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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 23:01

 

Stéphane Bellat, La chambre d'Hannah

Stéphane Bellat, La chambre d'Hannah, Micro Application Editions, 2014

 

Stéphane Bellat

Stéphane Bellat est né en 1961 dans l’ouest de la France. Spécialiste de la Seconde Guerre mondiale, il rédige, pendant une dizaine d’années, des articles pour des magazines d’histoire, il devient guide et conférencier autour de la bataille de Normandie. En 2011, avec Les Passagers Perdus, il revient à ses amours premières, la littérature fantastique.

Aujourd'hui, il nous présente La chambre d'Hannah.

 

Paris, février 1992. Pierre Descarrières, 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne et des parents qui se déchirent quotidiennement. Seul dans sa chambre, il rêve d’un frère ou d’une sœur qui viendrait rompre sa solitude. Paris, février 1942. Hannah Klezmer, 11 ans, étouffe dans l’espace confiné de son appartement, mise à l’écart parce que juive.

Leurs routes n’auraient jamais dû se croiser. Et pourtant, c’est arrivé. Car il existe entre eux un lien plus fort que le temps et la folie des hommes.

Si La Chambre d’Hannah plonge ses racines dans l’Histoire la plus sombre, c’est aussi le roman sensible et lumineux d’une amitié entre deux enfants qui n’ont, au premier abord, rien en commun : ni leur condition, ni leur époque. Avec, en filigrane, ces deux questions essentielles : jusqu’où aller par amitié ? Sommes-nous prêts à croire l’impossible ?

4e de couverture

 

Aussi loin que je me souvienne, je n'ai jamais connu d'autre appartement que celui de la rue de Belleville. Les premières années de ma vie, tout au moins. Mes parents l'avaient acheté deux ou trois ans avant ma naissance et ce fut donc à cet endroit précis que j'ai été parachuté. Ils y avaient injecté toutes leurs économies et il me faut reconnaître qu'ils en avaient fait un intérieur plutôt agréable à vivre. C'était un petit appartement parisien avec deux chambres. Il y avait même un jardin, privilège rarissime des rez-de-chaussée. Leur histoire avait donc pris un envol plutôt prometteur, ce n'est qu'un peu plus tard que tout s'est désagrégé.

 

Une écriture qui paraîtrait documentaire, à plat, sans les « ées », « haies »...

 

A l'école, mes voisins n'hésitaient jamais à poser un regard intéressé sur ma copie. J'avais réussi à m'imposer en qualité de champion toutes catégories de la dictée, obtenant au passage mon doctorat ès participes passés. J'avais un faible pour ces phrases dans lesquelles les « é », les « ées » et les « és » ressemblaient à un parcours hippique parsemé de haies vives, sur lequel s'éperonnaient la plupart des gamins de ma classe.

 

et le mode, plus tellement à la mode...

 

Le subjonctif est un art aussi subtil que l'entretien d'un bonsaï.

 

Pierre Descarrières attend un ami, un frère ou une sœur. Hannah vient. Du passé ? Un passé bien présent.

 

Ma lampe de chevet était restée allumée. On ne sait jamais ce que la nuit réserve.

 

Rue de Belleville, funiculaire 03

 

Hannah est juive, un autre temps, un policier français lui a pris son vélo, elle n'a plus le droit d'aller à l'école, elle est juive. Pour le chocolat, elle n'a même pas la ration d'un J2.

 

 

Édouard Molinaro, Jean Dutourd, Au Bon Beurre, 1981 – extrait

 

Guerre, Occupation, J2, des mots inconnus. Heureusement, monsieur Bouillon, l'ancien instituteur, connaît l'histoire. Le mercredi, il donne un cours particulier à Pierre et à son copain, Maxime.

 

Hannah n'est pas un fantôme. Pierre lui donne un carré de chocolat, et, pour son petit frère, Jacob, une figurine d'un super-héros.

On est le 12 avril 1942.

[…]

Chez moi, on est le 12 avril 1992.

La chambre de Pierre est la chambre d'Hannah.

 

Hannah - Irena Sendler

 

Elle lui donne sa photo,

 

Etoile, Juif

 

et, plus tard, son étoile.

Les enfants apprennent de l'instituteur la rafle du Vel' d'Hiv'.

 

Rafle du Vel' d'Hiv', 16 juillet 1942 - 02

Rafle du Vel' d'Hiv', 16 juillet 1942

 

Rafle du Vel' d'Hiv', 16 juillet 1942 - 01

La rafle du Vél' d'Hiv' est une contribution des policiers et gendarmes français, des agents de la Société des transports en commun de la région parisienne (STCRP), Compagnie du chemin de fer métropolitain de Paris (CMP – par une loi de Vichy promulguée le 26 juin 1941), devenus agents de la RATP le 1er janvier 1949, avec maintien de l'ancienneté et des acquis – une contribution à la « solution finale à la question juive » (die Endlösung der Judenfrage).

