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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 00:01

 

 

Alfred Jarry Véritable Portrait de Monsieur Ubu

Alfred Jarry, Véritable Portrait de Monsieur Ubu

 

Monsieur Ubu est bien connu de nos fidèles. 

♪♫♪En temps de crise, Monsieur Ubu, c'est vraiment la dernière chance au dernier moment. Les mauvais coups des truands, Ubu les règle au comptant. Si l'injustice vous attend, Monsieur Ubu l'attend au tournant : pour la victime aux abois, tout à coup il surgira. Dans les dangers, ce roi du sang-froid, ce voyageur sans visa a livré le bon combat ♪♫♪

 

Son programme révolutionnaire tient en trois points.

 

Abolition des privilèges

 

[Père Ubu] Apportez la caisse à Nobles et le crochet à Nobles et le couteau à Nobles et le bouquin à Nobles ! ensuite, faites avancer les Nobles.

[...]

[Père Ubu] J’ai l’honneur de vous annoncer que pour enrichir le royaume je vais faire périr tous les Nobles et prendre leurs biens.

[...]

[Père Ubu] Amenez le premier Noble et passez-moi le crochet à Nobles. Ceux qui seront condamnés à mort, je les passerai dans la trappe, ils tomberont dans les sous-sols du Pince-Porc et de la Chambre-à-Sous, où on les décervellera.

[...]

[Père Ubu] Allez, passez les Nobles dans la trappe. (On empile les Nobles dans la trappe) Dépêchez-vous plus vite, je veux faire des lois maintenant.

[...]

[Père Ubu] Je vais d’abord réformer la justice, après quoi nous procéderons aux finances.

 

Justice

 

[Plusieurs Magistrats] Nous nous opposons à tout changement.

[Père Ubu] Merdre. D’abord les magistrats ne seront plus payés.

[...]

[Père Ubu] À la trappe les magistrats !

[Mère Ubu] Eh ! que fais-tu, Père Ubu ? Qui rendra maintenant la justice ?

[Père Ubu] Tiens ! moi. Tu verras comme ça marchera bien.

 

Finances

 

[Père Ubu] Nous allons maintenant, messieurs, procéder aux finances.

[...]

[Père Ubu] Messieurs, nous établirons un impôt de dix pour cent sur la propriété, un autre sur le commerce et l’industrie, et un troisième sur les mariages et un quatrième sur les décès, de quinze francs chacun.

[…]

[Père Ubu] Dans la trappe les financiers !

[…]

[Père Ubu] Eh merdre !

[Mère Ubu] Plus de justice, plus de finances.

[Père Ubu] Ne crains rien, ma douce enfant, j’irai moi-même de village en village recueillir les impôts.

 

Béni soit Monsieur Ubu qui visite et rachète son peuple. Il a fait surgir la force qui nous sauve dans la maison de Despas , son serviteur, comme il l'avait dit par la bouche des élus, par ses prophètes, depuis les temps anciens – salut qui nous arrache à l'ennemi, à la main de tous nos oppresseurs, amour qu'il montre envers nos pères, mémoire de son alliance sacrée, serment juré à notre père Ibrahim de lutter sans crainte, afin que délivrés de la main des ennemis nous le servions, dans la justice et la charité, en sa présence, tout au long de nos jours.

 

 

Alfred Jarry, Charles Pourny, Claude Terasse, Chanson du décervelage, Chœur et Orchestre du Collège de 'Pataphysique, 1951

 

La CHANSON DU DéCERVELAGE

Je fus pendant longtemps ouvrier ébéniste,
Dans la ru’ du Champ d’ Mars, d’ la paroiss’ de Toussaints,
Mon épouse exerçait la profession d’ modiste
Et nous n’avions jamais manqué de rien.

Quand le dimanche s’annonçait sans nuage
Nous exhibions nos beaux accoutrements
Et nous allions voir le décervelage
Ru’ d’ l’Echaudé, passer un bon moment.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervelle sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler :
(Chœur) : Hourra ! Cornes au cul, vive le Père Ubu !

Nos deux marmots chéris, barbouillés d’ confitures,
Brandissant avec joi’ des poupins en papier,
Avec nous s’installaient sur le haut d’ la voiture
Et nous roulions gaîment vers l’Echaudé.

On s’ précipite en foule à la barrière,
On s’ fich’ des coups pour être au premier rang ;
Moi je m’ mettais toujours sur un tas d’ pierres
Pour pas salir mes godillots dans l’ sang.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervelle sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler ;
(Chœur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Bientôt ma femme et moi nous somm’s tout blancs d’ cervelle,
Les marmots en boulottent et tous nous trépignons
En voyant l’ Palotin qui brandit sa lumelle,
Et les blessur’s et les numéros d’ plomb.

Soudain j’ perçois dans l’ coin, près d’ la machine,
La gueul’ d’un bonz’ qui n’ m’ revient qu’à moitié.
Mon vieux, que j’ dis, je reconnais ta bobine,
Tu m’as volé, c’est pas moi qui t’ plaindrai.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervelle sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler ;
(Chœur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Soudain j’ m' sens tirer la manch’ par mon épouse :
Espèc’ d’andouill’, qu’ell’ m’dit, v’là l’moment d’te montrer :
Flanque-lui par la gueule un bon gros paquet d’ bouse,
V’là l’ Palotin qu’a just’ le dos tourné.

En entendant ce raisonn’ ment superbe,
J’attrap’ sus l’ coup mon courage à deux mains :
J’ flanque au Rentier une gigantesque merdre
Qui s’aplatit sur l’ nez du Palotin.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervelle sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler ;
(Chœur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !

Aussitôt suis lancé par-dessus la barrière,
Par la foule en fureur je me vois bousculé
Et j’ suis précipité la tête la première
Dans l’grand trou noir d’ous qu’on n’ revient jamais.

Voilà c’ que c’est qu’ d’aller s’ prom’ ner l’ dimanche
Rue d’ l’Echaudé pour voir décerveler,
Marcher l’ Pinc’-Porc ou bien l’ Démanch’-Comanche,
On part vivant et l’on revient tudé.

Voyez, voyez la machin’ tourner,
Voyez, voyez la cervell’ sauter,
Voyez, voyez les Rentiers trembler ;
(Chœur) : Hourra, cornes-au-cul, vive le Père Ubu !


Alfred Jarry, Charles Pourny, Claude Terrasse
Ubu roi, V, 4, 1888, édition 1900

 

 

Sources

 

Ubu roi, 1888, édition 1900

 

* * *

 

Vive le Père Ubu ! Promesse faite à des pas perdus.

 

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commentaires

yueyin 27/10/2013 09:19


Ahah tu as raison, il y a des liens avec ma lecture du moment - peut être que l'auteur aveait aimé Ubu :-) je viens de relire la chanson, ça me fait toujours autant d'effet hein... mais c'est
ABOMINABLE quoi :-)

Lou de Libellus 27/10/2013 17:35



 


Chère cousine, vous êtes confuse. Ubu n'est pas un nabot minable. A qui pensiez-vous ?


 



Lou 01/02/2013 07:22


 


Meuh non ! Notre président est normal. Il tient le cap !


 

yueyin 31/01/2013 17:28


rien de prophétique j'espère... ou pas :-)

Anne d'Amico 25/01/2013 07:58


Vu comme ça, je préfère mon monde à moi!


Gros bisous Lou!

 


 
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