Lou

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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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l'heure à Lushan

France + 7 heures

 

pour mémoire

Survival

 

Uncontacted tribes

 

Un lien en un clic sur les images.

17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 11:59

… sans jamais oser le demander.

Personne.

J'ai adopté
un tag déposé chez Mr Kiki.

Pedigree.

1. Mettre le lien de la personne par qui on a été tagué.

2. Mettre le règlement du tag.

3. Mettre 6 choses, tics ou habitudes sans importance, sur soi-même.

4. Transmettre à 4 personnes (donner leurs liens, les informer).

Lou, les six afflictions cachées

1/ Je n'ai aucun sens de l'humour, personne ne le sait.

2/ Je raconte des saynètes qui ne font rire personne.

Preuve.

Un cambrioleur surpris

Un cambrioleur surpris par la police au 40ème étage d’un immeuble, au moment où il cherche à ouvrir un coffre, se jette par la fenêtre pour s’enfuir.

En passant devant la fenêtre du 39ème étage, il crie : “Arrêtez-moi !”.

En passant devant la fenêtre du 38ème étage, il crie : “Arrêtez-moi !”.

En passant devant la fenêtre du 37ème étage, il crie : “Arrêtez-moi !”.

... “Arrêtez-moi !”... “Arrêtez-moi !”... “Arrêtez-moi !”...

___

Un cambrioleur surpris par la police au 40ème étage d’un immeuble, au moment où il cherche à ouvrir un coffre, se jette par la fenêtre pour s’enfuir.

Il tombe à la terrasse d’un café situé au rez-de-chaussée.

Le garçon de café accourt en lui apportant un verre de rhum : “Tenez, buvez, ça va vous remonter !”, dit-il.

___

Un cambrioleur surpris par la police au 40ème étage d’un immeuble, au moment où il cherche à ouvrir un coffre, se jette par la fenêtre pour s’enfuir.

Gravement blessé en s’écrasant au bas de l’immeuble, il est transporté à l’hôpital.

Le chirurgien dit : “On va opérer !”.

Le cambrioleur demande : “Vous allez m’ouvrir le coffre ?”.

___

Un cambrioleur optimiste surpris par la police au 40ème étage d’un immeuble, au moment où il cherche à ouvrir un coffre, se jette par la fenêtre pour s’enfuir.

En passant devant la fenêtre du 39ème étage, il pense : “Jusque là, ça va !”.

En passant devant la fenêtre du 38ème étage, il pense : “Jusque là, ça va !”.

En passant devant la fenêtre du 37ème étage, il pense : “Jusque là, ça va !”.

... “Jusque là, ça va !”... “Jusque là, ça va !”... “Jusque là, ça va !”...

3/ Je conçois des projets que personne ne comprend – et je ne parle pas de la Tagalou inédite que, moi-même, je n'ai pas encore bien comprise.

4/ Je fais des contrepets que personne n'entend.

Le page, sans être sorcier, m'a trouvé bonne mine.

Henri III, Pages apocryphes, manuscrit secret, s.n., s.l., s.d.

5/ Je donne des ordres que personne n'écoute.

Matt ! tu ne fais pas de marquage, c'est interdit ! Bouchon ! décolle du radiateur, ça ne fera pas sauna, tu n'as qu'à manger moins et bouger plus ! Gipsy ! tu es gentille avec Sheng ! non, là, tu n'es pas gentille ! Coton !? où elle est ? ah oui, sous la cheminée ! Tchan ! c'est bien, ne change rien... Kriss ! la table, c'est interdit ! devant le four, aussi ! Bamboo, descends ! je t'ai vu, tu allais monter sur l'armoire !

6/ Je relaie des tags qui marchaient bien et que personne ne veut reprendre.

 

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Lou de Libellus lou - dans de chinoiseries
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13 février 2009 5 13 /02 /février /2009 21:55

C'est de rock'n'roll qu'il s'agit et d'aujourd'hui, c'est pourquoi c'est publié dans de maintenant.

Nous ne contestons pas la contribution primale de Bill Haley au genre, mais.

Oui, mais le rock est français !

Preuve.

 

 

1. Henry Cording, Rock'n'roll-mops, album Alias Henry Cording, 1956.

L'invention du rock français commence par une moquerie de trois joyeux merles, Boris Vian (paroles), Michel Legrand (musique), Henri Salvador (interprétation).

 


2. Les Chats Sauvages, Amour et rock, 1961, 33 T 25 cm - Pathé-Marconi - ST 1148.

Les chats, ici, c'était inévitable.



Avec Amour et rock, sur les paroles de René Clausier et la musique de Valto Laitinen, Dick Rivers montre bien que le rock, c'est de la musique avant toute chose, sans pour autant négliger les paroles dont les plus grands philosophes contemporains, de Gonzague Saint Bris à Jean-Luc Delarue, ont salué le texte fondateur du IIIè millénaire.

 


3. Gérard Blanchard, Rock Amadour, album Troglo Dancing, 1981.

[repris en 2003 dans La Migraine du Moineau - un album où il interprète Boby Lapointe, Aragon et Castille et Alain Bashung, La Nuit je mens]

Avec le lou(p), c'est ici. Et puis il n'y a pas un amerloque qui ait fait grand'chose avec un accordéon.

 


4. Jacques Higelin, Alertez les bébés, album éponyme, 1976.

Dédicace au premier colonel papa venu qui lui jure la guerre, qui lui promet torture et prison pour celui qui a fait à son rejeton l'affront d'un regard, l'affront d'un regard d'amour.

La chanson est longue, ça monte avec le temps [à l'époque, ça passait très tard et très rarement à la radio, 10 minutes sans pause, n'est-ce pas…].

 


5. Noir Désir, La Rage, album Dies Irae, 1994 (c'est en live, c'est en album et c'est leur meilleure interprétation du titre).

Là, ça sature du début à la fin. Il y a l'air et la chanson et Bertrand Cantat qui a la peine de vivre dans un monde sans accident, où on fait du non-lieu quand les déchets de la COGEMA contaminent nos cultures OGM et où l'on cherche le coupable quand une armoire bancale tombe sur un pauvre vieux.
[annexe 1]

Quand reviendra le temps des cerises ?

 


Dans la salle d'attente de la gare de Nantes, j'attends... juste le retour du printemps…

 

Jacques Higelin, La Rousse au chocolat, in album Alertez les Bébés !, 1976

 



[annexe 1]
 

armoire

L'armoire retenue en garde à vue refuse de parler.
 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans de maintenant
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3 février 2009 2 03 /02 /février /2009 23:00

 
>>> vers Carl Orff, Catulli carmina 02 - les désarrois de l'oisillon

Quoi dono

Quoi dono lepidum novum libellum

Arida modo pumice expolitum ?

