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  • : Un bloc-notes sur la toile. * Lou, fils naturel de Cléo, est né le 21 mai 2002 († 30 avril 2004).

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 01:15
Quatuor Modigliani, Dvořák - Bartók - Dohnányi

Quatuor Modigliani, Dvořák - Bartók - Dohnányi, Mirare, 2015

(Philippe Bernhard et Loïc Rio aux violons, Laurent Marfaing à l'alto, François Kieffer au violoncelle)

 

Antonín Dvořák, Béla Bartók, Ernő Dohnányi ont voyagé dans les musiques populaires entre la Bohême (Antonín Dvořák, Quatuor à cordes n° 12 en fa majeur, opus 96, Américain, dont les Modigliani donnent ici une version magnifique), la Hongrie (Béla Bartók, Quatuor à cordes n° 2 en la mineur, donné en juste ton par les interprètes) et l'Ouest au-delà des mers (Ernő Dohnányi, Quatuor à cordes n° 3 en la mineur, opus 33, une œuvre qui réunit les deux continents, dans une interprétation enjouée).

 

Écoutons le 3e et dernier mouvement de l'œuvre de Ernő Dohnányi.

 

Ernő Dohnányi, Quatuor à cordes n° 3 en la mineur, opus 33, Vivace giocoso – Quatuor Modigliani, Dvořák - Bartók - Dohnányi, Mirare, 2015

 

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 01:15
Jérôme Leroy, Jugan – une tragédie classique

Jérôme Leroy, Jugan, Collection Vermillon, La Table Ronde, 2015

Jérôme Leroy, Jugan – une tragédie classique

Jérôme Leroy – Photo : Catherine Hélie © Éditions Gallimard.

 

En vacances à Paros, le narrateur rêve à Noirbourg. Noirbourg où, douze ans plus tôt, il a entamé sa carrière d’enseignant au collège Barbey-d’Aurevilly, « en plein Cotentin, au carrefour de trois routes à quatre voies ». C’est là que débarque un beau matin Joël Jugan, ancien leader du groupe d’extrême gauche Action Rouge. Il vient de purger une peine de dix-huit ans. En prison, il est « devenu un monstre, au physique comme au moral ». Son ancienne complice Clotilde Mauduit le recrute au sein d’une équipe d’aide aux devoirs pour les élèves de la Zone. Il y croise Assia, une étudiante en comptabilité. Très vite, Assia est envoûtée par l’homme au visage ravagé. Ensorcelée aussi, peut-être, par la Gitane en robe rouge, qui, surprise à voler dans les rayons de la supérette de son père, lui a craché au visage d’étranges imprécations.

 

Né à Rouen en 1964, Jérôme Leroy a publié plus de vingt romans, recueils de nouvelles et de poésie, parmi lesquels Le Bloc (Prix Michel Lebrun 2012) et L’Ange gardien (Prix des lecteurs des Quais du Polar 2015) chez Gallimard ; Monnaie bleue (2009), Un dernier verre en Atlantide (2010), Les Jours d’après (2015), Sauf dans les chansons (2015) à La Table Ronde.

4e de couverture

 

A nos petites amoureuses.

 

« Lui, sous ce masque de cicatrices, il gardait une âme dans laquelle, comme dans cette face labourée, on ne pouvait marquer une blessure de plus. Jeanne eut peur, elle l’a avoué depuis, en voyant la terrible tête encadrée dans ce capuchon noir ; ou plutôt non, elle n’eut pas peur : elle eut un frisson, elle eut une espèce de vertige, un étonnement cruel qui lui fit mal comme la morsure de l’acier. Elle eut enfin une sensation sans nom, produite par ce visage qui était aussi une chose sans nom. »

Barbey d’Aurevilly, L’Ensorcelée.

 

Deux ou trois fois par an, je rêve de Noirbourg.

Je me demande si je ne devrais pas m’en inquiéter, à la longue. Je vais avoir quarante ans et ces événements se sont déroulés au début de ce siècle, il y a plus d’une décennie, l’année où j’ai entamé ma carrière de professeur de lettres classiques au collège Barbey d’Aurevilly. En parler, par exemple à mon médecin ou au frère de ma femme, qui est psychiatre. Si l’on y réfléchit bien, j’ai été mêlé à cette histoire de très près. J’ai eu les tympans déchirés par les coups de feu, j’ai été éclaboussé par le sang de Clotilde, j’ai dû consoler des adolescents aussi terrifiés que moi. La mode n’était pas encore à ces cellules d’assistance psychologique que l’on voit partout aujourd’hui. Si c’est le seul prix à payer pour cette affaire, quelques rêves d’une année sur l’autre, je ne m’en tire pas mal.

