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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

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29 avril 2010 4 29 /04 /avril /2010 14:23

  

Pour que cessent au plus tôt ces manifestations ridicules, sans signification et sans portée.

 

Gioacchino Rossini, Il barbiere di Siviglia, La calunnia, int. Yuri Kissin, Victoires de la Musique Classique, Révélations, 2009

 

Au commencement, un petit roman policier dont l’intrigue est située à Corneville, quelque part entre Cherbourg et Sainte-Mère-Eglise, une petite ville sans histoire l’occupation s’est faite d’une façon correcte [note 1], dans une petite région où Fernand Lechanteur, devenu par licence poétique l’oncle Ferdinand Lediseur, fin linguiste et observateur de son pays avait repéré scientifiquement la fracture entre deux types de population dans la Manche : au nord, les conquérants, les descendants blonds et dolichocéphales des Vikings, au sud, une race sédentaire, laborieuse, médiocre et « qui a besoin de chefs », des Alpins brachycéphales.

 

En ces temps douloureux de l’Occupation où les résistants, fussent-ils incroyablement modestes à la Libération, souffraient dans l’ombre, Valognes a connu le seul camp de stérilisation des Tsiganes actuellement reconnu en France.

 

Martin Gilbert, Atlas de la Shoah (Atlas of the Holocaust),

L’Aube, 1982 – préface de Bernard Kouchner, postface de Jean Kahn – carte 182, p. 141.

[l’édition française, ici reproduite, comporte une faute dans l’orthographe de Valognes]

 

Un homme et une ville, vingt ans déjà

 

Le mardi 14 juin 1988, en page 12, La Presse de la Manche relatait une émouvante cérémonie de la veille en mémoire de Henri Cornat.

A quelques jours du vingtième anniversaire de sa mort, Me Ingouf, l’un de ses proches, lui rendait ainsi hommage : Cet homme de dimension hors pair avait la simplicité infinie qui est le signe de la vraie grandeur. Vingt ans après son dernier souffle, ce serviteur incomparable de notre cité est toujours vivant dans notre mémoire…

« Et s’il fut le premier, il ne fut pas le seul. », poursuit le rédacteur dans un élan de poésie alexandrine inspirée par l’émotion, « De M. Jozeau-Marigné, président du conseil général, à M. Aguiton, vice-président du conseil régional, en passant par MM. Tizon et Travert, tous deux sénateurs, ils étaient tous là. »

[…]

« aux côtés de Mme Heinis, maire de Valognes, de M. Gatignol, député de la 4me circonscription, de M. Godefroy, son prédécesseur, de M. Langevin, premier vice-président du conseil général et de M. Lange, président départemental des Anciens Déportés et Internés Résistants. »

En page 18, à la même date, Ouest-France apportait sa contribution : « La municipalité de Valognes a honoré la mémoire de celui qui fut le sénateur-maire de l’après-guerre, après avoir été nommé à la tête de la ville par Pétain. »

 

On peut dire ce qu'on veut, mais cet homme-là, il était correct, on ne peut pas lui enlever ça, c'était un homme correct.

 

Au lendemain de sa nomination, Cherbourg Eclair [note 2] fait connaître le procès-verbal de réunion du Conseil municipal :

M. le Maire propose au Conseil d’adresser un message de reconnaissance et de fidélité au Maréchal Pétain et de donner son nom à une place ou une rue de la ville. Ces deux propositions sont adoptées d’enthousiasme. Un texte sera rédigé en fin de séance pour la première et, sur la demande de M. Cornat, la place de la mairie portera désormais le nom du Maréchal Pétain.

Le Conseil Municipal de Valognes, récemment nommé, réuni le 18 mars, adresse au Maréchal Pétain l’expression de sa respectueuse admiration et l’assure de contribuer par tous les moyens en son pouvoir à l’œuvre de redressement national entreprise par le Chef de l’Etat.

Suit le compte-rendu d’une rencontre sportive : Saint-Joseph et Huberville font match nul, 3 buts à 3. La paix est revenue.

Le 22 mars 1941, Cherbourg-Eclair rapporte les remerciements du Maréchal Pétain transmis par son Secrétaire Général au Maire de Valognes.

 

Des croix de Lorraine ridicules et sans signification ni portée

 

Le 9 avril 1941, Le Réveil de la Manche publie un Avis à la population signé Le Maire : H. Cornat.

Des jeunes gens et jeunes filles se sont amusés ces jours derniers à garnir les portes des immeubles de V, Croix de Lorraine, ou autres signes.

