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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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29 novembre 2012 4 29 /11 /novembre /2012 00:01

  

  Philip Roth, Némésis

Philip Roth, Némésis (Nemesis, Houghton Mifflin Harcourt, 2010), traduit de l'anglais (États-Unis) par Marie-Claire Pasquier, Gallimard, 2012

 

Philip Roth

 

Ce court roman constitue avec Everyman, 2006, Indignation, 2008, Le Rabaissement, 2009, une tétralogie définie par le romancier comme une séquence de réflexion sur le cataclysme.

Une méditation douloureuse sur la fragilité de la condition humaine livrée aux caprices du hasard.

Le titre pourrait évoquer Ivan Illich, Némésis médicale : L'expropriation de la santé, Seuil, 1975. L'histoire rappelle José Saramago, Ensaio sobre a Cegueira, Caminho, 1995 - L'Aveuglement, Seuil, 1997.

 

Bucky Cantor, 23 ans, athlète, est à Newark, New Jersey, en juin 1944, quand apparaît une épidémie de poliomyélite.

Il aime Kafka, Céline, Tchekhov, Henry James, beaucoup, et quelques autres, Joyce ? Proust ? Je n'ai pas réussi à entrer dans Finnegans Wake, et pas vraiment non plus dans Proust, ce que mes amis ne comprennent pas.

 

Le premier cas de polio, cet été-là, se déclara début juin, tout de suite après Memorial Day, dans un quartier italien pauvre à l'autre bout de la ville. Dans le quartier juif de Weequahic, au sud-ouest, nous n'avions entendu parler de rien, et nous n'avions pas non plus entendu parler de la douzaine de cas qui s'étaient déclarés ici ou là, sporadiquement, dans presque tous les quartiers de Newark, sauf le nôtre.

 

Battements d'ailes de papillons.

 

« Je pensais que tu allais mourir ! s'exclama-t-elle. Je pensais que tu allais être paralysé et que tu mourrais ! Je n'arrivais pas à dormir, tellement j'avais peur. Je venais ici chaque fois que je pouvais pour être seule et prier Dieu de te garder en bonne santé. Je n'ai jamais de ma vie prié aussi fort pour quelqu'un. "Je Vous en supplie, protégez Bucky !" Si je pleure comme ça, c'est de bonheur, mon chéri ! Un immense, immense bonheur. Tu es là ! Tu y as échappé. Oh, Bucky, serre-moi contre toi, serre-moi aussi fort que tu peux ! Tu es saint et sauf ! »

 

Le rêve l'emporte sur la réalité : Bucky, estropié de la vie, comme le narrateur qui se souvient du jeune athlète.

 

Il lança le javelot à plusieurs reprises cet après-midi-là, chacun des lancers fluide et puissant, chacun d'eux accompagné par la combinaison sonore d'un cri et d'un grondement, et chacun d'eux, pour notre plus grande joie, dépassant de quelques mètres le lancer précédent. Lorsqu'il courait avec le javelot bien haut, tirait en arrière le bras qui allait lancer, puis le ramenait en avant pour que le javelot soit placé nettement au-dessus de l'épaule au moment du lancer, et qu'il le larguait alors comme pour le faire exploser, il nous paraissait invincible.

 

* * *

 

Sur l’œuvre de Philip Roth, lire les chroniques de Thomas Sinaeve.

 

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Lou 29/11/2012 21:06


 


Et on ne sait pas si le Révérend Thom a lu Némésis, il n'en parle pas, je ne l'ai même pas prévenu de son lien sur Lib.


Toujours est-il que ce roman s'inscrit dans la ligne noire tracée depuis des semaines dans notre programme. Cela va changer samedi, juste une pause, pour l'avent - on ne plaira pas à tout le
monde ; - )


 

yueyin 29/11/2012 09:02


mmm Philou c'est le bien, c'est frère thom qui le dit (et je suis d'accord bien que je sois loin d'en avoir lu assez)

 


 
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