Davidi, tibi ; namque tu solebas

Meas esse aliquid putare nugas

[…]

--- le texte original, 1, 3 *, dit Corneli ; David est en principe indéclinable, mais en bas latin du troisième millénaire…


>>>

* les références suivies de l'astérisque renvoient à l'édition de Georges Lafaye, Les Belles Lettres, 1964 – pièce, ligne *.

<<<

 

Incipit

Gaius Valerius Catullus serait né en 87 et mort en 57 avant J.-C., d'après Saint Jérôme qui a pu s'inspirer d'un chapitre perdu de l'ouvrage de
Caius Suetonius Tranquillus (un historien romain ayant vécu à peu près de 69 à environ, peut-être, 160 après J.-C.), De viris illustribus, paru vers 113. Or, Saint Jérôme, auquel on peut prêter sans gages quelques erreurs, aurait confondu dans ses comptes le premier consulat de Lucius Cornelius Cinna, en l'an 87, avec le quatrième, en 84. Etant donné que Gaius Valerius Catullus a écrit jusqu'en 54 et qu'il est vraisemblablement mort à l'âge de 30 ans, nous en conclurons que sa courte vie s'inscrit entre 84 et 54 avant J.-C.

Après cette mise en bouche apéritive, présentons le chose.

Carl Orff, Catulli carmina -
ες αἰῶνα

eïs aïona
, pour toujours / éternellement, se lit en phrase liminaire de plusieurs psaumes.

Alleluia ! Rendez grâce à Yahvé, car il est bon, car éternel est son amour !

Bible de Jérusalem

En poursuivant notre lecture des Psaumes, nous avons :

louez-le par la danse et le tambour, louez-le par les cordes et les flûtes,

louez-le par les cymbales sonores, louez-le par les cymbales triomphantes !

Ps 150, Bible de Jérusalem


En lisant, en écoutant…

 

 

 


[l'album en écoute, en un click sur l'image]


Nous conseillons l'interprétation d'Eugen Jochum, 1953 / 1956, Deutsche Grammophon. Un enregistrement ultérieur, déclaré "officiel" par Carl Orff, avec Dietrich Fischer-Dieskau, est plus fin, mais justement la musique de Carl Orff, avec ses quatre pianos en percussions, est une composition sauvage, à l'état brut, taillée à la hache comme une sculpture de Georg Baselitz.

 

 


Georg Baselitz, Ohne Titel, 1982/84

 

Catulle

 
Le poète commence à écrire à 17 ans, l'année où il fut vêtu de probité candide et de lin blanc (tempore quo primum uestis mihi tradita pura est, 68, 15 *). Peu après, il rencontre Clodia, nommée en pseudonyme Lesbie (Lesbia), l'amour et la peine (odi et amo) de sa vie – elle n'était pas blanc-bleu. Il s'investit dans le débat littéraire de son temps, il écrit, un peu chansonnier, un peu chantre de la simplicité, coquin beaucoup. Il réunit ses poèmes épars dans un recueil, un libellus, dédié à Cornelius Nepos (1, 3 *) – voir en dédicace le texte détourné par nos soins. Sa renommée s'est maintenue jusqu'à nos jours. Rabelais le cite dans son Gargantua, son Pantagruel, son Tiers Livre. On trouve dans ses chants violence et harmonie, tendresse et rudesse, mêlées. Comme chez…

 

... Carl Orff

 
Carl Orff est un autodidacte. En 1937, avec les Carmina Burana, il crée son théâtre musical en s'inspirant de scènes et danses des premiers temps. On y entend, selon Claude Rostand, une rythmique primitive et obstinée, une harmonie très rudimentaire et un vocabulaire mélodique primitif lui aussi, fréquemment pentatonique et procédant également avec obstination dans une ambiance de répétition incantatoire, et, pour Heinrich Strobel, une musique volontairement sans art.

En 1936, Antonin Artaud présentait son théâtre de la cruauté (repris, en 1938, dans Le Théâtre et son double) où les mots sont reconnus dans un sens incantatoire, vraiment magique – pour leur forme, leurs émanations sensibles et non plus seulement pour leur sens [...] il ne s’agit pas de supprimer la parole articulée, mais de donner aux mots à peu près l’importance qu’ils ont dans les rêves. Des sons, des couleurs, des cris.

Né à Munich le 10 juillet 1895, Carl Orff étudie très jeune le piano, l’orgue et le violoncelle. Il compose dès l'âge de 10 ans, il étudie à l’Akademie der Tonkunst, auprès de Anton Beer-Walbrunn et de Paul Zilcher. En 1915, il dirige les Münchner Kammerspiele, en 1917, il est mobilisé, en 1918, il devient chef d’orchestre aux théâtres de Mannheim et de Darmstadt. En 1920, il commence à enseigner la musique tout en suivant les cours de composition de Heinrich Kaminski. En 1924, il crée à Munich, avec Dorothee Günther, la Günther-Schule, une école de gymnastique, de musique et de danse. Cette expérience fonde le Schulwerk, une méthode pédagogique encore actuelle. En même temps, il s'attache à la musique ancienne, donne des arrangements de Claudio Monteverdi (Klage der Ariadne, d'après Arianna, Orfeo, Tanz der Spröden, d'après Il ballo delle ingrate, triptyque renommé  Lamenti en 1958) et prend la direction de la Société Bach de Munich.

Après le triomphe des Carmina Burana, en 1937, il détruit presque toutes ses premières œuvres et se voue à un théâtre musical reliant la tragédie grecque, le mystère médiéval et la comédie populaire bavaroise, avec la volonté de mettre en œuvre un théâtre total. A partir de 1950, il enseigne la composition à la Hochschule für Musik de Munich, puis consacre ses dernières années à la rédaction d’une autobiographie. Il meurt dans sa ville natale le 29 mars 1982.

[ce paragraphe doit beaucoup à Alain Pâris]

Les Carmina Burana, Chants de Beuern, est le titre donné à un manuscrit découvert en 1803 dans l'abbaye de Benediktbeuern, une compilation, datée entre 1225 et 1250, de chants profanes et religieux composés, en allemand, en français, en latin, par les goliards, des ecclésiastiques défroqués ou des étudiants vagabonds, les Vagants, ces jeunes chanteurs itinérants qui célèbrent les trois W – Wein, le vin, Weib, la femme et Würfel, les dés, le jeu. Il s'agit de chansons d'amour, de chansons à boire et à danser ainsi que de pièces religieuses. Un texte en plusieurs langues, comme pour les Catulli Carmina et ailleurs.

