Federico Mompou, Canción de cuna,1951, in Mompou Plays Mompou, vol. 1, Ensayo
René Chabrière, Rectangles en bleu, peut-être la mer allée avec le soleil...
[…] quadrangulum rectorum angulorum inscribo, quod quidem mihi pro aperta finestra ex qua historia contueatur.
[…] je trace un quadrangle comme une fenêtre ouverte sur l'histoire. Où il faut bien entendre que l'historia est celle de la peinture elle-même en œuvre.
Leon Battista Alberti, De pictura, 1435
Regardons la fenêtre de lumière tranchant dans les ténèbres bleues.
R. C. donne un indice de lecture que nous illustrons ici.
Le détail suivant montre les contrepoints qui font l'architecture.
Et ces quelques lignes claires nous amènent clairement à la fenêtre.
Comme le souligne R. C. lui-même, sa peinture n'est pas une marine et pourtant il invite à un rapprochement (évident pour la forme) avec Nicolas de Staël.
Nicolas de Staël, Méditerranée, 1954
L’espace pictural est un mur, tous les oiseaux du monde y volent librement, à toutes profondeurs.
Nicolas de Staël, Lettre à Pierre Lecuire, 1949
R. C. a-t-il pensé à Martin Kippenberger, en rouge pour le feu du soleil, en bleu pour la mer, et, dans la même série, pour la construction, pour l'oiseau, perroquet ou merle moqueur ?
Martin Kippenberger, Krieg Böse, 1991
Martin Kippenberger, Krieg Böse, 1991
Martin Kippenberger, Krieg Böse II, 1995
Nous parlerons un peu plus tard des variations sur Matisse et Picasso.
C'est René Chabrière qui nous a fait connaître Federico Mompou.
Scribulations, où l'on retrouve Lou
Rapprochement évident pour la composition et la couleur bien sûr; Je serai plus dans le doute quant à la matière qui chez de Staël est beaucoup plus maconnée, épaisse, croûteuse. Mais je ne suis que devant un écran et l'image que je reçois des oeuvres de RC est obligatoirement faussée par rapport à la réalité, aplatie, plaquée et certainement moins vivante.
Votre commentaire est juste.
Chez René Chabrière, la profondeur vient d'une fenêtre dans la fenêtre et de la construction architecturale.
Nicolas de Staël donne un relief immédiat par la densité de la pâte. Sa construction est fondée sur deux réserves, à gauche, en haut et en bas.
René Chabrière reconnaît sa sympathie, peut-être comme une parenté, avec Nicolas de Staël. Il ne parle pas de Martin Kippenberger, chez qui on trouve une architecture proche. L'association m'est venue d'une phrase de Nicolas de Staël que je cite.
Et pour conclure, provisoirement, on parle bien de créateurs.
J'ai annoncé une suite à cette page, patience ! : - )
La citation de de STAËL explique parfaitement je pense, la démarche et de l'un et de l'autre, cette nécessité qu'ils ont de parfaire l'illusion de l'espace sans s'arrêter à la surface et sans user de procédés perspectivistes.
Je mets votre blog dans mes favoris (après y avoir été conduite par RC)
Cordialement
Arthémisia
Et vous êtes maintenant dans les liens de Libellus.
la question du rapport à l'espace ( la fenêtre qui montre l'au-delà, le plus loin, ou la suggère par la perspective) a toujours été une question de base... elle est source d'ambiguïté chez De Staël et Matisse, où on ne sait pas trop ce qui est privilégié, est-ce une représentation de l'espace ( comme une allusion à----, est-ce qu'au contraire la surface du tableau est vraiment considérée comme telle ? ( c'est la démarche des Rothko Noland, Clyfford Still ) et chez de Staël on est toujours sur le fil ( une hésitation entre l'attachement à la représentation et la non figuration pure ),... certes, on a besoin de se raccrocher à quelque chose, et si l'on a pas ce quelque chose ou si c'est trop déroutant la réaction fréquente des gens est de dire que c'est "n'importe quoi" ... dans la pratique en tout cas il y a un rapport de la façon dont c'est peint avec la façon dont c'est regardé. Deux pierres angulaires à ce sjet dans l'art du XXè siècle sont Mondrian, et Pollock...
Naturellement dans mes peintures je ne cherche pas à conceptualiser mon acte, mais je peux y associer des rapprochements, bien entendu...
Mon dernier article, sur Rembrandt, par exemple...
Mondrian c'est la verticale et l'horizonale, donc selon ses propres écrits toujours une représentation figurative ( la verticale de l'homme debout, et le sol ),
Pollock, c'est la toile posée au sol, donc tourner autour, et donc, plus du tout ce rapport au tableau dressé ( donc plus d'horizontale)
ce qui est un changement complet de "point de vue" (celui du peintre, et celui de l'observateur...
Déjà Kandinsky avec ses formes flottantes se rapprochait de ça..;
Commentaire précieux et juste.
Dans les toiles de Mondrian, on voit comme une image satellite figurée des villes américaines.
et pour revenir Martin Kippenberger, c'est un artiste que je ne connaissais pas, et dont je préfèe nettement quand il s'éloigne d'un coté figuratif, qui a ses lourdeurs...
par contre quand il y a une unité formelle, et dans la couleur, ça me parle davantage... voir le reproduction ci-dessous
Oui, merci, René, de ces contributions qui mettent au premier plan un article méritant le voyage.
Ce qui m'intéresse dans l'oeuvre de Martin Kippenberger, ce sont ses oeuvres de l'ordre de la représentation, un peu lourdes, peut-être, mais il y a des miracles à Lourdes - très rarement, c'est entendu.
Etonnant ! et je suis assez fascinée par les toiles de Martin Kippenberger aussi, que je ne connaissais pas non plus (bien sûr) :-)
Bonjour...
peut etre avez vous cherché à me contacter, et je ne réponds plus car ma boîte ayant été piratée, celle-ci m'est devenue inaccessible, c'est pour ça que j'en mentionne une autre ici, de même un nouveau blog poétique est en fonction depuis moins d'un mois: écrits et cris II
A bientôt..;
RC
C'est bien ce que j'avais compris à la lecture de votre prétendu mail, je n'y avais pas répondu.
Le problème, c'est que le smtp (l'envoi de courrier) ne demande aucun mot de passe. On peut donc écrire n'importe quoi dès qu'on a une adresse d'expédition valide. Je peux vous envoyer un message de vous-même à vous-même, j'en ai déjà fait la démonstration.
Le pop, lui, exige un mot de passe.
Une astuce possible : inscrire son carnet d'adresses dans un ficher .txt planqué au fond des dossiers du système - et ne rien laisser dans l'interface de la messagerie.
Lib est devenu un site plutôt qu'un blog.
A bientôt, René.