les cent sous de Nono étaient donc bien un pactole. On comptait trente-cinq centimes pour un kilo de pain.

 

De nos jours...

 

La galerie de personnages présentée par Patricia Parry s'expose dans la tradition d'Alexandre Dumas, de Ponson du Terrail, des feuilletonistes.

La Saint-James, Victor Dupuy, Norbert dit Nono et Jules, son frère, Julot, gamins des rues, Jeanjean, à l'entrée du café Tortoni où l'on trouve Solveg, un peu médecin, un peu juriste, un peu journaliste, Paul Lachesnaye, le feuilletoniste épuisé par la syphilis et qui n'écrit plus, Etienne Bussy, vieil ami et confrère de Victor, mettant la main à la plume que Lachesnaye ne peut plus tenir, Séverin Flocher, le sergent de ville qui voudrait être Dumas, le critique des théâtres qui fait et se fait les Folies-Bergère...

 

Émile, la boulange, apprenti chez Lainard, comme Jules, comme Augustin, l'un des enfants retrouvés dans les cimetières, le professeur Chevaignac, à la recherche du sang sauveur, la cure miraculeuse, François, son assistant invisible, Hugues de la Paillerie, René, son fils, il a besoin de sang, Diane de Volanges, comme la Cécile de Choderlos de Laclos, tenancière d'un bouic fort débridé, Joséphine et Céleste, servantes dévouées, sœur Marie-Thomas, consacrée auprès des enfants, un ministre de l'Intérieur... Toute ressemblance...

 

Le Journal de France, 24 mars 1885

Macabre découverte

au cimetière du Montparnasse

Nous venons d'apprendre qu'il y a dix semaines le corps d'un apprenti boulanger de douze ans, Augustin Françoise, avait été retrouvé par un père de famille en visite au cimetière du Montparnasse. L'enfant était saigné à blanc, allongé sur une tombe. Il ne s'agirait pas du premier meurtre de ce type commis récemment dans notre capitale. De source sûre, depuis trois mois, au moins quatre garçons entre dix et quatorze ans ont été victimes de celui qu'entre eux ces enfants appellent le « Saigneur »...

 

La Ligue des notaires, feuilleton-roman

de M. Paul Lachesnaye. Épisode 10

Lord Willex se tenait devant sa victime, une longue et fine dague entre les mains.

Les Notaires s'étaient massés autour de lui, formant un cercle. On n'aurait pas été surpris de les entendre invoquer quelque cruelle divinité inconnue. Jamais ils n'avaient mieux porté leur nom qu'en cette froide soirée de décembre.

[…]

Devant le mausolée de la famille Vasconcellos de Almeida, un jeune garçon était étendu sur une large pierre en forme d'autel. Le sacrifice allait commencer...

 

Pourquoi les enfants des cimetières ont-ils été saignés à blanc au cours d'un spectacle rituel ?

Quelquefois, pour que la magie ou l'effet Charcot opère, il faut un sacrifice...

 

Qui est le « Saigneur » ?

 

Une intrigue policière peut être représentée en une grille de deux lignes et x colonnes.

 

Personnages :

- Majordome

- Pierre

- Paule

- Jacques

 

Fonctions :

- jeune héritier

- maîtresse éconduite

- mari jaloux

- coupable

 

La fonction coupable n'est pas attribuée et l'un des personnages n'a pas de fonction dans l'intrigue : le coupable est le majordome.

Ce schéma est subverti quand les personnages ne sont pas ce qu'ils paraissent du fait de travestissements.

Patricia Parry connaît les trames obscures du Malin.

 

 

Le Journal de France, 20 mai 1885

La Ligue des notaires, feuilleton-roman,

par M. Paul Lachesnaye. Épisode 58

_ Ah, ah, dit Dom Manoel en portugais...

 

Le journal de France espère avoir le privilège d'offrir à ses lecteurs un prochain feuilleton-roman...