Après les Catulli carmina, 1943, Trionfo di Afrodite, 1953, inspiré de poèmes de Catulle, de Sappho et d'Euripide, termine les Trionfi – les Trois sont Un.

Carl Orff, composant dans la Nazi Era, ne pouvait manquer d'attirer les soupçons des résistants nés après le plan Marshall. Ami de Jacques Prévert, traître bien connu, inscrivant des références musicales aux Quatre Saisons de Vivaldi dans La Pluie et le Beau Temps, au Wozzeck de Berg dans Fatras, aux Carmina Burana de Carl Orff ou à Hymnen de Stockhausen, eh oui ! dans Choses et autres, Carl s'était autorisé, parmi d'autres caprices qui l'ont rendu suspect même aux beaux jours, ceci :

 

Sur le siège de la Fortune,
j’étais assis en haut,
des fleurs bariolées de la prospérité
couronné ;
mais tout prospère que je fus,
choyé et béni,
du sommet alors je chus,
dépouillé de la gloire.

La roue de la Fortune a tourné ;
je descends, déchu ;
un autre est porté vers le haut ;
démesurément exalté,
le roi siège au faîte -
qu’il prenne garde de tomber!
car sous l’axe nous lisons :
Hécube reine.

Carmina Burana, Fortune plango vulnera, dans une traduction chez Decca, 1984

 
Catulli carmina

Synopsis


Praelusio
Plage 1


Une bande d'oisifs jeunes oisillons est en teuf et en amour.

Des vieux les mettent en garde contre l'amour toujours et donnent à écouter les plaintes de Catulle.


Texte


Praelusio


Tous
:

Eïs aïona !

Tui sum !

Eïs aïona !

Tui sum !

Mea vita

Eïs aïona

Tui sum !

Eïs aïona

[Pour toujours ! je suis à toi ! – où l'on peut entendre, comme en répons, tu es à moi ! la parade amoureuse étant de l'ordre de la prédation en même temps que de l'abandon, comme le montrent les jeux scéniques en actes]

[[[maintenant, on ne va pas vous traduire mentula, tout de même !]]]


Les gars
:

Tu mihi cara

mi cara amicula

corculum es !

Les filles :

corculum es !

dic mi te me amare !

Les gars :

O tue oculi

ocelli lucidi

fulgurant

efferunt me velut specula

Les filles :

specula, specula

tu mihi specula ?

Les gars :

O tua blandula, blanda

blandicula, tua labella

Les filles :

cave, cavete !

Les gars :

ad ludum polectant

Les filles :

cave, cavete ! cavete !

Les gars :

O tua lingula usque perniciter

vibrans ut vipera

Les filles :

cavete, cave meam viperam

nisi te mordet

Les gars :

morde me !

Les filles :

basia me !

Tous :

ah !

Les gars :

O tuae mammulae

Les filles :

Mammulae

Les gars :

dulciter turgidae, gemina poma !

Tous :

ah !

Les gars :

mea manus est cupida

Un gars :

O vos papillae horridulae !

Les gars :

mea manus est cupida

illas prensare

Les filles :

suave, suave lenire

Les gars :

illas prensare, vehementer prensare

Tous :

ah !

Les filles :

O tua mentula

Les gars :

Mentula

Les filles :

cupide saliens

Les gars :

penipeniculus

Les filles :

velus pisciculus

Les gars :

is qui desiderat tuam fonticulam

Tous :

ah !

Les filles :

mea manus est cupida

Une fille :

coda,  codicula,  avida !

Les filles :

mea manus est cupida illam captare

Les gars :

petulanti manicula !

Les filles :

illam captare

Les gars :

tu es Venus, Venus es !

Les filles :

O me felicem !

Les gars :

in te habitant omnia gaudia

omnes dulcedeines

omnes voluptas

in te, in tuo ingente amplexu

tota est mihi vita

Les filles :

O me felicem !

Tous :

Eïs aïona !

Les vieux :

Eïs aïona !

O res ridicula

immensa stultitia

nihil durare potest

tempore perpetuo

cum bene Sol nituit

redditur Oceano

decrescit Phoebe

quam modo plena fuit

venerum feritas saepe fit aura levia

tempus amoris cubiculum non est

sublata lucerna

nulla est fides

perfida omnia sunt

O vos brutos

vos studidos

vos stolidos !

Un vieux :

Lanternari, tene scalam !

Les vieux :

audite ac videte !

Catulli carmina

Tous :

Audiamus !

 

[à suivre…]

 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans du champ du signe
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17 janvier 2009 6 17 /01 /janvier /2009 09:05

Littré, dans son Dictionnaire de la langue française, 1863-1873, définit ainsi l'opérette :

1° Mot qui a passé de la langue allemande dans le français, et par lequel on désigne de petits opéras sans importance par rapport à l’art.

2° Aujourd’hui très généralement employé pour désigner les ouvrages joués sur plusieurs petits théâtres ou dans les salons.

Etymologie : diminutif d’opéra, attribué à Mozart.


Cette définition s'inspire de François-Henri-Joseph Blaze, dit Castil-Blaze, Dictionnaire de musique moderne, Paris, 1821, où l'on peut lire : [ce mot] a été forgé par Mozart pour désigner ces avortons dramatiques, ces compositions en miniature dans lesquelles on ne trouve que de froides chansons et des couplets de vaudeville […] Mozart disait qu'un musicien bien constitué pouvait composer deux ou trois ouvrages de cette forme entre son déjeuner et son dîner.

D'après Charles-Thomas-François d'Outrepont, Dialogue des morts, suivi d'une Lettre de J.-J. Rousseau, écrite des Champs Elisées à M. Castil-Blaze, Paris, F. Didot, 1825, François-Henri-Joseph aurait copié trois cent quarante-deux articles du Dictionnaire de musique de Jean-Jacques Rousseau, 1768, alors même qu'il en donnait l'auteur comme un musicien ignorant.

Querelle de pirates…


L'opérette, une fille de l’opéra-comique ayant mal tourné ? mais les filles qui tournent mal ne sont pas toujours sans agrément, rappelait Camille Saint-Saëns.


Le Dictionnaire de l’Académie française, 7e édition, 1878-1879, dit : Composition dramatique dont l’action est gaie ou comique et la musique légère... Une phrase d'autorité qui nous permettra de distinguer la fille légère de son père sévère.