[…]

Si ces rêves devaient finalement disparaître, j’en serais triste. Cela signifierait que j’ai tout compris. Et je ne suis pas certain d’avoir envie de tout comprendre, d’avoir envie qu’Assia Rafa, son père Samir, Clotilde Mauduit, les Gitans de la Zone et bien entendu Joël Jugan disparaissent de mon paysage onirique, n’ayant plus rien à révéler de leurs passions, de leurs mystères, de leur violence. Ils auront été, malgré eux, à leur façon, la part de poésie et de sauvagerie dans ma vie si banalement rangée. En même temps, tout comprendre, enfin, et oublier… Je ne sais plus…

[…]

Je me revois avec douze ans de moins me garer devant un campement près d'un hangar en ruine à deux pas de la cité HLM des Drakkars. […] Je me revois éteindre mon autoradio dont le lecteur CD jouait Heaven Must Have Sent You des Elgins, je me rappelle la chaleur de la fin de l'après-midi. On devait être début octobre et il y a de très belles arrière-saisons dans le Cotentin.

 

The Elgins, Heaven Must Have Sent You, 1966

 

Un lundi de septembre...

Joël Jugan revient à Noirbourg après au moins dix-huit ans, nul ne sait pourquoi.

Jérôme Leroy, Jugan – une tragédie classique

En quittant le TER à la gare de Noirbourg, il commence par respirer la pluie venue de la mer en traversant la lande de Lessay.

 

Assia Rafa, vulnérable et forte, comme d'autres jeunes filles arabes luttant à la fois dans leurs familles, pour leur émancipation, et au dehors, contre l'exclusion, le rencontre.

 

Après dix-huit ans passés en prison, Joël Jugan est devenu un monstre, lui, le jeune idéaliste, beau et sanguinaire, qui voulait changer le monde – par le sang.

Son visage est terrifiant, boursouflé, suppurant. Il souffre. Les analgésiques les plus puissants n'ont plus grand effet sur le mal.

Jérôme Leroy, Jugan – une tragédie classique

Il entre au buffet de la gare. Seules les banquettes avec leur moleskine rouge n'ont pas changé. Il entre dans un autre monde.

 

Dans l'ancien monde, sa première victime était un ami de la famille, le président-directeur-général des Forges de Noirbourg. Il l'avait tué en 1982, sans haine, après la fermeture des Forges – six mille licenciements, un autre continent pour l'entreprise dont le PDG était un pionnier dans l'art de délocaliser.

La branche normande d'Action Rouge était composée de fils et de filles de grands bourgeois.

 

Il faut imaginer la jeune fille légèrement éblouie.

Il faut toujours imaginer la jeune fille légèrement éblouie et c'est ainsi qu'Assia Rafa fait son entrée dans chacun de mes rêves de Noirbourg.

 

Assia est une brillante lycéenne, elle souffre du carcan familial, elle est sage : à dix-neuf ans, elle est la seule fille vierge de sa classe de BTS.

 

Jugan est une victime des flics.

J'ai mal à chaque minute mais chacune de ces minutes me rappelle la société dans laquelle je vis. Et ma gueule dans la glace, chaque matin, c'est le visage même de notre monde.

On ne peut en dire plus, attendez-vous à l'horreur annoncée, des cadavres.

 

Une tragédie classique, la mort annoncée, une écriture plane, impertubable, Jugan disparaît dans la nature.

 

Jérôme Leroy présente Jugan.

 

Des pas perdus nous dit : Jugan est un roman noir, très noir qui rafraîchit la mémoire et éclaire le présent. A lire évidemment.

Et nous l'approuvons.

 

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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 01:15
Géraldine Laurent, At work – une force intranquille

Géraldine Laurent, At work, Gazebo/L'Autre Distribution, 2015

 

Géraldine Laurent, née en 1975, a d'abord étudié le piano classique, puis le saxophone, au conservatoire de Niort, sa ville natale. Elle travaille alors avec Robert Boillot et Floris Nico Bunik. En 1999, elle commence à sa produire sous son nom et dans différentes formations avec notamment Charles Bellonzi, Christophe Joneau, Antoine Hervier. Elle participe également à des projets en danse contemporaine (en 2003-2004, avec la compagnie Ballets Atlantiques Régine Chopinot). En 2005, Géraldine fonde le Time Out Trio avec Yoni-Zelnik (contrebasse) et Laurent Bataille (batterie). Salué par la critique et le public, le groupe se produit dans de nombreux festivals en France ou à l’étranger.

A partir de 2008 , Géraldine Laurent intègre le label Dreyfus Jazz (Sony BMG) chez qui sort son premier disque, Time Out Trio, puis Just Jazz quartet, avec Aldo Romano, Henri Texier et Mauro Negri. En 2010 sort, toujours chez Dreyfus Jazz, son deuxième disque Around Gigi. En 2015, elle enregistre son troisième opus en leader, le quartet At Work, Gazebo/L'Autre Distribution, avec Paul Lay au piano, Donald Kontomanou à la batterie et Yoni Zelnik à la contrebasse.

 

Géraldine Laurent, At work, 2015

 

Compositions fortes, relectures audacieuses – Jobim, Monk, Mingus.