Deux jeunes filles, Mlles Lecartel et Durel, élèves de l’Ecole Primaire Supérieure, ont été surprises et leurs parents viennent de se voir infliger une amende de 1.000 francs.

Le Maire de Valognes fait appel au bon sens de tous pour que ces manifestations ridicules cessent au plus tôt.

C’est la population tout entière qui aura à subir les conséquences d’actes qui, au surplus, sont sans signification et sans portée.

 

Un avis très important

(selon Cherbourg-Eclair, le 23 février 1943)

 

Conformément aux dispositions des lois du 4 septembre 1942 et du 16 février 1943, les jeunes gens nés du 1er janvier 1920 au 31 décembre 1922 devront se présenter pour le recensement et la visite médicale à la Mairie de Valognes.

Il s’agissait d’encourager le STO, la liberté par le travail, la libération, qu’on l’entende bien.

 

Memento

 

Henri Cornat avait reçu le Memento de la Législation des questions juives à l’usage des maires et des Brigades de Gendarmerie.

Au moment de sa nomination, en février 1941, par l’Etat français établi à Vichy, la loi du 3 Octobre 1940 portant statut des juifs et publiée au Journal Officiel du 18 Octobre 1940 lui était bien connue : Henri Cornat était non seulement un homme de haute culture française et européenne, mais également un résistant des premières heures, nous l’allons montrer tout à l’heure.

 

Un homme engagé

 

(selon le procès verbal de la séance du conseil général de la Manche réuni le lundi 11 février 1985)

La parole est au Docteur Tizon, vice-président :

[en hommage à Henri Cornat]

Ceux d’entre nous qui l’ont connu, et ils sont encore nombreux, lui ont toujours accordé la confiance et le respect que son action patriotique justifiait plus que largement.

Engagé dès le mois de février 1941 dans les forces françaises combattantes « réseau S.R. Air 40 » il fut l’objet d’une citation à l’ordre de la division le 1er octobre 1947.

« Officier de renseignements de première valeur, a fourni des indications du plus haut intérêt sur les installations et les travaux de la Luftwaffe dans la partie Nord du département de la Manche ainsi que sur les installations de détection dans la pointe de LA HAGUE. »

« Exemple de modestie, de courage et de dévouement. »

Cette citation comporte l’attribution de la croix de guerre avec étoile d’argent.

La croix de chevalier de la légion d’honneur à titre militaire lui fut remise à COUTANCES, alors préfecture de la Manche, le 7 janvier 1948, par M. Vincent AURIOL, Président de la République.

  

Un homme d’honneur et d’humour

 

Nommé à la mairie de Valognes en 1941, puis au conseil départemental, la même année, il les a bien roulés dans la farine, les occupants ! allant, dans son souci du détail, jusqu’à permettre la déportation de quelques enfants juifs, au plus près de chez lui (pour mémoire, en novembre 1942, la famille Grunberg ou Grumberg, selon les archives – les greffiers étaient peu scrupuleux d’une orthographe étrangère), mais pour en sauver combien d’autres ?! allant  jusqu’à mettre son talent d’ingénieur, chef d’entreprise, en fournitures électriques, au service de l’ennemi pour une rémunération ne laissant pas douter de sa loyauté (il a obtenu à la Libération un peu plus de 900.000 francs laissés impayés par les vaincus en débâcle) ! allant jusqu’à donner aux alliés de fausses informations (qui ont indirectement induit la destruction de Valognes) pour mieux donner le change.

 

« L’affaire Jorge Semprun »

 

De petits esprits se sont crus autorisés à demander la radiation du nom de Henri Cornat au fronton du lycée de Valognes.

Un projet pédagogique autorisé prévoyait une rencontre entre Jorge Semprun et des lycéens qui avaient étudié son œuvre. L’écrivain, alerté par un courrier anonyme (dont il a certainement, selon sa méthode de travail, vérifié par lui-même les données), a rompu le contrat passé.

Un représentant des professeurs au Conseil d’Administration du lycée a signalé que le nom du lycée [semblait] problématique pour la réalisation d’actions pédagogiques…

M. Vedie, alors conseiller régional, disant que ces propos sont quasiment diffamatoires, déclare qu’il est inadmissible de vouloir débaptiser le lycée.

[…]

Mme Guérin et Mme Le Bris, représentantes des parents, pensent que le conseil ne possède pas suffisamment d’éléments sur les raisons du refus de M. Jorge Semprun pour demander le changement de nom du lycée et qu’une telle demande devrait faire l’objet d’un débat.

Le président intervient alors en indiquant que cette question n’étant pas à l’ordre du jour, il n’y a pas lieu d’en débattre.