L'opérette est française, n'en déplaise aux Italiens qui ont inventé, pour les entractes à l'opera, des intermezzi drolatiques devenus opera buffa, œuvres à part entière.


Notre opérette est à l’origine une subversion populaire de l’opéra.

Elle vient du vaudeville, du macadam de Paname. Au XVIIe siècle, la rue est en représentation avec ses jongleurs, ses bateleurs, ses acrobates qui se retrouvent à la foire Saint-Germain ou à celle de Saint-Laurent. On y trouve des tréteaux où les chansonniers épinglent les puissants.

En 1669,  Lully obtient un privilège pour l’Opéra, l’Académie royale de musique, et, dans la foulée, les Comédiens-Français font interdire toute pièce parlée hors de leur territoire.

Ceux de la Foire n’ont plus guère de ressources que dans la pantomime et puisqu'ils ne peuvent chanter eux-mêmes, ils font chanter le public… sur des airs connus… des airs d'opéra !

Malgré les obstacles, ces saynètes en musique grandissent, avec des compositions originales, des danses, du vaudeville inspiré de l'opera buffa italien.


L'évolution se poursuit au XVIIIe siècle, des aristocrates goûtent l'esprit du faubourg.

En 1752, des Italiens s'installent à Paris avec La Serva padrona de Giovanni Battista Pergolesi, intermezzo per musica créé à Naples en 1733, pendant les entractes de son opéra, Il Prigionier superbo. Il s'ensuit une querelle de bouffons…

Les Français prennent exemple et donnent des œuvres où la musique, une musique originale, devient dominante, tout en maintenant la tradition des dialogues parlés se démarquant des récitatifs italiens.

On parle d'opéras-bouffons… jusqu'en 1766 --- l’Académie royale de musique fait valoir son privilège, la Foire passe à la Comédie-Italienne, de la fusion naît l’opéra-comique, une pièce en dialogue parlé, entremêlée de chansons originales.

Il ne s'agit pas encore de l'opérette, l'opéra-comique prend source dans la comédie pastorale, le drame bourgeois ou la fable mythologique.


La Foire et son esprit décalé sont encore dans la rue.


Au XIXe siècle, quelques théâtres populaires ouvrent leurs portes… en liberté étroitement surveillée. Hervé, compositeur, chef d’orchestre, chanteur, décorateur et machiniste, recrée la tradition. Hervé (de son vrai nom Florimond Rongé ou Ronger est né en 1825 à Houdain, près d’Arras, d’un gendarme et d’une Espagnole – José Bruyr, encore un Belge, associe à cette histoire l’abondance dans son œuvre de séguedilles et de gendarmes. Hervé se présente lui-même comme l’inventeur d’un genre loufoque, burlesque, échevelé, endiablé, cocasse, hilare, saugrenu, catapultueux, l'opérette, cette fille qui, répudiant une famille piquée de noblesse, retournait, cotillons courts et souliers plats, à ses roturières origines.


A sa suite, en 1855, Offenbach, alors chef d'orchestre à la Comédie-Française, se cherche : … devant l’impossibilité persistante de me faire jouer, l’idée me vint de fonder moi-même un théâtre de musique. Je me dis que l’Opéra-Comique n’était plus à l’opéra-comique, que la musique véritablement bouffe, gaie et spirituelle, la musique qui vit enfin, s’oubliait peu à peu. Les compositeurs travaillant à l’Opéra-Comique faisaient de petits grands opéras. Je vis qu’il y avait quelque chose à faire pour les jeunes musiciens qui, comme moi, se morfondaient à la porte du Théâtre Lyrique.

Il reprend la Baraque Lacaze au Carré Marigny, puis s'installe, en 1857, aux Bouffes-Parisiens. Offenbach contourne les règlements jusqu’en 1864, l'année de La Belle Hélène - Napoléon III vient de libérer les théâtres de leur ancien régime.


L'opérette est bien vivante avec Robert Planquette, Les Cloches de Corneville, 1877, Edmond Audran, La Mascotte, 1880, Louis Varney, Les Mousquetaires au couvent, 1880 - loin, toutefois, des impertinences que lançait Offenbach, le petit Mozart des Champs-Élysées selon Rossini, avec ses complices, Meilhac et Halévy, l'époque est aux sentiments et à la morale gentiment bourgeoise.


A Belle Epoque nouveau style, avec André Messager, chef d’orchestre qui révèle Pelléas et Mélisande de Debussy, compositeur de ballets pour l’Opéra et auteur d’opérettes – Véronique, 1898.

Avec la même finesse dans la tradition populaire, Claude Terrasse produit Monsieur de La Palisse en 1904 et Reynaldo Hahn, Ciboulette en 1923.

Proust écrit dans ses Chroniques : cet "instrument de musique de génie" qui s'appelle Reynaldo Hahn étreint tous les cœurs, mouille tous les yeux, dans le frisson d'admiration qu'il propage au loin et qui nous fait trembler, nous courbe tous l'un après l'autre, dans une silencieuse et solennelle ondulation des blés sous le vent. (Le Figaro, 11 mai 1903).


Les Années folles découvrent le jazz, le genre américain, et une certaine liberté de mœurs dont témoigne, en 1918, Phi-Phi d'Henri Christiné sur un livret d'Albert Willemetz et Fabien Solar.


Influence des nouveaux mondes, exotisme, grand spectacle à la fin des années '40 : Francis Lopez invente la nouvelle opérette avec La Belle de Cadix, 1945, sur un livret de Raymond Vincy (accompagné dans ses débuts par Marc Cab et Maurice Vandair) – un métissage de flamenco, sardane, tango, fandango, slow et paso doble. Nous n'aurons garde d'oublier Maurice Yvain et sa Chanson gitane, 1947, Maurice Yvain sans qui toute cette prose serait restée dans son cocon.
 

Maurice Yvain, Chanson gitane, Chœur des gitans, Chœurs Raymond Saint Paul et Orchestre, Marcel Cariven


La force des trois, Lopez-Vincy-Mariano, se retrouve dans Le Chanteur de Mexico, 1951, et encore Visa pour l'amour, 1961, où  Annie Cordy prend Le Genre américain, et plus longtemps encore.