Géraldine Laurent mêle, pour notre bonheur, audace, sûreté rythmique, sensibilité.

Une aventureuse, comme on aime.

 

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11 janvier 2016 1 11 /01 /janvier /2016 01:15
Jacques Poulin, Le vieux Chagrin – l'art des rencontres

Jacques Poulin, Le vieux Chagrin, Leméac, 1989, Actes Sud, Babel, 1995

Jacques Poulin, Le vieux Chagrin – l'art des rencontres

Né à Saint-Gédéon de Beauce (Québec) en 1937, Jacques Poulin a étudié la psychologie et les lettres à l'université Laval (Québec). Parallèlement à une carrière d'écrivain qui lui a valu de nombreux prix littéraires au Canada et en France, il a travaillé comme traducteur. Il vit actuellement à Paris.

 

Sur le rivage du Saint-Laurent où il vit retiré en compagnie du chat "Vieux Chagrin", un vieil écrivain observe des empreintes, des pas dans le sable, des marques dans la caverne proche qu'il connaît bien : sur une sorte de tablette longue et étroite, formée par une saillie de la paroi rocheuse, il y a une bougie et une boîte d'allumettes, un livre, les contes des Mille et Une Nuits, un feu de camp.

En ce moment, il écrit un roman d'amour, mais son inspiration est immobilisée comme le voilier ancré dans une anse du fleuve.

Il part en quête de Marika, la jeune femme du voilier.

 

Incipit

 

Le printemps était arrivé.

J'habitais une vieille maison en bois qui était toute seule au milieu de la baie. Son aspect était un peu étrange parce qu'elle avait été construite par étapes. A l'origine, elle avait été un simple chalet, que mon père avait transformé petit à petit, ajoutant une chambre, un hangar, un étage, à mesure que la famille s'agrandissait.

La maison avait fait partie du village de Cap-Rouge. Mon père l'avait fait déménager dans la baie, où il n'y avait personne, parce qu'il voulait avoir la paix. Elle avait été mise sur une embarcation à fond plat, moitié radeau, moitié barge, et elle avait été transportée de l'autre côté du fleuve et installée au milieu de la baie.

 

C'est un roman avec des chansons.

Un soir, en revenant vers la caverne, l'écrivain fredonne une chanson de Brassens – comme pour s'annoncer.

 

Georges Brassens, Il n'y a pas d'amour heureux, 1953

 

L'écrivain le plus lent du Québec, comme le narrateur se nomme lui-même, relit le dernier chapitre de son roman d'amour, laissé en plan quelques jours auparavant. Son héros se trouve dans un bar du vieux Québec, le barman a mis sur le tourne-disque une vieille chanson qu'il aime.

 

Marlene Dietrich, Lili Marleen, 1944

 

Il relit Hemingway et son principe pour écrire : s'en tenir à ce que l'on connaît le mieux.

 

Une femme, la quarantaine, Bungalow de son surnom, venant de la maison d'accueil qu'elle a fondée pour héberger les paumées de la vie, débarque un jour avec ses filles dans le monde de l'écrivain et dans son roman. Parmi les filles, la Petite, sortant d'une enfance dévastée et qui s'attache à l'écrivain. Les chats viennent nombreux à la maison : il y a la belle Vitamine qui plaît bien au vieux Chagrin. Et Marika la mystérieuse ne se montre que par quelques traces, malgré les messages que le vieil amoureux laisse dans sa caverne, sur un rocher ou dans une boîte aux lettres qu'il a bricolée avec une maison de poupée et posée sur la grève – Marika est-elle un rêve ?

Tous ces personnages de rencontre nourrissent son inspiration.

 

Et Dieu dans tout ça ?

 

Au fond, la seule chose à laquelle je croyais depuis toujours, c'était l'âme. J'étais certain d'avoir une âme. Nous avions tous une âme, même le vieux Chagrin. En marchant dans le grenier, j'avais commencé à édifier une théorie de l'âme.

Selon ma théorie, l'âme ne se trouvait pas à l'intérieur du corps, comme on le croyait généralement, mais plutôt à l'extérieur. Elle était plus grande que le corps, elle l'enveloppait et le tenait au chaud. Elle avait une couleur un peu bleutée qui se voyait parfois dans l'obscurité. Elle ressemblait à une longue chemise de nuit, légère, transparente et vaporeuse. Au moment de la mort, elle quittait le corps et flottait quelque temps dans l'air, à la manière d'un fantôme, avant d'aller rejoindre les autres âmes dans le ciel.

 

C'est l'histoire d'un vieux loup solitaire, retiré sur une rive du Saint-Laurent en compagnie de son chat, de son écritoire et de ses rêves – parfois éveillés : rêves, illusions, empreintes. Un roman de la solitude mêlée de rencontres – la vie, c'est l'art des rencontres, disait Vinícius de Morães.

