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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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pour mémoire

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14 juin 2011 2 14 /06 /juin /2011 23:05

 

Paul Jenkins Kyoto 2001

 

Paul Jenkins est né le 12 juillet 1923, à Kansas City, Missouri, au cours d'un orage foudroyant dont la mémoire est inscrite dans les archives.

Sa volonté d'être peintre s'affirme dès sa jeunesse. Il rencontre Mark Rothko, Jackson Pollock et Barnett Newman.

Son travail se situe dans la mouvance de l'Action Painting. Il est proche du mouvement Gutaï intégrant le corps à la peinture. Nous avons montré Kazuo Shiraga à l’œuvre ici et .

 

Son étude du Yi King et sa lecture de Carl Gustav Jung l'orientent vers la philosophie de l'Extrême-Orient, dont l'esprit conduit son travail.

 

Antonio Caldara, Spera consolati, int. Andreas Scholl, Schola Cantorum Basiliensis, dir. René Jacobs, in Maddalena al piedi di Christo, circa 1700, enr. 2001

 
Paul Jenkins

Paul Jenkins, Phenomena Fall from Grace, acrylique sur toile, 188 x 160, 2007

[un petit clic pour le zoom]

 

La peinture de Paul Jenkins est un monde et non pas seulement un objet accroché à la cimaise. Son œuvre donne un lien entre notre vécu, tel que nous le percevons, et un espace spirituel, in the upper room.

 

Paul Jenkins-détail

 

La lecture commence au centre où l'on trouve cette réserve étonnante, cette part d'invisible qui assemble, par ses contrepoints en pâte lourde sur un jus d'aquarelle, notre paysage et un ciel furieux de générosité.

 

On ne cherche pas une représentation. La toile est bien de l'ordre de la figuration.

 

La fonction de l'art n'est jamais d'illustrer une vérité, ou même une interrogation. Elle est de mettre au monde des interrogations, qui ne se connaissent pas encore elles-mêmes.

Alain Robbe-Grillet, Pour un Nouveau Roman, 1963

 

J'ai fait des gestes blancs parmi les solitudes

Guillaume Apollinaire, Merlin et la vieille femme, in Alcools, 1913

 

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Le soleil ce jour-là s'étalait comme un ventre

Maternel qui saignait lentement sur le ciel

La lumière est ma mère ô lumière sanglante

Les nuages coulaient comme un flux menstruel

 

Au carrefour où nulle fleur sinon la rose

Des vents mais sans épine n'a fleuri l'hiver

Merlin guettait la vie et l'éternelle cause

Qui fait mourir et puis renaître l'univers

 

Une vieille sur une mule à chape verte

S'en vint suivant la berge du fleuve en aval

Et l'antique Merlin dans la pleine déserte

Se frappait la poitrine en s'écriant Rival

 

O mon être glacé dont le destin m'accable

Dont ce soleil de chair grelotte veux-tu voir

Ma Mémoire venir et m'aimer ma semblable

Et quel fils malheureux et beau je veux avoir

 

Son geste fit crouler l'orgueil des cataclysmes

Le soleil en dansant remuait son nombril

Et soudain le printemps d'amour et d'héroïsme

Amena par la main un jeune jour d'avril

 

Les voies qui viennent de l'ouest étaient couvertes

D'ossements d'herbes drues de destins et de fleurs

Des monuments tremblants près des charognes vertes

Quand les vents apportaient des poils et des malheurs

 

Laissant sa mule à petits pas s'en vint l'amante

A petits coups le vent défripait ses atours

Puis les pâles amants joignant leurs mains démentes

L'entrelacs de leurs doigts fut leur seul laps d'amour

 

Elle balla mimant un rythme d'existence

Criant Depuis cent ans j'espérais ton appel

Les astres de ta vie influaient sur ma danse

Morgane regardait du haut du mont Gibel

 

Ah ! qu'il fait doux danser quand pour vous se déclare

Un mirage où tout chante et que les vents d'horreur

Feignent d'être le rire de la lune hilare

Et d'effrayer les fantômes avant-coureurs

 