L’opérette est française. Le Singspiel allemand, la zarzuela espagnole, l’opera buffa italien ou la comédie musicale américaine sont des cousins venus d'ailleurs. On trouvera une plus proche parenté dans l’opérette viennoise. Offenbach, venu à Vienne pour une représentation de son Mariage aux lanternes, en 1858, donna à Johann Strauss fils l'idée de créer une opérette dansante sur un rythme de valse. La Chauve-Souris, 1874, a inspiré Karl Millöcker, Franz von Suppé et Franz Lehár, nouveau maître de l’opérette viennoise avec sa Veuve joyeuse,1905.


Qu'est-ce que l'opérette ?

Pour Claude Terrasse, l’opéra-comique est une comédie en musique, tandis que l’opérette est une pièce musicalement comique.


Recueillons les ingrédients épars dans notre quête.
 


Une pièce musicalement comique ?

Gioacchino Rossini, Il viaggio a Reims, 1825 – une œuvre de circonstance au Théâtre-Italien, une retrouvaille historique complexe, une pause, Scena VI, Recitativo e aria :

_ La sincope, si, si, fa molto effetto, Mozart, Haydn, Beethoven, Bach ne trassero un gran partito

 


Dans l'opérette, les chansons forment ou illustrent le portrait d'un personnage (alors que les grands airs d'opéra seraient des morceaux de bravoure musicale).

La Belle Hélène, 1864, opéra-bouffe d'Offenbach, ressemble bien à une opérette avec sa Marche et Couplets des rois, et son french cancan final, ponctué d'une tyrolienne – dans l'interprétation de Marc Minkowski, en l'an 2000, au… Châtelet.

 


Et La Grande-Duchesse de Gerolstein, 1867, avec les mêmes, au Châtelet, en 2004. Ah ! qu'elle aime les militaires ! Felicity.

 


A l'opérette, on ne cherche pas une partition savante, des paroles compliquées, une grande voix. On se présente tout simplement. Je suis l'abbé Bridai-ai-ai-ai-ai-ai-ai-aiiine, la faridondaine dondon, la faridondaine, la faridondon, une chanson simple.

Louis Varney, Les Mousquetaires au couvent, 1880 – on entend Jules Bastin avec le Chœur et l'Orchestre Symphonique de la RTB sous la direction d'Edgar Doneux.

 


Moi, j'm'appelle Ciboulette - Reynaldo Hahn, Ciboulette, 1923, dont nous choisissons le duo Nous avons fait un beau voyage avec Mady Mesplé et José Van Dam (encore un Belge et ce n'est pas un chanteur de variétés) accompagnés par l'Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo et Cyril Diederich.

 


Et on danse… une petite tyrolienne, peut-être, avec Francis Lopez, La Route fleurie, 1952 – C'est la vie de bohème pour Georges Guétary et Bourvil, sous la direction de Jacques-Henry Rys.

 


Une séguedille entraînée par Teresa Berganza et José Carreras ? Jacques Offenbach, La Périchole, 1868. On sait aimer quand on est espagnol gno-gno-gno-gno-gno-gnol !


Au faubourg, on est coquin, on connaît la Chanson des païens [les païens ? des Hespérides, c'est le double jardin !] - Henri Christiné, Phi-Phi, 1918, Bourvil, encore, et Marcel Cariven au pupitre.

 


Coquin encore ? Edmond Audran, La Mascotte, 1880 – J'aim' ben mes dindons. Nadine Renaux et Michel Dens ont le talent de chanter manière rurale et le don ou la chance de ne pas crouler de rire avec les spectateurs --- glouou glouou glouou bée, glouou glouou glouou bée, glouou glouou glouou bée )))

 


Grivoise, joueuse en mots et en voix, notre opérette.

Francis Lopez, La Route fleurie, 1952 – Madagascar, Bourvil encore accompagné par Jacques-Henry Rys.

 


Jazzy ? Francis Lopez, Visa pour l'amour, 1961, où  Annie Cordy prend Le Genre américain

 


Musicalement comique, dansant avec les mots, The rain in Spain, My Fair Lady, 1964, she's got it !

 


Et puis… Henri Christiné, Phi-Phi, 1918, Je connais tout'les historiettes - Gise Mey et Bourvil et Marcel Cariven, comme ça…

 


Francis Lopez, Le Chanteur de Mexico, 1951, pour le huitième jour.

 

Maintenant, l'avenir de la Foire et de la Baraque Lacaze est dans la rue ou peut-être… au Palais des Sports, à l'automne… avec...

Dove Attia et Albert Cohen, Olivier Dahan, Jean-Pierre Pilot et Olivier Schulteis, Mikelangelo Loconte, Mozart Opéra Rock, Tatoue-moi, 2008

– et ça lui revient bien à WAM ~~~

 

 

Duetto buffo di due gatti, Ann Murray et Felicity Lott, Andrew Davis, piano, 1996
 

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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 00:10




et vous saurez

tout doit disparaître

veillez car vous ne savez pas quand il doit venir

tout doit disparaître

vu je l'avais pas vu

emporté c'est moins cher

cris et chuchotements dernière séance

un veilleur de nuit une belle de jour

représailles stockage express

l'épicier du haut de la rue lève le rideau de fer

les premiers caddies les derniers jours avant fermeture

tout doit disparaître

le dernier lampadaire le premier gyrophare

dernière station avant l'autoroute

la sirène des pompiers rouge sur la bretelle

la température est de 4° centigrade

levée des brouillards matinaux

tout doit disparaître

haut-parleurs sous tension

sifflements c'est l'instant

dernière traînée d'étoiles

tout doit disparaître

après-demain
 

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Lou de Libellus lou - dans de litterrance
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5 janvier 2009 1 05 /01 /janvier /2009 00:05

 

Il arrivait on ne sait d'où, il s'était installé dans le quartier et, depuis un an, il partageait la cantine et le dortoir des autres réfugiés. Le dernier jour de la huitième année du millénaire, il a montré les crocs, comme, la veille, les souris flairant le MDR à l'approche d'une laborantine tout en finesse, en douceur et en peine d'ours.

Il a perdu son havre et sa gamelle, il traînera encore quelque temps, en liberté.



Il était beau, il s'appelait Bamboo, maintenant il n'a plus de nom.
 

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Lou de Libellus lou - dans de maintenant
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25 novembre 2008 2 25 /11 /novembre /2008 00:01
 

Ludwig van Beethoven, Sonate pour piano en ut mineur, opus 111, second mouvement, Arietta, adagio molto semplice e cantabile (construit sur un mode de thème et variations en ut majeur), 1822, int. Friedrich Gulda, 1967.

La complexité de l'œuvre était inouïe pour les copistes et les interprètes.
 