C'est l'histoire d'un roman – un roman d'amour... – qui se tisse lentement des rencontres du vieux solitaire. L'écrivain entend que l'amour est plutôt l'amitié, l'affection. La mémoire autorise le voyage, même à l'ancre.

Ce qui compte finalement, pour lui, c'est l'écriture : dans son rêve le plus secret, l'écriture pourrait amener un nouveau monde, un monde de paix et d'amour.

 

Un mystère amoureux, un récit lumineux, une écriture cristalline.

 

On ne saura jamais vraiment si… et cela est très bien ainsi. Ravissant ! Yueyin nous le dit.

 

* * *

 

Précédemment

 

Jacques Poulin, Les Grandes marées – l'été des Indiens

 

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7 janvier 2016 4 07 /01 /janvier /2016 01:15

 … en ce commencement d'une nouvelle année.

Robert Schumann, Das Paradies und die Peri – une féérie pour la joie...

Robert Schumann, Vienne, 1839 – lithographie de Joseph Kriehuber

Robert Schumann, Das Paradies und die Peri – une féérie pour la joie...

Robert Schumann, Das Paradies und die Peri, 1843 – London Symphony Orchestra, dir. Simon Rattle, LSO Live, 2015 (livret en allemand et en anglais seulement)

Robert Schumann, Das Paradies und die Peri – une féérie pour la joie...

Simon Rattle, 2015

 

Das Paradies und die Peri (Le Paradis et la Péri), op. 50, est un « oratorio profane pour la joie », ainsi que le définissait Robert Schumann. Il fut créé le 4 décembre 1843 à Leipzig.

 

L'œuvre est conçue pour un orchestre symphonique, neuf solistes et un chœur mixte.

Le livret vient de Lalla Rookh, un chant d'inspiration orientale de Thomas Moore, paru en 1817 et traduit par Emil Flechsig.

La Péri (une fée en persan), fille d'un ange déchu et d'un mortel, veut rejoindre le paradis dont elle a été exclue en raison de ses origines. Pour ce faire elle doit apporter à l'ange le bien que le ciel convoite le plus : la dernière goutte de sang d'un guerrier et le dernier soupir d'une jeune fille sont refusés par l'ange. Lorsqu'elle lui apporte la larme de repentir d'un criminel qui l'a versée en se souvenant de l'innocence de son enfance, elle est admise aux portes du paradis.

 

Robert Schumann, Das Paradies und die Peri, 1, 9 – l'ange refuse le premier présent, celui du sang.

 

Robert Schumann, Das Paradies und die Peri, 3, 9 – l'ange agrée le troisième présent, larme d'un repentir, souvenir de l'innocence d'une enfance, la Peri exulte de joie : Freude !

 

D'aucuns diraient que la voix de Sally Matthews est parfois fragile. Qu'importe ! L'émotion est toujours là. Les voix sont magnifiques, l'ensemble est féérique.

 

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 01:15

_ salut, les p'tits godets, salut Mimile ! toujou dans l'mille ?

_ salut Popol ! no t'attendait, y sont v'nus, y sont tous là ! Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri et les autres, avec leurs dames et les chiards.

_ la teuf à Mimile !

_ ce soir, 'tention ! mousseux doux, cuvée chaptal ! et tartines au lomp !

_ chaptal d'chez chaptal ?

_ y'a qu'lui, un vrai magicien, un hecto d'blanc à 7°, cent kilos d'suc', y t'sort deux fûts d'champain'.

_ Mimile ! tu les sors ou quoi ?

_ hé ! la patronne ! t'as t'y ouï ?

_ …

_ aaahhh ! c'est du vrai, fi d'garce !

_ et les tartines !

_ ...

_ qu'iens, t'attends du monde ?

_ c'est les potalous que j't'ai causé, des meussieurs d'la ville qu'ont fait l'école.

_ Bonsoir Monsieur Mimile, salut la compagnie !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ mame Yueyin, vous fait' honneur à l'établissement et on va vous fair' nos hommages avant la minuit.

_ Hu, hu... Je vous présente ma fille, Emily, étudiante en anthropologie, la pasionaria du tatami...

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ v'nez que j'vous baise, no connaît les manières.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Et mon Escargolio, tripoteur de bits, notre coquille chèrie, avec Tristan, notre grand, lycéen en 1e STL – biotechnologies.

_ entre hommes, on s'la secoue ! il est pas écocolo au moins ?

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Morgane, l'aînée, étudiante en sciences du langage et psychologie : elle vient de publier un mémoire sur la fonction ergastique du langage.

_ dame ! ça donn' soif, c't'affaire-là, on a pris qu'eun caisse, on a pas commencé, quoi ! ho, la patronne ! on a pus d'munitions, tu nous fais r'monter eun caisse ? c't'ell'-là, pour les lâcher ! et des tartines !

_ On sent bien l'air de la campagne, tout comme Monsieur Lou nous l'avait dit, et que c'est pittoresque ! Oooh, vous êtes allé au Japon ?