 

* * *

 

Des transfusions sanguines ont été pratiquées bien avant le XIXe siècle : le pape Innocent VIII en est mort. La plus ancienne transfusion attestée comme réussie fut pratiquée par Jean Baptiste Denis, le 15 juin 1667, sur Louis XIV.

Les groupes sanguins n'ont été découverts qu'au XXe siècle et ont induit des victimes, du fait de l'ignorance du facteur Rhésus, découvert par Karl Landsteiner et Alexander Salomon Wiener en 1940, et pressenti en 1939 par P. Levine et R.E. Stetson.

Le groupe O- (le plus favorable à la cure miraculeuse, inconnu en 1885) est considéré comme le plus ancien (- 30.000 ans), il est très répandu en Afrique.

Les guerres ont toujours profité à la recherche, Patricia Parry le rappelle, par la voix d'un de ses acteurs.

Toute ressemblance...

 

* * *

 

Remerciements à Yueyin pour sa page que tu lis là : - )

 

Partager cet article

Repost 0
Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
commenter cet article

commentaires

Lou 24/02/2013 15:36


 


"des" ?


2006 : prix André Soubiran de l'Académie du Languedoc pour L'Ombre de Montfort. 1218-2001
2009 : prix du jury "Classé Polar" pour Petits arrangements avec l'infâme
2009 : grand prix du roman policier du festival international du film policier de Liège, Plume de Cristal, pour Cinq leçons sur le crime et l'hystérie
2012 : prix du Roman d'Aventures pour Sur un lit de fleurs blanches


 

Annie 24/02/2013 09:03


alors je dois faire une demande pour qu'elle soit présente. Je le ferai la semaine prochaine. et signalerai qu'elle a reçu "des" prix ! sait-on jamais.

Lou 24/02/2013 08:53


 
Patricia a reçu des prix, elle publie depuis 2005, elle a de nombreux lecteurs - mais il n'y a nulle part ailleurs une lecture comme la lecturalou (dont elle est ravie).


 

Annie 23/02/2013 19:46


auteur inconnue dans ma bibliothèque. Sans doute trop récente, et sans best sellers ni prix ?

Lou 20/02/2013 08:53


 


Et sa rédaction tient auprès de celle d'Agatha - travestissements.


 

Annie 20/02/2013 08:50


j'ai lu tout Maigret depuis un bail ; ses romans aussi. Années 70 on se moquait de moi quand je le vantais. C'est un grand écrivain.


Dans un autre genre Agatha Christie. Je pensais récemment m'y recoller. J'ai justement lu que cette Patricia aussi.


M'ennuie tellement des connelly ou autre de ce genre. Du French c'est mieux !

Lou 20/02/2013 08:36


 


Patricia est intelligente, elle est ravie, dans un courrier personnel.


 
Ce roman se lit sans se tordre les méninges, mais le récit est sacrément tordu. Avec ma petite grille de lecture, j'avais entrevu la fin (on n'en dit pas plus), dans le doute jusqu'aux
dernières pages. Et c'est sacrément bien écrit !


 
Ma petite grille marche très bien avec des récits classiques, par exemple : Maigret chez le docteur, ré. Claudio Tonetti, 2004. Ce n'est pas que Simenon ait été négligent, par facilité.
Ses romans et ses Maigret sont des études de société, finement documentées, la recherche du coupable étant secondaire.


 

Annie 19/02/2013 20:41


pas facile de trouver des bouquins qui changent les idées, mais pas cons pour autant. J'en ai par moment ma dose de lire que de "l'intelligent". Donc je note pour la bibliothèque.

Lou 01/02/2013 07:19


 


Oui, c'est dit, clairement.


Je suis sur Montfort.


Patricia sera-t-elle séduite ?


 

yueyin 31/01/2013 17:25


Le côté feuilletonesque m'a vraiment séduite :-) charmée que tu aies apprécié... car tu as apprécié hein ?

 


 
Handicap International

un clic sur les images