Lycée Henri Cornat, Valognes, Procès-verbal du Conseil d’Administration n° 3, 1997-1998

 

 

Aujourd’hui, Claude Gatignol, tireur émérite et affable, entretient la flamme de Henri Cornat. Fidèle à l’esprit de finesse de son aîné, il a fait ses débuts en politique sous l’égide d’Alain Madelin, avec lequel il a noué une amitié indéfectible.

Alain Madelin est co-fondateur du mouvement Occident, un mouvement de pensée fidèle à la pensée de Robert Brasillach (il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits, écrivait-il, lui qui fut immortalisé dans sa propre jeunesse par un destin injuste, comme le dit si justement Gilles Perrault dans Les parachutistes), seul mouvement original non dissous en juin 1968 parce qu’il ne s'est pas dévoilé comme un mouvement subversif (selon René Capitant, ministre de la Justice), seul mouvement dont le programme annonçait en principe la fin du suffrage universel et la restauration d’un Etat français que Philippe Pétain n’avait pas eu le temps de mettre en place (rappelons que le Maréchal est mort de froid et presque de faim au Fort de l’île d’Yeu, à 95 ans et que, malgré les demandes proches d’Occident – nous avons égaré le tract signé du mouvement et distribué en 1964 par notre camarade de LLG, Legros, qui nous avait dit et nous lui en rendons hommage : tu es intelligent, cela devrait t’intéresser, sa dépouille n’est pas encore revenue au Panthéon).

Alain Madelin, écoutons-le : Tout jeune adolescent, je me suis révolté contre le totalitarisme communiste, et je me suis engagé. Ce même engagement m'aurait sûrement conduit en 1940 à lutter contre le totalitarisme nazi et le régime de Vichy. [note 3]

Claude Gatignol. Les anciens fidèles de sa clinique vétérinaire, même s'il y eut des bavures, inévitables, se réjouissent de sa reconversion en carrière politique et la lui souhaitent longue et vigoureuse, tant il reste à faire pour défendre le Cotentin nucléaire contre les errements d’une sensibilité exacerbée, et surtout mal informée, j’ose l’espérer, on ose l’espérer, des malveillants qui confondent la misère communiste de Tchernobyl, fort à point arrêtée à nos frontières, et l’irrésistible ascension de nos libertés dans leur pleine et entière territorialité.

Toute cérémonie à la mémoire de Henri Cornat se fait intimement dans le cadre d’une messe.

Homme d’honneur, homme d’humour, homme de foi, il est auprès de Dieu et que l’on ne dise plus qu’il est assis à son extrême droite.

 


 

[note 1]

Comme le rappelait Jean-Marie Le Pen :

En France du moins, l'Occupation allemande n'a pas été spécialement inhumaine, même s'il y eut des bavures, inévitables dans un pays de 550 000 kilomètres carrés.

Rivarol, 7 janvier 2005

 

[note 2]

Cherbourg-Eclair est devenu La Presse de la Manche, le premier journal libre de la Libération

 

[note 3]

La défense du Maréchal Pétain est un droit reconnu par la Cour Européenne de Strasbourg (arrêt du 23 septembre 1998).

Ecoutons-le et lisons-le – on ne retiendra pas quelques erreurs de transcription.

Philippe Pétain, Appel du 17 juin 1940

 

Le jardin porte conseil.

 

La terre, elle, ne ment pas. Elle demeure votre recours. Elle est la patrie elle-même.

Appel du 25 juin 1940

 


 

Maître Follas : Il avait son secret le Lou(is)  

Raoul Wolfoni (se levant dans l’urgence) : C'est où ? 

Jean : A droite, au fond du couloir 

Maître Follas : Et ... Et ... Et ... 50 kilos de patates, un sac de sciure de bois, il te sortait 25 litres de 3 étoiles à l'alambic ; un vrai magicien. Et c'est pour ça que je permets d'intimer l'ordre à certains salisseurs de mémoire qu'ils feraient mieux de fermer leur claque merde ! 

Paul Wolfoni : Vous avez beau dire, y'a pas seulement que de la pomme, y'a autre chose, ce serait pas des fois de la betterave ? Hein ? 

M. Fernand : Si, y'en a aussi

Michel Audiard, Georges Lautner, Les Tontons flingueurs, 1963

 

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commentaires

lou 30/04/2010 14:40



 


Jimidi, j'ai précisément écrit que l'on ne dise plus.
Quand on dit rien, il arrive jamais rien.
Nous allons cultiver notre jardin, la terre demeure notre recours.


 


 



Jimidi 29/04/2010 21:54



j'aime bien "Il est assis à l'extrême droite de Dieu" hi hi !






 


 
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