_ même qu'on y est arrivé à pied par la Chine !

_ mouaaarfff ! on a beau la connaît', on en rit toujou !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ ça, c'est comme eun églis' pour eux, on a pris l'grand modèle chez GiFi, avec les loupiot', on l'mettra t't à l'heure pou l'ambiance, et c't'air euqu'vous respirez, c'est l'lisier à Gégé, il a pas pu v'ni, il a eun truie qui va vêler, mais il a envoyé les rillettes qu'vous aurez quand c'est qu'on aura fini l'lomp.

_ qu'iens, n'en v'là d'aut' !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Codex Urbanus, enlumineur des grises rues parisiennes.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Camarade Des Pas Perdus, un gauchiste fondu.

_ vindju !

_ Celui-là est très doux.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Jimidi, alias Jean-Marie Dutey, écrivain et accessoirement agent secret – ses lunettes le prouvent.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Julie Van Rechem, professeur d'histoire, géographie, éducation civique.

_ tudju ! c'est un nid !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Karine Minier est restée dans les frimas de son Québec natal d'où est également venue Dame Yueyin – elle nous a envoyé une photo où on la voit en compagnie de Yueyin et d'Escargolio lors d'un récent séjour.

D'autres également n'ont pas pu venir : Brigitte, Laure, Mireille... et tant d'autres.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Partageux...

_ y s'rait-y pas com' l'aut' ?

_ Oui, très doux.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Jacky (à gauche), professeur de clavecin, avec Téki dont on ne voit que la laisse.

_ ya don' pus qu'des professeurs de c't'heure ! ?

_ Il faut vous y faire, Monsieur Mimile.

_ & Patrick (à droite), artiste peintre.

_ et eun artiss' maint'nant...

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Oiron, la collégiale, une œuvre de Patrick : on voit mieux Téki.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

Rod Lediazec...

_ 'cor' un !?

_ Il faut vous y faire, Monsieur Mimile.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Xavier Baudequin, Xaba de son nom de code...

_ cod' de d'qué ?

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Héritier du dahu et père spirituel du renouveau ancien, triple ceinture noire de karaté, il est actuellement en mission au Brésil – l'avenir du monde occidental est en jeu !

_ eun missionaire de c't'heure !

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Maître en iaidō, l'art de dégainer son sabre le premier et de trucider un importun, si vous voyez, Monsieur Mimile...

_ … euh... oui... la caisse ! Bébert ! tu laisses les tabourets aux dames ! Dédé ! les tartines ! Riri ! Fais péter les roteuses !

_ Hummm, c'est très fin, ça se mange sans faim.

_ c'est du lomp, c'est comme des œufs de l'hareng d'la Bastille [le hareng de la Baltique], avec de la sardine de portugaise ensablée, sans ça c'est fade.

_ Mais où trouvez-vous toutes ces merveilles ?

_ ça vient d'chez Momone, elle les roule à la main sous les aisselles, à c't'heure elle a pô pu v'ni, è fait son bain, comme tous les ans, eul 31 d'décembe, pour conserver, è met un truc à elle, sans ça y a des trip' romaines [tréponèmes] ou d'la chaux d'pis, è fait la vache, mais on sent pas.

_ …

_ ho ! eun caisse ! on vid' son verre, on finit sa tartine, et qu'ça pète !

_ Oooh, je me sens déjà tout chose...

_ on va v'z'arranger, mame. Juju, tu fais les verres ! allez ! tous ! ♪♫♪ amie Yue, amie Yue, lève ton verre et surtout ne le renverse pas, amie Yue, amie Yue, vide ton verre... et glou et glou et glooouuu ! elle est des nô-ôtres, elle a bu son verr' comme les au-autres ! ♪♫♪

_ Je ne me sens pas bien...

_ au fond d'la cour, Gégène, tu vas avec.

_ …

_ c'est l'pain des tartines, quand no z'a pô l'habitude... allez ! ♪♫♪ Ami Codex, ami Codex... et glou et glou et glooouuu ! ♪♫♪

_ …

_ Aaaaahhh !

_ hein ! ? tu 'n'as pas du comme ça à Montmart' ! ?

_ Faut r'connaître, c'est du brutal...

_ ...

_ J'me sens pus légère, com' après confess', pareil, y a comme eun édicul' en bois et m'sieu Gégène qui fait l'pet comme eul'curé.

Au comptoir_02 – 2016, année du changement

_ Mimile, tu mets la télé, y font les plum' eud z'Elysées en direc'.

_ a'c les dames et les enfants, tu crois ?

_ dame, c'est la nature.

 

Ensuite, on est passé aux rillettes, lumière friponne, on a fait sauter les bouchons, on a dansé, sur cet air-là :

 

Jacques Higelin, Champagne, 1985

 

Mais ça fait rien, mon con, on va te le remettre.