Balzac, Le chef-d'œuvre inconnu, première version éditée en 1831 et remaniée jusqu'en 1837. Dans l'édition Furne de La Comédie humaine (1842-1848), la nouvelle figure dans les Etudes philosophiques auprès de La Peau de chagrin et de La Recherche de l'absolu.
 
 
Un peintre novice, riche seulement de son talent et de l'amour de la belle Gillette, entreprend, étape obligée de tout parcours initiatique, la visite au grand maître en son atelier. La rencontre entre Nicolas Poussin, car c'est de lui qu'il s'agit, et de Maître Porbus lui réservera bien des surprises. Maître Frenhofer, personnage étrange, est lui aussi de la partie et accapare l'attention des protagonistes et du lecteur. Il fascine par la justesse de ses commentaires savants et par l'art d'allier le geste à la parole. En quelques coups de pinceau, il métamorphose le tableau, fort bon au demeurant, de Porbus. "Marie l'Egyptienne", après son intervention, semble renaître à la vie. Conviés chez Maître Frenhofer, Poussin et Porbus apprennent qu'il travaille depuis dix ans à une oeuvre magistrale, le portrait de Catherine Lescault, en regard duquel toutes les toiles qu'ils ont pu admirer à loisir chez leur hôte ne sont que de vulgaires ébauches. Mais Frenhofer n'autorise personne à pénétrer dans son atelier. Le chef-d'oeuvre n'est pas achevé, Frenhofer doit encore le confronter à une femme réelle, un modèle à la beauté parfaite. Poussin conçoit d'emblée le plan qui l'introduira dans le saint des saints de la peinture : sa Gillette n'est-elle pas la femme que Frenhofer recherche désespérément ? Par l'entremise de Porbus, trois mois plus tard, le pacte est conclu avec un Frenhofer rongé par le doute, qui n'est plus que l'ombre de lui-même. Gillette posera pour lui, il dévoilera son chef-d'oeuvre. L'échange tourne au désastre : désastre de l'amour pour Gillette bafouée et délaissée, désastre des artistes qui ne découvrent sur la toile qu'"un mur de peinture" où subsiste seul un pied merveilleux, désastre du créateur qui, le soir de cette révélation, se suicide en détruisant son oeuvre.
 
Incipit : Vers la fin de l'année 1612, par une froide matinée de décembre ---
 
Un récit où les figures récurrentes sont le sang, le feu ou la flamme céleste ou Dieu et cette fleur de vie que le vieux peintre Frenhofer cherche à cueillir et recueillir sur sa toile :
Frenhofer […] a profondément médité sur les couleurs, sur la vérité absolue de la ligne […] le vif de la ligne --- (propos tenu par Porbus).
Un chef-d'œuvre qu'on ne peut voir :
Le vieux lansquenet se joue de nous, dit Poussin en revenant devant le prétendu tableau. Je ne vois là que des couleurs confusément amassées et contenues par une multitude de lignes bizarres qui forment une muraille de peinture.
[…]
En s'approchant, ils aperçurent dans un coin de la toile le bout d'un pied nu qui sortait de ce chaos […] un pied vivant !
 
Comment en est-on arrivé là ?
 
Le film de Jacques Rivette, La Belle Noiseuse (1991), nous éclaire en contrechamp.
L'histoire est au fond la même.
 
Incipit : Ce jour-là, un lundi de début juillet, entre quinze et seize heures.
 
Le génie de Jacques Rivette est de transposer le drame dans une situation où l'abstraction est dominante et où la subversion viendrait de la représentation figurative *. Bernard Dufour (les mains de Michel Piccoli) donne une superbe leçon de peinture – il est aussi un grand peintre (à qui la censure a cherché noise…). Seulement, il faut le sang, dans La Belle Noiseuse il y a le sang.
Gillette est devenue Marianne et Liz, la compagne de Frenhofer, œuvre à la taxidermie, le semblant du vivant en tableau :
Un colvert… on dirait tout à fait une peinture de Oudry (dit par Porbus).
 
 
 
Jean-Charles Oudry, Canard colvert accroché à un mur, 1764
 
Vous n'entendez pas la forêt ? demande Frenhofer. La forêt et la mer mêlées, c'est ça la peinture.
 
 
Gerhard Richter, Forest [731], 1990
(il s'agit d'une série de quatre peintures initialement présentées sous le titre Metropolis, une abstraction géométrique donnant l'illusion d'une vue en trois dimensions ; les tableaux recouverts de couleurs ont été balayés, en deux temps – on remarque une césure au centre, pour donner ce savant et fin "chaos")
 
Frenho poursuit :
Il faut courir des risques, seulement tout le monde n'est pas fait pour les risques… pour être inventeur.
Une pause, une récréation, une devinette posée par Marianne à Frenhofer :
Qu'est-ce qui marche dans un chemin creux, qui ne se repose jamais et qui ne revient jamais en arrière ?
Non, ce n'est pas Marianne, ce n'est pas Frenhofer, c'est… un fleuve.
L'analyse filmique de La Belle Noiseuse appellerait d'innombrables lignes – la finesse des éclairages, les jeux de miroirs, les promenades en steadycam…
Quelques moments volés.
La première séance de pose, comme une peinture magdalénienne au trait (référence de Bernard Dufour) ---
 
 
La belle Liz voilée par la noiseuse Marianne ---
 
 
L'empreinte du pied, Balzac – Rivette ---
 
 
Enfin, on voit le sang et le pied, métonymie et synecdoque au principe de la représentation * : Liz et Marianne l'ont vu, Liz a tracé une croix de mort sur l'envers du châssis devant la signature F. 90 --- Magali, l'enfant, a vu et reconnu : elle est belle ! c'est la demoiselle ? --- Oui, lui répond Frenhofer, c'est ça le secret --- et ils emmurent la toile ---
 
 
La même année, hors les murs ---
 
 
Gerhard Richter [un inventeur *], Abstract Painting [747/1], 1991
 
Dernière réplique de Liz à Frenhofer : tu me surprendras toujours, toujours…
L'étonnement au regard de l'art.
 
Et La Belle Noiseuse ? le chef-d'œuvre inconnu ? Picasso en aurait donné une version. En 1927, Ambroise Vollard l'avait sollicité pour illustrer le récit de Balzac. Picasso se sentant proche de Frenhofer a volontiers répondu à la demande. L'attribution du dessin de 1934 a été controversée.
 