J'ai fait des gestes blancs parmi les solitudes

Des lémures couraient peupler les cauchemars

Mes tournoiements exprimaient les béatitudes

Qui toutes ne sont rien qu'un pur effet de l'Art

 

Je n'ai jamais cueilli que la fleur d'aubépine

Aux printemps finissants qui voulaient défleurir

Quand les oiseaux de proie proclamaient leurs rapines

D'agneaux mort-nés et d'enfants-dieux qui vont mourir

 

Et j'ai vieilli vois-tu pendant ta vie je danse

Mais j'eusse été tôt lasse et l'aubépine en fleurs

Cet avril aurait eu la pauvre confidence

D'un corps de vieille morte en mimant la douleur

 

Et leurs mains s'élevaient comme un vol de colombes

Clarté sur qui la nuit fondit comme un vautour

Puis Merlin s'en alla vers l'est disant Qu'il monte

Le fils de la Mémoire égale de l'Amour

 

Qu'il monte de la fange ou soit une ombre d'homme

Il sera bien mon fils mon ouvrage immortel

Le front nimbé de feu sur le chemin de Rome

Il marchera tout seul en regardant le ciel

 

La dame qui m'attend se nomme Viviane

Et vienne le printemps des nouvelles douleurs

Couché parmi la marjolaine et les pas-d'âne

Je m'éterniserai sous l'aubépine en fleurs

 

Guillaume Apollinaire, Merlin et la vieille femme, in Alcools, 1913

 

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Centre d'art contemporain Bouvet-Ladubay, Saint-Hilaire Saint-Florent, près de Saumur, exposition du 17 juin au 25 septembre 2011, du lundi au vendredi de 10 h à 12 h et de 14 h à 17 h, le samedi et le dimanche de 15 h à 18 h.

 

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commentaires

Jimidi 18/06/2011 14:42



C'est... floral. Dommage de ne pouvoir accéder aux images "en grand". Et merci de nous faire découvrir cet artiste, que perso, je ne connaissais pas.



lou 18/06/2011 19:19



 


Le bonheur en un clic : - )


 



Lise d'Aujourd'hui 16/06/2011 12:32



ah ??  ce n'est pas de l'art ?? mais je ne suis pas du tout d'accord, Lou, pas du tout ! l'Art, il faudrait d'abord le définir avec des mots précis ; et à ce sujet, les mots pécis
m'effraient.


Alors, je préfère de beaucoup mon ressenti, ce qui nous prends là, là et là quand on lit/regarde/écoute ; ce qui touche l'un ou l'autre de nos sens, papilles gustatives y comprises.
C'est pourquoi la cuisine, grande ou petite, est aussi un Art. C'est pourquoi votre article ci-dessus est une oeuvre d'art, à collectioner.


Faire l'amour, quand il est bien fait, serait le plus grand Art, car il met tout en jeu. Pente savonneuse, on s'en écarte, mais ce serait un bon sujet de discution.


 


 



lou 16/06/2011 13:36



 


Définir "l'art". Soit, on note. Un jour viendra.


 



Lise d'Aujourd'hui 15/06/2011 20:14



Ecouter le Spera Consolati en regardant cette œuvre de P.Jenkins, considérer cette réserve (clin d’œil) vertigineuse du milieu du tableau, un vide de plus de 300 ans qui nous fait
un pied de nez. Et s’envoler dans l’éther sur la voix d’Andreas Scholl, voilà quelque minutes d’un bonheur indescriptible, Lou, et c’est à vous que nous le devons. Alors, écrire un merci nous
semble bien futile et bien petit à coté de ces grandes choses que vous savez réunir pour nous. In any case, that’s the only word I have for you today : Thanks !



lou 16/06/2011 09:54



 


Assembling is a way Lou often followed, with his pleasure of cut-up. However, that is not art neither litterature, only demonstration. One of the first appearances could be find in "Le Bégonia"
and the following episodes and, recently, in "Comme un différend". You may explore the thread "Litterrance" (chronicles wich are not chronicles) and personnal "saynètes".
Thanks to you.


 



 


 
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