 

Jacques Higelin, Champagne, 1985

 

On a ri, on a ri, on a ri, surtout à minuit quand tout le monde a vomi.

 

*** Bonne année à tous ***

* * *

 

2016, année du changement

 

* * *

 

Starring Mimile as Mimile

Featuring

Bébert, Dédé, Gégène, Juju, Riri et Popol

Avec l'aimable participation de Codex, Despas, Emily, la pasionaria du tatami, Escargolio, Jean-Marie, Julie, Karine, Morgane, Partageux, Patrick & Jacky & Téki, Rod, Tristan, Xaba, Yueyin,

et Lou !

 

- - -

 

Au comptoir_01 – ça va changer

 

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 01:15
Noël 2015 – « On a cold winter's night »

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre, ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.

Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.

Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.

Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.

Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

Lc, 2, 1-14

 

The First Noel The Angels Did Say, Christmas Carol, int. Brother Alphonsus Mary

 

The First Noel, the Angels did say

Was to certain poor shepherds in fields as they lay

In fields where they lay keeping their sheep

On a cold winter's night that was so deep.

Noel, Noel, Noel, Noel

Born is the King of Israel !

 

They looked up and saw a star

Shining in the East beyond them far

And to the earth it gave great light

And so it continued both day and night.

Noel, Noel, Noel, Noel

Born is the King of Israel !

 

And by the light of that same star

Three Wise men came from country far

To seek for a King was their intent

And to follow the star wherever it went.

Noel, Noel, Noel, Noel

Born is the King of Israel !

 

This star drew nigh to the northwest

O'er Bethlehem it took its rest

And there it did both Pause and stay

Right o'er the place where Jesus lay.

Noel, Noel, Noel, Noel

Born is the King of Israel !

 

Then entered in those Wise men three

Full reverently upon their knee

And offered there in His presence

Their gold and myrrh and frankincense.

Noel, Noel, Noel, Noel

Born is the King of Israel !

 

Then let us all with one accord

Sing praises to our heavenly Lord

That hath made Heaven and earth of nought

And with his blood mankind has bought.

Noel, Noel, Noel, Noel

Born is the King of Israel !

 

Joyeux Noël à tous !

 

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21 décembre 2015 1 21 /12 /décembre /2015 01:15
Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Karl Marx, Le Capital 1, adapt. en manga : Studio Variety Artworks, trad. : Florent Georges, préface d'Olivier Besancenot, Soleil Manga, 2011

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

John Jabez Edwin Mayall, Karl Marx, 1875

 

« Voyez une souris qui ne peut s'échapper de la roue dans laquelle elle tourne, sans cesse. Le problème, ce n'est pas la souris, c'est la roue. »

Ken Loach – cité par Olivier Besancenot dans sa préface.

Ce qui est ici démonté pièce par pièce, c'est la roue.

Préface.

 

A partir d'une étude minutieuse et obsédante, comme il l'écrivit lui-même, de la grande crise de 1857, Marx élabora sa propre théorie de la plus-value. Il démontra que l'exploitation salariale (qui sépare le travailleur qui vend sa force de travail manuel ou intellectuel de ses moyens de production) est la source d'accroissement du capital.

[…]

Marx parvint à déceler le moment précis où la plus-value est créée. Ce n'est pas sur les machines ou les matières premières, mais sur la force de travail.

Préface.

 

Le travailleur est moitié moins payé que ne le vaut son travail. Le bourgeois (celui qui détient les moyens de production) met cet impayé à son profit.

L'argent étant devenu une fin en soi (et non plus un simple objet d'échange entre un marchand et un client), le capitaliste se lance dans une course folle (une schizophrénie économique et financière) pour produire toujours plus en rémunérant toujours moins. Les travailleurs n'ont alors plus les moyens d'acquérir les produits qu'ils fabriquent. Il s'ensuit une crise, une faillite généralisée dont l'Etat-Patron n'est pas épargné.

La surproduction génère une crise de l'invendu dont le patron ne peut se sortir que par une grève – on liquide le surplus et on ne paie plus la main-d'œuvre.

[NDL : on se rappelle la longue grève de la Rhodiaceta en 1967 et celle, générale, en mai 68 – il sera répondu aux questions en commentaire]

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Nous achetons leur force de travail.

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Nous achetons une marchandise très particulière : la force de travail de nos ouvriers !

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Les travailleurs se prostituent, les bourgeois se font proxénètes.

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

L'argent-roi.

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Réveillez-vous !

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Karl Marx, Le Capital 2, adapt. en manga : Studio Variety Artworks, trad. : Florent Georges, Soleil Manga, 2011

 

Le second volume reprend et développe les concepts présentés dans le premier. Il s'agit de définir les mécanismes (la mécanique) du capitalisme : la plus-value, la recherche du profit et la surproduction, les contradictions du capitalisme, les banques et la suraccumulation, les crises du capitalisme.

Karl Marx, Le Capital – Réveillez-vous !