 
__
 
* notre terminologie appelle quelque définition, mais ceci est une autre histoire… celle d'un Reinhardt à apprivoiser…
 

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Lou de Libellus Lou de Libellus - dans du champ du signe
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22 novembre 2008 6 22 /11 /novembre /2008 19:21

Nous avions reçu un catalogue Le Noël de mes Cauchemars avec, pour les filles, la CH'TI poupée rose et, pour les gars, SupermégaCH'TIkill, en kit.

Les Picards étaient probablement déjà exterminés, les Belges se retranchaient dans leur humour naturel, Lille maintenait son projet d'auto-déconsidération.

Ces épiphénomènes flottant, selon notre naïveté, au-delà des nuages bas et légèrement pluvieux de notre sphère ligérienne en ce jour, nous partîmes gaiement pour notre épicerie préférée.

_ dame ! à c't'heure ! elle aurait-y une belle laitue ?

[nous parlons couramment l'épicier]

_ ben, dame, à c't'heure, la laitue, y en a pus que d' l'étranger, d'fois même des Bretagnaises, à c't'heure, c'est l'endive du nord.

_ ben /

[nous poursuivons en V.F., pour nos lecteurs unilingues]

/ excellent, Madame, pourquoi ne pas tenter l'expérience ?

Elle me balance alors un paquet encellophané de chétifs légumes chlorotiques.

Si je renvoyais une feuille et le code barre à l'adresse indiquée, je pouvais être sélectionné pour participer au tirage au sort en vue de gagner un caleçon CH'TI, sigh !

Bon, cinq légumes / jour, ça se trouve dans les sauces [publicité bloquée par votre navigateur] pour les pâtes.

Chantant sous la pluie, je cours à notre meilleure enseigne de grande surface où il y a des spaghettis n°5 [publicité bloquée par votre navigateur], enfin les meilleurs – d'habitude.

Plus un scoubidou de spaghettis, le rayon était envahi par des CH'TIBOONS, au blé peut-être mais là-haut il n'en pousse pas beaucoup et les palettes arrivaient en renfort et les caddys débordaient de CH'TIBOONS, je rattrape un emballage sauvagement éventré, je lis : en renvoyant un embryon du machin et le code barre à l'adresse indiquée, je pouvais être sélectionné pour participer au tirage au sort en vue de gagner une casquette CH'TI, sigh !

Quand la chère est triste, hélas ! il reste les livres qu'on n'a pas lus et la musique. Je bondis chez mon libraire-disquaire adoré.

_ très cher, auriez-vous le dernier album de Johann Christian Bach ?

_ à votre âge, Monsieur ! soyons modernes ! il y a sur les trois premiers bacs le BOF [Best Of Fun] CH'TI, à côté LCR [Les Ch'tis Rigolent] CH'TI et il nous reste quelques CH'TIS A LA QUEUE LEU LEU, mais les clients s'enfilent ! c'est que pour trois CH'TIS, on a un carton à gratter pour gagner une Boîte A Hein !

 

 

 

_ je vois, j'entends et en bouquins ? peut-être les Gestes et opinions du docteur Faustroll ? Mmm ?

_ voyez à la pharmacie...

Bon, il me restait un peu de riz Thaï, normal, jaune, et du café kenyan, normal, noir, et ma belle revue Scribulations, 01-08. A tout hasard, je vais prendre un avant-goût du prochain service…

… je suis las, très las, le prochain numéro est un exclu spécial CH'TI.

J'appelle Tchan pour le dîner et je m'emmêle

_ Ch'ti !!!

Et il accourt.

Je n'en peux plus.

Je lance un grand cri.

 

 

[c'est ma voix de falsetto]

Frères humains qui après nous ~~~

--- ch'ti ch'ti ch'ti

 

Arghhh…

 

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12 novembre 2008 3 12 /11 /novembre /2008 19:07

L'ennui avec Harry, c'est qu'on ne sait pas qui l'a fait, w'o done 'im, enterré, exhumé, syncopé – aussi fuyant que Finnegan


Avec Barack H. Obama, on ressent le même trouble.

Quand N.S. salue le bon choix du peuple américain, on s'interroge et au moment, le jour même de l'élection, où le président russe fait installer des missiles aux frontières de l'Europe, on se demande si les belles âmes dissidentes, maintenant bien silencieuses, ont fait le bon choix.


La richesse d'un pays, c'est la guerre.


Que
J.F.K. ait cherché à lutter contre la mafia, contre la CIA, pour le communisme, ce n'est pas établi. Seulement, menacer les finances des fabricants, des trafiquants, des intrigants au pouvoir en annonçant la fin prématurée de l'engagement armé au Vietnam, c'était une déclaration de guerre.


Aujourd'hui, ça se passe en Afghanistan, en Irak, bientôt en Iran mais n'anticipons pas.


Irak.


Que promettait John McCain ? le maintien de la présence américaine… un certain temps.

Que promet Barack H. Obama ? le retrait de la présence américaine, progressivement, dans 18 mois.


On est en quelque sorte dans le débat Chirac / Le Pen en 2002.
Le second a promis de bouter hors de France les étrangers, omettant de préciser que 90% des étrangers sont de nationalité française et que les 9/10è des étrangers étrangers sont en situation régulière et pratiquement irremplaçables sur les chantiers de terrassement comme sur ceux de la recherche. Reste le 1% insoumis, les clandestins. The trouble with 'em, c'est justement qu'ils sont clandestins. Avant d'expulser, il faut identifier et le propre du clandestin, c'est de vivre dans l'ombre – dans l'économie souterraine, soit, mais ça fait marcher le commerce et ça entretient le budget de l'Etat (les clandestins ne sont pas imposables, mais ils sont imposés à 19,6% comme tout le monde). Ceux qui, actuellement, sont reconduits hors de notre terre d'accueil ne se cachent pas, ils ont un logement, un emploi et des enfants à l'école – leurs amis n'ont pas de yacht et avec le prix d'un Coca-rondelle-de-citron au Fouquet's ils font un caddy pour la semaine (on ne va pas leur reprocher d'être économes).
Et le premier ? Il a promis de lutter contre l'immigration clandestine, pareil, en clair.
A propos de la peine de mort, mêmes rapprochements au-delà de l'Atlantique, même parallèle Jacques = Jean-Marie : B. H. O. est favorable à la mort dans les cas graves, J. C. annonçait (promesse non tenue) la création du referendum d'initiative populaire – les 2/3 des électeurs gardent leur attachement à la guillotine.
(Re)lisez les programmes.


Et Barack ? Ce jeune homme est sympathique, joli garçon et il aime
la bonne musique, mais, j'vais v'dire un'chose, N.S. est un prince charmeur et il aime la chanson française. Nul étonnement à entendre un esthète saluer un homme de goût (et de couleur, ce dernier trait n'ayant pas de sens pour nous, comme il a été dit).

