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Paul Jenkins est né le 12 juillet 1923, à Kansas City, Missouri, au cours d'un orage foudroyant dont la mémoire est inscrite dans les archives.
Sa volonté d'être peintre s'affirme dès sa jeunesse. Il rencontre Mark Rothko, Jackson Pollock et Barnett Newman.
Son travail se situe dans la mouvance de l'Action Painting. Il est proche du mouvement Gutaï intégrant le corps à la peinture. Nous avons montré Kazuo Shiraga à l’œuvre ici et là.
Son étude du Yi King et sa lecture de Carl Gustav Jung l'orientent vers la philosophie de l'Extrême-Orient, dont l'esprit conduit son travail.
Antonio Caldara, Spera consolati, int. Andreas Scholl, Schola Cantorum Basiliensis, dir. René Jacobs, in Maddalena al piedi di Christo, circa 1700, enr. 2001
[Remerciements à René Chabrière pour le Spera consolati]
Paul Jenkins, Phenomena Fall from Grace, acrylique sur toile, 188 x 160, 2007
[en plus haute définition - un petit click pour le zoom en 1451x1698, 2,26 Mo]
La peinture de Paul Jenkins est un monde et non pas seulement un objet accroché à la cimaise. Son œuvre donne un lien entre notre vécu, tel que nous le percevons, et un espace spirituel, in the upper room.
La lecture commence au centre où l'on trouve cette réserve étonnante, cette part d'invisible qui assemble, par ses contrepoints en pâte lourde sur un jus d'aquarelle, notre paysage et un ciel furieux de générosité.
On ne cherche pas une représentation. La toile est bien de l'ordre de la figuration.
La fonction de l'art n'est jamais d'illustrer une vérité, ou même une interrogation. Elle est de mettre au monde des interrogations, qui ne se connaissent pas encore elles-mêmes.
Alain Robbe-Grillet, Pour un Nouveau Roman, 1963
J'ai fait des gestes blancs parmi les solitudes
Guillaume Apollinaire, Merlin et la vieille femme, in Alcools, 1913
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Le soleil ce jour-là s'étalait comme un ventre
Maternel qui saignait lentement sur le ciel
La lumière est ma mère ô lumière sanglante
Les nuages coulaient comme un flux menstruel
Au carrefour où nulle fleur sinon la rose
Des vents mais sans épine n'a fleuri l'hiver
Merlin guettait la vie et l'éternelle cause
Qui fait mourir et puis renaître l'univers
Une vieille sur une mule à chape verte
S'en vint suivant la berge du fleuve en aval
Et l'antique Merlin dans la pleine déserte
Se frappait la poitrine en s'écriant Rival
O mon être glacé dont le destin m'accable
Dont ce soleil de chair grelotte veux-tu voir
Ma Mémoire venir et m'aimer ma semblable
Et quel fils malheureux et beau je veux avoir
Son geste fit crouler l'orgueil des cataclysmes
Le soleil en dansant remuait son nombril
Et soudain le printemps d'amour et d'héroïsme
Amena par la main un jeune jour d'avril
Les voies qui viennent de l'ouest étaient couvertes
D'ossements d'herbes drues de destins et de fleurs
Des monuments tremblants près des charognes vertes
Quand les vents apportaient des poils et des malheurs
Laissant sa mule à petits pas s'en vint l'amante
A petits coups le vent défripait ses atours
Puis les pâles amants joignant leurs mains démentes
L'entrelacs de leurs doigts fut leur seul laps d'amour
Elle balla mimant un rythme d'existence
Criant Depuis cent ans j'espérais ton appel
Les astres de ta vie influaient sur ma danse
Morgane regardait du haut du mont Gibel
Ah ! qu'il fait doux danser quand pour vous se déclare
Un mirage où tout chante et que les vents d'horreur
Feignent d'être le rire de la lune hilare
Et d'effrayer les fantômes avant-coureurs
J'ai fait des gestes blancs parmi les solitudes
Des lémures couraient peupler les cauchemars
Mes tournoiements exprimaient les béatitudes
Qui toutes ne sont rien qu'un pur effet de l'Art
Je n'ai jamais cueilli que la fleur d'aubépine
Aux printemps finissants qui voulaient défleurir
Quand les oiseaux de proie proclamaient leurs rapines
D'agneaux mort-nés et d'enfants-dieux qui vont mourir
Et j'ai vieilli vois-tu pendant ta vie je danse
Mais j'eusse été tôt lasse et l'aubépine en fleurs
Cet avril aurait eu la pauvre confidence
D'un corps de vieille morte en mimant la douleur
Et leurs mains s'élevaient comme un vol de colombes
Clarté sur qui la nuit fondit comme un vautour
Puis Merlin s'en alla vers l'est disant Qu'il monte
Le fils de la Mémoire égale de l'Amour
Qu'il monte de la fange ou soit une ombre d'homme
Il sera bien mon fils mon ouvrage immortel
Le front nimbé de feu sur le chemin de Rome
Il marchera tout seul en regardant le ciel
La dame qui m'attend se nomme Viviane
Et vienne le printemps des nouvelles douleurs
Couché parmi la marjolaine et les pas-d'âne
Je m'éterniserai sous l'aubépine en fleurs
Guillaume Apollinaire, Merlin et la vieille femme, in Alcools, 1913
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Centre d'art contemporain Bouvet-Ladubay, Saint-Hilaire Saint-Florent, près de Saumur, exposition du 17 juin au 25 septembre 2011, du lundi au vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, le samedi et le dimanche de 15 h à 18 h.
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