Karl Marx et Friedrich Engels, Le Manifeste du parti communiste, adapt. en manga : Studio Variety Artworks, trad. : Florent Georges, Soleil Manga, 2012

 

Le Manifeste du parti communiste remet en mémoire les concepts de bourgeois et de prolétaires.

« Par bourgeoisie, on entend la classe des capitalistes modernes, qui possèdent les moyens de la production sociale et emploient du travail salarié ; par prolétariat, la classe des travailleurs salariés modernes qui, ne possédant pas en propre leurs moyens de production, sont réduits à vendre leur force de travail pour vivre. »

Le communisme selon Marx est proche du projet libertaire gaulliste.

 

Charles Reisner, The Big Store, 1941

 

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 01:15
Upton Sinclair, Pétrole – le ruban magique

Upton Sinclair, Pétrole ! (Oil ! University of California press, 1927), traduction de l'américain par Henri Delgove et R. N. Raimbault revue par Marc Spirial, éditions Gutenberg, 2008 – préface d'Olivier Barrot, couverture : David Lee Fong

Upton Sinclair, Pétrole – le ruban magique

Upton Beall Sinclair, né le 20 septembre 1878 à Baltimore, mort le 25 novembre 1968, est un écrivain américain initiateur du socialisme aux États-Unis dès 1904.

 

« Comme Emile Zola, Upton Sinclair n'a rien d'un styliste extasié : il peint large, vite, puissant, il emporte le lecteur et l'incite à s'insurger : Sinclair n'aurait pas renié l'acception utilitaire de son travail. Pourtant Pétrole ! demeure un récit d'aventure.

Tel Géant, livre qui fut lui aussi adapté au cinéma, ce roman se veut le roman du pétrole, volontiers scélérat, que Sinclair avait déjà affronté en manifestant contre les Rockefeller. On ne manquera pas d'être frappé, dans la première partie du livre, par la toute puissance de J. Arnold Ross, magnat de la génération fondatrice de l'industrie pétrolière américaine, et par la soumission parfaite de son fils Bunny. Pourtant, le jeune homme s'affranchit de cette tutelle écrasante et finit par tracer sa propre voie, singulièrement différente de ce que dessinait l'exemple paternel.

Sept cents pages d'idéalisme, empreintes de toutes les composantes du roman d'éducation : on sent qu'Upton Sinclair aspire à donner vie à la chimère de la littérature américaine de tout temps, the great American novel, le grand roman américain à l'échelle du pays-continent qui, une fois pour toutes, s'inscrira dans l'histoire littéraire. »

Extraits de la préface d'Olivier Barrot

 

Upton Sinclair (1878-1968) connaît une enfance pauvre et nomade. A vingt ans, il est correspondant de guerre à Cuba. Rendu célèbre par La Jungle (réédité en 2003 par Mémoire du Livre), il multiplie les livres coups de poing, dénonçant les tares de la société américaine. Il signe sans doute son chef-d'œuvre en 1927 avec Pétrole !, qui vient d'être porté à l'écran par Paul Thomas Anderson sous le titre There Will Be Blood.

4e de couverture

 

Incipit

 

Chapitre I

La Randonnée

1

La route filait, lisse, nette, quatre mètres trente de large exactement, les bords coupés comme au ciseau, ruban de ciment gris déroulé à travers la vallée par une main géante. Le sol ondulait en longues vagues: une lente montée, puis un plongeon soudain. Vous grimpiez et passiez en trombe la crête, mais vous étiez sans crainte, car vous saviez que le ruban magique serait là, libre de tout achoppement, vierge de toute bosse ou crevasse, attendant le passage des roues aux caoutchoucs gonflés tournant sept fois à la seconde. Sur les côtés déferlait en sifflant l'âpre vent du matin, orage de mouvements qui vibrait et grondait en des harmoniques aux incessantes variations. Mais vous vous pelotonniez confortablement derrière un pare-brise incliné qui dérivait la tornade par-dessus votre tête. Quelquefois, il vous plaisait de lever votre main pour sentir le choc glacial ; quelquefois, vous risquiez un œil par le côté du pare-brise afin que l'ouragan vous frappe au front et vous ébouriffe les cheveux. Mais, la plupart du temps, vous demeuriez assis, muet et digne, car c'était ainsi que faisait Papa, et les manières de Papa constituaient l'éthique de l'automobilisme.

 

Papa est un homme méthodique. Il signe des contrats, il achète des terres, de forage en forage. Les morts sont enterrés.

 

Le premier narrateur est James Arnold Ross Jr., surnommé Bunny, fils du seigneur du pétrole. Papa est millionnaire. La sympathie de Bunny envers les travailleurs et les socialistes entraîne la discorde avec son père.

Finalement, le père meurt d'une pneumonie. Bunny consacre son héritage et sa vie à la justice sociale.

Une satire sociale et politique épinglant nos faiblesses. Peut-être une piste autobiographique ? Ou un fil de lecture : le feu.