What's the trouble ?

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Lou de Libellus lou - dans de maintenant
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11 novembre 2008 2 11 /11 /novembre /2008 22:33

11 novembre 2008

[suite à un arrêt de travail presque ininterrompu depuis huit semaines de notre personnel technique affilié  à F.O. (FranceTelecom Orange), nous ne sommes pas en mesure de déposer nos hommages aux pieds du phallus de Douaumont, comme il siérait]



Apportons notre gerbe !

Définitions.

gerbe
[...]
Artill. Ensemble des trajectoires parcourues par les projectiles lancés sur un même but dans les tirs successifs d'une même pièce.
Le Petit Robert, éd. 1973

la gerbe
 locution nominale - féminin ; singulier
action de vomir de dégoût (vulgaire)
     • quand je vois ça, c'est la gerbe 
Collection Microsoft® Encarta® 2003

Nous vous prêtons le pouvoir de l'imagination que s'accordait le narrateur de la pension Vauquer au temps de sa misère.
Pendant plusieurs années, j'ai lu ces mots charbonnés sur la surface patiente du stuc : Ici un revêtement en marbre de Paros, etc.
Léon Gozlan, Balzac en pantoufles, Horizons de France, 1946

Ici, un lecteur

 

affichant : Georges Brassens, La guerre de 14-18.

A défaut, les mots, sur
Paroles.net
Affichage des Paroles provisoirement suspendu
Plus aucun texte ne sera disponible sur Paroles.Net tant qu'une solution de rémunération des Auteurs
ne sera pas trouvée avec les Éditeurs ou la CSDEM.
Le webmaster
29/10/2008

Ah ! c'est chouette le liberali♫me. Fermer Paroles.net ! très fort !! et ce n'est pas de la poudre aux yeux [voir infra] !!!

Tiens,
eux ils ne sont pas encore rayés de l'histoire

Georges Brassens, La Guerre de 14-18

Depuis que l'homme écrit l'Histoire
Depuis qu'il bataille à cœur joie
Entre mille et une guerr' notoires
Si j'étais t'nu de faire un choix
A l'encontre du vieil Homère
Je déclarerais tout de suite:
"Moi, mon colon, cell' que j'préfère,
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit!"

Est-ce à dire que je méprise
Les nobles guerres de jadis
Que je m'soucie comm' d'un'cerise
De celle de soixante-dix?
Au contrair', je la révère
Et lui donne un satisfecit
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Je sais que les guerriers de Sparte
Plantaient pas leurs epées dans l'eau
Que les grognards de Bonaparte
Tiraient pas leur poudre aux moineaux
Leurs faits d'armes sont légendaires
Au garde-à-vous, je les félicite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Bien sûr, celle de l'an quarante
Ne m'as pas tout à fait déçu
Elle fut longue et massacrante
Et je ne crache pas dessus
Mais à mon sens, elle ne vaut guère
Guèr' plus qu'un premier accessit
Moi, mon colon, celle que j' préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Mon but n'est pas de chercher noise
Au guérillas, non, fichtre, non
Guerres saintes, guerres sournoises
Qui n'osent pas dire leur nom,
Chacune a quelque chos' pour plaire
Chacune a son petit mérite
Mais, mon colon, celle que j'préfère
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Du fond de son sac à malices
Mars va sans doute, à l'occasion,
En sortir une, un vrai délice
Qui me fera grosse impression
En attendant je persévère
A dir' que ma guerr' favorite
Cell', mon colon, que j'voudrais faire
C'est la guerr' de quatorz'-dix-huit

Ou bien -
- Je suis la guerre civile, je suis la bonne guerre
Henry de Montherlant, La Guerre civile,1965

Ici, un lecteur

 

affichant les images de Douaumont, aujourd'hui.

Le chanoine de Latran
(tenant fermement une réplique de l'ossuaire)
arrive avec un quart d'heure de retard, l'émotion, les larmes, les bouchons et puis Henri relisant Son discours.
Oui, les larmes qui perlent à Son nez... comment expliquer autrement ces frottements réguliers des narines ? de la poudre au nez ? non ! malveillants !! c'est le cœur des Français qui saigne !!!
Pendant ce temps, Carla, dont nous vénérons le culte, balance vers la gauche ses mèches rebelles, [arborant] sur sa redingote grise le bleuet de France – lefigaro.fr, 11/11/2008 (c'est vrai que le gris, ça va avec tout, les Autres préfèrent le coquelicot, en plastique aujourd'hui, nous précise Transe2 avec élégante pertinence – il manquait les roses blanches et Berthe Sylva… à ce propos, il nous a été rappelé que le président est autorisé à passer les feux tricolores au rouge et à dépasser le 130 km/h sur les départementales, on voit bien là que le retard, c'était l'émotion).
Des comédiens amateurs ont endossé un rôle de composition pour une saynète :
_ et ça vous fait quelle impression de porter l'uniforme allemand ?
_ oh… ben… ça fait pas de différence.
Les enfants de l'école ont rédigé des lettres de poilus imaginaires, manière de se préparer à la prochaine.


Enfin, Pétain est réhabilité, le héros de Verdun, le grand humaniste qui a réparé les erreurs techniques de Nivelle.
Préférant mettre en œuvre des solutions de bon sens plutôt que des mesures répressives, il limite autant que possible le nombre d'exécutions
Collection Microsoft® Encarta® 2003

Un Saint qui, le 17 juin 1940, a fait don de sa personne à la France, en viager, jusque dans sa 95è année.
Un bel exemple pour notre jeunesse.

Un 11 novembre poilu comme nous n'en avions jamais vu.

Nous étions à la terrasse d'un fameux bistrot au nom d'un frondeur sur les Champs-Elysées et nous attendions la revue... délocalisée... heureusement, notre hi-tech-phone nous a permis de suivre Transe2 en direct.

Pensons au mois de mai - 1945, natürlich... où vous croyez-vous ?!

Ici, un dessin d'
Alf 

 


[en clair : Lou n'a jamais connu son grand-père maternel, il était revenu des tranchées en 1918 (le premier fiancé de sa grand-mère y était resté), un peu gazéifié, il a tout de même eu le temps de connaître jusqu'en 1942 l'épisode suivant de la der des ders, alors, laissons en paix les peuples, les familles qui viennent se recueillir sans les clairons, les enfants qui ont des devoirs d'histoire - ce qui implique de la mémoire]

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