[note 1]

 

On peut sauver Hannah.

Non, elle est perdue.

 

Avec le temps, les souvenirs s'en vont... jusqu'à ce que l'homme du soir vienne, bien des années après, sous les fenêtres du 35, à l'écart. Une ancienne figurine est son porte-bonheur. Hannah est vivante.

 

On ne vous dira pas la fin.

Regardez la fin de Lola, Jacques Demy, 1961.

Préparez vos mouchoirs.

 

 

Comment ne pas être amoureux d'Anouk Aimée ? En 1942, elle échappe au port de l'étoile en se faisant appeler Durand. Anouk vient de son premier film, en 1947, Aimée lui a été suggéré par Jacques Prévert. Elle a connu Jean Genet, Jean Cocteau, Raymond Queneau, et, d'une autre manière, Pierre Barouh.

Une belle idée, une belle histoire. Un roman ? Oui, si l'on veut, mais c'est plutôt d'une histoire de l'Histoire qu'il s'agit. Une histoire à conter encore et encore. Et une écriture de funambule, toujours en équilibre.

 

Sophie en parle.

 

* * *

 

35, rue de Belleville

35, rue de Belleville

Le paysage a changé.

 

* * *

 

[note 1]

70 ans après la rafle du Vel d’Hiv, l’UEJF dévoile un sondage réalisé avec l’institut CSA : la majorité des jeunes déclarent n’avoir jamais entendu parler de la rafle du Vel d’Hiv.

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de litterrance
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commentaires

des pas perdus 12/04/2014 09:30


ça donne envie de le lire.


Je suis allé récemment à Belleville, j'y consacrerai une page un bientôt dans mes images...

Lou de Libellus 12/04/2014 20:17



 


Y a du boulot, et de la marche à pied, tu connais la rue.


Si tu pars du haut, tu pourras te faire un petit café à l'enseigne du Front de Gauche. Plus loin, le Front de Gauche, encore, mais comme il est écrit sur l'immeuble : il faut se méfier des mots.
En cours de route, tu seras passé devant l'église : on voit bien l'appareil photo, sur le toit de la voiture. Au terme de la randonnée, on se fera un bisou façon Mini-Panda (si c'est une
Panda...) devant le Vieux Saumur, et on conclura aux Folies, whaouuuh !


Oui, je t'ai préparé un album, un carnet de route - mais tes photos seront
meilleures.


 



Le gentil 11/04/2014 14:53


Il est des 4e de couverture manifestement écrites sous la couette. À quand une anthologie par Lou?

Lou de Libellus 11/04/2014 19:51



 





 



yueyin 11/04/2014 12:52


Ah finalement je vais peut être le lire :-) très belles photos monsieur Lou :-)

Lou de Libellus 11/04/2014 13:15



 


Stéphane est notre muse : - )


C'est une lecture qu'on n'oublie pas.


Ne pas oublier les mouchoirs, pour la fin.


 



Le gentil 11/04/2014 08:37


"Pierre Descarrières [des carrières, ce Pierre, soit. Heureusement que l'auteur n'a pas ajouté : petit mousse qui n'amasse pas mousse mais ramasse jolie rousse] Pierre
Descarrières [donc], 11 ans, est malheureux coincé entre une vie terne [...]", etc.  Ne manque-t-il pas une virgule ? :"est
malheureux, coincé entre une vie terne", etc. ? La ponctuation est un art aussi subtil que l'entretien d'un bonsaï, bon sang !

Lou de Libellus 11/04/2014 11:53



 


Ah mais très cher bienheureux gentil décomplexé, virgule, le tout sans virgule, il s'agit de la 4e de couverture. Si vous écrivez à l'éditeur, virgule, il ne manquera pas de mettre au pilon les
exemplaires encore disponibles et de les remplacer comme l'ont fait monsieur Nathan, interdisant le dictionnaire des synonymes 'Le Robert' - on y trouvait le mot "youpin", ou monsieur Montagnon
imposant sa "nouvelle version d'OverBlog", sans gêne - sans gènes collatéraux ? C'est une bonne question.


Je vous remercie, une fois encore, monsieur Le Gentil de votre éclairage lumineux sur les ouvrages dont nous causons.


 


Au passage, J..., je te remercie de ta dernière dosette (non, c'est en privé, par La Poste - je dis cela pour les passagers visiteurs), comme tu le dis. Tu as du génie. Prions ensemble
pour le repos tant attendu de monsieur Tartignol et de monsieur G.M. (à ne pas confondre avec Guy Maurouard, très bon élève devenu très bon professeur).


G.M. de Sauxmarais (c'est son seul titre de noblesse), c'est ma croix. Tu ne cesses de me le rappeler, je te cite, en substance (vert-de-gris) : un ancien élève émérite de Lou.


 


LOL inversé.


 


Mince ! C'est un palindrome.


 



 


 
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