 

Paul Thomas Anderson, There Will Be Blood, 2007

L'adaptation est une écriture infidèle du roman. Nous en gardons le concerto de Brahms.

 

Johannes Brahms, Concerto pour violon en ré majeur, op. 77, Orchestre symphonique de la radio nationale roumaine, dir. Iosif Conta, violon : Ivry Gitlis, Bucarest,1980 – cadence : Joseph Joachim

Quel merveilleux violoniste !

 

[NDL : nous vous laissons apprécier le message, clairement antisémite, l'auteur étant mort en 1897]

 

Johannes Brahms, Concerto pour violon en ré majeur, op. 77, premier mouvement, Allegro non troppo, New-York Philharmonic, dir. Zubin Mehta, violon : Isaac Stern, ca 1980

Quel merveilleux violoniste !

 

Un grand roman, nous dit Des pas perdus.

 

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 01:15

_ salut, Mimile ! toujou' dans l'mille ?

_ salut, Popol, toujou' au pol ?

_ ho ! Mimile ! si qu't'as pô l'arthérose du coude, t'en ouvres une !

_ a'c eul z'olives !

_ au pol, ac' eul chômage, y a pus d'emploi.

_ t'as l'diplôme, quoi !

_ mat sup, ça fait huit.

_ …

_ no z'a rdoublé sept fois la p'tit' section.

_ c'est c'que no z'appelle eun titre.

_ ça va changer, t'as vu l'jornal, on m'la lu.

 

252 inscrits, 117 votants

FN 36,61%, Droite 21,43%, Gauche, 16,07%, Divers, 8,04%, EELV 6,25%, Debout la France, 5,36%

 

_ 36, ça fait que 41 ! pou' qui qu' no z'a pô fait l'doub' ?

_ y sont tous ac' Le Fen, y en a qui z'ont mieux allés à la chiasse. Pou' qui qu'y z'ouv' eul burnes l'dimanche ? Y sav' ben. Et tu connais Gégène, Lulu, Nono, des feignants, tous les feignants s'ront là aujourd'hui ! ça va pus êt' la vague marine, ça va êt' eul tumasmis com' y disent ! les bougnoul' vont fair' d'la place !

_ ho ! toi, tu travail' au noir, ha ha ha...

_ t'as vu ? y a 25 rouges et 7 écolos !

_ no les connaît, sale race ! t'as vu l'bilan ?

_ ar'garde, eul professeur !

 

_ Bonjour, mon petit Mimile – vous permettez que je vous appelle mon petit Mimile ?

_ j'permets pô, j'préconise, eun blanc cass' ?

_ Pour moi, ce sera un thé avec une rondelle de citron.

_ vous avez-t-y r'pris vos cours su' Libellus ?

_ Oui, et de nouvelles lectures vous attendent, Bébert, et en attendant, un sujet de dissertation : « Chercher la vérité est une erreur. »

_ vindju, m'sieur Lou, s'y faut r'tourner à l'école de c't'heure !

_ tudju ! y a des vérités qu'y faut mieux pô savoir, c'est c'que j'dis.

_ ho ! Mimile ! t'oublies que l'sujet, c'est cher-cher.

_ qui qu't'as, Popol, tu vas-t-y nous fair' la l'çon ?

_ Mao-tsé-toung l'a dit, après Lao-tseu : mieux vaut chercher là où il n'y a rien que trouver là où il y a quelque chose – je sais pus où j'ai vu ça.

_ hé, la patronne, tu nous fait r'monter eun caisse, y a Popol qu'a besoin d'fortifiant.

_ Ce que dit monsieur Popol est intéressant. Toutefois, on pourrait inverser les termes de sa proposition.

_ ho ! la patronne ! t'amènes eun aspirine avec.

_ oh, ms'ieur Lou, vous êtes professeur de politolinguistique à l'université Libellus.

_ Je viens de publier un mémoire sur Les éléments de langage érotiques dans le discours politique.

_ Germaine, tu ramènes le tube !

_ J'ai suivi le show électoral.

_ eul soir des burnes ?

_ La France politique se vautre dans la boue sexuelle. Le FN a effectué « une pénétration historique ». Le PS pratique « le retrait » (jadis vulgairement appelé « coitus interruptus »). « L'abstinence » – un bémol de journaliste – est de plus en plus répandue, tandis que le gouvernement ne réussit pas son « redressement » après trois ans de « préliminaires ». Les Républicains n'ont envoyé qu'une « vaguelette »...

_ et ça dit quoi, professeur ?

_ Eul caviar pour eul gauche, eul Champagne pou' les autres.

 

Jacques Higelin, Champagne, 1979

 

- - -

 

PS, LR et FN, mêmes combats...

 

Interview exclusive du Président Ubullande : "la victoire du FN conforte ma politique".

 

Que de médisance à propos de Monsieur Ubu !

 

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